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La haine d’Alpha Condé ne vise pas seulement les jeunes militants de l’UFDG

Ibrahima M’Bemba Sow  Lundi, 27 Mai 2013 12:35

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Depuis son accession pour le moins contestable à la magistrature suprême de l’Etat guinéen dont le sort semble inexorablement lié à des régimes dictatoriaux, Alpha Condé n’a finalement réussi qu’à annihiler tous les maigres acquis démocratiques qui avaient été chèrement arrachés au régime moribond de Lansana Conté en 2007 notamment.

Mais jamais aucun chef d’Etat guinéen avant ce douteux universitaire qui se fait faussement appeler « Professeur », n’était parvenu à mettre à ce point en péril le fragile équilibre socio-économique et politique grâce auquel des ethnies même culturellement différentes les unes des autres pouvaient vivre ensemble et de manière apaisée et conviviale.  

Mystificateur notamment à propos de la légende de son opposition à la dictature de la première République, Alpha Condé qui ne s’est jamais opposé et pour cause d’ethnocentrisme exacerbé, qu’au seul pouvoir du Général soussou Lansana Conté, ne rêve que d’atteindre le but ultime qu’il s’est assigné: ramener la Guinée là où son mentor, le sanguinaire Sékou Touré l’avait laissée à sa mort en 1984.

Au-delà du pillage organisé des ressources minières et des malversations financières à grande échelle auxquels se livrent son fils, ses proches et lui, plus préoccupantes sont les profondes divisions qu’Alpha Condé a créées dans la société guinéenne.  Le fossé qui sépare Peulhs et Malinkés entre autres sera désormais difficile à combler si une guerre civile est évitée entre ces deux plus grandes communautés ethniques du pays.

En instrumentalisant tous les moyens de l’Etat et tous les corps habillés pour les lancer dans une répression sans précédent contre les militants des partis de l’opposition républicaine, l’ancien « faux opposant historique » n’en a que mieux découvert son véritable visage politique de cynique tueur d’innocents jeunes manifestants pacifiques.

Avec un bilan macabre de plus de cinquante (50) jeunes citoyens sauvagement assassinés par des forces de l’ordre armées à balles réelles, des escadrons de miliciens mercenaires et des loubards en tous genres à la solde de l’Etat,  ce pouvoir ethnocentrique vient tout simplement de franchir le seuil du tolérable ces deux dernières semaines écoulées.

Le soin méticuleux qui est mis dans le choix des cibles de la répression ne fait l’ombre d’aucun doute: même des gens comme Rabiatou Diallo, Bah Ousmane et Saliou Bella Diallo s’y perdraient à vouloir nier que c’est bien de casser sans discernement du Peuhl qu’il est question pour le pouvoir de Conakry, désormais.

Devant cette avalanche de meurtres ordonnés par la puissance publique et face à la menace qui pèse directement sur la vie y compris de certains leaders d’opposition, leur chef de file Cellou Dalein Diallo, il n’y a d’autre alternative que de se lever tous et aller épauler nos jeunes qui se font tuer dans leurs quartiers cernés par les sbires du pouvoir.

Que l’on approuve ou non la stratégie politique que l’UFDG et de son président Cellou Dalein mettent en œuvre pour s’opposer au système ethno fascisant du RPG d’Alpha Condé, force est aujourd’hui à tout Peuhl en âge de conscience, où qu’il se trouve,  de s’interroger sur les tristes images de meurtres d’un autre âge, visant quasi exclusivement de jeunes Peuhls.

Si Cellou Dalein prétendait ne pas préparer une guerre, il ferait mieux de se souvenir du sort des centaines de Peuhls qui périrent notamment à Conakry entre 1955 et 1956 sous les exactions des loubards du PDG.

Le danger absolu qui guette tout Peuhl en Guinée désormais, ne peut être évité qu’au prix d’une mobilisation de toutes les forces vives de la communauté. Et cela est bien du ressort de nos deux principaux leaders politiques que sont Cellou Dalein et Bah Oury, à condition évidemment que ceux-ci mesurent toute la gravité de la situation qui prévaut au pays et sortent de leurs stériles querelles d’égo.  

Dans le contexte social guinéen actuel, les Peuhls ne pourront plus vivre durablement au pays qu’en se préparant à la guerre. Tout le reste n’est que phraséologie intellectualiste qui n’a abouti qu’à endormir ou faire le lit de certaines élites souvent cupides, lâches ou naïvement égoïstes.


Ibrahima M’Bemba Sow
Picardie, France


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