Naby Laye Camara Lundi, 20 Mai 2013 14:37
Le bras de fer entre le gouvernement et les partis d’opposition est sérieusement lancé depuis le fameux décret du président Alpha Condé. L’antagonisme est rude. Alpha Condé et son gouvernement sont animés par l’orgueil et un certain esprit de « surhomme » ou de supériorité. L’opposition quant à elle, adhère aux principes plus qu’à ses conséquences.
Les principes sont tout ce qui concoure au bon fonctionnement des institutions démocratiques : le respect de la Constitution, la résolution des différends dans un cadre de concertation et de dialogue, etc. L’opposition radicale évolue dans cette atmosphère d’idées.
Le gouvernement d’Alpha Condé, par contre, ne voit que les conséquences des principes : la finalité, le pouvoir. Peu lui importe la nature irrégulière de ses commandements.
Depuis 1958, la Guinée est dirigée par les irrégularités. Les hommes ont toujours été placés au centre des décisions capitales. Les idées, rejetées au dernier plan. Conséquences : nos lois n’ont jamais été respectées. Les projets de construction du pays n’ont jamais abouti. Les chefs d’Etat, martyrisés, ont fait du pays une propriété privée.
Le projet d’Alpha Condé, aujourd’hui encore, est de maintenir le pays dans cette situation d’antan. Le pouvoir ménage tous les ingrédients sordides, pour faire éterniser ou enfoncer encore la Guinée dans la souffrance.
Et ce qui est difficile à comprendre, c’est ce manque de mémoire de certains qui, visiblement, ont peur du changement. Cette catégorie des Guinéens veut garder le statu quo. Non pas pour la nostalgie du passé, mais pour continuer à faire fructifier des intérêts égoïstes sur le dos des Guinéens. Cette tranche de la population est bien la cible de la politique irréaliste du président Condé.
Alpha Condé veut bien atteindre son objectif illicite. Tous les passionnés des intérêts égoïstes, il les encadre et les protège. Tous les ignorants en la matière, il les endoctrine par des propos et des considérations ethniques, avec pour dessein de diviser pour gagner.
Le président Condé veut bien le pouvoir pour le pouvoir. Lui et son gouvernement dénigrent même le rôle légitime des partis politiques. Le gouvernement soutient que les opposants sont des ennemis de la société. Qu’ils organisent des manifestations dans l’unique but de gêner la quiétude dans la cité.
Pour rappel, les manifestations ne sont pas une fin en soi. Les causes des manifestations de l’opposition radicale guinéenne sont claires et légitimes. Et ce sont des manifestations autorisées.
Que dramatise-t-on? Dans une démocratie, une manifestation autorisée est synonyme d’une manifestation encadrée. Et une manifestation, qu’elle soit encadrée ou non, est toujours gênante dans la cité. C’est toujours une préoccupation pour le pouvoir en place. Mais, c’est cela aussi l’esprit des manifestations. Sinon, à quoi bon manifester ? Ce n’est quand même pas un carnaval, pour le plaisir. L’esprit de manifester est de faire entendre sa voix. Et faire entendre sa voix en public, cela ne peut pas plaire à tout le monde. De toute façon, les partis politiques, ce sont des formations libres qui ne résolvent des conflits que par la voie du dialogue et selon les principes légaux. Et lorsque les lois sont violées et la voie du dialogue, refusée, les formations politiques n’ont pas d’autre alternative que de revendiquer la légalité. Et ça, à travers les manifestations pour faire venir les autorités à la raison.
Alpha Condé et sa copule peuvent continuer à planifier leur politique de dénigrements et de mensonges. La vérité triomphera.
La vérité, c’est que les partis politiques représentent une des conditions institutionnelles nécessaire pour le fonctionnement des Etats démocratiques. Dans un Etat démocratique, il faut faire la différence entre les politiques publiques et les processus politiques. Les partis politiques sont les protagonistes de la sphère des processus politiques. Et par conséquent, ils sont les acteurs principaux dans la configuration des politiques publiques.
Les partis politiques exercent des fonctions sociales et institutionnelles. Ils contribuent décisivement à socialiser politiquement les citoyens, à mobiliser et donner à l’opinion publique l’information réelle. Les partis politiques représentent les intérêts sociaux.
L’opposition radicale guinéenne a des atouts. Sa décision de ne pas participer aux législatives selon les conditions tracées par le président Alpha Condé, est plus que bonne. En attendant, voyons comment le « professeur président » pourrait s’en sortir avec des élections à très faible taux de participation.
Des élections éminemment importantes, et sans les principales formations politiques. La vie politique du leader du RPG-Arc-en-ciel, ne se dirige-t-elle pas vers sa fin ? Attendons la date du 30 juin.
Naby Laye Camara
Bruxelles
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