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La propagande du pouvoir défiée par les manifestations
Naby Laye Camara Samedi, 04 Mai 2013 17:46
Manifestement, l’opposant historique, Alpha Condé n’en peut plus. Il y a compréhension que M. Condé s’est réellement battu pour le pouvoir, et non pour la démocratie. Et quand on lutte pour le pouvoir, on ne cherche que le pouvoir. Peu importe les moyens. Et lorsque les moyens importent peu, eh bien, il n’y a pas la moindre honte pour ses actes.
Notre président Alpha Condé, paraît-il, a beaucoup de diplômes universitaires. Voilà que quelque part, j’ai lu et appris qu’il serait diplômé, aussi, en sociologie. Et tout de suite, et comme toujours, j’ai essayé de prendre les choses à la lettre. Parce que je suis un studieux de toujours. Aussi un lecteur passionné. Et cette expérience livresque me donne une sensibilité très forte. Mais aussi une sorte d’ignorance rationnelle.
Je me dis : un mathématicien a la vertu des mathématiques. Un économiste, la vertu des économies. Un philosophe, la vertu de la philosophie. Un biologiste, la vertu de la biologie. Un sociologue, celle de la sociologie. Je veux dire, qu’on ne feint pas d’avoir la vertu d’une connaissance qu’on ne possède pas. Alors, quand j’ai appris qu’Alpha Condé a la vertu de la sociologie ‒ en plus de ses diplômes en sciences politiques, économie et en droit ‒, je ne suis pas allé par quatre chemins pour croire – je suis un ignorant rationnel ‒ que le président guinéen a le sens du savoir-faire.
Parlant de la sociologie, je pense au père de cette science, le français Auguste Comte. Ce qui me plaît de cet homme, c’est qu’il a réussi à formuler le projet d’une grande réforme sociale. Pour lui, le sens de l’histoire est celui de l’esprit humain. C’est la cause fondamentale des changements. A chaque développement de l’esprit doit correspondre un ordre social adéquat. Ce progrès est nécessaire et irréversible, au point de renvoyer à une loi : la loi des trois états.
Il y a l’état théologique. A ce stade, l’homme explique les causes des choses en se référant aux forces surnaturelles et invisibles. Le deuxième stade, c’est l’état métaphysique. Là , l’homme explique les choses en recourant à des principes d’explication plus abstraits. C’est la phase du raisonnement. C’est-à -dire que l’homme commence à connaître, juger et agir conformément aux principes. En fin, cet état métaphysique transite vers l’état positif qui pose la question du relativisme de toute connaissance possible par l’homme. Il s’agit de connaître à partir de l’observation et de la mesure. A cette étape, l’intelligence humaine se libère des mythes et entre dans la positivité rationnelle.
Toute une théorie historique. On pourrait dire que la Guinée à la chance d’avoir un président sociologue. Donc, qui a lu et compris la positivité rationnelle du père de la sociologie, Auguste Comte. Lire la positivité rationnelle et en faire un comportement. Une véritable aubaine pour le pays. Car en Guinée, une bonne partie des gens vivent encore dans l’état théologique. Une bonne partie de la population chez qui le sentiment et l’imagination prévalent encore sur la raison.
Un président éclairé dans un tel pays, serait plus que souhaitable. Il aiderait cette partie de la population à rejoindre cette étape cruciale de l’intelligence humaine, celle de l’observation des faits lui permettant de juger objectivement.
Cependant, tout le contraire se passe actuellement en Guinée. Un projet de propagande minutieusement élaborée est mise en place pour amadouer l’opinion publique guinéenne. Le but est d’empêcher cette catégorie des Guinéens qui vit encore dans la subjectivité, à ne jamais apprendre la vérité. Que cette catégorie des Guinéens ne doit pas observer des faits par soi-même pour en dégager des explications objectives.
Un peu à la manière soviétique, ou de l’époque du Pouvoir révolutionnaire local (PRL) de Sékou Touré, Alpha Condé et son gouvernement sont en train de mettre en place toute une stratégie politique destinée à garder la Guinée dans l’ignorance.
Porte par porte, ils passent des messages aux familles d’aller se faire recenser et de soutenir les actions et les décisions du pouvoir en place. Que ces familles n’ont aucune raison de méditer longtemps : « Faites-vous recenser, n’écoutez pas les ennemis de la Guinée. Ils ont dirigé ce pays, ils veulent encore revenir pour le détruire ».
J’aime mon pays, et je suis convaincu que le pouvoir actuel est dans une logique de mensonge. Anciens ministres ou non, ce qui est en jeu, c’est le respect strict des règles démocratiques. Une fois sur le ring de combat, aux citoyens d’observer les faits et de juger objectivement.
Les anciens ministres sont-ils mauvais ? Les nouveaux leaders sont-ils les meilleurs ? Aux citoyens guinéens d’en décider, et librement. Si le pouvoir est convaincu que les anciens ministres sont mauvais, et que la population guinéenne pense la même chose, alors il suffit de respecter les règles démocratiques et les urnes ne se tromperont pas. La vérité jaillira.
Mais si le pouvoir met tant de bâtons dans les roues pour une organisation transparente des élections, c’est qu’il y a doute dans son affirmation que les anciens ministres ou premiers ministres sont des « incapables ».
Le fait que les manifestations des opposants réussissent à paralyser, presque, toute la capitale guinéenne, est une preuve que tout le monde ne partage pas l’avis du pouvoir. En démocratie, ceci compte beaucoup. L’opinion publique guinéenne est divisée en deux. Ne pas tenir compte de cette réalité, c’est faire vouer à l’échec tous les projets visant à construire le pays.
Les propagandes sont une réussite à court terme. Jamais à long terme. Et comme le court terme n’arrange pas le pays, aux guinéens de tous les bords de réfléchir.
L’espèce humaine, notre société et notre culture sont le résultat d’un long et complexe processus évolutif. Les premiers hommes, avec leurs constitutions physiques médiocres - comparées au reste des êtres vivants- étaient des proies faciles. L’humanité n’aurait pas survécu de la fameuse loi du plus fort. Les premiers hommes n’avaient pas une gabarie musculaire des autres espèces, ni leur rapidité ni la résistance de leur peau qui pourrait les protéger du froid. Cependant, ces hommes arrivèrent à se faire des êtres forts. Fondamentalement à partir de leur caractère social. En se regroupant et en coordonnant leurs actions, ils ont réussi à développer une culture qui leur a permis de se maintenir sur terre en domptant tous les autres êtres vivants.
Des mauvaises politiques ne doivent en aucun cas diviser les Guinéens. Nouveaux dirigeants ou anciens dirigeants, nous sommes tous des Guinéens. Nous vivons dans la société qu’il faut organiser. Et cette organisation peut être aidée par une forme de consensus : la démocratie. Le respect strict des principes démocratiques ne trompe pas. C’est la meilleure forme du gouvernement après la chute du communisme. Il faut en profiter et cessons de nous importuner par des ambitions égoïstes qui ont des conséquences néfastes pour tout le pays. Réunissons-nous en respectant nos lois tout en donnant priorité au dialogue.
Les manifestations de l’opposition sont objectives. Le pouvoir d’Alpha Condé le sait bien, mais la passion aidant, il ne veut rien concéder. A la population guinéenne de méditer comme le faisait les premiers hommes, il y a deux millions d’année, pour dompter l’injustice et imposer ce qui est de droit.
Naby Laye Camara
Bruxelles
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Commentaires
Je n'ai pas de haine (un mot dont vous ignorez le sens), mais du mépris pour des individus de votre acabit. Aussi je me moque de votre respect, il est d'ailleurs heureux que nous ne soyons pas d'accord. Cela me rassure de savoir que je suis différent de vous.
Combien de policiers lynchés depuis 2 ans ?
Combien de manifestants assassinés depuis 2 ans ?
Vous êtes écoeurant, heureusement que je ne suis pas en face de vous pour vous montrer ma face sombre. La vôtre se voit déjà , c'est ce qui nous différencie. Mais moi je suis conscient d'avoir une face sombre (grâce à des gens comme vous), pas vous.
Les gens sortent parce qu'ils en ont marre, et ils vont être de plus en plus nombreux, ce n'est qu'une question de temps.
Quant aux lâches, ce sont les policiers qui utilisent des armes pour tirer sur des femmes et des enfants. Vous êtes pitoyable. Vous pouvez toujours dire que la Guinée est démocratique, libre à vous de fantasmer. Nous nous luttons contre une dictature nuisible aux Guinéens, qui n'apporte que désolation.
J’ai écrit de nombreux textes sur la violation des libertés publiques par AC, je ne vous ai pas entendu, et là vous venez nous parler de liberté violée par des manifestants !!!
Pathétique.
Voilà pourquoi nous ne pourrons pas nous comprendre, et qu’il risque de n’y avoir qu’une seule manière de s’exprimer.
"Aucune grande puissance démocratique du monde ne peut accepter la manière d'exercer les libertés publiques en guinée"
Monsieur kaba pense t-il vraiment que la Guinée (avec majuscule) du Pr Condé soit une "grande puissance démocratique?
Ce que nous voyons tous les jours, c'est l'expression ethnique armée d'une petite puissance dictatoriale. Avec tout le respect que nous devons au bon sens de M. Kaba.
faire partir d'un endroit des personnes indésirables
Pendant que nous y sommes pourquoi ne point raser "La Casse" ou Sig-Madina ? Alpha est devenu fou.
M.Diaby. Quand la passion prévaut sur la raison, c'est pas beau. Essayons de discuter de la manière la plus démocratique qui soit.
Diaby, la réalité du pays, c'est celle qui arrive progressivement...
Et les témoignages foisonnent.C'est un tout petit échantillon ...
Bien qu'on crédite souvent le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, d'avoir « évité tout mort à Paris », les événements ont toutefois causé, à l'échelle nationale, la mort directe de cinq personnes : le commissaire de police René Lacroixg, écrasé par un camion à Lyon ; Pierre Beylot, 24 ans, ouvrier à l'usine Peugeot de Sochaux-Montbéliard dans le Doubs, tué d'une balle tirée par un CRS ; un autre gréviste de la même usine, Henri Blanchet, 49 ans, qui est déséquilibré par une grenade offensive, tombe d’un parapet et meurt le crâne fracturé ; le lycéen Gilles Tautin, 17 ans, qui se noie dans la Seine après la poursuite par des CRS aux abords de l'usine Renault de Flins dans les Yvelines, ainsi que Philippe Mathérion, 26 ans, dont on retrouve le corps au petit matin sur la barricade de la rue des Écoles à Paris.
Maurice Grimaud signale de plus qu'un CRS, le commandant Journiac, est gravement blessé au front par un pavé jeté des toits, dans la nuit du 10 au 11 mai, rue Gay Lussac. Il meurt un an plus tard, en partie des suites de ses blessures
Contestation estudiantine et sociale de « mai 68 » en France. Manifestation de la gauche de la République à Denfert-Rochereau (800 à 170 000). La Sorbonne et la fac de Nanterre sont occupées par les étudiants.
2 mai : Georges Pompidou part en voyage en Iran. Suite à une mobilisation animée notamment par les Cahiers du cinéma, Henri Langlois est réintégré à la tête de la Cinémathèque. Début des Événements de Mai 1968.
3 mai : les étudiants se réunissent à la Sorbonne. La police fait évacuer la Sorbonne. Le SNE-Sup pour les enseignants et l'UNEF pour les étudiants dénoncent l’atteinte aux franchises universitaires et décident une grève illimitée.
6 mai : premières barricades à Paris. Violent affrontement au quartier Latin : 600 étudiants et plus de 300 policiers sont blessés. Le mouvement s'étend en province.
7 mai : les étudiants défilent à travers Paris et vont chanter l'Internationale devant la tombe du soldat inconnu.
10 au 11 mai : nuit de barricades au Quartier latin de Paris. Les affrontements avec la police font plus de mille blessés des deux côtés. La FEN appelle à une grève générale.
10 mai : première entrevue à Paris concernant le Viêt Nam.
13 mai : les centrales syndicales et les partis de gauche commencent à soutenir le mouvement estudiantin : des manifestations unitaires sont organisées à Paris et en province. La manifestation de la Gauche à Paris rassemble 800 000 personnes selon les syndicats contre 171 000 selon la police. À la fin de la journée, la Sorbonne rouverte est occupée par les étudiants.
14 au 18 mai : voyage du général Charles de Gaulle en Roumanie.
18 mai : le Festival de Cannes est suspendu suite à l'intervention de Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Berri, Louis Malle, en solidarité avec les étudiants et les ouvriers.
19 mai : de retour de Roumanie, de Gaulle déclare devant les responsables des forces de l’ordre : « les réformes oui, la chienlit non ! ».
20 mai : début de grandes grèves de mai-juin 1968. On compte 6 millions de grévistes.
22 mai :
On compte huit millions de grévistes en France.
Daniel Cohn-Bendit est interdit de séjour en France.
Une motion de censure déposée par la gauche est repoussée. La crise ne peut se dénouer par un changement de gouvernement.
24 mai : de Gaulle annonce un référendum, mal accueilli par l’opinion. De nouvelles barricades sont dressées dans la nuit du 24 au 25 mai.
25 au 27 mai : négociations des accords de Grenelle.
27 mai :
meeting au stade Charléty à Paris France : UNEF, PSU, CFDT;
signature des accords de Grenelle, protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats (relèvement du SMIG, augmentation des salaires, réduction du ticket modérateur en matière de Sécurité sociale…). Les grévistes de Renault-Billancourt refusent les accords.
28 mai :
François Mitterrand réclame un gouvernement provisoire;
démission d’Alain Peyrefitte, ministre de l’Education nationale.
29 mai : Manifestation de la CGT qui demande un gouvernement populaire. De Gaulle « disparaît » à Baden-Baden où il rencontre Jacques Massu.
30 mai : allocution radiotélévisée du général Charles de Gaulle sur la « Chienlit ». Il annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et l’ajournement du référendum. Manifestation gaulliste sur les Champs-Élysées de même ampleur que la manifestation contestatrice du 13 mai.








