Benn Pepito Samedi, 04 Mai 2013 17:17
Mborré ! Les deux salopards que sont le général malien Siaka Toumani Sangaré et le général guinéen du CNDD Sékouba Konaté, s’ils ont un minimum de conscience, doivent se sentir mal dans leur peau. Ils ont frayé avec Goby Condé pendant la présidentielle guinéenne passée en chevillant celui-ci au trône pour des intérêts bassement personnels. Et depuis, Gobykhamé, qui voiture le bled à tout berzingue à bord de sa chignole, s’encroûte dans sa boulimie du pouvoir. Président et hideux ministre de la Défense du patelin, il guerroie afin que sa coterie politique contrôle la marmite parlementaire qu’il tient coûte que coûte à mettre sur le feu au mois de juin prochain au grand dam de l’opposition dépitée à se faire entendre.
Afakoudou, Mborré ! Tu ne connais pas Goby Condé. C’est Benjamin Constant qui le connait et le décrit parfaitement dans sa fonction d’usurpateur du trône. « L’usurpateur doit être toujours à la tête de ses prétoriens. L’usurpation n’a d’autre appui que la force armée. » En tant que ministre de la défense, il abâtardit toute manifestation de l’opposition dans le pays. Il commande à l’armée guinéenne épaulée par les donjos de « Sékoutoureya » à tirer à balles réelles sur les rouspéteurs aux mains nues qui descendent dans la rue, qui protestent contre sa tyrannie, qui réclament des choses qui ne méritent nullement que Goby les fasse cribler de balles pour ça. Pour tenir le haut du pavé en tout dans le bled, le nouveau despote guinéen est sans état d’âme : parce que ce n’est pas son rejeton, Mohamed Condé, qu’un bidasse « gnangamadi sofallé » ou un ignoble pandore ou un incivil flic criblent de balle dans la rue. C’est encore un pauvre hère de 16 ans qui crève sous les balles de l’armée guinéenne à la gâchette facile.
Quand l’armée guinéenne retournera-t-elle ses canons contre l’imposture, la dictature, la barbarie, la violence de son principal commandant en chef ? Quand ces bâtards de militaires comprendront-ils qu’on n’obéît pas à l’ordre, d’où qu’il vienne, de tirer sur sa propre population ? Ils ne comprennent rien à rien. Ils n’ont aucun respect pour la vie humaine, aucun égard pour les droits de l’être humain. Tout ce dont ils s’enorgueillissent c’est l’illusion d’avoir le pouvoir au bout de leur arme. Tous les séminaires de formations que bon nombre d’entre eux ont bénéficiés n’ont servi à rien. Hé ! Il n’a jamais existé de faction républicaine dans les rangs de l’armée guinéenne. Si tu plaides pour le contraire, interroge un militaire de Cona-crimes sur ce qu’est la République. Il vous répondra sans détour que c’est le pouvoir aux commandes. Or comme le déclare François Hollande : « La République est notre bien le plus précieux. Elle est fondée sur la vertu, l’honnêteté. » Où est la vertu, l’honnêteté dans ce régime totalitaire de Goby Condé ? Mbarring, ouvre tes yeux et regarde toi-même ! Tu vois bien que le régime de Gobykhamé est plus que jamais fondé sur l’incompétence, la médiocrité, la forfanterie, l’exclusion, la violence, l’incapacité, la corruption, le copinage, l’ethnocentrisme, la haine ethnique, la barbarie.
Regarde dans quel état de dépérissement s’englue la jeunesse guinéenne sans aucune formation professionnelle, sans instruction, sans diplôme, sans repère ! Regarde les conditions d’études exécrables des étudiants des universités de Kindia, de Kankan, de Labé, de Cona-cris ! Regarde leur condition de vie dans les campus ! Ils vivent dans la misère, l’insalubrité, la saleté, les puanteurs des toilettes. Regarde l’état des hôpitaux ! La survie des gens au bled c’est de ne pas tomber malade et d’éviter par la sorcellerie à ne pas être hospitalisé dans ces pourrissoirs. Regarde la misère qui taraude les familles dans les concessions à Cona-cris et l’intérieur du bled ! Et regarde le train de vie que mènent Mohamed Condé et la camarilla du système ! Ce sont, à ce jour, les imbéciles, les parasites, les médiocres, les arrivistes et les flagorneurs qui tirent substantiellement profit du régime bâtard de Gobykhamé.
Toi aussi, mborré ! Tu as finalement choisi de trouver ta planche de salut en frayant avec Goby Condé. Il faut dire que sa prise du pouvoir c’est pain béni pour toi. En effet tu t’es vite défroqué. Tu as quitté la barque des diasripoux au bord de la Seine pour voguer à bord de cette chaloupe aux larges du palais présidentiel baptisé « Sékoutoureya » du nom sanguinaire du premier tyran guinéen. Tu as su entrer dans les grâces de Gobykhamé. Paraît que tu roules carrosse maintenant dans Cona-cris. On est aigri. On est jaloux. On t’en veut d’avoir su tirer ainsi ton épingle du jeu. Ecoute ! Est-ce que tu peux plaider la cause de ton copain auprès de Goby ? Dis-lui que le grognon est, lui aussi, disposé à tourner casaque et à lui prêter allégeance devant tout le monde s’il daigne lui faire l’honneur qu’il fasse partie de ses chambellans. Plus de rancune. Plus de méchanceté. Juré. Il va même patouiller s’il le faut comme Lamine Sidimé : « Goby Condé Couddayye ! Couddayye ! Couddayye ! » Parlons sans rire. Afacoudou ! Ne laissons pas faire Goby Condé. Il faut l’empêcher de s’approprier d’un pouvoir sans limite. Il faut l’empêcher de museler la future assemblée nationale en y imposant sa coterie. Il faut absolument permettre l’émergence d’un contre-pouvoir qui contrôlerait la marmite parlementaire et barrerait la route aux excès de pouvoir de Gobykhamé. Il faut empêcher ainsi l’usufruitier de « Sékoutoureya » d’assujettir les Guinéens et la Guinée à une politique stationnaire. Il faut donner une chance à la jeunesse guinéenne de croire que tout n’est pas encore perdu.
Guinéennes, Guinéens ! Allabé Annabbé ! Barrez la route à Goby Condé dans l’intérêt de la Guinée. Selon le diagnostic de François Guizot fait à Paris, Gobykhamé souffre d’agnosie. Celui-ci ne sait plus ce qu’il fait. « Quand le pouvoir fait fausse route, quand un parti qui ne doit pas régner prétend usurper l’empire, leur situation les domine, même à leur insu. Ils ne savent pas toujours ce qu’ils font ; mais ils font toujours ce qui leur convient et ne convient qu’à eux seuls. » Voyez-vous ! Goby est malade. Il veut vaille que vaille s’instituer le cuistot de la marmite parlementaire. Il faut l’en empêcher par tous les moyens. La palinodie de certains leaders de l’opposition est bien connue. Ils changent facilement d’opinion en fonction de leur intérêt politique personnel. Il suffit que Goby leur propose en cachette de leur donner une dizaine de place dans l’hémicycle pourvu seulement qu’ils cassent l’opposition, ils vont goulûment mordre à la proposition. Ils sont inconstants dans leur détermination politique. C’est des gens personnels.
Ne transigez pas avec Goby Condé. Ne lui permettez pas de s’accaparer de la cuisson de la marmite parlementaire. Attendu qu’il a déjà hérité « d’une machine dans laquelle aucune issue n’a été réservée à l’opposition, où tout émane du gouvernement et revient à lui. Il nomme seul tous les fonctionnaires publics, régit seul toutes les affaires publiques, les plus petites comme les plus grandes, les plus obscures comme les plus apparentes. » Est-ce que vous comprenez ça ? Si le dingo de « Sékoutouréya », qui concentre déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire entre ses mains, fait main basse sur l’hémicycle de la future Assemblée nationale, ce serait difficile de contrer sa politique despotique et décadente. Que les dignitaires de l’opposition ne donnent surtout pas dans ce piège. D’ailleurs c’est quand l’anniversaire de Goby Condé ? Où est-ce qu’il a fêté ses 74 ans et comment ? Et où est-ce qu’il soufflera cette année ses 75 ans ? Encore à Bamako ! Tirons notre chapeau à Gobykhamé. Chapeau ! Chapeau bas ! Il est fidèle dans ses amitiés. Fidèle à lui-même et à ses principes : Goby refuse toujours de partager le même toit avec sa femme pour ne pas que celle-ci lui propose des dossiers de magouilles. Afacoudou ! Avec Goby Condé l’on attrape un fou-rire. Tendez-lui le micro : ces bafouillages nous manquent. Ça inspire votre grognon !
Benn Pepito
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