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Une stratégie pour ne pas qu'un membre d'une certaine communauté accède à la magistrature suprême !

Mamadou Barry  Samedi, 30 Mars 2013 00:28

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Depuis un certain temps, les langues se délient non seulement sur la gestion de la transition, celle des élections, et la fameuse tentative d’assassinat du président de la République, mais aussi et surtout sur les actes posés tous les jours par les tenants du pouvoir et leurs anciens alliés. En effet, on a entendu Tibou Camara faire allusion à ce qu’il sait, Diallo Amadou Oury, dit Sadakadji, menacer de parler un jour, Sékouba Konaté crier sur tous les toits qu’il va dévoiler des secrets, Jean Marie Doré  reconnaître qu’il sait qui a créé cette histoire d’eau empoisonnée lors du second tour, Kassory Fofana avouer le « deal » communautaire avec Alpha Condé  et Jean Marc Telliano dire qu’il va passer à la vitesse supérieure. Ceci est sans compter les propos de tous les jours de Facinet Touré.

Mais au-delà de tout ce qui se dit, il y a un constat qui est troublant et qui parait passer sous silence à tous les niveaux, certainement avec une grande volonté de faire oublier certains faits très graves sur lesquels je souhaiterais que l’on s’y attarde un tout petit peu.

Il s’agit en effet de ce document issu des services secrets du CNDD et qui est, selon mon intime conviction, la feuille de route d’un plan stratégique qui nous conduit directement à tous les évènements qui se produisent aujourd’hui dans le pays en général et à Conakry en particulier. Je sais qu’à travers ma petite voix, ce cri du cœur ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau, mais mon devoir et mon amour pour cette patrie me poussent à tirer ma sonnette d’alarme, afin d’attirer l’attention des uns et des autres sur la présence d’une machine qui s’est mise en marche un certain 1er janvier 2009 et qui poursuit sa route de nos jours dans une logique implacable et systématique de destruction d’une certaine communauté par tous les moyens, dans le seul but de l’empêcher d’accéder au pouvoir dans ce pays par tous les moyens.

Par ce cri d’alarme venant du fonds du cœur, il est question au silence coupable de la communauté internationale au Rwanda en 1994 et plus proche de nous en Côte d’Ivoire.

Suivez cette analyse et faites-vous votre propre opinion !

  1. Depuis le 1er janvier 2009, Alpha Condé  a mis en place une machine pour empêcher, par tous les moyens possibles, l’arrivée d’un Peuhl à la présidence de la République de Guinée parce que, selon les termes, « ce serait dommage pour la Guinée ! » Une stratégie a été élaborée en 5 points qui se présentent comme suit :
    1. identification des forces du président de l’UFDG ;
    2. identification des faiblesses de Cellou Dalein Diallo ;
    3. comment l’empêcher d’arriver à la magistrature suprême ;
    4. pourquoi il faut le disqualifier ;
    5. les risques encourus.
  2. Les intimidations et les menaces sur le leader de l’UFDG avec pour point de départ le jour de l’an et l’utilisation d’Aidor Bah pour s’attaquer au domicile de Cellou Dalein à la recherche soi-disant d’armes et de rebelles avec les menaces verbales et convocations intempestives au camp Alpha Yaya Diallo. Les agressions verbales et autres menaces de sortie les casseroles qui traînent à travers des audits. Ces attaques se sont suivies pour avoir leur paroxysme le 28 septembre 2009. On a suivi toutes les méthodes d’empêchement pour toutes les manifestations et autres campagnes à l’intérieur du pays, ainsi que le refus systématique à tout mouvement du leader.
  3. Les intimidations et les menaces sur les commerçant que soutiennent Cellou Dalein Diallo, afin de les en dissuader. Ce fut le cas de la convocation de certains parmi eux pour des inspections et autres audits. On a suivi la destruction de l’immeuble de la Belle-Vue Marché et celle de la clôture de Diallo Sadakadji à Kaporo, sans oublier la ferme de Alsény Barry à Dubréka. Ces cas ne constituent que la partie visible de l’iceberg. Dans la même logique, on note les menaces sur les cambistes avant de finir sur des méthodes encore plus dures qui sont la casse et l’incendie de magasins à Madina et ailleurs.
  4. Les intimidations et les menaces sur les cadres de l’administration que l’on soupçonne dans un premier temps d’être simplement sympathisants avant d’adhérer à l’UFDG. Il sera question de promettre des postes à quiconque sortirait des dossiers sur Cellou Dalein. N’ayant rien trouvé, des cadres on subi la chasse à l’homme dans les services jusqu’à l’intérieur du pays, avec pour seule politique la mutation et le licenciement pur et simple. Ceux et celles qui échappent n’ont plus aucune responsabilité dans leur département respectif.
  5. Les intimidations, les menaces et autres agressions sur les militants et militantes de l’UFDG pour les effrayer et assurer la coupure du parti avec sa base. L’objectif est de massacrer les militants dans les fiefs de l’UFDG pour décourager les uns et les intimider et faire fuir les autres. Des expéditions punitives s’organisent avec pour seules cibles ceux et celles qui ne participent à aucune manifestation et surtout plusieurs jours après les manifestations pour assurer une grande frustration qui amènerait les militants à se désengager du parti. C’est ainsi que des mineurs sont bastonnés et emprisonnés, des femmes traquées à domicile pour être battues et des vieux agressés dans les mosquées.
  6. La campagne de calomnie pour décrédibiliser le leader de l’UFDG non seulement au niveau de sa communauté, mais aussi et surtout au niveau des autres, afin que Cellou Dalein et l’UFDG soient totalement isolés parce que faisant de l’UFDG, un parti purement et simplement ethnique. Cette vision est tant au niveau de la division politique, en faisant croire que ce sont les Peuhls qui n’aiment pas le pouvoir à la Forêt, donc contre Dadis, et puis que ce sont les Peuhls qui ont empoisonné les Soussous au second tour, qu’au niveau social avec l’abattage du bétail à Beyla pour chasser les Peuhls de la Forêt et les messages selon lesquels, Cellou Dalein une fois au pouvoir, les éleveurs allaient prendre le dessus sur les agriculteurs de la Basse Guinée et de la Forêt.
  7. L’utilisation d’un métis peuhl et leader d’un autre parti peuhl ,qui n’a aucune envergure et qui ne jouera aucun rôle politique majeur dans le pays, mais qui a une grande capacité de nuisance pour Cellou Dalein. Il sera question de l’utiliser comme cheval de Troie. Bah Ousmane tombe à pic avec à ses côtés, El Hadj Boubacar Kankalabé. Cette méthode a été utilisée jusqu’à la nomination de Bah Ousmane au poste de ministre des TP et Transport pour finaliser les projets initiés par Cellou Dalein et d’avoir un peu de crédit en Moyenne Guinée.
  8. L’utilisation de traîtres et de lâches qui sont dans l’UFDG et aux côtés de Cellou Dalein qu’il va falloir menacer et un peu intimider, le moment venu, pour qu’ils le quittent et servent d’instruments pour le déstabiliser surtout en moyenne Guinée. Il s’agit du Dr Saliou Bella pour ne citer que celui-là et qui est aujourd’hui le porte-parole de la mouvance présidentielle qui, pour de l’argent et une promesse de poste, à préféré laisser le poste de vice-président du plus grand parti de Guinée pour se vendre à Alpha Condé.
  9. Le mot d’ordre est de faire passer le message selon lequel, même les gens de Labé ne l’aiment pas comme pour accréditer la thèse que même chez lui, Cellou Dalein ne fait pas le poids et que c’est son rival, c'est-à-dire Bah Ousmane qui a hérité du parti de Siradio Diallo (UPR) qui est plus populaire. Avec cet état de fait, il est donc facile de le déstabiliser même dans sa ville natale ;
  10. Pour finir, il faut faire croire que les militaires ne l’aiment pas non plus même ceux de son ethnie disent-ils et des personnes comme Aidor Bah, Nouhou Thiam, le général Baldé et autres ont été utilisés depuis le temps de Dadis jusqu’à nos jours pour assurer les sales besognes avec toujours une violence plus forte que la fois précédente. Aidor Bah est parti de l’autre côté, Nouhou Thiam est entre les mains de la justice et le général Baldé est cité dans ce qu’il est convenu d’appeler le feuilleton « 19 juillet 2011 »

Tout porte à croire que la machine à destruction est à plein régime actuellement avec l’assassinat récent de Dame Boiro du Trésor, la destruction de magasins et boutiques à Madina et ailleurs, les attaques et assassinats de jeunes opérateurs économiques (cambistes et autres) et la liquidation de jeunes de l’UFDG et surtout des services de renseignements qui étaient à la présidence de la République juste pour leur appartenance à une certaine communauté.

La logique de liquidation des têtes pensantes (cadres), bailleurs de fonds potentiels (commerçants) et autres soutiens populaires (les militants à la base) se poursuit dans l’indifférence totale de la communauté nationale et internationale.

Sur la même lancée, Alpha Condé  a fait appel, pour remplacer Dame Boiro au Trésor, à une fille de feu Barry Diawandou qui a été assassiné par Sékou Touré dans des circonstances que l’on peut imaginer. Suivant les traces de son modèle qui avait fait revenir et nommé Diallo Telly ministre de la Justice avant de le tuer au camp Boiro, Alpha Condé  fait appel à des cadres qui sont supposés être hors de sa portée (à l’extérieur) pour les liquider par la suite.

A chacun donc de prendre ses responsabilités !

Pour revenir sur le cas des destructions de boutiques à Madina, les informations sont claires sur le fait qu’elles ont été ciblées de longue date et identifiées par les casseurs. Une nouvelle information nous est parvenue selon laquelle il serait question de casser Madina toujours dans cette lancée de destruction du poumon économique supposé de la communauté. Pour ce faire, une cinquantaine (50) de personnes ont été commises pour une durée de trois (3) mois à Madina pour identifier les boutiques, afin de pouvoir faire mal le moment venu. Ces personnes ont pour tâche d’arriver avant l’ouverture des boutiques et de repartir après la fermeture tous les jours pendant trois (3) mois. Il faut donc s’attendre à encore plus de dégâts à la prochaine occasion qui se présentera.

Encore une fois, à chacun de prendre ses responsabilités !!

En Côte d’Ivoire, il avait été dit qu’Alassane Dramane Ouattara n’est pas ivoirien, allant jusqu’à contester les liens avec sa maman, procédant même à des tests ADN. Ce déni de la nationalité ne pouvait pas permettre à ADO de prétendre à quoi que ce soit dans ce pays. On a vu toute la violence qui a suivi toute cette période. Aujourd’hui, Gbagbo est à la Cour pénale internationale (CPI).

Comme ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire avec ADO, il y aura un Peuhl à la magistrature suprême de la République de Guinée, c’est une certitude quasi mathématique. C’est juste une question de temps. La question est juste de savoir si cela se fera par la voie pacifique à travers les urnes ou par la voie de la violence à travers les moyens appropriés.


Comme disait le général Lansana Conté : « Si tu pousses le Peuhl jusqu’à ce qu’il te dise : « Mi Wakkilikè », il vaut mieux le laisser, parce qu’il ne te lâchera plus avant d’avoir ce qu’il veut ! »

A bon entendeur salut !!!!


Conakry, le jeudi 28 mars 2013

Mamadou Barry
Analyste financier


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