Alpha Condé n’est plus le président de tous les Guinéens, il règne par la division !

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BAH_Ismael_2_01Les plus hautes autorités politiques et religieuses avaient fait le déplacement pour le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Le traditionnel dîner annuel du CRIF, l’un des moments forts de la «saison» médiatico-politique. La cuvée 2013 a confirmé la règle. Tout ce qui compte de responsables politiques s’y pressent et s’y montrent. Au pavillon d’Ermenonville, dans le bois de Boulogne, il faut pourtant une dose certaine de patience pour affronter les scrupuleux contrôles de sécurité.

L’année dernière, le candidat François Hollande avait fait sensation et créé l’événement en venant saluer à la table d’honneur son concurrent, alors président de la République, Nicolas Sarkozy. Des deux, cette année, il n’y en avait plus qu’un. Devenu président, François Hollande, entouré de quelques poids lourds du gouvernement (le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ou encore le ministre de l’Intérieur Manuel Valls) avait pris, mercredi soir, la place de Nicolas Sarkozy au milieu des autorités religieuses et politiques.

Invité à cette cérémonie par Monsieur Jean Pierre Allali, coordinateur du CRIF-Afrique, j’ai profité de l’occasion pour demander aux membres présents de soutenir la Guinée.

Dans mon intervention en tant que président de Guinée Codéveloppement / Fédération des Associations des Guinéens de France (FAGAF), j’ai tenu a rappeler que le président actuel Alpha Condé est un président clivant, un président qui règne par la division.

Les Guinéens eux, sont dépités. Plus encore ceux qui ont voté pour lui. Les autres attendent. Normalement après l'élection, c'est le temps de l'infaillibilité du vote. Quelle pire impression que d'avoir été trompé ? Et nous sommes dans ce moment-là. Dans ce doute-là. Monsieur Condé Impuissant. Irrésolu.

Condé Alpha ne parvient pas à éviter ce double défi : rassurer son ethnie et ne pas trop inquiéter sa famille. Ses résultats, trois ans après la présidentielle, sont marqués du sceau de l'inefficacité. De l'indigence. Du désordre des discours. Son équipe gouvernementale est faible, divisée, incompétente, taraudée déjà par les excès de langage. Quel piètre bilan.

Pour réagir, Condé Alpha en appelle à la communication : lui depuis qu’il a été porté au pouvoir n’a jamais jugé utile de se rendre au cÅ“ur de son pays, invente des déplacements internationaux dont l'artificialité n'échappe à personne. Déjà au plus bas dans l’opinion, confronté à la fronde des trois quarts de la population, il annonce le recours aux décrets, des décrets qui se contredisent d’un jour à l’autre. Epuisement de sa légitimité.

Il se voudrait omniprésent. Qu'on le prenne vraiment pour un président. Mais, avec son verbe saccadé, la solitude que l'on sent dans cette étrange pratique du pouvoir, cet habit que définitivement il ne parvient pas à revêtir, il voudrait nous soumettre à un pouvoir vieux jeu, communiste, triste et tout compte fait dangereux.

C'est une vieille histoire. Le roi patelin. Marchant cahin-caha, cachant sa dureté et, par moments, jaillissant de sa boîte pour punir. Cet homme n'avait jamais gouverné. Les Guinéens le découvrent. Ils comprennent chaque jour que le chef de l'Etat est un chef de bande, qui nomme les siens et ignore les autres. Pire, pour lui, un bon Guinéen est un Guinéen malinké ou une d’autre ethnie à sa botte.

En vérité, pas de surprise. La ruse du détour, avec des décrets dont il joue comme avec des accessoires, est éventée. La posture et les rodomontades vis-à-vis de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, résignent quotidiennement l'échec de notre pays. Et cette incapacité à affronter la crise politique et économique, à lutter contre la misère... C'est le règne de la contrefaçon. On peut se résoudre à obéir mais un peuple libre ne sert pas. Il refuse. Il se révolte. Il peut avoir des chefs mais ce ne sont pas des maîtres.

Que faire ? Il reste, et c'est énorme, la Guinée et les Guinéens, intelligents, curieux, insaisissables, originaux, sur la voie d'une démocratie vivante que quiconque jamais ne pourra museler, interdire, étouffer.

Car tous ces pouvoirs assemblés en quelques années ne l’ont pas empêché de rater son rendez-vous avec l'histoire.

Donc, nous avons un nouveau récit à écrire tous ensemble. Une révolution tranquille à engager. Une figure inédite de nous-mêmes, une Guinée nouvelle à faire émerger. C'est un long travail. Depuis des années maintenant, nous traversons une crise terrible. Nous devons nous rassembler pour renverser la table, retrouver l'envie de nous engager, de dire non pas seulement aux vieilles habitudes, mais aussi à cette classe politique de nos grands frères qui nous épuise, tue les différences. A nous de redécouvrir l'honneur d'être nous-mêmes et penser que la Guinée est notre chance.

Aujourd’hui, Condé Alpha ne peut plus être considéré comme le président de tous les Guinéens. S’il n’organise pas les élections législatives avant la fin de l’année, il doit partir !


Ismaël Bah


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Commentaires  

 
+3 #6 Le voyant 26-03-2013 07:42

Erratum: j'ai deplace la virgule - Tribut....qui doit...
Il peut continuer à gouverner ses fans (tribut de son bantoustan qui lui doit tout), mais les Guinéens, dans la majorité, savent qu’il est un président illégitime (légal selon la cour suprême aux ordres) au service de la mafia ethno-violente.
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+2 #5 Souleymane Diallo 23-03-2013 14:17

Alifa Condé n'a jamais été président de tous les Guinéens. Je crois même qu'il n'a jamais aspiré à l'être car il a toujours méprisé la composante la plus importante du pays. Et ça, ce n'est pas nouveau. C'est aux Guinéens de sa battre pour son départ car il n'apportera que malheur à leur pays.
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+2 #4 aidra 23-03-2013 10:16

il n a pas la capacite d etre le president detousles guineens parce que il represente que 18 pour cent .
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+3 #3 madina 23-03-2013 10:08

Le poids electoral réel de Alfa Condè était loin d'avoisiner même 18%,car dès le premier tour,il a beneficié d'un bourrage des urnes de près de 50% de son score.
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-1 #2 TOOLA 23-03-2013 09:32

Je ressens comme un malaise dans la démarche de Monsieur Bah. Faire du lobbying auprès du Gotha de la société française, réuni à l'occasion de ce dîner annuel, est une chose. Et c'en est une autre que d'oublier le caractère mondain, communautariste et donc non républicain de cette organisation, qui a certains égards ressemble fort à «notre» coordination mandingue.
vous avez certainement flairé ou se trouve véritablement le pouvoir en France, mais il n'est pas évident que nos intérêts (ceux de la Guinée et ceux d’Israël) soient convergents (au contraire), ni qu'Alpha ne vous ait pas devancé sur ce terrain (regardez de très près ses relations avec les occidentaux, les réseaux militaires, «fraternels» et économiques qu'il entretient)
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+3 #1 Le voyant 23-03-2013 05:36

«Alpha Condé n’est plus le président de tous les Guinéens, il règne par la division!» dix-it Mr. Bah!!!!
Ah bon c’est maintenant qu’on se rend compte de cet état de fait pourtant clair pour le commun des mortels! Alfa n’a jamais été le président de tous les Guinéens et il ne le sera jamais, et tant qu'il continue de mépriser la majorité des Guinéens en s’enfermant dans son ghetto ethnique, il sera considéré comme tel.
Depuis qu’Alfa a commence la compétition (..) en politique son score n’a pas dépassé son minable score du premier tour des dernières élections, n’en déplaise a ses affidés qui chantent sur tous les toits (la donne a change…). Par ailleurs, il peut se réclamer président comme il veut c’est tant mieux pour lui, en tout cas la majorité est de l’autre camp. Il peut continuer à gouverner ses fans (tribut de son bantoustan) qui lui doit tout mais les Guinéens, dans la majorité, savent qu’il est un président illégitime (légal selon la cour suprême aux ordres) au service de la mafia ethno-violente.
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