Moktar Sall Vendredi, 22 Mars 2013 00:45
L'évolution ces derniers jours de l'actualité politique nous amène à la réflexion sur le sens et le but du combat qu'on mène pour notre pays.
Sans rappeler le hold-up électoral et la tactique incendiaire (stigmatisation, discours ethnocentrique, conflit inter-ethnique) qui ont permis l'arrivée du dictateur AC au pouvoir, ce dernier au lieu de rassembler les Guinéens en bon père de famille, a continué à se comporter comme un chef de guerre en combat contre ses ennemis.
Il est resté toujours à la tête du RPG, alors il n'a jamais porté la tenue de chef d'Etat qui lui a été gracieusement remise par Sékouba Konaté, Jean Marie Doré, le général Nouhou Thiam, le général Ibrahima Baldé, le décédé Kelefa Diallo pour ne citer que ceux-là...
La Guinée a de nouveau été trahie par ces responsables désignés. 2 ans et demi bientôt que cet aventurier arriviste traîne la Guinée dans la boue pour ne pas dire dans l'enfer avec sa politique socio-économique catastrophique.
Résultat, les Guinéens n'ont jamais été aussi divisés, n'ont jamais été aussi proches d'un conflit inter-ethnique aux relents génocidaire, les Guinéens ne se sont jamais aussi sentis en insécurité dans leur pays, bref les Guinéens n'ont jamais autant souffert dans leur pays.
Faut-il rappeler que dans notre pays, nous nous sommes toujours battus depuis plusieurs dizaines d'années contre la dictature, des soulèvements légendaires qui auraient pu donner lieu à une vraie révolution.
A ce titre, on citera la mutinerie du temps de Lansana Conté en 1995 étouffée après 3 jours troubles, la révolte populaire de janvier et février 2007 (répression - 200 morts) menée tambour battant par les syndicats, mais retournée au dernier moment par les mêmes syndicalistes dont Hadja Rabiatou et compagnie qui ont négocié l'arrivée de M. Lansana Kouyaté au poste de Premier ministre au lieu du départ pur et simple du dictateur Lansana Conté et traduction des criminels guinéens.
Vient ensuite le 28 septembre 2009 avec ses 157 militants tués au Stade du 28 septembre 2009, ses disparus, ses leaders molestés, ses femmes violées, ses milliers de blessés, cette tragédie qui a ému le monde entier ouvrait une bonne voie à la fin de la dictature, mais encore une fois l'armée infiltrée par AC et son réseau mafieux refusa l'expression démocratique du peuple qui avait désigné M. Sidya Touré et M. Cellou Dalein Diallo comme étant les finalistes de l'élection présidentielle de 2010.
Au lieu d'avoir M. Sidya ou M. Cellou Dalein, deux personnes connaissant profondément la Guinée pour l'avoir servie, ayant des liens du sang avec le pays, on a vu la nomination d'AC au poste de président de la République, c'est encore notre révolution qui nous a été volée, une fois de trop.
Les Guinéens aujourd'hui dans leur écrasante majorité, y compris ceux qui ont choisi Alpha Condé dans les urnes en 2010, ont compris que le casting AC est un raté monumental, un recul pour les maigres acquis démocratiques, mais on a tous vu venir, quand il disait : « je prendrai la Guinée, là ou Sékou Touré l'a laissée » ou quand il attaquait directement la communauté peule à travers les médias internationaux, ce qui rappelait Ahmed Sékou Touré.
La vérité est qu'aujourd'hui, le régime de Conakry est aux abois, au bord de la falaise, les Guinéens pour la plupart n'ont jamais fait confiance au Président, en attestent à suffisance ses 18% du 1er tour (son poids électoral réel) qui ont fondu comme peau de chagrin, ceux qui ont cru un tant soit peu, ont perdu cette foi au chef, la communauté internationale le considère de nos jours comme une peste à fuir, comme quelqu'un d'infréquentable.
Actuellement, l'opposition est en train de nouer un dialogue avec le gouvernement sous la coupole d'un médiateur international, après plus de 50 morts, des milliers de blessés, des milliers d'emprisonnés, un faux coup d'Etat, des violations quasi-quotidienne de la Constitution guinéenne, l'exclusion de la majorité de cadres compétents guinéens en raison de leur ethnie, la stigmatisation communautaire, la mise en place d'une armée et milice tribale prête au génocide d'une partie de la population.
La question est maintenant de savoir ce que doit être notre rôle pour restituer la vérité, pour sauver le pays.
Que pouvons-nous faire pour éviter d'assister de nouveau à un échec de notre combat ?
Qu'allons-nous gagner à négocier avec ce dictateur haineux, ethnocentrique dont le pouvoir mal acquis est au bord du précipice ?
Quel est le but de notre combat, du sacrifice de nos martyrs ?
Nous battons-nous juste pour quelques sièges au Parlement ?
Quel est le vrai sens de notre combat ?
Que voulons-nous ?
Est-ce juste permettre à nos leaders de ravir quelques sièges au parlement ou bouter la dictature hors de nos terres ?
A mon sens, le combat que nous menons et les sacrifices douloureux déjà consentis depuis 1958 dépassent l'obtention d'un dialogue dans le but unique de virer Waymark, permettre aux Guinéens de l'étranger de voter.
Je pense qu'en restant dans cette posture, nous devenons de nouveau des acteurs passifs de l'enlisement de notre pays dans la dictature, car on ne s’est pas attaqué au vrai problème, à la racine du mal, au virus, la gangrène, le mal de notre pays.
Je pense qu'aujourd'hui, il nous appartient tous autant que nous sommes de sonner l'heure de la révolte populaire, de faire notre vraie révolution, celle du peuple, celle des démocrates, celle des républicains, celle des Guinéens qui rêvent de vivre tous ensemble autour de valeurs républicaines, socle de toutes les nations fortes.
Moi, aujourd'hui, je ne m'inscris plus dans un combat orienté ELECTIONS, patati patata, je ne répondrai plus à ça, parce que le changement est à portée de main, le sommet de l'Everest n'est plus loin, le rêve d'une démocratie n'est plus loin de devenir une réalité.
Pourquoi donc négocier pour des strapontins, alors que le rapport de forces est de notre côté ?
C'est à nous de préparer l'opinion publique nationale et internationale sur le sujet du départ non négociable du dictateur guinéen, nous serons soutenus quand nous auront commencé le travail, pas avant.
LANCEMENT DU PRINTEMPS GUINEEN
Je propose qu'on lance notre PRINTEMPS GUINEEN, comme les pays arabes il ya deux ans.
Pour ceux qui sont en Occident, vous avez la banderole en PJ que vous pouvez afficher sur votre profil Facebook TOUT LE TEMPS QU'ALPHA SERA AU POUVOIR ET INCITER VOS AMIS A EN FAIRE DE MEME, de sorte qu'une ramification se fasse, saisir les médias comme France 24 pour médiatiser le phénomène, inonder des communications Internet sur le départ d'AC, afficher des messages de départ d'Alpha Condé sur nos profils Facebook et Twitter, moi j'ai commencé depuis hier.
Chaque pays peut désigner un comité de crise pour diriger le PRINTEMPS GUINEEN par toutes les voies et tous les moyens.
Nos leaders à Conakry doivent aussi s'unir autour de cette idée et faire front, passer ce message et envoyer des émissaires vers la CEDEAO, l'UA, l'UE, les Nations unies pour demander l'appui d'une force d'interposition pour protéger les populations civiles.
Pour finir, je vais rappeler qu'Alpha Condé n'est pas plus fort que Kadhafi, Gbagbo, Ben Ali, Hosni Moubarak, mais tous sont tombés aujourd'hui après la volonté affichée de leur peuple d’en finir avec la dictature.
Si tout le monde s'y met, on joue le jeu à fond, nous gagnons le combat dans les mois à venir, pour ne pas dire semaine.
C'est maintenant notre vraie révolution ou jamais.
Cordialement,
Moktar Sall
![]()