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Guinée: un nuage sans fin
Tutankhamon Jeudi, 28 Juillet 2011 23:24
A chaque fois qu'on entend parler de la Guinée, on a l'impression que le ciel risque de nous tomber dessus d'un jour à l'autre, sans prévenir tout simplement parce que le dieu Aton avait maudit ce peuple et cette terre bien avant que Moses ne reçoive les dix commandements... au sommet du Mont Sinaï. Rien ne pourra sauver ce pays de sombrer dans le désastre malgré les prières répétées de nos imams et prêtres tout simplement parce que le seul texte sacré (la Constitution guinéenne) qui nous permettrait et devrait nous permettre de vivre en harmonie, sans distinction de sexes ni d'ethnies, est traîné dans la boue par ceux-là même qui sont sensés le respecter et le faire respecter. D'abord, Alpha Condé se mouche le nez avec, mais personne ne réagit, ensuite il prend soin de ses aisselles avec, encore personne ne réagit. Je me trompe, seul notre citoyen Gandhi avait réagi mais personne ne l'a écouté. Maintenant qu'il est trop tard, notre président est tellement à l'aise dans son ambition de démanteler l'unité nationale qui avait toujours existé entre les différentes communautés depuis le début des temps, qu'il nous met mal à l'aise. Le Guinéen n'avait pas l'habitude de traiter son voisin d'apatride, par preuve nous parlons tous au minimum trois dialectes. Et voilà que soudain on demande à une communauté particulière d'aller en Somalie. S'il connaissait vraiment l'histoire de la Guinée, il devrait être le premier à rentrer au Soudan!
Dans un pays où 33% de la population souffre d'anémie falciforme (drépanocytose), une perte de mémoire collective s'est emparée de la population. Le Guinéen n'est plus en mesure de stocker, conserver et se rappeler les expériences passées pour mieux faire face au futur... Pour preuve, il y a déjà tant de Guinéens qui sont nostalgiques de l'ère dadisnosaure, avec son extinction massive à grande échelle qui a voulu nous emporter tous sans exception ! Comme si l'horreur du 28 septembre n'était qu'une fiction de Gustave Flaubert ou mieux encore de l'enfant du pays Tierno Monenembo. L'anémie falciforme peut, à certaines conditions, nous protéger contre le choléra disent-ils ! Malheureusement, elle nous donne une mémoire à court terme. Il suffit d'une chanson -savata petto- pour qu'on oublie toutes les dérives unilatéralistes et militaires de nos politiciens. Par conséquent, les mêmes dérives produisent les mêmes atrocités. AOB n'a même pas eu la chance de plaider non coupable et pourtant nous sommes dans la première démocratie ! L'histoire de la Guinée est un journal qui, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, viols, vols, impudicité, tortures, crimes de prince, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle (1).
Le comble de l'horreur, c'est une tentative d'assassinat de notre Chef d'Etat qui vient d'être dévoilée au grand public. Qui est-ce qui a poussé ces apprentis réalisateurs à reproduire une fiction des années soixante (complot permanent) pour un public qui vit au XXIe siècle ? Ne savent-ils pas que le noir-blanc n'est plus à la mode. Je ne sais pas à propos du Guinéen lambda, mais moi je préfère la HD pour le plaisir des yeux et du cerveau. Le noir-blanc, ça ruine la pupille! Je ne rigole pas. En face de nous il y a des gens qui sont prêts à nous mettre la corde au cou et de la tirer pas vers le Fouta où nous profiterons des diabhêrês et carrêh-pouttêh mais plutôt vers la Somalie, où je viens d'apprendre que la famine fait des ravages. Existerions-nous pour qu'ils nous mettent la corde au cou ? Non. Alors pour exister, il faut savoir résister. A l'heure où j'écris ces lignes, Bah Oury est encore porté disparu. Nous savons tous que ce rôle n'est réservé que pour Chuck Norris; pas pour un leader d'opposition. On ne peut disparaitre comme ça au milieu de ses militants et sympathisants. Ô moutirtani ! Au Doyen Nour Bokoum de nous faire la traduction.
Wassalam
Tutankhamon
Note 1Â : Charles Baudelaire
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