Après un an, les étudiants guinéens au Maroc attendent toujours

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C’était le 1er février 2012. Les médias guinéens se le rappellent et les étudiants au Maroc ont cela en mémoire, ce jour-là ils se sont mobilisés en masse derrière leur association l’Aseguim (Association des étudiants et stagiaires guinéens au Maroc) à l’ambassade de la République de Guinée au Maroc pour demander plus de soutien et des conditions plus favorables dans leurs cursus formations. Malheureusement après 1 an, ils attendent toujours. Pourtant il y avait de quoi avoir espoir surtout avec un échange avec les premiers responsables de la Guinée, ceux-ci même indiquant leur indignation par rapport à leur situation.

Derrière le phénomène boursier se cache ceci : une bourse mensuelle de 50 dollars, un manque de soutien médical en cas de maladie, une incapacité de voir ses parents même avec un cycle de 5 ans pour les étudiants faisant les écoles d’ingénieurs ou 7 ans pour les étudiants de médecine et au-delà, le pire de tout deux ans sans bourse. Il était temps qu’ils fassent comprendre leurs ras-le-bol, il était temps mais surtout les conditions l’exigeaient, un plat c’était la normalité du quotidien et des dettes à ne plus en finir. Ce qui fut fait mais après 1 an, le minimum qu’ils ont pu avoir est le paiement des arriérés de bourse, aucune augmentation envisagée, ni l’échéance de paiement et moins leurs billets ne serait-ce que pour les rentrants définitifs pour qu’ils viennent à temps et qu’il n’y ait pas de décalage d’une année entre ceux qui reçoivent leurs diplômes et le temps qu’ils rentrent dans leur pays, fraichement prêts pour les servir et se mettre à sa disposition, un pays qui a tant besoin de leurs connaissances, leur expérience et au-delà leur savoir-faire et surtout inculquer un nouvel état d’esprit à cette jeunesse qui est en manque de guide. Malheureusement, les autorités ont simplement tourné encore le dos, ils ont simplement fui leurs responsabilités.

Au Maroc, il y a comme dans le langage courant les boursiers formels et ceux qui ont bénéficié de la bénédiction des chefs. Il ne faut pas s’étonner, nous sommes bel et bien en Guinée Conakry, le mérite et le résultat ne sont guère les bases de récompense. Si tu as simplement un passe-droit d’un responsable ou des chefs à travers le plus souvent du relationnel, tu vis comme un prince, mais si tu as bien travaillé, passé tout ton temps à attendre l’électricité de la Guinée, qui venait à peine 1 jour sur deux et s’est classé de ce fait dans les 10 premiers, bonjour la galère et au revoir la bonne humeur. Rien d’étonnant, c’est le mérite guinéen, applaudir pour les chefs et ainsi va la vie, cela se confirme au royaume chérifien aussi, c’est le syndrome guinéen qui continue.

Les boursiers formels reçoivent à peine 1000 dollars, cela c’est ce qui est sur le plan formel, une somme qui fait à peine 1 année avant de voir le jour, et les étudiants qui ont la bénédiction des chefs, bénis qu’ils sont , 5000 dollars comme bourse annuelle, une vie plus que décente, on se demande de ce fait la place de la justice, la place du travail et du mérite. Il ne faut pas trop s’étonner du sous-développement, voilà des indices clairs qui indiquent encore le retard grandissant de notre pays, la Guinée.

Pour répondre aux revendications légitimes des étudiants guinéens boursiers au Maroc, les autorités guinéennes se sont simplement contentées de leur payer tout dernièrement 200 dollars, donnant 5000 dollars aux autres et augmentant mêmes leur nombre. Vous avez compris ainsi la réponse des autorités guinéennes quant à la revalorisation de la condition des étudiants guinéens au Maroc, c’est comme ça que le système fonctionne, derrières les affirmations sur les médias il y a la réalité qui dit autre chose, d’ailleurs c’est la stratégie adoptée.

Entre stigmatisation, confusion entre revendication et opposition, entre qualification soi-disant à la solde de l’opposition et en s’attaquant sur les biens fondés de leurs associations, entre stress et pression des dirigeants de l’Aseguim d’ailleurs, le nouvel ambassadeur venu a fait de cela son champ de bataille conduisant ainsi à une reprise de leurs élections alors que le droit d’association et son bien-fondé est régi à la fois au niveau de la constitution guinéenne et marocaine, voilà brièvement comment les étudiants guinéens ont bénéficié de leurs revendication.

Quand est ce que cette situation va s’arrêter ? La fuite des cerveaux guinéens va-t-elle continuer pour l’éternité ? Les étudiants continueront-ils toujours de vivre dans cette misère et ce manque de respect au quotidien ? Voilà les quelques questions qui méritent d’être posées. Pour ce changement, un grand courage de leur part et une stratégie envers les médias est nécessaire pour démystifier cette situation.


Abdourahamane Bella Bah


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Commentaires  

 
-2 #2 TOOLA 04-02-2013 23:17

Citation en provenance du commentaire précédent de Souleymane Diallo:
La vraie question que l'on doit se poser dans cette affaire est plutôt celle-ci: comment devient-on boursier guinéen ? Nous avons tous en mémoire encore les copies d'examen de ces étudiants cancres qui se contentaient simplement d'écrire : "Monsieur ou madame le correcteur, ayez pitié de moi et donnez moi la note de passage" fin de citation. On a pas besoin de courant électrique pour apprendre ses leçons. Le père du grand-père de mon cousin, El hadj Oumar Tall (bien qu'il ne s'était jamais rendu à la Mecque - une fable cruelle sur la vie de grand homme) avait passé son cycle coranique à la belle étoile et autour du grand feu coranique. Mettons de l'eau dans nos verres de vin. La vérité est que les 90 pour cent des étudiants-boursiers guinéens vivant au Maroc sont des faux. Le gouvernement ferme les yeux dessus pour ne pas décourager l'aide marocaine à destination du pays. De plus, la majeure partie de ces fameux boursiers prennent le large, c'est à dire ne retournent pas au pays, pourquoi alors gaspiller autant d'argent pour des éternels aventuriers ? Que nenni !

Chère Madame
Vous avez choisi de dénigrer celui qui est fondateur de votre ville natale, un des plus grands hommes de l'Afrique noire. Et aveuglément qui plus est, vous le médisez par là où il est inattaquable, sa foi (hadj), alors que le bon sens le plus élémentaire, si vous en étiez douée, vous aurait rappelé ses oeuvres.
Attention tout de même car la personne dont il est question était aimée de Dieu pour lui avoir été fidèle, un homme parmi les «sereins» (soufisme), au sujet desquels le Très Haut a dit : «« Quiconque est
hostile à un de Mes amis, Je lui déclare la guerre. » (Bukhârî)
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-4 #1 Souleymane Diallo 04-02-2013 15:29

La vraie question que l'on doit se poser dans cette affaire est plutôt celle-ci: comment devient-on boursier guinéen ? Nous avons tous en mémoire encore les copies d'examen de ces étudiants cancres qui se contentaient simplement d'écrire : "Monsieur ou madame le correcteur, ayez pitié de moi et donnez moi la note de passage" fin de citation. On a pas besoin de courant électrique pour apprendre ses leçons. Le père du grand-père de mon cousin, El hadj Oumar Tall (bien qu'il ne s'était jamais rendu à la Mecque - une fable cruelle sur la vie de grand homme) avait passé son cycle coranique à la belle étoile et autour du grand feu coranique. Mettons de l'eau dans nos verres de vin. La vérité est que les 90 pour cent des étudiants-boursiers guinéens vivant au Maroc sont des faux. Le gouvernement ferme les yeux dessus pour ne pas décourager l'aide marocaine à destination du pays. De plus, la majeure partie de ces fameux boursiers prennent le large, c'est à dire ne retournent pas au pays, pourquoi alors gaspiller autant d'argent pour des éternels aventuriers ? Que nenni !
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