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Le procès AOB doit être le procès de la mal gouvernance et de la « complotite »
Bakary Diakité Lundi, 28 Janvier 2013 21:51
Pour moi le procès AOB doit être ni plus, ni moins que celui d'un système, celui de la mal-gouvernance et de la « complotite » chronique!
C’est la mal-gouvernance qui sécrète la corruption, l'injustice, le népotisme, le favoritisme, les passe-droits. Le monde entier sait que les régimes totalitaires sont atteints d'une maladie congénitale appelée la « complotite » chronique.
La théorie du complot est le bras armé des régimes totalitaires pour éliminer les adversaires politiques et pour briser dans l'œuf toute tentative de résistance à la dictature.
La volonté de garder le pouvoir coûte que coûte a toujours amené les régimes totalitaires à recourir à la théorie du complot. Notre pays s’est brillamment illustré dans ce domaine depuis 1960.
Il s’avère malheureusement que la dictature ne peut engendrer ni la paix dans le pays, ni un développement socioéconomique durable, ni le bien-être de la majorité des populations.
La dictature ne peut enfanter que la mal-gouvernance, et c’est ce que notre pays connaît depuis 1958 !
La mal-gouvernance caractérisée par le manque de démocratie et d'Etat de droit et de justice, est la source de tous les maux de la Guinée.
La déliquescence de nos institutions, avec un Etat introuvable où le citoyen est abandonné à son sort sur le plan de sa santé, de sa sécurité, bref de ses droits fondamentaux: LES DROITS DE l'HOMME : tels la dignité, la sureté, la liberté…
Dans ce système, il ne peut pas y avoir de justice, mais sans justice il ne peut y avoir ni démocratie, ni développement socioéconomique pour les populations.
Dans ce climat de misère matérielle et morale, il résulte naturellement : la division des populations et un repli identitaire: c'est l'ethnocentrisme pour la majorité des personnes, qui ne peuvent< compter que sur la famille, le clan ou l’ethnie, c’est une question de survie.
Dans ces régimes, en l'absence d'un Etat de droit, où la justice est, soit totalement absente, soit à la solde du pouvoir en place, la théorie du complot a toujours été l'arme la plus redoutable contre les adversaires politiques.
La première République avait instauré un régime totalitaire avec un parti unique le PDG-RDA, une dictature sans partage qui a survécu pendant vingt- six ans par la terreur et la misère d'un peuple stoïque.
Le PDG s'est maintenu pendant vingt-six ans grâce à la misère matérielle et morale des populations préoccupées par leur pitance et grâce à la théorie du complot.
A titre d'exemples : en 1960 il y a eu « le complot des agents du colonialisme français et des intellectuels tarés » ;
en 1961 le complot des enseignants ;
en 1965 le complot « Petit Touré » ou complot des commerçants ;
en 1969 le complot « Fodéba-Kaman » ;
en 1976 « le complot peul ».
Sans compter le débarquement de novembre 1970, Sheitane 75…
Sous la première République, tout le monde était fiché, et tous les opposants réels ou supposés étaient programmés pour le prochain complot.
Cette théorie du complot est souvent basée sur la stratégie du « vrai-faux complot ». Dans ce cas les suspects sont infiltrés et filés par les agents de renseignement et les actes d'accusation fabriqués par des équipes spécialisées en la matière à partir des fausses vérités et d'éléments réels, mais les vrais acteurs ne sont maîtres ni du scénario ni de la programmation de l'acte qui est toujours dirigé par les agents des services de renseignement!
Les accusés sont contraints sous la torture d’avouer « leur participation ou leur complicité » aux actes qui leur sont reprochés.
Dans le procès AOB, des personnes suspectes ont été arrêtées le 11 juillet 2011, alors que l'attaque du domicile du président est survenue le 19 juillet soit huit jours après, ce qui prouve que ces arrestations étaient préventives. Le procureur de la République l'a dit lui-même pendant l'audience, je cite :
« Ces personnes étaient filées, car les services de renseignements savaient qu'elles préparaient un coup d'Etat… »
Avec le procès AOB, la Guinée vit un moment exceptionnel à travers l’une des institutions majeures de la démocratie, à savoir la justice, qui reste la clé de voûte de l'Etat de droit.
Ce procès est suivi non seulement par le peuple de Guinée de l'intérieur et de l'extérieur, mais par plusieurs pays africains.
Sur le fond et sur la forme, ce procès est une tragi-comédie, dans le sens où certains épisodes sont réellement folkloriques, et l’image de notre pays en est tellement salie, qu’on en a honte d’être guinéen.
Cependant cela reste une vraie tragédie non seulement pour ces personnes accusées et arrêtées depuis dix-huit mois, et leurs familles, mais pour tout le pays.
Des milliers de nos compatriotes innocents sans distinction ni d’ethnie ni de région ont péri dans le sinistre camp Boiro sous le premier et le second régime, sans jugement, après d’immenses tortures
En ces temps :
« Le citoyen n'avait plus le choix qu'entre se taire ou crier des slogans à la gloire du responsable suprême de la révolution, quand ce n'est pas pour se plaindre de la légèreté des supplices infligés aux prétendus comploteurs pourtant condamnés à mort! » Pr Alfa Ibrahima Sow (Paix à son âme)
Des centaines de nos jeunes sont tombés sous les balles de la soldatesque de notre pays. La tragédie guinéenne continue toujours avec le procès AOB, car notre pays est hanté par l’esprit de tous ces martyrs de notre peuple. C’est pour exorciser ce funeste passé, qu’il faut stopper cette course infernale et interminable dans l’imposture et dans le mal! Pour cela il nous faut une vraie justice et un Etat de droit.
Pour moi, le passage obligé, la voie royale reste et demeure : un dialogue inclusif, n’excluant aucune composante de notre pays pour une réconciliation nationale sur la base d’un pacte républicain. Cela va constituer le vrai procès de la mal-gouvernance. L’initiative et la décision en reviennent au premier magistrat du pays, le président de la République .
C’est l’occasion pour moi de lancer un appel au ministre des Droits de l’homme et des Libertés publiques, M. Kalifa Gassama Diaby, afin qu’il contribue à faire prévaloir les droits des accusés lors de ce procès. M. Gassama disait le 21 octobre 2012, lorsqu’il a rencontré l’Association des victimes du camp Boiro :
« Je ne suis pas venu pour rendre justice, parce que ceci n’est pas de mon rôle. Je suis venu pour exprimer l’importance de la justice dans une société démocratique, la nécessité absolue qu’on a dans ce pays à rendre justice. Ma présence exprime une volonté politique que cette nécessité est indispensable pour construire une société de paix. Il n’y a pas suffisamment de mots pour s’adresser aux victimes lorsque des crimes sont commis. Il est tout simplement nécessaire de leur rappeler que quand on a perdu des êtres chers, le sens le plus profond de la justice voudrait que l’absolue nécessité de cette justice ne leur appartient plus, puisque c’est l’humanité elle-même qui est en cause. Je voudrais donc dire aux familles des victimes que justice leur sera rendue, que la vérité sera. Derrière ce combat pour une justice, il y a un combat pour une société juste et stable ».
Ce procès engage non seulement la responsabilité mais aussi la crédibilité de la justice guinéenne. Toutes nos institutions sont les survivances des régimes totalitaires, la justice n'échappe pas à cela.
Aujourd’hui notre système judicaire est en première ligne dans notre lutte pour asseoir en Guinée une démocratie et un Etat de droit ; c’est une lourde et historique responsabilité pour notre justice.
L'occasion lui est offerte aujourd'hui avec ce procès de se réhabiliter, et de répondre à sa vraie vocation d'une justice impartiale, indépendante du pouvoir exécutif et uniquement au service des citoyens. Elle ne pourra se racheter qu'à ce seul prix.
La justice guinéenne est à la croisée des chemins: soit elle fait prévaloir le droit, en disant la vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur l'attaque du domicile privé du président de la République, soit elle dissimule la vérité. Dans ce cas elle sera définitivement discréditée et disqualifiée.
En effet, depuis l'accession de notre pays à la souveraineté, c'est la première fois « qu'une tentative de coup d'Etat » est jugée publiquement par un tribunal ordinaire avec des avocats de la défense face au ministère public, représenté par le procureur de la République.
Pour mémoire tous les accusés de complot de la première et de la deuxième Républiques ont été sommairement jugés et condamnés par des tribunaux d'exception. Le jugement ultra expéditif, sans défense, qui a suivi le « complot » du colonel Diarra Traoré du 4 juillet 1985 a emporté quarante-trois officiers et sous-officiers malinkés.
Le président de la République, le Pr Alpha Condé a lui-même été victime par deux fois de ce système. En effet, en 1970, après le débarquement, il a été condamné à mort par contumace, ensuite il a été arrêté pour tentative d'évasion en décembre 1998 et jugé par un tribunal spécial nommé « Cour de sûreté de l'Etat guinéen ».
Chers compatriotes, la Guinée d’aujourd’hui est un véritable océan de souffrance et de misère pour l’immense majorité des Guinéens. Même lorsque nous n’endurons pas la misère matérielle de nos compatriotes, je reste persuadé que chacun de nous souffre de la situation actuelle de notre pays.
Le procès AOB est un procès totalement contre-productif, il ne fera qu’exacerber les tensions sociales car il est politico-ethnique . Ce procès est politique car l’immense majorité des accusés sont des membres de l’UFDG, quoi qu’en pense le procureur de la République, M. Williams Fernandez. Du reste, je voudrais bien savoir s’il y des coups d’Etat « non politiques ».
Notre pays est devenu un enfer où la misère rôde partout, et chacun pense que son lot de malheur provient de son voisin de l’autre ethnie ; oubliant que notre souffrance est commune et qu’elle plonge ses racines dans la mal-gouvernance. C’est pourquoi en lieu et place du procès AOB, les Guinéens doivent maintenant faire le procès de la mal-gouvernance ; c’est aujourd’hui l’unique véritable enjeu. J’ose espérer que de plus en plus de Guinéens en sont conscients, aussi bien au sein des partis politiques que dans la société civile, car demain « Pour qui sonnera le glas ? » ; à chacun son tour chez le coiffeur !
Vive la Guinée, vive la Paix !
Docteur B. Diakité
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Commentaires
Madina, les Diakité, comme les Sangaré et les Sidibé, ne sont pas malinké, même si la majorité d'entre eux se voient comme tel, par pur complexe. Même quand les malinké parlent d'eux, ils les appellent "foulathié". Malheureusement dans le combat contre les peuls ils sont souvent en première ligne alors que les malinké ne font que se servir d'eux contre leurs frères peuls du Fouta. Les malinké vont jusqu'à faire une classification en "peuls clairs" (parlant des peuls du Fouta) et "peuls noirs" (s'agissant des peuls du Wassoulou). Le jour où ils le comprendront et réaliseront qu'ils sont peuls et non malinké, la donne ethnique dans la politique guinéenne changera significativement.
Citation en provenance du commentaire précédent de Souleymane Diallo:
Madina, les Diakité, comme les Sangaré et les Sidibé, ne sont pas malinké, même si la majorité d'entre eux se voient comme tel, par pur complexe. Même quand les malinké parlent d'eux, ils les appellent "foulathié". Malheureusement dans le combat contre les peuls ils sont souvent en première ligne alors que les malinké ne font que se servir d'eux contre leurs frères peuls du Fouta. Les malinké vont jusqu'à faire une classification en "peuls clairs" (parlant des peuls du Fouta) et "peuls noirs" (s'agissant des peuls du Wassoulou). Le jour où ils le comprendront et réaliseront qu'ils sont peuls et non malinké, la donne ethnique dans la politique guinéenne changera significativement.
" foulah sy nani" comme les honorent tous les griots mandingues est une preuve indiscutable que même culturellement, les mandingues les distinguent comme peuls.
Maintenant il y a certes des wassoulounkés qui ne se considèrent pas peuls mais ils sont aussi nombreux ceux qui militent dans des organisations culturelles, qui revendiquent fièrement leur origine à l'instar d'une certaine Oumou Sangaré. Bref comme en religion, nulle contrainte en fulanité. En réalité, l'attitude de reniement de soi de certains peuls du wassoulouns (rarement le fait de ceux du Mali) ne peut être imputée qu'à leurs frères du Fouta Djallon, qui à force de démission, de pacifisme et parfois de l'âcheté en sont arrivés à être perçus et traités comme des étrangers chez eux. Comme dirait le proverbe, Mo yawi djeyideede ko laamu ndari ( on ne peut mépriser sa famille qu’en voulant s’élever au-dessus d’elle).
Toola djo
Et on comprend aisément que tout ce que la communauté malinké compte de résidus humains,de broussards congénitaux et de farfelus a rejoint Alfa Condè.Les nobles de cette communauté en sont les premiers offusqués.
Ce monsieur ne m'inspire aucune confiance.Ce proces est suivi par beaucoup de personne,sauf par malhonnetete de l'appeler autre que, le proces des PEULHS.Ce n'est vraiment pas celui de AOB ( meme s'il est peul) ou des simples militants de l'UFDG (puisque tous les peulhs ne sont pas de l'UFDG).C'est ''la deshumanisation'' du PEULH de Guinee.INCH'ALLAH CETTE HUMILIATION NE SERA PAS SANS FIN.
J'aurais souhaite que Mr Diakite cadre bien ses tirs.Pas besoin d'une reconciliation dans ces conditions ou nous sommes reduits au statut de sous-humains sur la terre de nos ancetres.
Que cela soit compris la violence appelle a la vengeance.
C'est hypocrite d'entendre toujours parler de reconciliation dans ces conditions ou de tourner les pages d'un livre non lu.
GA








