Faya L. Millimouno Dimanche, 27 Janvier 2013 18:07
Mes chers amis de la presse et honorables invités!
Mesdames et Messieurs,
Merci à tous d’être venus très nombreux répondre à l’appel de vos concitoyens engagés plus que jamais à la défense des valeurs et des principes démocratiques dans notre pays. En leur nom, je vous dis grand merci.
Avant tout, permettez-moi de vous faire la lecture d’un extrait des commentaires que font les Guinéennes et Guinéens qui signent la pétition lancée pour soutenir la légalisation du Bloc Libéral. Ecoutez ceci :
A écouter attentivement cet extrait des commentaires que nous nous faisons le devoir de partager avec vous, on comprend bien que c’est toute la Guinée qui s’exprime :
La Guinée au féminin et au masculin,
La Guinée de l’intérieur et de l’extérieur,
La Guinée de tous les âges et de toutes les ethnies,
La Guinée de la mouvance et de l’opposition,
La Guinée de toutes les confessions religieuses et de toutes les régions,
La Guinée de tous les niveaux d’éducation,
La Guinée des pauvres et des riches.
Mesdames et Messieurs,
Vous me permettrez aussi de m’adresser à tous mes compatriotes qui ont choisi d’être membres ou sympathisants du Bloc Libéral. Je voudrais leur dire de garder en mémoire que tous les progrès de l’histoire ont rencontré une opposition, des obstacles. Le Bloc Libéral qui constitue un progrès majeur dans l’espace politique guinéen n’échappe pas à cette règle.
Chers compatriotes, malgré les obstacles auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, nous irons jusqu’au bout de nos objectifs. Certains parmi nous commencent à suggérer que nous empruntions le chemin suivi par certains ainés et compagnons, celui de l’indifférence face à la dictature ou du contournement de l’obstacle au lieu de l’affronter. Sans vouloir juger ce choix, vous me permettrez de dire que si tous les Guinéens devaient emprunter ce chemin, cela voudrait dire que le peuple de Guinée aurait choisi de renoncer à défendre ses libertés et ses droits. Or, comme l’a dit un penseur, « Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour la dictature ou l’esclavage ».
Le peuple de Guinée dont vous venez d’écouter quelques commentaires ne peut en être un ; car, plus que beaucoup d’autres peuples dans le monde, il a souffert de la dictature pendant plus d’un demi-siècle de son histoire. Les conséquences en ont été nombreuses et désastreuses : mort de torture et de diète noire de ses plus valeureux fils et filles, exil forcé de millions de ses enfants et petits enfants, implantation solide de la pauvreté et de l’analphabétisme pour la majorité du peuple, chômage endémique pour la quasi totalité de ses diplômés, manque d’eau, de route, d’électricité, d’hôpitaux, d’écoles et j’en passe.
La plus grave conséquence du fait de commencer à renoncer à défendre un droit est qu’il ouvre la voie à d’autres violations plus graves. En effet, renoncer aujourd’hui à notre droit constitutionnel de créer un parti politique parce qu’un gouvernement à tendance dictatoriale a choisi, par abus du pouvoir, de nous en empêcher, c’est s’apprêter à accepter que le même gouvernement nous empêche, demain, d’être candidats à une élection et, après-demain, de jouir de notre statut d’élus du peuple.
C’est pourquoi, j’invite tous les membres du Bloc Libéral au courage, à la persévérance et à la patience.
Mesdames et Messieurs,
Vous me permettrez également de m’adresser à tous les compatriotes membres de la classe politique. Je m’adresse à eux pour leur dire que le mal le plus grave qui puisse arriver à un peuple n’est pas d’avoir un chef dictateur, mais le silence de la majorité. Au nom de tous les membres du Bloc Libéral, je vous demande humblement, encore une fois, de vous joindre à nous pour défendre les droits humains et les valeurs démocratiques pour lesquelles nous nous battons tous.
Vous me permettrez enfin de m’adresser à tous mes compatriotes épris de liberté et de justice pour leur demander de se joindre à nous le 11 février prochain pour une manifestation pacifique devant la Cour suprême de la République de Guinée, dans le quartier Camayenne. Nous comptons sur la mobilisation massive de chacun et de tous.
Rappelez-vous, chers compatriotes. C’est maintenant qu’il faut que nous élevions la voix pour éviter que nous levions les mains, comme d’habitude. Nous vous tendons les mains pour demander de l’aide, le soutien. Nous vous demandons de vous mettre à genoux pour vous lever, jamais plus pour accepter l’humiliation ou pour vous soumettre. Jamais plus le silence !
Je vous remercie.
Faya L. Millimouno
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