Selection de vidéos
Partenaires
La Guinée au bord du précipice
Alpha-Malal Barry Dimanche, 30 Décembre 2012 13:47
L’incantation semble aujourd’hui tenir lieu de légitimité au nouveau régime de Conakry. Tout se passe comme si les tenants de ce régime, ainsi que ses amis, qui sont animés de tout sauf de désintérêt, semblent, à force de le crier, vouloir se convaincre de l’avènement de la démocratie dans ce pays, à défaut de convaincre les autres. Cette dernière mission est, il est vrai, très difficile à mener à bien, tant l’imposture est aujourd’hui un secret de polichinelle.
Force est, en effet, de constater que les plus élémentaires critères d’une démocratie véritable sont absents en Guinée aujourd’hui : la formelle séparation des pouvoirs que Montesquieu avait érigée en condition minimale de la démocratie est juste simulée. Et le démontrer n’est pas la tâche la plus difficile qui soit.
Est-il besoin d’insister sur le fait que dans le gouvernement guinéen d’aujourd’hui, le seul critère de compétence est celui de l’appartenance à l’ethnie maninka. Personne ne peut dire le contraire, il suffit de regarder les noms des personnes nommées par décret : toutes sont maninka sans aucune exception. Les seules exceptions sont des « faire-valoir » pour masquer le caractère ethno-fasciste du régime en place car nous savons tous que ces « faire-valoir » n’ont aucun pouvoir de décision dans leur cabinet. Néanmoins, il faut reconnaitre qu’Alpha Condé n'est pas le créateur de l’ethno-stratégie et de la mise en place d’un régime ethno-fasciste en Guinée : Sékou Touré fût le précurseur de ce régime exécrable.
Il n’y a pas de gouvernement en Guinée : il y a une mafia qui se fait appeler « gouvernement » et qui découvre l’existence de moyens de s’enrichir rapidement par les ressources du sous-sol guinéen, et elle se bat pour cela avec pour premier responsable Alpha Condé. L’homme d’affaires français B. Kouchner (employé de Georges Soros, un financier milliardaire américain d'origine hongroise, qui est devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions ), l’affairiste anglais Tony Blair, ainsi que le parrain, d’une part, des guerres civiles en Afrique de l’Ouest et représentant de la Françafrique et d’autre part, celui d’Alpha Condé, le Burkinabé Blaise Compaoré, cherchent à faire croire qu’ils sont en Guinée pour aider ce pays. La planète entière sait que ces personnages ne sont attirés que par l’argent, et qu’ils sont prêts à massacrer des Guinéens pour y aboutir. L’exemple le plus récent concerne les tueries de Zogota à N’Zérékoré.
Le CNT n’est pas un contre-pouvoir comme dans une démocratie « normale » et le travail de cette « institution » est d’une nullité absolue. Elle ne fait qu’accéder à la volonté de la « mafia », et en fait, il ne s’agit plus que d’une chambre d’enregistrement. Cette situation tient à la fois de l’incompétence et de la complicité intéressée. Car la situation d’anarchie dans laquelle se retrouve la Guinée profite à tous les tricheurs, notamment ceux qui occupent un poste à signature c’est-à -dire un poste de décision qui permet de s’enrichir par la corruption.
La Justice est soumise et quasi-inexistante. Elle se ridiculise en permanence. Elle condamnait par exemple Lousény Camara de la CENI, mais ne dit rien sur le fait qu’il continuait à exercer sa fonction de « président » de la CENI. Actuellement elle constate que Fofana de la CENI viole les règles de fonctionnement, mais elle se complaît dans un silence coupable.
Nous savons tous que le gouvernement à Conakry a fomenté un « complot » pour distraire l’opinion et régler des comptes. Comme au temps du sanguinaire Sékou Touré. Pourquoi le jour de l’attentat Alpha Condé a-t-il changé de chambre à coucher ? Et là encore la justice, au lieu de chercher à trouver la réalité des faits et montrer son indépendance, elle se transforme en dénonciatrice des accusés ; quelle HONTE !
La télévision et la radio publiques sont aujourd’hui, exactement comme elles étaient sous le régime sanguinaire de Sékou Touré : ces médias nationaux ne présentent que des sorties du « président » et de son épouse pour faire de la propagande et non de l’information comme l’aurait fait tout média public dans une démocratie.
Un pouvoir qui détient tous les pouvoirs : l’exécutif, le législatif, le judiciaire et la presse est une DICTATURE. Rien d’autre.
Cette « mafia » est aux affaires et a fait 40% de sa mandature « officielle » sans que rien ne change positivement dans ce pays.
Le pays est divisé comme il ne l’a jamais été auparavant : Alpha Condé, Facinet Touré, Ousmane Kaba, François Louncény Fall, Jean Marie Doré et Sékouba Konaté en sont les principaux responsables
Cette situation ne peut durer éternellement : les gouvernés ont le droit d’une part, de refuser l’autorité de la « mafia » comme le font aujourd’hui les habitants de Guéckédou et d’autre part, si nécessaire, de se défendre avec les mêmes moyens que ceux de la milice du pouvoir en place.
Quant à l’opposition elle doit continuer à se battre contre cette « mafia » qui en réalité se complait de la situation actuelle dans la mesure où ses membres sont prêts à prendre le chemin de l’exil, le jour où viendront au pouvoir de vrais patriotes, c'est-à -dire des femmes et des hommes qui aiment leur pays, qui aiment ce qui est beau et grand pour la Guinée, contrairement à cette « mafia » dont le pays est l’argent .
Alpha-Malal Barry
Commentaires
- la destruction de toutes traces des geôles du camp Boiro sans que personne ne s’offusque que les exécutants du sanguinaire Sékou Touré n’aient rendu un seul des corps des 4000 martyrs tué dans ce camp et enterrés (probablement) dans des fausses communes ;
- la destruction du pont du 8 novembre sans qu’aucune action ou marque ne soit faite en souvenir des combattant de la liberté qui y ont été pendus ;
- la cession à des privés (appartenant à cette « mafia ») pour l’édification, entre autres, d’hôtels, de domaines et de propriétés de Kaporo Rails expropriés à des particuliers, essentiellement Peuls (comme par hasard) sans aucune indemnité. Alors même qu’à Kaloum, centre administratif et des affaires, véritable vitrine de la capitale et donc de la nation, on tolère des taudis immondes et des égouts à ciel ouvert ;
- etc… la liste de nos démissions est, hélas, sans limite.
Nous connaissons tous aujourd’hui la source du mal guinéen, il réside, sans nul doute dans la volonté, maintenant affichée au grand jour, d’une classe militaro - administrative maninka de s’accaparer et de tenir toute les reines du pouvoir dans notre pays. Je suis bien conscient qu’on ne peut pas, loin s’en faut, incriminer l’ensemble de nos frères maninkas de cet état de fait. Lors de mon dernier passage en Guinée (novembre 2012) j’ai échangé avec beaucoup de mes amis et copains d’enfance maninkas qui mesurent parfaitement l’abîme dans lequel cette situation a plongé notre pays.
Et je dis à mon frère Amara Lamine Bangoura dont je partage l’essentiel des observations, que la solution ne viendra pas forcément « en l'avènement d'une nouvelle classe politique constituée de cadres issus de toutes les communautés, n'ayant jamais été associée de près ou de loin,directement ou par personne interposée aux pratiques de malversations… ». C’est de ce genre de préconisation que s’est prévalu Alpha Condé qui, comme tout le monde le sait, n’a jamais travaillé (ni en Guinée, ni nulle part ailleurs). C’est le système mafieux qui ronge le pays qui est cause. Les personnes, y compris les cadres, ceux qui, de l’intérieur ou de l’extérieur, ont bénéficié de formations solides, sont capables de relever le pays ; à la condition expresse qu’au sommet de l’Etat, un patriote ambitieux pour le pays, capable de dépasser cette abjection d’ethnicisme et d’appartenance régionale soit là pour montrer le cap.
Mais je maintiens que le préalable à tout ceci, ce sera notre capacité à faire lucidement et honnêtement l’introspection de notre histoire depuis 1958.
Chérif DIALLO « Bagnan »








