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Deux ans de pouvoir d’AC : les ratés d’un début de quinquennat (2e partie)
Mamadou Cissé Jeudi, 27 Décembre 2012 16:35
Deux ans après l’accession de l’opposant historique guinéen à la magistrature suprême de son pays, ce 21 décembre 2012 est une occasion pour les pro et les anti-Alpha. Les qualificatifs utilisés vont du globalement négatif au globalement positif comme si tout était blanc ou tout était noir. Notre propos dans le présent texte n’est pas de refaire ce bilan mais plutôt d’attirer l’attention sur ce qui a moins bien marché en ce début de premier quinquennat pour que les autorités rectifient le tir afin de terminer le mandat dans des conditions bénéfiques pour le peuple.
Rappelons tout de même le côté positif en quelques mots : retour de la Guinée au sein des institutions internationales avec paiement des arriérés de cotisation, avancées sur le plan macroéconomique (baisse de l’inflation, appréciation du franc guinéen face aux devises étrangères, assainissement des relations entre la Banque centrale et le Trésor, démantèlement de quelques tentatives de détournement grâce à la regrettée Mme Boiro, unicité de la caisse, croissance d’un peu plus de 4,7%, augmentation considérable des réserves de change à la BCRG, …), réforme de l’armée (retraite de quelque 4000 militaires, délocalisation des armes lourdes hors de Conakry, peu de militaires en armes dans la rue, …), forte volonté de relance du secteur agricole malgré les ratés des 2 premières campagnes agricoles (on assiste tout de même à une légère baisse du prix des denrées alimentaires, notamment le riz), révision du code minier et audit du cadastre minier, construction de la route Boffa-Kolaboui ainsi que l’achèvement du tronçon Matoto-Dabompa, construction d’une demi-douzaine d’hôtels de grand standing, mise en place d’une nouvelle société de transport urbain (Soguitrans), volonté d’amélioration du niveau de vie des travailleurs avec l’augmentation envisagée des salaires, mise en place d’un Haut conseil pour la réforme de l’administration, ….
Certes, beaucoup a été fait en peu de temps mais la tache restante reste énorme. Toutefois, comme toute œuvre humaine, ce bilan a un côté négatif qui déteint considérablement sur les faits positifs relevés ici. Nous dressons ci-dessous les dix (10) points qui constituent les ratés des deux premières années de la gouvernance Alpha Condé.
Après la première partie où nous avions détaillé 5 points, nous vous proposons ci-dessous le reste des aspects que nous qualifions de négatifs ou de moins bien réussis au cours des 2 ans de pouvoir d’AC.
6. Les questions de justice et de sécurité
Des avancées ont pu être observées (comparution du gouverneur de Conakry suite à la plainte des avocats, inculpation de Moussa Tiégboro dans l’affaire du 28 septembre 2009) et l’organisation des états généraux de la justice qui n’aura pas servi à faire bouger les choses. L’absence du conseil supérieur de la Magistrature, les questions de libertés individuelles (interdiction des manifestations de l’opposition), les retards dans les procédures concernant les événements de septembre 2009 et l’attaque du domicile privé du président le 19 juillet 2011 constituent les points noirs du fonctionnement de la justice dans notre pays. L’espoir reste permis tout de même avec la création d’un ministère chargé des Droits de l’homme et l’érection du département de la justice en Ministère d’Etat. Sur le plan sécuritaire on croyait aux avancées avec la réforme du secteur de la défense et de la sécurité lorsque la recrudescence du banditisme des derniers mois nous a ramenés à la réalité (assassinat d’un opérateur économique libanais sur l’axe Dubréka-Boké, braquage de Monénembo à Dadya Kipé, assassinats de Mme Boiro et M. Cole à Kipé, braquage et/ou assassinats de citoyens anonymes). Certes, l’insécurité est un phénomène sous-régional avec la circulation des armes, l’implication de personnes en tenues militaires (héritage des régimes précédents), mais la population voudrait que le pouvoir trouve la parade contre ces bandits qui sèment la terreur dans la capitale et ses environs.
7. La rigueur et la lutte anti-corruption à géométrie variable
Il est incontestable que le gouvernement actuel a fait beaucoup d’efforts sur le front de l’économie, notamment en matière de lutte contre la corruption. Toutefois, ces bons résultats sont ternis par l’idée de tolérance du chef de l’Etat envers ses proches quand ces derniers sont cités dans des affaires rocambolesques. Le président a lui-même dénoncé les surfacturations lors de la campagne agricole sans démettre le ministre de tutelle d’alors bien que ce dernier ait eu le courage de démentir les accusations du chef de l’Etat dans un point de presse. Il ne sera renvoyé qu’un an après, certainement à cause des mésententes politiques. Dans le domaine de l’énergie, avec les gros investissements, beaucoup d’observateurs remarquent l’absence d’avis d’appel à concurrence dans les attributions de marchés. La presse a d’ailleurs fait état d’un marché de 50 millions d’euros passé de gré à gré sans qu’aucune enquête ne soit diligentée à cet effet. Pendant que Ouattara n’hésite pas à faire démissionner son ministre des Affaires étrangères dont le cabinet privé serait mêlé à l’affaire des déchets toxiques d’Abidjan, notre président continue de protéger ses petits et amis politiques ; cela ne peut que ternir son image d’homme rigoureux et peu intéressé par le matériel. Dans ce domaine, il faut que les actes et les engagements concordent sinon on aura toujours l’impression que les règles sont à géométrie variable.
8. La reprise des mamayas dans le pays et son corollaire de gaspillage de deniers publics
Ce qui écœure la plupart des Guinéens aujourd’hui, y compris beaucoup de personnes du camp présidentiel, c’est la profusion de mamayas à travers le pays. Même au temps du général Conté, ce rythme n’avait pas été atteint. Aujourd’hui certains ministres passent 40% de leur temps dans les CRD et préfectures pour des grandes cérémonies du RPG Arc-en-ciel. La conséquence, c’est que le ministre ne fait que partiellement son travail mais surtout, sur le plan financier, c’est une saignée des finances publiques qui ne dit pas son nom. Lorsque 5 ministres avec une vingtaine de cadres quittent Conakry pour un meeting à l’intérieur avec des véhicules 4x4, des billets de banque et denrées pour les sages, bref des budgets colossaux, on comprend mal le sens de la gouvernance des deniers publics. Il est temps que sous l’impulsion du chef de l’Etat, le gouvernement interdise à ses membres de parrainer les mamayas comme cela fut le cas au temps de Kouyaté. Le RPG Arc-en-ciel regorge d’autres cadres qui doivent faire ce boulot. Les économies ainsi réalisées peuvent permettre de construire des lycées modernes dans la capitale ou dans les capitales régionales. Nous avons trop de défis de développement pour continuer de tels gaspillages inutiles.
9. L’éternel problème d’eau et d’électricité
Dès son investiture, le président a affiché ses bonnes intentions pour la résolution des problèmes d’accès à l’eau et à l’électricité. Si pour la question de l’eau, on ne voit pas grand-chose pour le moment, il est à reconnaitre que beaucoup d’investissements et de projets sont en cours dans le domaine de l’électricité même si les résultats ne sont pas visibles pour le moment. Il est vrai que dans ce domaine, il s’agit généralement de projets à long terme mais le programme d’urgence devait permettre d’améliorer considérablement la desserte en électricité, surtout avec la forte pluviométrie de cette année 2012. En fait, il y a une certaine impatience des populations ; le ministre et la coordination de l’EDG doivent être un peu secoués pour ne pas tomber dans l’inertie. Beaucoup d’observateurs n’ont pas, aussi, compris l’importance qui a été accordée à l’éclairage public des chefs-lieux de préfectures en lieu et place d’un système d’approvisionnement des ménages en électricité. Autre écueil du secteur, les dégâts matériels et humains récurrents dans les ménages suite aux coupures et arrivées intempestives du courant du réseau EDG.
Bref, à mi-parcours, le peuple a besoin de savoir quelle amélioration pointe à l’horizon au niveau de EDG et les plus hautes autorités doivent peser de leur poids pour qu’il y ait de la lumière sur les allégations de non-transparence dans les procédures d’attribution des contrats.
10. L’épouvantail des audits à des fins politiciennes
L’un des atouts d’AC lors de la campagne présidentielle, c’était sa virginité en matière de gestion des deniers publics contrairement à la plupart de ses concurrents d’alors. Les Guinéens qui, depuis le temps de Kouyaté, attendaient les résultats des audits, ont porté leur voix sur lui pour qu’il puisse moraliser la vie publique de notre pays. Malheureusement, dès sa prise de fonction, AC s’est entouré des anciens barons de l’ère Conté dont certains sont impliqués dans la plupart des scandales financiers qui ont eu lieu sous la 2e République. La promesse d’audit de la gestion des ex-PM ne peut donc se réaliser car ces derniers on travaillé avec des gens qui sont aujourd’hui dans le camp présidentiel. A part quelques meetings où le sujet est abordé avec un relent populiste, la question est renvoyée aux calendes grecques. Quand le président en parle, on a l’impression qu’il est question de faire des audits orientés uniquement vers les ex-PM (tous dans l’opposition aujourd’hui). Et comme on ne peut interpeller ces derniers seulement sans être taxé de pratiquer la chasse aux sorcières, alors on préfère renvoyer la question à plus tard et ne pas se fâcher avec certains alliés politiques. On voit dans ce dossier aussi l’effet négatif de la politisation à outrance d’un thème de la vie publique : aujourd’hui les audits sont banalisés et brandis comme épouvantail. Cet état de fait encourage les commis de l’Etat qui se reprochent quelque chose à lancer leur propre parti politique dès la fin de leur mandat public. Et certains, comme Baidy Aribot, vont jusqu’à s’abriter derrière leur parti dans affaires purement privées.
Il est temps que le président mette fin à la politisation de la question des audits ; qu’on les fasse de façon impersonnelle et professionnelle.
Sans être exhaustif, voilà les aspects négatifs qui font que le bilan des deux (2) ans de pouvoir d’Alpha Condé reste mitigé. On aurait pu ajouter les faiblesses du processus de réconciliation nationale, l’absence de déplacement du chef de l’Etat à l’intérieur du pays (à part Forécariah, Dubréka, Boffa et Boké), etc. … Nous savons que la Guinée vient de loin et qu’il est difficile de faire un bilan au bout de 2 ans de pouvoir, mais nous estimons qu’il fallait faire cet état des lieux et attirer l’attention sur ce qui n’a pas bien marché. Avec l’espoir que d’ici le 21 décembre 2013 beaucoup de ces points négatifs se transforment en forces ou se résolvent définitivement pour le bonheur du peuple de Guinée car disons-le, si Alpha échoue, c’est la Guinée qui aura perdu 5 ans pour rien. Alors notre devoir patriotique est d’éviter son échec en tirant la sonnette d’alarme si nécessaire, et cela même si on est sympathisant ou membre du RPG.
Dieu sauve la Guinée !
Mamadou Cissé
Commentaires
"Le Fa-so d'abord ,le Mansa ensuite". On ne joue pas avec son pays comme on jouerait au poker.
Aussi, le Prof. d'économie Gandhi, vous enseignez quel niveau
Peu importe le niveau ; que je sois dans le primaire ou dans le secondaire n'aurait rien changé à ce que je dis. Et je ne tiens pas à étaler ici mes parchemins. Mais pour votre gouverne, car vous manquez de perspicacité, la micro et la macro-économie s'enseignent en maternelle, c'est bien connu.
Cisko,
vous citez dans votre rapport dix points que vous qualifiez de positifs et dix points négatifs. Mais on n' a pas besoin d'arguments pour vous dire que le bilan d' AC est nul pour ces deux ans!
Alpha Boulangé Condé a échoué pour votre information. Ne soyez pas le dernier à comprendre celà .
Bah oui ! 5-5 = 0 ; il ne s'en remettra jamais le Cisko lol.
Sous tous les cieux,quelqu'en soit le contexte,un tel montant est soumis aux rigueurs du controle et de la demarche économiques.Par une telle affirmation,alseny camara signe ici,le diplome de sa nullité en Economie.
La nullité en Economie de alseny camara ne souffre pas d'isolement,car il souffre aussi de nullité en grammaire française et en vocabulaire.Voyez plutot ce qu'il écrit:"tout ce qu'on peut reprocher DE cette opération",il ignore la place d'une préposition dans une phrase.
Il écrit:"je vais peut-être souligné"il ignore que quand deux verbe se suivent le second se met ä l'infinitif.
Il ecrit:"il faut forcément les HONOREES.Il ignore la technique de l'emploi du participe passé.
Il n'écrit une phrase correcte que lorsqu'il recopie un passage dans le vieux livre d'économie des années 60 qu'il possède.
Il n'est parailleurs pas etonnant qu'un tel nullard se félicite de la mise en place effective de 130 milliards comme fond de je ne sais quoi.Faisant semblant d'ignorer que c'est lä, juste un nouveau tremplin de detournement de deniers publics.Pour dementir monsieur camara,on apporte une preuve,pas une änerie.
vous citez dans votre rapport dix points que vous qualifiez de positifs et dix points négatifs. Mais on n' a pas besoin d'arguments pour vous dire que le bilan d' AC est nul pour ces deux ans!
Alpha Boulangé Condé a échoué pour votre information. Ne soyez pas le dernier à comprendre celà .
Sylla démocrate, moi, je suis très fier d'avoir étudié dans ma langue nationale et, je remercie Sékou Touré pour ça .
Chacun est libre d'avoir les mots qu'il faut pour juger de l'action du président. Mr Sow parle d'ethocentrisme au sommet de l’État et moi je parle de nominations politiques (ce qui peut être un handicap pour des postes techniques). Je ne suis pas obligé d'utiliser vos termes puisque nos perceptions ne sont pas les mêmes. Aujourd'hui Forécariah semble être la préfecture la mieux servie dans les nominations (PM, Ministres et conseillers à la présidence, secrétaires généraux de quelques départements ministériels, DG du port, de la Cnss, PCA de Sotragui, ...). C'est une question de perception. L'ethnostratégie disparaitra de ce pays lorsque chacun de nous la dénoncera sous toutes ses formes et non pas seulement chez les autres. La base de nos grands partis étant ethnique, tout le reste vient de là .
@ Sylla Democrate (Sylla Autocrate vous collerait mieux) : vous ne pouvez pas m'imposer votre façon de voir les choses. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre une avancée (même si elle peut paraitre insuffisante). Je vous comprendrai si vous aviez fait un texte pour dire à HRW et la FIDH que l'inculpation de Tiégboro ne pouvait en aucun cas être considérée comme une avancée dans l'affaire du 28 septembre 2009. Or ces ONG (et même l'OGDH du Doyen Sow) avaient crié sur toutes les chaines qu'il s'agissait d'une avancée tout en étalant leurs attentes pour la suite du dossier. C'est ce que je faits, je constate qu'il y a eu quelque chose de positif. Vous êtes seulement dans une optique de déni permanent sinon de mémoire de Guinéen, aucun citoyen n'avait porté plainte contre un gouverneur de la ville (même si dans le cas d'espèce il s'agissait d'avocat). En plus, les observateurs sont unanimes que depuis cette plainte le gouverneur a mis un peu d'eau dans son vin.
De grâce sachons ce qu'il faut raconter.
Tèmou birin ikouni wolima Sèkhou Touré feera(Alakha bokhiyikhoutou'ama).N'tan maidé,alonni kiraayaa nakhan folo afannè,atanna.N'nainè khäkhili fanyi nannou'ara,mékhei khakharan ekhaakhoui.Kono,khäkhili fanyi nafan kiyooki,kha'amouragnèrè afanyira,amou famma.
Et alors on l’entendra plus.








