Moussa Bella Barry Lundi, 24 Décembre 2012 17:23
Par manque de mots, il m’est difficile de donner un qualificatif précis à la victimisation politique. Mais je m’efforce de décrire ici « ce taureau de merde » victimisation par le certificat du quotidien des Guinéens. L'expression victimisation est, selon moi, une merde, parce que non conçue ; elle est larguée simplement pour merdoyer, en n’ayant rien à faire de savoir quand/comment est son effet spoliateur.
Pas un jour sans qu’un fonctionnaire de notre Etat ne se serve de son statut pour commettre un abus administratif. Cette mentalité oppressive, d’un autre âge, est l’outil de gestion préféré de plus d’un de nos administrateurs publics. Au lieu d’observer la neutralité due à l’exercice de la fonction administrative, et d’être au service du citoyen, ces administrateurs-là se servent perfidement du citoyen pour leurs carrières administratives, car ils croient, à tort, à la fidélité seulement à des personnes, mais pas à l’Etat qu’ils doivent servir. Certains m’objecteront que cet exemple d’administrateurs ne fait qu’appliquer le discours du professeur tenu à Dixinn : ce-dit discours est consécutif à son élection à la magistrature suprême de notre pays.
Citation : « Ils sont fous mes opposants, ils veulent me battre pendant des élections, alors que c’est moi qui nomme les préfets et gouverneurs ».
Lorsque le citoyen parle de l’abomination subie, on lui offre automatiquement la mamelle de la victimisation. Sous l’offensive assumée de cette façon de gérer la chose publique, des inconditionnels patentés exploitent à outrance ce filon de victimisation politique. Ce stigmate niais s’entend à la façon d’une rengaine insidieuse, elle est entendue à longueur de discours dans le lexique politique guinéen.
L’attitude des inconditionnels de l’attaque discriminatoire est intraitable. Dès qu’il est question de s’indigner d’une insupportable discrimination, ils sont prompts à dégainer leur arme favorite pour dénoncer la victimisation. Mais n’est-ce pas, au fond, banalement normal de revendiquer la justice et ses dérivés que sont l’équité, la liberté d’opinion, ... Dans le discours politique guinéen, les inconditionnels ethnocentriques butés ne prennent pas de gants pour crier la haine de l’autre et d’en faire usage dans les débats politiques.
Le stigmate, victimisation, pousse la cécité populiste au point de ne pas apercevoir que le communautarisme manque de pertinence pour gérer une société politique. Cet aveuglement est prêt à légitimer l’insupportable articulé dans des prises de position politique et par l’action de nombreux administrateurs de l’Etat, en leur trouvant toujours des causes extérieures, afin de déresponsabiliser l’administration et le politique de ses ratages.
Pourtant la fragilité de notre tissu social nécessite d’être raisonnable, de faire montre de réalisme en refusant tout ce qui serait de nature à augmenter les divisions entre les communautés nationales. Il faut mettre au déchet les vieilles méthodes d’exclusion usées et rétrogrades dans nos relations. La croyance à la nation guinéenne comme entité politique nous impose une réalité sociale faite d’éléments réunis les uns dans les autres. Pour la paix et l’harmonie dans la cité, il faut prendre mesure de ces interconnections, de cette interdépendance qui a créé un tissu de relation entre individus, groupes et communautés.
Je vous souhaite bonnes fêtes de fin d’année
Moussa Bella Barry