Le discours de la victimisation politique

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BARRY_Moussa_Bella_01Par manque de mots, il m’est difficile de donner un qualificatif précis à la victimisation politique. Mais je m’efforce de décrire ici « ce taureau de merde Â» victimisation par le certificat du quotidien des Guinéens. L'expression victimisation est, selon moi, une merde, parce que non conçue ; elle est larguée simplement pour merdoyer, en n’ayant rien à faire de savoir quand/comment est son effet spoliateur.

Pas un jour sans qu’un fonctionnaire de notre Etat ne se serve de son statut pour commettre un abus administratif. Cette mentalité oppressive, d’un autre âge, est l’outil de gestion préféré de plus d’un de nos administrateurs publics. Au lieu d’observer la neutralité due à l’exercice de la fonction administrative, et d’être au service du citoyen, ces administrateurs-là se servent perfidement du citoyen pour leurs carrières administratives, car ils croient, à tort, à la fidélité seulement à des personnes, mais pas à l’Etat qu’ils doivent servir. Certains m’objecteront que cet exemple d’administrateurs ne fait qu’appliquer le discours du professeur tenu à Dixinn : ce-dit discours est consécutif à son élection à la magistrature suprême de notre pays.

Citation : Â« Ils sont fous mes opposants, ils veulent me battre pendant des élections, alors que c’est moi qui nomme les préfets et gouverneurs Â».

Lorsque le citoyen parle de l’abomination subie, on lui offre automatiquement la mamelle de la victimisation. Sous l’offensive assumée de cette façon de gérer la chose publique, des inconditionnels patentés exploitent à outrance ce filon de victimisation politique. Ce stigmate niais s’entend à la façon d’une rengaine insidieuse, elle est entendue à longueur de discours dans le lexique politique guinéen.

L’attitude des inconditionnels de l’attaque discriminatoire est intraitable. Dès qu’il est question de s’indigner d’une insupportable discrimination, ils sont prompts à dégainer leur arme favorite pour dénoncer la victimisation. Mais n’est-ce pas, au fond, banalement normal de revendiquer la justice et ses dérivés que sont l’équité, la liberté d’opinion, ... Dans le discours politique guinéen, les inconditionnels ethnocentriques butés ne prennent pas de gants pour crier la haine de l’autre et d’en faire usage dans les débats politiques.

Le stigmate, victimisation, pousse la cécité populiste au point de ne pas apercevoir que le communautarisme manque de pertinence pour gérer une société politique. Cet aveuglement est prêt à légitimer l’insupportable articulé dans des prises de position politique et par l’action de nombreux administrateurs de l’Etat, en leur trouvant toujours des causes extérieures, afin de déresponsabiliser l’administration et le politique de ses ratages.

Pourtant la fragilité de notre tissu social nécessite d’être raisonnable, de faire montre de réalisme en refusant tout ce qui serait de nature à augmenter les divisions entre les communautés nationales. Il faut mettre au déchet les vieilles méthodes d’exclusion usées et rétrogrades dans nos relations. La croyance à la nation guinéenne comme entité politique nous impose une réalité sociale faite d’éléments réunis les uns dans les autres. Pour la paix et l’harmonie dans la cité, il faut prendre mesure de ces interconnections, de cette interdépendance qui a créé un tissu de relation entre individus, groupes et communautés.

Je vous souhaite bonnes fêtes de fin d’année


Moussa Bella Barry

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Commentaires  

 
+1 #5 Sogbe Bangoura 26-12-2012 18:07

Cher AOT, Il n'y a pas de contradiction entre nous. Je n'ai pas parlé de delais mais d'ampleur de la tâche et des moyens à engager. On sera encore plus en accord puisqu'il s'agit avant tout de volonté politique. Ensuite quelque soit le délai il n'en reste pas moins que le travail à réaliser soit énorme.
En effet un tel travail suppose entre autre une identification des objectifs sectoriels, un etat des lieux, une analyse des postes et des procedures en prenant en compte la traçabilité de l'information de bas en haut et de haut en bas, une nouvelle description et classification des postes et les problèmes de formation et de rémuneration, le recasement des fonctionnaires dont les postes seront supprimés etc...
La mise en oeuvre pourrait être rapide, mais l'analyse préalable et la définition du nouveau mode de fonctionnement demandera forcement beaucoup de temps.
En bref ce n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser
Cordialement
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0 #4 AOT Diallo 26-12-2012 13:01

Citation en provenance du commentaire précédent de SOGBEN .BANGOURA:
Cher compatriote,
Nous constatons tous les jours les différences entre notre Guinée actuelle et celle que nous souhaiterions voir. Cependant, sans parti pris il faut prendre en compte le poids de l'histoire. Si nous voulons avancer vite il va nous falloir remplacer toute la fonction publique actuelle par une autre neuve, bien formée, compétente et non corrompue. Voyez-vous l'ampleur de la tâche et les moyens à engager? Les choix qui s'imposent à nous sont simples: soit on prend le temps de former et d'organiser et contrôler, soit on fait appel à la coopération internationale pour gérer une période de transition permettant de former de nouveaux fonctionnaires en commençant par la magistrature. Dès lors que ferons-nous des actuels fonctionnaires?
Certainement il y a victimisation lorsqu'il n'y a pas une bonne justice pour faire appliquer la loi. Attention "Dura lex sed lex"' la loi est dure mais c'est la loi

Cher Sogben je suis souvent au pays maintenant, j'ai un œil externe de gestionnaire expérimenté et je me permet de te contredire un peu: avec des reformes radicales (mises a la retraite de tous les retraites et élimination de tous les tricheurs ce qui ramènera la fonction publique a bien moins de 50,000) + rigueur venant du sommet + tolérance ZERO + sanctions spectaculaires et officialisées = remise en forme de la fonction publique en moins de 12 mois.
Je suis prêt a prendre un pari avec tous ceux qui doutent de cela...
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0 #3 SOGBEN .BANGOURA 26-12-2012 08:27

Cher compatriote,
Nous constatons tous les jours les différences entre notre Guinée actuelle et celle que nous souhaiterions voir. Cependant, sans parti pris il faut prendre en compte le poids de l'histoire. Si nous voulons avancer vite il va nous falloir remplacer toute la fonction publique actuelle par une autre neuve, bien formée, compétente et non corrompue. Voyez-vous l'ampleur de la tâche et les moyens à engager? Les choix qui s'imposent à nous sont simples: soit on prend le temps de former et d'organiser et contrôler, soit on fait appel à la coopération internationale pour gérer une période de transition permettant de former de nouveaux fonctionnaires en commençant par la magistrature. Dès lors que ferons-nous des actuels fonctionnaires?
Certainement il y a victimisation lorsqu'il n'y a pas une bonne justice pour faire appliquer la loi. Attention "Dura lex sed lex"' la loi est dure mais c'est la loi
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+2 #2 Traore 25-12-2012 16:37

Cela a ete le cas des anciens premiers ministres,minstres et haut cadres de l'administration sous le regime de tyran feu conte,c'est la guinee le meme systeme et les memes methodes depuis l'independance.NB:Sidya Toure ta main,ma main pour feu conte,selon Cellou le regime de pup a ete le meilleur.
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-3 #1 Binta 25-12-2012 03:47

Bonjour Barry Bella,
Vous êtes calme et sans doute très instruit. Mais, à vous lire, on sent que vous ne lisez que des monographies périmées et vous êtes quelqu'un de trop fanatique. Soyez réaliste enfin bon sang bon dieu! La démocratie n'est jamais définitivement acquise. Il importe de vous rappeler à quel point l'introduction de la démocratie en Europe a été un processus long, parfois incertain, éventuellement réversible.En Afrique, et en particulier en Guinée, il ne faut pas encore rêver. D'une manière ou d'une autre, vous contribuez à cette saleté intelectuelle de (certains) fonctionnaires guinéens. Vous remuez la plaie en vous disant que tout doit être parfait dans l'immédiat. La citation mise en exergue dans votre texte est d'une palpabilité endolorie. Alpha Condé n'a-t-il pas raison de dire que ses opposants sont drainés si ces derniers pensent pouvoir le mettre K.O sur un ring dont il détient la clef du dijoncteur? À méditer !
CTrop !
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