Deux ans de pouvoir d’AC : les ratés d’un début de quinquennat (1ère partie)

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CISSE_Mamadou_01Deux ans après l’accession de l’opposant historique guinéen à la magistrature suprême de son pays, ce 21 décembre 2012 est une occasion pour les pro et les anti Alpha. Les qualificatifs utilisés vont du globalement négatif au globalement positif comme si tout était blanc ou tout était noir. Notre propos dans le présent texte n’est pas de refaire ce bilan mais plutôt d’attirer l’attention sur ce qui a moins bien marché en ce début de premier quinquennat pour que les autorités rectifient le tir afin de terminer le mandat dans des conditions bénéfiques pour le peuple.

Rappelons tout de même le côté positif en quelques mots : retour de la Guinée au sein des institutions internationales avec paiement des arriérés de cotisation, avancées sur le plan macroéconomique (baisse de l’inflation, stabilisation du Franc guinéen face aux devises étrangères, assainissement des relations entre la Banque centrale et le Trésor, démantèlement de quelques tentatives de détournement grâce à la regrettée Mme Boiro, unicité de la caisse, croissance d’un peu plus de 4,7%, augmentation considérable des réserves de change à la BCRG, …), les allègements de dette (atteinte du point d’achèvement, annulation d’une partie de la dette du club de Paris, de la France, …), réforme de l’armée (retraite de quelque 4000 militaires, délocalisation des armes lourdes hors de Conakry, peu de militaires en armes dans la rue, …), forte volonté de relance du secteur agricole malgré les ratés des 2 premières campagnes agricoles (on assiste tout de même à une légère baisse du prix des denrées alimentaires, notamment le riz), révision du code minier et audit du cadastre minier, construction de la route Boffa-Kolaboui ainsi que l’achèvement du tronçon Matoto-Dabompa, construction d’une demi-douzaine d’hôtels de grand standing, délocalisation de la fête du 2 octobre à l’intérieur du pays avec l’objectif de doter les villes d’infrastructures, mise en place d’une nouvelle société de transport urbain (Soguitrans), volonté d’amélioration du niveau de vie des travailleurs avec l’augmentation envisagée des salaires, mise en place d’un Haut Conseil pour la réforme de l’Administration, ….

Certes, beaucoup a été fait en peu de temps mais la tâche reste énorme. Toutefois, comme toute œuvre humaine, ce bilan a un côté négatif qui déteint considérablement sur les faits positifs relevés ici et empêche de parler d’un bilan globalement positif. Nous dressons ci-dessous les dix (10) points qui constituent les ratés des deux premières années de la gouvernance Alpha Condé.


1. La composition du Gouvernement et du cabinet présidentiel :

Le péché originel de la gouvernance Alpha est le recrutement des ministres non pas sur le critère de compétence mais essentiellement à cause de l’engagement ou de l’alliance politique. On ne demande pas au président de nommer des cadres qui ne partagent pas sa vision mais à notre avis on pouvait trouver des personnes plus compétentes au sein de la famille Arc-en-ciel, dans la société civile et même dans certains partis de l’opposition, pour faire appliquer la politique du président avec plus de doigté. Hélas, le gouvernement a été celui de la récompense. Par suite, le président a voulu concentrer les choses à son cabinet puisque n’ayant pas confiance à certains de ses ministres. Cette erreur managériale n’a pas tardé à se révéler au grand jour dans le cadre de la campagne agricole 2011, lorsque le ministre Marc Tolno, déjà frustré de ne pas avoir les mains libres pour passer les marchés comme il l’aurait souhaité, organisera un point de presse pour démentir les accusations de surfacturation et de détournement que le chef de l’Etat lui-même avait signalés lors d’une visite à Boffa. Autre nomination qui avait suscité la réprobation à l’époque, c’est celle d’un médecin aux Affaires étrangères alors qu’on voulait redorer le blason de la diplomatie guinéenne, sans oublier celle d’Aboubacar Titi dont le niveau académique a été très critiqué pour un poste ministériel malgré son glorieux passé de footballeur professionnel. Aussi, ces nominations politiques ont créé une certaine indiscipline dans l’administration (conflit entre Bouré, secrétaire général, et son ministre de tutelle par voie de presse) ou des querelles de prérogatives ou de domaines de compétence entre Titi et Bantama Sow. Il faut aussi signaler des ministres dont la présence au département n’a aucune importance pour le pays puisqu’aucune activité de leur département n’a été visible en 2 ans, nous voulons parler notamment du ministère de l’Alphabétisation (alors que beaucoup de groupements de paysans ont besoin d’appui dans ce sens). Le must dans ces nominations politiciennes, ce qui a le plus étonné et choqué beaucoup de Guinéens, c’est la prédominance des anciens de l’ère Conté dans le cabinet présidentiel. Bien que le président ait rassuré qu’ils n’auraient pas de rôle prépondérant dans les choix qu’il aurait à faire, une bonne partie des observateurs voient leurs mains dans les ratés actuels du pouvoir.


2. Les élections législatives et la question Waymark / Sabari Technology :

Beaucoup d’observateurs politiques (certainement même les opposants) s’attendaient à la remise en cause du contrat de Sagem après l’élection d’Alpha, notamment à cause du mauvais enrôlement des électeurs dans le fief du RPG. Le problème avec le président, c’est souvent la méthode. Pendant que l’on s’attendait à un nouvel appel d’offres pour le choix d’un opérateur qui corrigerait les erreurs d’enrôlement lors de la révision des listes électorales, le président dit publiquement qu’il a obtenu de son frère sud-africain des kits Waymark pour faire un nouveau recensement. Soit Koro Alpha a voulu tester ses opposants, soit il a voulu gagner en temps en créant une telle crise pour mieux se préparer. Toujours est-il que cette initiative, qui risque d’être l’erreur fatale du mandat, contribue à retarder les législatives et prive ainsi le pouvoir de précieux financements (bailleurs de fonds ou investisseurs) qui auraient été profitables à la Guinée et comptabilisés à l’actif du pouvoir lors des campagnes pour les futures élections présidentielles. Et le clou dans cette affaire, c’est que le système Waymark serait moins fiable que celui de Sagem selon l’opposition, confortée en cela par les faiblesses qui auraient été décelées par le PNUD et l’OIF (personnellement je n’ai pas lu les rapports, donc je préfère utiliser le conditionnel). Hélas, après tant de salive, de tensions autour de cette question, de manif avec leur corollaire de pertes en vies humaines, de pertes matérielles et d’arrestations, bien malin celui qui pourrait prédire l’issue finale de ce bras de fer entre l’opposition et le pouvoir. On peut tout de même craindre un radicalisme des deux (2) parties qui risque de faire perdurer la transition. Il est temps que le président instaure un dialogue politique sincère avec ses opposants pour sortir le pays de l’impasse. Autrement son bilan risque d’en pâtir quels que soient les efforts dans les autres domaines. L’exemple de Wade est illustratif à cet effet : malgré les infrastructures réalisées dans le pays, son entêtement politique a fait le lit de sa défaite.


3. Les précipitations et improvisations dans l’action gouvernementale :

Bien que très salutaires, certaines décisions gouvernementales ont été prises sans mesures d’accompagnement. La plus emblématique de ces mesures est la gratuité de la césarienne. Faute de mesures d’accompagnement, cette mesure a eu du mal à s’appliquer plusieurs mois après l’initiative. Autre mesure sans aucune préparation, la campagne agricole lancée au 2e trimestre de 2011. Malgré la justesse de ces 2 initiatives, les écueils qu’elles ont connus ont poussé les critiques à parler d’échec, heureusement que pour la gratuité de la césarienne les choses sont, semble-t-il, rentrées dans l’ordre. Autres improvisations, la volonté du président d’être candidat pour le poste de président de l’UA sans aucune préparation. Il faut aussi signaler la disponibilité du même président pour être médiateur de la crise bissau guinéenne (tout en sachant que sa proximité avec l’Angola, donc avec un des protagonistes, ne fait l’objet d’aucun mystère). Aussi, les engagements pris à la hâte lors des meetings ou à l’occasion de certaines rencontres. Il en est ainsi de la promesse d’augmentation de 100% des soldes des militaires juste après l’investiture du président ainsi que de sa volonté de vouloir confier les travaux routiers au génie militaire. Dernier cas à rappeler : l’offre du président d’envoyer des troupes dans le nord du Mali en marge d’une visite en France où on l’a vu plus engagé que les Maliens ; heureusement que sur ce front le temps a fait son effet et que les militaires Guinéens ne feront probablement pas partie du contingent de la CEDEAO.


4. La gestion approximative du secteur minier et le rôle joué par le fils Mohamed Condé

L’une des priorités du gouvernement de la 3e République était la réforme du secteur minier et le lancement des gros investissements tant attendus. Certes, le code minier a été révisé (en 2 temps), l’assainissement du cadastre minier est en cours de finalisation, mais l’arrêt de plusieurs projets ainsi que le retrait du pays de multinationales rend de plus en plus septiques les citoyens qui croyaient à la création d’une classe moyenne dans le pays grâce aux grands projets miniers. Comme ses prédécesseurs, Alpha ne jure que par le secteur minier pour développer la Guinée alors que les possibilités de diversification de l’économie sont énormes (agriculture, pêche, tourisme, services, …). Le président consacre au moins 25% de son emploi du temps aux questions minières sans que le bout du tunnel soit proche. La plupart des sociétés ont gelé leurs activités (pertes de revenu pour des nationaux, manque de visibilité dans le secteur, …) et le fameux projet Simfer n’a toujours pas démarré. Et pour ne rien arranger, l’opinion publique voit le fils du président derrière toutes les tractations minières dans le pays malgré l’assurance donnée par ce dernier (notamment dans Jeune Afrique en 2011) d’éloigner sa famille des sphères et arcanes du pouvoir. Les conditions de passation de l’accord transactionnel de Rio Tinto, le scandale Palladino, les tergiversations du gouvernement face à une pléthore de sociétés, le pourrissement de la situation de Friguia, l’arrêt des activités de BHP, le gel de celles de Vale après les événements de Zogota sont entre autres les taches noires de la gestion approximative de notre secteur minier.


5. Le manque de réformes dans les secteurs clés tels que l’éducation et la santé :

La campagne électorale du candidat Alpha a mis un accent particulier sur la nécessité de réformer les secteurs sociaux de base tels que l’éducation et la santé. Pour le premier secteur de gros espoirs étaient nourris par les Guinéens suite à l’élection d’un ex professeur d’université. Mais 2 ans après, force est de constater qu’à part la rigueur de l’organisation du bac 2011 (exploit qui n’a pas pu être réédité en 2012 avec tous les ratés qu’on a vus), rien n’a changé dans le secteur éducatif. Ceux qui rêvaient de la construction d’infrastructures universitaires pour diminuer le flux de masse monétaire qui est annuellement versé à des institutions privées (pour un niveau d’encadrement au rabais) peuvent encore attendre. Pourtant le voisin ivoirien a réussi à rénover les anciennes universités et à en créer 2 nouvelles si l’on en croit les informations de la presse internationale (RFI notamment). Au niveau pré-universitaire, le programme d’infrastructures du PSE (Programme Sectoriel de l’Education) censé prendre fin en 2012 est à un niveau de décaissement insuffisant ; certains bailleurs (KFW) se sont d’ailleurs retirés du projet pour cause de retard des législatives. L’amélioration des questions qualitatives de l’enseignement (niveau des professeurs, qualité des programmes, inspection dans les écoles publiques et privées, audit des universités privées qui reçoivent des boursiers de l’Etat, …) n’a connu aucun début d’exécution. Sur le plan de la santé, la bonne mesure de gratuité des soins gynéco-obstétriques et de la césarienne a connu un début d’application très difficile conduisant à des complications pour beaucoup de femmes. Apparemment, les choses se sont améliorées à ce niveau mais les hôpitaux continuent à présenter un état piteux. Dans le plus grand d’entre eux (CHU Donka), les maladies des patients sont aggravées par les conditions désolantes des toilettes publiques dont certaines sont privatisées (moindre mal pour les malades). A l’intérieur du pays, c’est le statu quo.

Comme on le voit à travers ces exemples, le maillon faible du pouvoir actuel est la politisation à outrance, la précipitation/improvisation ainsi que des erreurs de communication lors des discours ou meetings. Avec un bilan où les réussites économiques et les réformes engagées prennent le dessus, il est temps que le président trouve avec l’opposition une solution à la problématique Waymark pour pouvoir terminer ce premier mandant avec beaucoup plus d’acquis qui compteront en 2015 lors de la tentative de réélection.

Dieu sauve la Guinée !


Mamadou Cissé
depuis Conakry


A suivre…

 
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Commentaires  

 
+1 #29 Gandhi 28-12-2012 01:06

Alsény Camara, bien que je sois prof d'économie, cela n'empêche pas que je puisse avoir des lacunes, on apprend tous les jours et j'en suis parfaitement conscient. Mais je connais mes limites et elles ne concernent pas des concepts de base. Allez vous rhabiller et de grâce ne soyez pas de mauvaise foi, à moins de vouloir cacher votre inculture économique. Où ai-je parlé de PIB ou PNB ? Ne noyez pas le poisson. Un pays peut avoir un taux de croissance élevé sans que cela ne profite à sa population.
Par ailleurs, c'est votre boss qui a annoncé que Konaté avait laissé les caisses entièrement vides. S'il ment (une nouvelle fois), prononcez le bien fort, pour que tout le monde entende.
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+4 #28 Ibrahima Mbemba SOW 27-12-2012 19:54

Si ce n'est le terme même de "ratés" qui est inapproprié au bilan des deux premières années de gouvernance d'AC, il me semble difficile d'ajouter grand-chose de plus aux points de vue que KIM et Madina notamment nous livrent, chacun à sa manière, sur cette analyse tout aussi critique et complaisante du frère Cissé. Malgré tous ses manifestes efforts d'objectivité intellectuelle, le RPGiste qu'il doit être aura bien du mal à trouver un autre véritable responsable de l'ECHEC de la gouvernance d'AC, qu'AC lui-même.
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-5 #27 alseny camara 27-12-2012 15:08

Gandhi "Oui les investissements publics peuvent effectivement augmenter la croissance, mais quel intérêt si ce sont les Chinois qui réalisent tout de A à Z ?". Dommage que ce soit-disant "administrateur public" soit incapable de faire la différence entre le PIB (Produit intérieur brut) et le PNB (Produit national brut). Le PIB est l'ensemble des biens et services produits à l'intérieur du territoire national (quelque soit la nationalité des investisseurs); le PNB prend en plus du ¨PIB, les revenus des facteurs nationaux à l'étranger et étrangers en Guinée. Pour le calcul de la croissance, on retient le calcul de la croissance du PIB réel. Notre économiste, ancien banabana, Sylla démocrate (Yètèè Diallo) pourrait peut être aider Gandhi à mieux saisir ces concepts de Comptabilité nationale. Gandhhi, pour ton information, avant l'encaissement des 700 millions USD par la BCRG en mai 2011, les réserves internationales brutes de la Guinée étaient de 253,7 millions USD en décembre 2010, soit 1,9 mois de couverture des importations CAF (conf. BOP site BCRG).
Depuis l'arrivée du Programme économique de Feu Lansana Conté, avec la suppression de la taxe spéciale à l'export de la bauxite, bon an mal an la CBG fournit au moins 120 milllions USD à la Guinée contre plus du double au temps de la Révolution. Vive la République de Guinée
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+3 #26 Gandhi 27-12-2012 12:03

Citation en provenance du commentaire précédent de alseny camara:
En 18 mois de gestion macroéconomique saine du Gouvernement de Kôrô Alpha, précisement en juin 2012, la croissance de M2 (-1,2,0%) est fortement en dessous du taux du PIB réel projetté de 4,8%.

Encore un qui n'a rien compris. Combien de fois faut-il vous le dire ?
Quand vous passez de 400$ en caisse (dixit AC) à 700 millions de $ par un "coup de baguette magique", il n'y a là aucune gestion saine. Vous passez de bana bana (puisque vous aimez ce mot) à personne riche, et on ne vous regarde plus de la même manière. Mais la différence est énorme entre un entrepreneur qui a créé de la valeur par son travail et celui qui a gagné au loto !!! Le premier continuera toujours à gagner de l'argent, le second doit continuer à prier pour espérer encore gagner au loto (tentatives de racket de Valé par exemple).
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+3 #25 Gandhi 27-12-2012 11:56

Citation en provenance du commentaire précédent de Sogbe Bangoura:
la planche à billet fonctionne moins sinon plus du tout.
Il faut aussi prendre en compte que les inv estissements de l'Etat en terme d'infrastructure peuvent être générateurs de croissance. (Il n'a pas que les entreprises privées qui génèrent la croissance.
Par ailleurs la gestion du taux d'inflation dans certains cas notamment lorsque la dette publique est elevèe peut être salutaire momentanement.

La planche à billet fonctionne moins parce que les 700 millions de Rio Tinto remplissent la fonction de réserves de change, mais cela est davantage du à un racket (encore qu'il soit normal que Rio Tinto ait payé) qu'à de la création de valeur par les entreprises guinéennes.
Oui les investissements publics peuvent effectivement augmenter la croissance, mais quel intérêt si ce sont les Chinois qui réalisent tout de A à Z ?
L'inflation n'est pas toujours mauvaise en soi (du point de vue du gouvernement s'entend), parce qu'elle lui permet de rembourser sa dette intérieure plus facilement (il emprunte 100, il rembourse 90) et permet des augmentations de salaire de 50% par exemple, qui peuvent donc être atténuées avec le temps. Le taux d'inflation ne porte pas que sur les produits de première nécessité (dont les prix peuvent continuer à croître) et d'autres produits (TV, véhicules...) dont les prix peuvent baisser. Il n'est qu'une moyenne. Chacun comprendra que le Guinéen est davantage intéressé à la hausse du prix du riz et des condiments, ou du carburant que la baisse des prix d'une TV.
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+3 #24 Gandhi 27-12-2012 11:42

Citation en provenance du commentaire précédent de Sylla democrate:
Mr Gandhi, je suis d'accord avec le principe de croissance que vous evoquer. Toute fois, je suis du meme avis que Kadiatou car je ne vois pas comment la Guinee a cree de la croissance en 2012.

Vous n'avez sans doute pas compris mon commentaire. On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut. Il n'y a pas de croissance vertueuse en Guinée, car le taux de croissance présente par le gouvernement augmente mécaniquement si on exporte un peu plus de cailloux (bauxite) par exemple. Rien de concret donc pour la population. Le gouvernement se réjouit que d'autres indicateurs aient augmenté (la production agricole par exemple), mais ce ne sera que feu de paille. Les augmentations liées à l'espoir de changement ont vite été douchées par la politique étatiste d'AC, qui empêche les paysans de vendre leurs produits où ils veulent et à qui ils veulent. Résultats, ils se sont faits avoir une fois, ils ne recommenceront pas et il faudra surveiller les chiffres l'année prochaine.
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0 #23 Sylla democrate 27-12-2012 05:57

Alseny avec tout le respect que je dois en Milton en ma qualite de banabana, je peux te dire que cette assertion selon laquelle "l'inflation est toujours d'origine monetaire" ne correspond pas a la realite. Mais comme je ne sais pas dans quel pays tu vis (parceque si c'est la Guinee avec juste Gamal)apres ce que je vais evoque si bas, mon intervention s'arretera la sur ce sujet. Je vais te citer entre autres"
a) "Une forte demande" cree de l'inflation on appelle cela en anglais "Demand pull inflation", autrement une forte croissance cree de l'inflation car le peuple peut etre rassure (confident) par rapport au futur et depenser beaucoup. Exple de pays confronte a cette realite, la Chine.
b) le second, we have cost push inflation: I don't know how to translate it in french as well. Cependant, cela signifie que la limitation de la fourniture des biens et service couplee a une forte demande amene le "producteur" a elever les prix du bien et servce. Exple, le cas guineen.
En tout etat de cause si tu me confirmes que tu peux suivre des cours en anglais, I will send you some useful website with video for enhancing your level. Il y a beaucoup d'autres causes. Aussi, sincerement on n'etudie plus beaucoup des documents de Milton et d'autres ici avec tout le respect que je leur dois. J'espere que quelqu'un d'autre le confirmera pour toi sur ce site. le tps change et ns changeons aussi, normalement, Gamal doit adapter ses cours. Avant d'aller faire mon banabana, j'ai finis a Gamal (mais tu comprendras que je ne puisse donner ttes les infos ici car ce n'est pas safe au bled). Pour terminer, je te dirai sincerement que les banabana de Madina font ce que les cadres de l'Administration ne font pas: First, ils travaillent honnetement, payent l'impot (tax), et ne prennent rien de la caisse de l'Etat. Aussi, je te defis de me montrer un de vos cadres au poste qui a une maitrise du commerce international comme "Bobo Lopi" malgre son francais. Je connais un peu trop les cadres guineens pour avoir travaille avec eux sur des documents de DRSP, etc et partout. Si tu connaissais chez Tall a Kipe,tu comprendras que yes, j'y etais parfois avec certains qui sont ministres aujourd'hui. We keep in touch.
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-2 #22 alseny camara 26-12-2012 20:51

Sylla démocrate, en termes de politique monétaire, on maîtrise la croissance de la masse monétaire (M2 cas guinéen)en vue de lutter contre l'inflation. Cet objectif ultime de toute Banque centrale dérive de la théorie quantitative où MV=PT. Milton Freidman, Chef de file des monétaristes disait" l'inflation est toujours et partout d'origine monétaire" donc il faut maitriser la croissance de M2 autour de celle du PIB réel. En décembdre 2009, la croissance du PIB réel était négative de 0,3% alors que la masse monétaire s'est accrue de 25,8%, en décembre 2010, le résultat économique et financier de la transition était catastrophique, croissance de M2 74,4% alors que celle du PIB réel était de 1,9%. (Ces données sont vérifiables sur les sites de la BCRG). En 18 mois de gestion macroéconomique saine du Gouvernement de Kôrô Alpha, précisement en juin 2012, la croissance de M2 (-1,2,0%) est fortement en dessous du taux du PIB réel projetté de 4,8%. Sylla démocrate, sauf explication claire de ta part, la stabilité de la monnaie se réalise par rapport à sa valeur externe en termes des autres monnaies (le taux de change). En Guinée le Franc guinéen s'est déprécié face au dollar US de 19,1% à fin décembre 2010 contre une appréciqtion de 2,0% en juin 2012. j'attends impatiement ton intervention, digne d'un économiste (pas d'un banabana du marché madina), sur le sujet croissance et stabilité monétaire en lieu et place de Mme BAH. Vive la République de Guinée
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+1 #21 Sogbe Bangoura 26-12-2012 18:22

A Sylla démocrate
Il faut reconnaître qu'il y a des avancées.Elles ne sont certes pas suffisantes et/ou répondent plus aux critères imposés par les bailleurs de fonds.
Il faut noter par exemple que la banque centrale actuelle n'est plus une caisse centrale et que la planche à billet fonctionne moins sinon plus du tout.
Il faut aussi prendre en compte que les inv estissements de l'Etat en terme d'infrastructure peuvent être générateurs de croissance. (Il n'a pas que les entreprises privées qui génèrent la croissance).
Par ailleurs la gestion du taux d'inflation dans certains cas notamment lorsque la dette publique est elevèe peut être salutaire momentanement.
Cependant nous sommes d'accord sur le fait que sans un bon niveau de production nationale,il n'y a point de salut et cela necessite des programmes bien ficelés et financés.
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+2 #20 Sylla democrate 26-12-2012 17:18

Sogbe Bangoura merci pourton intervention. Mais si tu parles a juste titre de politique a court terme, moyen terme et long terme, priere me dire ce qu'est le resultat a "tres" court terme. Je te le demande car je suppose que t'es economiste. Alors a ce niveau pour toi, c'est la tolerance zero. Mr Gandhi, je suis d'accord avec le principe de croissance que vous evoquer. Toute fois, je suis du meme avis que Kadiatou car je ne vois pas comment la Guinee a cree de la croissance en 2012. Les petites et moyennes entreprises qui creaient de la valeur ajoutee ne fonctionnent plus tres bien, Beaucoup d'investisseurs nationaux par le fait d'incertitude et de l'insecurite hesitent a accelerer la cadence de creation de la valeur ajoutee. Le code minier qui etait sense propulse l'economie a ete contre productif car non incitatif, le retrait des entreprises importantes. Expl, BHP-Vale-Fluor; Desaccord entre le bled et BSGR, fermeture de Fria qui contribuait tant soit peu a cette croissance. A ce niveau, il faut rappeler que l'Etat guineen fait des erreurs depuis toujours en comptabilsant comme revenu la production effectuee par les usines, Friguia, Kamsar, Ashanti. En realite, c'est juste ce qu'on percoit sur la production qui doit etre comptabilise car le reste appartient a l'entreprise. Ce que j'ecris ici est loin d'etre exhaustif, mais en y voyant plus clair, je pense que Kadiatou a raison de dire qu'il n'ya pas eu de croissance en Guinee en 2012. Dans le prochain commentaire peut etre je vous dirai comment l'Etat consolide ses resultats a partir de ceux des agences du systeme des Nations Unies en Guinee.
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+2 #19 Sylla democrate 26-12-2012 16:45

Alseny Camara, tu sembles ne rien comprendre de la question de Kadiatou. La politique monetaire est une fonction essentielle de la banque centrale et cela est connu par tous. Mais vous n'arriver pas a faire une distinction entre maitriser une monnaie et la stabiliser. Il y a une nuance, mais comme tout le monde se reclame economiste alors je te laisse a ta reflexion.
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+1 #18 Youssouf Bangoura 26-12-2012 16:09

Chaque guinéen apprécie le bilan à mi-parcours d'AC à sa façon, on ne peut pas dire qu'il n'a rien fait de positif, malgré son incompétence, son tâtonnement, il essaie tant bien que mal à résoudre certains problèmes, comme l'eau, l'élèctricité et l'alimentation . Il est aussi vrai que par son l'ethnocentrisme, il est arrivé en deux ans seulement, à mettre complétement en lambeau le reste du tissus social, le fossé entre les ethnies s'est approfondi . Personnellement, je suis déçu sur deux points, son ethnocentrisme et son coté dictatorial, je n'aurais jamais pensé qu'on puisse vivre pendant 58 ans dans un pays comme la France et qu'on soit ethnocentrique et dictateur à la fois . Nous qui l'avons soutenu, nous ne l'avons pas fait pour qu'il fasse des miracles mais, au moins, qu'il nous montre ce dont -il est capable et surtout prouver qu'il a vécu dans un pays démocratique, en devenant du coup démocrate mais, il est tout sauf démocrate . AC refuse d'accorder à ses opposants ce que Lansana Conté un militaire, qui n'avait jamais vécu ailleurs qu'en Guinée, lui avait accordé . A part les massacres du 28 septembre 2009 sous Dadis, il y a eu plus de morts( massacres ) sous AC que les deux premières années de Sekou Touré et celles de Lansana Conté, pourtant, AC traite tous ces deux ex présidents de dictateurs . Bref, AC n'a pas prouvé qu'il est l'homme de la situation, il n'a pas la culture démocratique, tous les jours, ses ministres font campagne au lieu de travailler, le journal télévisé commence par sa femme et finit par elle, elle est partout . C'est avec regret qu'on constate aujourd'hui qu'AC n'est pas différent des autres. Je n'attends plus grand chose de lui, le reste de son mandant, sera la photocopie de ses deux ans passés .
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+3 #17 Cisko 26-12-2012 14:12

Ok Fela pour la précision. Je crois qu'on s'est compris. Je crois qu'on est d'accord sur l'essentiel concernant notre pays.
Pour Madina : je crois qu'on ne peut pas être plus royaliste que le roi. Si vous voyez tout en noir (même ce que l'opposition a salué au-delà du satisfecit des non Guinéens), je ne pourrai pas discuter objectivement avec vous. Je pense que chacun de nous a exposé ses arguments et cela me suffit.
Merci
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+4 #16 madina 26-12-2012 12:48

Cher Mamadou Cissé,votre texte est assez organisé et ä mon avis,Alfa Condè,gagnerait ä vous approcher ä cause d'une extraordinaire prouesse:presenter les catastrophes de la dictature de Condè,comme "les ratés d'un debut de quinquennat".
La vérité sur les deux ans de Alfa au pouvoir est un constat évident:Le triomphe d'un homme et la tragédie d'un peuple.
Maintenant venons en ä ce que vous presentez comme coté positif et voyons ce qu'il en est
-"retour de la Guinée au sein des institutions internationales...etc":la Guinée n'a jamais été absente au sein de ces institutions.A cause du coup d'Etat,elle a été suspendue momentanément de certaines et après des elections,elle y a été re-intégrée.Cela va de soi,il n'y a aucun mérite pour le nouveau régime en cela.
Mème le PPTE a été accordé ä la Guinée par arrangement car vous n'ignorez pas les derogations impensables dont elle a beneficié.
A rappeler que le PPTE n'a pas été initié par ce regime,et quand le regime précédent l'a initié,c'est bien la rebellion declenchée par Alfa Condè et le RPG qui l'avait interrompue.
-"Avancée sur le plan macroéconomique":Toute avancée sur le plan macroéconomique se fait ressentir sur le plan microéconomique.C'est automatique,or force est de reconnaitre que sur ce plan c'est la catastrophe.Il est donc clair qu'il n' ya aucune avancée macroéconomoique,ä part celle artificielle, imaginaire et mensongère que la réalité dement.Avancée macroéconomique,ce sont des chiffres stupides inventés et composés par Kaba de Koffi Annan et chantés par les artistes et troubadours du régime.
-"reforme de l'armée"/il est bien ridicule de mettre ä la retraite 4000 militaires d'un coté,pour enroler 20000 militants du RPG de l'autre.Parler de reforme avec cette réalité,c'est faire preuve de peu de réalisme et mème d'irrespect pour les guinéens.
-"revision du code minier etc"Cela n'a absolument aucune importance puisque malgré cette revision,c'est la catastrophe dans nos mines.Ce n'est pas la beauté des textes qui compte,mais leur application.Il n'y a aucun mérite ä s'asseoir dans des bureaux climatisés par le peuple,pour copier et coller des textes qu'on applique pas.
-"construction de la route boffa-kolaboui,achèvement du tronçon matoto dabompa":les deux projets ont été initié par le régime defunt.Il n'y a pas de mérite particulier ä venir poser les fenêtres restantes d'un batiment construit par ton adversaire pour crier sur tous les toits qu'on a construit la maison.Ou sont les nouvelles routes initiées par ce regime en deux ans sur cinq?
-"construction d'une demi douzaine d'hotels",vous n'ignorez certes pas que ces supposés hotels sont la propriété de Alfa et de son fils et surtout que des milliers de guinéens ont été deguerpis de ces lieux et mis au chomage sans aucune contre partie.Vous comprendrez pourquoi je parle de prouesse vous concernant quand vous presentez ces crimees comme des progrès réalisés par les coupables.
-"mise en place d'une nouvelle société de transport urbain"Je voudrais vous rappeler,que les bus de cette société sont un don de la Chine,et que la Guinée est le seul pays au monde ä ne pas avoir un avion avec tous les moyens dont elle dispose.Vous rappeler également que le CNDD avec toute la petitesse de sa dimension en moins de temps a fait plus de routes que Alfa Condè.Le train a également été refonctionnalisé sur conakry,pemdant le petit temps de la transition.
-"Delocalisation de la fête ä l'intérieur du pays"Si en religion,l'intention vaut l'action,force est de reconnaitre qu'en politique c'est l'action qui vaut l'intention.
En attendant,cette delocalisation apparait plutot comme une sainte pagaille initiée par un régime qui manque de serieux.Allez donc voir les infrastructures réalisées ä l'occasion.Un peu de serieux lä.
Vous parlez de "la volonté d'améliorer les conditions de vie des fonctionnaires par une augmentation de leur salaire".Je vous rappelle qu'ils ont menacé plusieurs fois avant d'obtenir une promesse d'augmentation de 50% et cela n'est pas automatique,mais sur une longue période.Ils ont demandé une augmentation de 200%,ils en ont la promesse pour 50%,quelle volonté!!!Cela alors même que le gouvernement affirme avoir recouvert 40 milliards de salaires fictifs.Pourquoi pas redistribuer cela aux fonctionnaires réels.Non,on préfère se partager le fric et affamer les ayants droit.
Bien ä vous cher Cissé,puisqu'il est humainement impossible d'enumerer toutes les conneries et crimes crapuleux de ce régime.Aurevoir.
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+1 #15 Sogbe .BANGOURA 26-12-2012 09:12

Cher compatriotes
Le rôle de la banque centrale est de conduire la politique monetaire du pays,celle-ci devant être cohérente par rapport à la politique budgétaire. Les indicateurs macro-économiques doivent être considérés au regard de ces politiques pour bien faire la différence entre le court, le moyen et le long terme.
Les institutions financières mondiales (BM,FMI, FED,Club de Paris) prennent en compte la politique économique et les résultats intermédiaires et finaux dans le cadre de l'accompagnement financier proposé aux pays.
Evidemment les resultats à très court terme pour les menages tardent à se faire ressentir surtout pour ce qui concerne la politique agricole, de santé et d'education et de sécurité.
Pour ma part un des problèmes majeurs du pays concerne la réorganisation de l'administration voire la mise en place d'une nouvelle administration competente et honnête.
Ceci serait un accelerateur formidable dans la marche vers l'avant
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+1 #14 Féla Barry 26-12-2012 00:50

Cisco, moi non plus je ne suis pas un inconditionnel de l'UFDG, ton texte est irréprochable de qualité et d'objectivité, et c'est le courage du bon sens politique que j'ai voulu salué et loin de moi de t'accuser de mensonges par omission délibérée sur la crapulerie politique ambiante érigée en méthode de gouvernement. ton soutien ou ton vote,c'est ton droit le plus absolu. Je suis resté sur ma faim, mais là n'est pas le problème. L'autosatisfaction d'avoir un des notres au pouvoir ne doit pas nous faire oublier l'essentiel, la justice,la cohésion sociale, le bien être, l’égal accès au droit de tous quelque soit l'origine ethnique de celui qui au pouvoir. C'est le seul enjeu de mon combat pour que l’idéal républicain vienne à bout des velléités eth-no-hégémoniques qui polluent le climat politique et paralysent le pays. Un juste retour au bercail d'un civisme invulnérables aux délires tyranniques, et ethno de qui vous savez, rires. L’a-frique des empires est bien morte de sa colonisation, reste à inventer une nouvelle Afrique pour parodier Senghor!!! la guinée se fera avec les pour et les contre afin que l’idéal démocratique triomphe dans nos coeurs et nos actes.Fraternellement !!!
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+5 #13 madina 26-12-2012 00:40

Avec Alfa Condè,on s'attendait ä un éléphant, on s'est retrouvé avec un poussin.
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+1 #12 Cisko 25-12-2012 22:54

@AOT, Fella Barry et autres :
Je commencerai par préciser que je ne suis pas RPGiste mais j'ai soutenu et voté Alpha au second tour de la présidentielle. Comme beaucoup de Guinéens, je croyais en sa capacité à sortir notre pays de sa longue descente en fer. Meme ses opposants ont reconnu les efforts fournis en 2 ans. Tout n'est évidemment pas rose mais on ne peut pas dire que rien n'est fait. Demandez aux riverains de l'axe Matoto-Dabompa ce que le pouvoir de Alpha leur a apporté. Au moins, ils ne respirent plus la poussière qui leur a été servi pendant 7 ans avant l'arrivée de Alpha, alors que la route avait un financement extérieur. Un spécialiste de la FAO a reconnu (sur RFI) que contrairement aux autres pays, la Guinée a connu une baisse de prix des denrées alimentaires. Ce qui est incontestable ici puisque je faits acheter du riz du pays à Forécariah ou Kolaboui à 5500 GNF alors que le prix était de 7500 GNF. Les autres succès de Alpha auront leur effet à long terme. Mais la disponibilité des devises permet déjà aux commerçants d'en acquérir en quantité suffisante pour leurs importations. Mon texte a pour but d'aider les dirigeants actuels à corriger leurs faiblesses. Personne n'étant parfaite, j'estime que je faits mon rôle de citoyen. Je l'ai dit en introduction, je ne faits pas partie de ceux qui pensent que tout est noir ni des autres qui chantent que tout est blanc. En étant en Guinée, je relate les faits tels que vécus par les Guinéens.
Pour les critiques concernant les points oubliés, certaines sont prises en compte dans la 2ème partie
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+3 #11 boubacar doumba diallo 25-12-2012 22:29

Je salue le retour de Gandhi,car ses commentaires m'ont manqué et par une étrange association d'idées , je me suis souvenu de Mario Monti,il professore, un vrai celui-là .Dans nos chaumières par contre , "C'era una volta il professore " est le conte favori des veillées.
Bonne soirée!
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+5 #10 Gandhi 25-12-2012 21:35

Citation en provenance du commentaire précédent de Kadiatou Bah:
Je ne sais pas en realite ce que la Guinee a fait pour avoir une croissance positive.

Sans vouloir enfumer les autres internautes en évoquant les théories économiques avérées (qu'évoque Alsény Camara), mais plus complexes que l'apparence ne le laisse supposer, disons pour simplifier que le fait que les multinationales importent davantage de minerais (sans que la Guinée y soit pour quelque chose) augmente mécaniquement le taux de croissance. De toutes façons, avec un taux d'inflation à deux chiffres, ça lui fait une belle jambe au Guinéen d'un taux de croissance prévu de 5%, sans compter qu'avec une croissance démographique de 3%, l'augmentation réelle n'est plus que de 2%.
En résumé et pour faire simple, disons que le PIB par tête du Guinéen est de plus de 400$ annuels. 2% de croissance, ça lui fera 8$ d'augmentation annuelle, mais une inflation à 10% lui fait 40$ de pouvoir d'achat en moins.
Si on faisait des présentations de cette nature à la population, ce serait évidemment moins sexy que les déclarations d'auto-satisfaction de ce gouvernement, mais le Guinéen sait compter à défaut de savoir lire...
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-4 #9 alseny camara 25-12-2012 17:35

Kadiatou Bah « Pourquoi les guineens estiment que la stabilisaton de la monnaie est un indicateur permanent dans le cas guineen avec un taux d'inflation a deux chiffres? La banque Centrale dans ses missions doit avoir l'objectif de la maitrise de la monnaie" qui est differente de la stabilite telle qu'on connais en Guinee aujourd'hui. La Guinee n'a jamais compris que la croissance economique est liee a la creation d'emplois ».
Mme Bah, l’économiste anglais Nicholas Kaldor (1908-1986) enseigna la théorie du « carré magique » qui stipule que la politique économique a quatre objectifs à savoir : la croissance économique (accroissement du PIB réel), l’emploi, la stabilité des prix (maîtrise de l’inflation) et la stabilité du taux de change (compte extérieur). Dans ce lot, l’objectif principal de toute Banque Centrale est et demeure d’assurer la stabilité des prix, la lutte contre l’inflation qui érode la valeur financière (pouvoir d’achat) des signes monétaires émis par elle. La stabilité du taux de change dépend de l’évolution de la Balance des paiements et de l’objectif intermédiaire de la politique de change des autorités financières du pays. Aussi, compte tenu du niveau élevé de la recherche technologique dans les pays développés, la croissance influence modestement la création d’emploi, d’où son existence dans le « carré magique » de Kaldor. Toutes mes félicitations à Monsieur Cissé pour la pertinence de vue.
Vive la République de Guinée
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-2 #8 alseny camara 25-12-2012 17:29

Kadiatou Bah « Pourquoi les guineens estiment que la stabilisaton de la monnaie est un indicateur permanent dans le cas guineen avec un taux d'inflation a deux chiffres? La banque Centrale dans ses missions doit avoir l'objectif de la maitrise de la monnaie" qui est differente de la stabilite telle qu'on connais en Guinee aujourd'hui. La Guinee n'a jamais compris que la croissance economique est liee a la creation d'emplois ».
Mme Bah, l’économiste anglais Nicholas Kaldor (1908-1986) enseigna la théorie du « carré magique » qui stipule que la politique économique a quatre objectifs à savoir : la croissance économique (accroissement du PIB réel), l’emploi, la stabilité des prix (maîtrise de l’inflation) et la stabilité du taux de change (compte extérieur). Dans ce lot, l’objectif principal de toute Banque Centrale est et demeure d’assurer la stabilité des prix, la lutte contre l’inflation qui érode la valeur financière (pouvoir d’achat) des signes monétaires émis par elle. La stabilité du taux de change dépend de l’évolution de la Balance des paiements et de l’objectif intermédiaire de la politique de change des autorités financières du pays. Aussi, compte tenu du niveau élevé de la recherche technologique dans les pays développés, la croissance influence modestement la création d’emploi, d’où son existence dans le « carré magique » de Kaldor.
Monsieur Cissé, toutes mes félicitations, prière de tenir compte des observations éventuelles pour la suite de ton analyse (points 6-10).
VIVE LA REPUBLIQUE DE GUINEE
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+3 #7 AOT Diallo 25-12-2012 14:20

Mon jeune frère Cissé nous montre qu'on peut être RPGiste mais être quand même un peu critique du changement de la Condécratie : bravo pour cela.
Néanmoins je ne retrouve pas tes analyses plus "sharp" habituelles, surement pour ne pas noircir trop votre tableau a (presque) mi-mandat. Mes prédécesseurs dans les commentaires, en particulier Kim, Kadiatou et Alimou ont fait ressortir tes grands "oublis" du bilan.
Plus que tout je suis sur que tu ne crois pas entièrement ses résultats positifs macroéconomiques qui sont déversées avec peu de preuves par le MEF et la banque centrale. Que les bailleurs multilatéraux les approuvent ne fait, comme tu le sais, que partie de la grande hypocrisie diplomatique de ces agences dont le seul critère de jugement de leurs responsables est la capacité de dépenser les budgets qui leurs sont confiés.
Cher Cissé tu vois sans doute comme nous tous la contradiction entre ces progrès flatteurs et le chômage des jeunes qui augmente, le départ de nombreux gros bailleurs, la paupérisation accrue dans tous les ménages.
En deux ans montre moi un seul bénéfice social réel de ces progrès économiques car ce temps écoulé est largement suffisant pour commencer a sentir des améliorations. Nous ne sommes plus aux 100 premiers jours mais plutôt aux 800 premiers jours...
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+7 #6 Alimou DIALLO 24-12-2012 10:07

Bonjour CISSE,
Bien que tu aies développé beaucoup de points forts et faibles, je trouve qu’il y’a deux points négatifs à ajouter au tableau. Dans l’ensemble, l’analyse est bien faite et pertinente de ta part.
Aussi, j’ai trouvé que tu as parlé de 5 points et non 10, comme tu l’as signalé en introduction.
Je trouve que tu as fait une bonne lecture de la situation politique, en prenant soin de rester autant que possible neutre dans tes analyses.
En revanche, de mon côté j’aurai ajouté deux autres points négatifs qui, à mon avis ont largement terni l’image et la gestion du pouvoir Alpha :
Premier point :
Il s’agit de la division ethnique qui a pris une ampleur sans précédent en Guinée. La chasse aux Peuls organisés en Haute Guinée n’a pas suffi pour baisser les tensions entre les ethnies. Je rappelle que Alpha était le principal artisan cette salle affaire. Aujourd’hui d’autres régions (Guinée Martine et la Guinée Forestière) n’échappent à cette tension. L’arrivée au pouvoir de Alpha devrait changer logiquement les choses, mais très malheureusement, il est le principal artisan de cette division. Ses nominations sont purement et simplement de son ethnie.
Aujourd’hui la méfiance s’est installée entre les différentes ethnies en Guinée, et les relations entre elles se sont effritées gravement.
Deuxième point :
Il s’agit des crimes commis par le régime de Alpha depuis son arrivée au pouvoir. Il s’agit de la tuerie délibéré des opposants par les hommes armés de Alpha (notamment le jeune Zakaria DIALLO). Aussi, nous pouvons citer les cas de viols, de vols, de tuerie faits par les hommes armés sans que ceux-ci ne soit inquiétés par le pouvoir du changement tant prôné : Zogota et Gueckedou pour ne citer que ceux-ci.
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+2 #5 Féla Barry 24-12-2012 03:32

Kadhiatou !!! après des décennies de léthargie économique, sur fond de gabegie et d'enrichissement illicite à échelle industrielle ; il n'y a rien d’étonnant que les aiguillettes de notre horloge macro-économique s'agitent dans tous les sens. Mais de là à afficher au compteur des seuils de croissance spectaculaire, n'est que de la rustine administrative, cosmétique étalée à grand renfort de com pour éteindre la lucidité d'investisseurs non-avertis, et flatter l’angélisme naïf des guinéens: pas folle la guêpe, le panier percé de la ménagère de base s'en émeut tous les jours que Dieu fasse!!! De la croissance pour la croissance n'est que ruine de l’espérance, signe manifeste de l'imposture, de l'impuissance de l’état à se reformer, se projeter vers le futur. On finit toujours par être rattrapé par la réalité du terrain: insécurité grandissante, obscurité permanente,précarité à grande échelle, promiscuité endémique, incertitudes du chômage de masse et risques politiques d'implosion du pays.La confiance elle se mérite et ne peut être acheté à coup de milliards n'est ce pas Wade et ses waderies. Là où il n'y a pas la confiance, l’économie ne prospère point, parole de keynésien, la paix du cœur et de l'esprit non plus: la paix ce n'est pas un mot, mais une somme de comportements qui doit interpeller et guider la conscience morale de tous nos politiques !!! On n'est dans le déni de réalité qui frise la pathologie: une macro-économie complétement dé-corrélée de la micro-économie qui doit donner la pleine mesure de la vitalité d'une économie décomplexée de la rente minière,en lieu et place de la création de valeurs ajoutées. Combien d'entreprises ou d'emplois ont été créées depuis ???? pour un pays qui compte plus de dix millions d’âmes et à tout cassé pas plus de 100 entreprises dignes de nom. On ne fait pas une économie efficace, productive avec des emplois administrés ou une économie administrative sur-administrée !!! Le courage du bon sens doit nous incliner à admettre que la corruption nous coutent les yeux de la lucidité pour se plier l’évidence que le mal développement de notre pays n'est pas une fatalité: aux armes, pardon aux actes citoyens, point 1789 !!!
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+6 #4 Féla Barry 24-12-2012 01:02

Cissé:" malgré les infrastructures réalisées dans le pays, son entêtement(Wade)politique a fait le lit de sa défaite". Excellente analyse frappée du coin du bon sens; le courage du bon sens n'est pas la chose la mieux partagée dans ce pays !!! Rien n'est plus fort qu'une chose dont l'heure est venue, nous avions prévenu, qu'à mi-mandat les guinéens sortirons de leurs tanières ethniques pour imprimer une nouvelle direction à ce pays pays martyrisé par son élite politique: les dictateurs ne connaissent que les limites que leurs imposent leurs peuples !!!
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+2 #3 Farba Makka 24-12-2012 00:12

Encore un bon texte. A cette allure le froid durant ces longs weekends de fin d' année ne me fera pas déprimé.
Je confirme qu'un bailleur a recu l' ordre de son ministère de coopération de bloquer les 3 millions d' euro, qu' il a recolté pour le secteur éducatif guinéen, jusqu' à l' organisation des ELs. Cette cagnotte n' arrivera malheuresement plus à sa destination d' origine. Elle sera donnée à d' autres, mieux intéressés et plus responsables.
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+1 #2 Kadiatou Bah 23-12-2012 21:35

Je crois que Kim a travers ses questions resume en gros l'echec d'Alpha depuis qu'il est au pouvoir. En realite les problemes sont"
a) Institutionel: Alpha n'a pas une culture democratique. Expl: le peuple qui tenait des marches pacifiques a ete victime d'abus grave. En realite depuis qu'il est au pouvoir,combien de morts a t-on connus a Conakry-Siguir-Zogota-Gueckedou, etc.
b) L'ampleur financiere de la corruption en ce moment est plus grave que les guineens n'en ont jamais connus. Exple: 700mill (qu'en est il exactement),et tant d'autres.
c) Je ne sais pas en realite ce que la Guinee a fait pour avoir une croissance positive. J'ose esperer que certains mediront avec exactitude quels sont les secteurs qui ont reellement produit. Mefier vous des statistiques qui sortent du ministere du plan. Pourquoi les guineens estiment que la stabilisaton de la monnaie est un indicateur permanent dans le cas guineen avec un taux d'inflation a deux chiffres? La banque Centrale dans ses missions doit avoir l'objectif de la maitrise de la monnaie" qui est differente de la stabilite telle qu'on connais en Guinee aujourd'hui.
d) La Guinee n'a jamais compris que la croissance economique est liee a lacreation d'emplois. Exple, on raconte que letaux de croissance a evoluer significativement, pendant ce temps,ceux qui sont senses crees de la valeur ajoutee entre autres partent du pays, laissant dans le chomage un pan entier de la jeunesse. Ex: BHP, Fluor, etccccc.
e) Ethnicisation de l'Administration: Une administration regionale et politique ne pouvant donner aucun service au peuple. un ministre n'a t-il pas atteste qu'on ne fait les puits que pour.......RPG. Sante-Education-Eau-electricite ......
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+5 #1 KIM 23-12-2012 20:38

Peut mieux faire !
Et les graves violations des droits de l'homme, les assassinats , les malversations financières ? c'est pour la deuxième partie ????
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