Bah Oury Vendredi, 14 Décembre 2012 15:35
La déclaration de Bakary Fofana, le président de la CENI, fixant au 12 mai 2013 la date des élections législatives est une fuite en avant.
D'abord aucun problème laissé en suspens par la précédente CENI n'est résolu. La question de Waymark n'est même pas abordée. Le second rapport de l'OIF qui devrait avaliser la volonté du gouvernement guinéen de maintenir contre vents et marées la firme sud-africaine est dissimulé par le président de la CENI car ses conclusions sont négatives. Or M. Alpha Condé a claironné partout que l'OIF supervisera les élections législatives guinéennes pour les draper dans une relative crédibilité. Là aussi, le résultat est mitigé. Le Secrétaire général de l'OIF, le président Abdou Diouf serait bien inspiré de ne pas trop impliquer son organisation au risque de la voir éclaboussée par la vaste escroquerie électorale que le gouvernement guinéen est en train de préparer. Des élections bâclées sont dans la majeure partie des cas, des sources de conflits fratricides avec beaucoup de perte en vies humaines.
Sur le plan technique la non-compatibilité entre les systèmes SAGEM et Waymark est une contrainte importante qui met en doute la possibilité de procéder à une révision des listes électorales. Waymark est paramétré pour procéder à un nouveau recensement. Or le code électoral en vigueur est formel. Aller dans ce sens, c'est enfreindre à la loi de la République de Guinée. Mais l'enjeu pour le pouvoir est d'avoir un nouveau fichier électoral. La position de la CENI par rapport à cette question essentielle est un flou artistique. Au niveau de la Commission de l'Union Européenne, il n'est point question de financer un nouveau recensement.
La fuite en avant s'explique beaucoup plus pour amener la Commission de l'Union Européenne a signé la convention du 10e FED pour la Guinée tout en sachant que ce nouvel agenda est très aléatoire. Pris à son propre piège en retardant l'organisation des élections législatives voilà plus de deux ans, le gouvernement guinéen veut présenter l'opposition comme « unique responsable du retard dans l'organisation des élections ».
Avec la majorité mécanique dont dispose Bakary Fofana, il est en meilleure posture que Lousény Camara pour exécuter les instructions d'Alpha Condé. Il ne s'agit pas d'être un grand clerc pour le comprendre. La loi adoptée par le CNT de « recomposition paritaire de la CENI » a tué la CENI comme institution paritaire indépendante pour organiser des élections crédibles, transparentes et acceptables par tous en Guinée.
13/12/2012
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