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Journée du 25 novembre: le non à la violence envers les femmes

Amadou Saikou Diallo  Mardi, 27 Novembre 2012 17:40

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DIALLO_Amadou_Saikou_2_01La journée internationale contre la torture envers la femme, officialisée le 17 décembre 1999 par les Nations Unies, est là pour nous rappeler ces victoires mais aussi pour nous inviter à réfléchir sur la condition de la femme dans le monde entier. En un siècle, les femmes ont conquis l’égalité juridique et législative dans la plupart des pays du monde. Reste à conquérir l’élimination dans les faits de la violence envers elles et les filles.

Cette année, la Journée internationale contre la violence envers les femmes est l’occasion pour tous les hommes et toutes les femmes de s’unir pour défendre les femmes et les filles qui connaissent au quotidien la violence ou la peur de la violence. Elle est l’occasion de réfléchir aux mesures concrètes qui peuvent et doivent être prises pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles : la violence à l’égard des femmes et des filles laisse son empreinte hideuse sur tous les continents, tous les pays et toutes les cultures


Petite histoire :

Si l'on demandait à un citoyen pris au hasard ce que signifie pour lui le 25 novembre, nul doute que cela ne lui évoquerait pas grande chose sauf peut-être la Sainte Catherine s'il a gardé en mémoire de vieilles traditions... C'est pourtant la date choisie par les Nations Unies pour célébrer la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes.

Comme toutes les dates symboliques, la journée internationale contre la torture envers la femme a des origines historiques. Elle symbolise, d’une part, les fruits d’un large processus de luttes, de revendications et de débats et, d’autre part, les parcours silencieux de millions de femmes dans le monde entier.

On se rappelle que son origine remonte à 1960, lorsqu'en République dominicaine, les sœurs Mirabal furent assassinées parce qu'elles militaient pour leurs droits. Elles devinrent alors les symboles du combat pour éradiquer ce fléau qu'est la violence à l'égard des femmes.

L'assassinat le 25 novembre 1960 des trois sœurs Mirabal militantes politiques dominicaines fut la principale raison qui a conduit à la République dominicaine à proposer cette journée de lutte contre la violence faite aux femmes.

Quelques décennies plus tard, l'événement ne parvient toujours pas à capter l'attention de la communauté internationale... Pourtant, les sévices et tortures infligés par des hommes à des millions de femmes, sont bien réels et les colonnes de tous les journaux de la terre ne suffiraient pas si l'on voulait recenser la totalité de ces crimes : quelque part au monde, une femme est battue par son partenaire toutes les 15 secondes ; une autre femme est violée toutes les 23 secondes ; et près de la moitié des femmes ont subi des abus physiques de la part de leur conjoint ...

En 1993, l'Assemblée générale des Nations Unies a finalement adopté la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui a défini le terme « violence faite aux femmes » comme :

Tout acte de violence fondée sur le sexe qui entraîne de possibles ou réels dommages physiques, sexuels ou psychologiques, y compris les menaces, la coercition ou l'interdiction arbitraire de liberté, que ce soit dans le privé ou sur la voie publique.

Plusieurs organisations humanitaires, au sein desquelles Amnesty International, ont uni leur force pour que cet événement constitue l'occasion d'attirer l'attention de l'opinion publique sur les violences perpétrées quotidiennement à l'encontre des femmes.

En République de Guinée, on se rappelle encore de ces évènements du 28 septembre dans un stade fermé, autour duquel des centaines de femmes ont subi la pratique de la violence ; aussi au Nigeria, pour organiser l’évènement miss Monde en 2002, ce sont des centaines de femmes qui ont également subi des pratiques de la violence, en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone, au Congo… et j’en passe.

Cette année, la journée du 25 novembre est l’occasion de réfléchir aux mesures concrètes qui peuvent et doivent être prises pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles. C’est aussi l’occasion de saluer le courage et les succès des femmes, qui continuent de pousser pour que les choses changent, et de lutter pour que la violence fondée sur le sexe apparaisse au grand jour et cesse enfin, de sorte que tous les droits de l’homme deviennent une réalité effective pour elles et pour les filles.

Que Dieu nous épargne les conséquences de la violence. Amen!


Amadou S Diallo

Washington D.C.

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