Naby Laye Camara Dimanche, 11 Novembre 2012 15:06
Dans les classes de philosophie, il est dit que la vérité ne se confond pas avec la simple réalité. Elle exprime un rapport, une correspondance entre la réalité et ce que l'on affirme. Seuls un discours ou une pensée peuvent être dits « vrais » ou « faux », selon qu'ils représentent adéquatement le réel.
Toujours en cours de philosophie, comme rappel, il est dit que la vérité se distingue d'autres formes de discours ou de représentations possibles du réel : l'erreur, le mensonge et l'illusion. L'erreur consiste à se représenter le réel en se trompant involontairement. Quant au mensonge, il consiste à affirmer volontairement le contraire de ce que l'on pense être vrai. Enfin, l'illusion représente une erreur volontaire qui repose sur un désir.
Lorsque le président Alpha Condé fait entrer dans son gouvernement Lousény Camara, on peut bien appeler cela « une adéquation entre la chose et l'esprit ». Il y a eu l'adéquation entre l'affirmation et la chose affirmée. En d'autre terme, la nomination de Lousény Camara comme ministre, vient corroborer les discours ou les représentations que l'opposition se faisait à propos de la sincérité intellectuelle de l'ex- président de la CENI.
Tous les hommes sont mortels, Socrate est un homme, donc Socrate est mortel. Tous les ministres d'Alpha Condé sont des personnalités proches du pouvoir actuel, Lousény Camara est un ministre d'Alpha Condé, donc Lousény Camara est une personnalité proche du pouvoir actuel. C'est du syllogisme et là, la logique est on ne peut plus claire.
Les partis politiques opposés au pouvoir du président Condé n'ont pas menti. Ils n'ont pas commis des erreurs et ils ne se sont pas fait des illusions en adoptant une position commune contre la présidence de Lousény Camara.
En revanche, Alpha Condé et son gouvernement ont menti à tous les citoyens guinéens. Ils ont volontairement bloqué le déroulement des élections législatives. Faut-il fermer les yeux sur ce grand mensonge du pouvoir ? L'opposition doit hausser le ton et demander encore une fois la démission de Lousény Camara en tant que ministre. C'est une insulte manifeste à la démocratie guinéenne. C'est encore pire que l'anarchisme dont se réclamait Dadis Camara.
Naby Laye Camara
Bruxelles