Oppression et répression : la marque de fabrique d’AC

Facebook Imprimer    

 

BARRY_Tutankhamon_2_01« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons. » Martin Luther King (1929-1968)

« Allah yé an na dugu suma*! ». Pour la première fois dans l’histoire de la Guinée, l’igname (ce tubercule riche en amidon) est en train d’atteindre le prix d’un lingot d’or à Kouroussa, Kankan et Siguiri, tout simplement parce que les Donzos ont changé de métier avec l’arrivée d’AC au pouvoir. À l'allure où vont les choses, les enfants de Kouroussa n’auront plus suffisamment d’énergies pour jouer à côté de la case de leurs pères comme le faisait jadis Camara Laye**. Ils seront plutôt alités et condamnés par une malnutrition chronique comme les enfants soudanais et éthiopiens. Et pour cause ? Les Donzos ont changé de vie ! Ils ne sont pas au nord du Mali pour défendre leur cousins Bozos et Dogons de l’invasion des terroristes islamistes, qui amputent et fouettent ceux qui refusent de se prosterner cinq fois par jour. Ces terroristes savent-ils qu’à cause du manque de calcium et surtout de la culture de polygynie, les douleurs abdominales sont monnaies courantes en Afrique ? Il arrive des jours où j’ai du mal à me prosterner cinq fois par jour! Ce qui me donne envie d’être un Dogon, un peuple réputé pour sa cosmogonie et sa sculpture et qui, pendant des siècles, a résisté à l’envahisseur islamiste. Je ne suis pas le seul. Un de mes ainés sur le net a même décidé de changer son prénom Mohamed qu’il trouve trop bédouin. Anyway, les Donzos sont à Conakry, une ville où il fait bon vivre pour tuer et intimider les dissidents d’AC. Ce groupe d’individus, plus folklorique et archaïque que nos cousins de Papua Guinée, pratiquaient il y a peu l’agriculture en hiver et la chasse en été. Ce qui, sans doute, permettait aux populations de la Haute Guinée de profiter de cette main d’œuvre à bon marché. Avec l’arrivée d’AC au pouvoir à Conakry, les Donzos ont non seulement changé de métier mais aussi de localité. Ils vivent à Conakry où ils ont pour rôle d’intimider les paisibles populations qui ne sont pas en faveur de la politique d’AC. Autrefois méconnus du public guinéen, les Donzos sont aujourd’hui la première force d’oppression et de répression à la solde de la politique ethnocentriste d'Alpha Condé. En véritable escadron de la mort, les Donzos jouent le rôle d’un groupe paramilitaire et sont associés, d'une manière ou d'une autre, aux méthodes de répression orchestrées par les dictatures et les régimes totalitaires comme ceux d’Haïti avec les tontons macoutes (lire ou relire les articles du professeur Ansoumane Doré), du Chili avec Pinochet, d’Argentine et de la Colombie dans les années 80.


L’oppression politique

L’oppression est un mauvais traitement systématique d’un groupe social avec l’aide des structures d’un mouvement oppressif. En Guinée, ce mouvement oppressif a toujours été l’Etat et son armée. Avec le régime d’AC, la tension est subitement montée d’un cran. Un groupe social est constamment persécuté. En seulement deux ans de règne, il y a eu plus d’incendies au marché Madina sous le régime d’AC que sous les trois régimes précédents réunis. Et comme par hasard, l’ordre public s'accommode bien de l'injustice et de l'oppression. Y aurait-il une corrélation entre la prolifération des incendies au marché Madina et la volonté d’AC de détruire les commerçants peuls ? Ceci n’est qu’une hypothèse ! Seuls les historiens, psychologues et sociologues nous le prouveront. Une chose est certaine, le seul agenda politique d’AC que tout Guinéen peut reconnaitre, sans ambigüité aucune, est la foulaphobie à ciel ouvert. La foulaphobie est le cheval de bataille du gouvernement Alpha Condé*** (lire ou relire Oury Baldé). Le pogrom de Siguiri, Kouroussa et Kankan sous l’égide de Jean Marie Doré et de Sékouba Konaté visait un groupe social particulier tout comme les tueries de Zowota visaient une famille particulière. Je sais bien qu’il y a des intellectuels qui aiment considérer l’oppression de leur groupe ethniques comme plus importante que celle d'autres groupes. Pour moi l’amateur, une oppression en est une autre. Un mort de plus, un mort de trop ! Ces derniers temps, nous assistons de plus en plus à une expédition « donzoïde Â» dans les quartiers de Bambetto, Wanindra, Enco Cinq, Koza et de Koloma. Une expédition qui vise un groupe social particulier et qui a pour seule raison d’intimider et de tuer des dissidents.


La répression politique

La répression qui constitue l’oppression ou la persécution d'un individu ou d’un groupe pour des raisons politiques est un terrorisme d’Etat pur et simple. Elle est le résultat d’un manque de vision politique ou d’un agenda politique. A force de vouloir tout contrôler, même les plantons, AC s’est vite acheminé vers la violation des droits de l’homme, l’oppression et la répression. Il y a plus d’opposants en prison (surtout ceux de l’UFDG) avec le régime d’AC qu’il y a eu de prisonniers politiques avec le général Lansana Conté (1984-2008). Les manifestations des leaders d’opposition finissent toujours par une répression politique violente et systématique. Et comme insulte pour la nation et à la mémoire des victimes, nous venons d’assister à la création d’un ministère des Droits de l’homme. Tant qu’il y aura de la répression et de l’oppression, le mot « démocratie Â» n’existera pas en Guinée. On se retrouve toujours dans un Etat de terreur. Celui que nous avons reçu du Satan AST et celui que nous laissera El hadji AC.


Tutankhamon


* Allah yé an na dugu suma: que la paix règne dans notre pays ou que Dieu aide notre terre en Malinké. Merci à Amara Lamine Bangoura pour cette traduction

** Camara Laye, né le 1er janvier 1928 à Kouroussa, un village de Haute Guinée, et mort le 4 février 1980 à Dakar, est un écrivain guinéen d'expression française.

*** La foulaphobie cheval de bataille du gouvernement guinéen, un article d’Oury Baldé


AAA_logo_guineeactu_article 

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+5 #1 Amenofils 11-11-2012 17:54

Le problème de cette région actuellement est l'exode rurale. Tous les bras valides sont venu à Conakry pour avoir leur part de gâteau pour " mission accomplie" a l'entre deux tours. Le désenchantement a atteint des niveaux records. Desoeuvres et incultes, ils n'ont d'autres choix que Le banditisme. Voilà ce qui explique les prix exhorbitants du "kou" en haute Guinée et la recrudescence du banditisme à Conakry.
Citer