Bah Oury Samedi, 03 Novembre 2012 20:55
Le mardi 30 octobre à 20 heures, le domicile d'El hadj Sidy Diallo, membre du Conseil politique de l'UFDG, a été la cible d'un attentat à l'aide d'une grenade lancée par-dessus le mur de la cour. Les dégâts matériels sont importants, mais heureusement aucune personne ne fut atteinte par les éclats de la déflagration. El Hadj Modi Sidy n'a eu la vie sauve que parce qu'il était absent ce jour de Conakry.
Cet attentat ne paraît pas être le fait d'un gangstérisme crapuleux qui se développe en toute impunité dans la capitale guinéenne. La cible est un responsable politique qui s'est illustré par sa disponibilité à secourir les militants de l'UFDG dans les prisons et les hôpitaux. Attenter à sa sécurité et à sa vie est une manière d'intimider et de semer la terreur au niveau de toutes celles et de tous ceux qui s'opposent à la dérive dictatoriale de la gouvernance d'Alpha Condé.
En effet depuis quelques semaines, quotidiennement des citoyens ordinaires et parfois des militaires sont abattus froidement sans que des enquêtes sérieuses ne soient engagées par les autorités judiciaires du pays. L'incapacité ou le refus du gouvernement d'assurer la sécurité de tous les Guinéens sans discrimination, est une escalade supplémentaire vers l’institutionnalisation de la violence à caractère politique avec des meurtres ciblés des activistes de l'opposition démocratique.
Le lancement de hordes de loubards armés contre les concessions de familles peules dans certains quartiers de Conakry le 21 septembre dernier, est l’illustration d'une stratégie d'instauration de la terreur dans le pays. Les tueries de Zogota, les répressions sanglantes de manifestations pacifiques des citoyens et les violations systématiques des libertés publiques rentrent toutes dans le même schéma. Les miliciens armés du pouvoir, les Donzos, les recrutements à caractère ethnique dans les forces de défense et de sécurité, sont des réalités dangereuses pour la paix civile en Guinée.
Le refus de sécuriser les citoyens guinéens sans discrimination politique et ethnique par les autorités publiques amènera immanquablement à l'instauration dans le pays de la loi du talion « œil pour œil et dent pour dent ». La balle est dans le camp du pouvoir, avant qu'il ne soit trop tard pour éteindre l'incendie qui couve.
Vendredi 02 novembre 2012
Bah Oury
1er Vice-Président de l'UFDG