Démocratie présidentielle : la racine du mal guinéen !

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SOVOGUI_Antoine_Ako_01La fin des années 80 et le début des années 90 ont été marqués par de grands bouleversements géopolitiques planétaires. Le mur qui séparait Berlin en parties Ouest et Est, s’effondrait le 10 novembre 1989, sous la poussée hystérique des Allemands des deux zones. Ce vaste mouvement sans précédent dans l’histoire atteindra sa plus haute expression par la dissolution de l’Union Soviétique le 26 Décembre 1991, par Déclaration No 142-H du Soviet Suprême. 18 mois avant, lors de la conférence de la Baule tenue le 20 Juin 1990, le président Français Mitterrand conditionnait désormais l’aide de la France aux ex-colonies d’Afrique, à leur adoption de la démocratie. En fait, cette position de la France allait dans le sens du changement qui s’opérait de par le monde. En respect de cette décision de l’ex-métropole, le General Lansana Conté, faisait « adopter » la Loi Fondamentale de la Deuxième République, le 23 décembre 1990. Cet instrument instituait la démocratie en Guinée en autorisant le multipartisme et la liberté de presse, entre autres.

Malheureusement, depuis l’initiation de cette démocratie en Guinée, une silencieuse instabilité politique s’y développe. Elle s’est accentuée avec le décès du General Lansana Conte en 2008 avec l’irruption inconstitutionnelle du CNDD sur la scène ; puis cette instabilité s’est envenimée pendant et après les présidentielles de 2010. Cette précarité sociopolitique fragilise l’Etat Guinéen, et prolonge le marasme économique dans le pays. Vu sous la perspective de la dynamique des systèmes, il s’avère que le mal est enraciné dans notre pratique de la démocratie dite « présidentielle ». C’est la philosophie et le mécanisme de fonctionnement de ce modèle qui ne cadrent pas avec la sociologie politique guinéenne. Pour un rappel, notre démocratie « présidentielle », a été calquée sur celle de la 5ème République Française de 1958. En fait, dans sa conception originelle ce modèle fait du président de la république, même dans les civilisations politiques avancées, la référence du pouvoir.

Cette concentration du pouvoir présidentiel devient plus forte lorsque ce type de régime est transposé dans les pays africains, comme la Guinée. Le pouvoir y devient si immense qu’il enivre et transforme les présidents pratiquement en roitelets qui se hissent au-dessus des institutions républicaines. C’est conscient de ce pouvoir de « président africain» que Lansana Conté lancera les loubards contre les Malinkés, après le coup d’Etat manqué de Diarra Traoré, en 1985. C’est sous la couverture de ce pouvoir qu’il cassera, en 1995, les résidences de Kaporo Rails, dont les propriétaires étaient majoritairement des Peuhls. C’est grisé par ce pouvoir qu’il assassinera cinq « Forestiers » dont le professeur Julien Pokpa Onivogui, le 30 novembre 2000 ; aussi, c’est sous l’effet de ce pouvoir fascinant de « chef d’Etat africain» que Dadis Camara endossera la tuerie de plus de 150 manifestants, le 28 septembre 2009.

Donc, vu de la surface, on est enclin à en vouloir aux présidents successifs. Mais dans son essence, le mal guinéen résulte du système de gouvernance en vigueur : la démocratie présidentielle. C’est pourquoi, dans l’état actuel, ce n’est pas un président qu’il faut changer mais plutôt le système de leadership. Les Guinéens doivent adopter un type de démocratie qui cadre avec leur perception du pouvoir et de son exercice. La solution n’est pas pour autant si difficile. En fait, il existe plusieurs types de démocraties : A l’une des extrêmes de ces modèles de démocratie, il y a le type de « Westminster » et à l’autre extrême, il y a celui de démocratie de consensus ou « consociationalisme ». Chacun de ces deux types offre des caractéristiques particulières.

Le type « Westminster » induit, par sa nature même, la division des acteurs en gagnants contre des perdants, à l’issue de chaque élection. Contre toute logique sociale le candidat qui gagne 51% des voix impose son dictat sur les 100% de l’électorat. Le type de démocratie présidentielle guinéen relève de ce modèle. Dans le climat de démocratie embryonnaire que connait la Guinée, le modèle présidentiel catalyse une poussée centrifuge qui désintègre le tissu social et exacerbe la lutte d’intérêts ethno-régionaux. En conclusion, il est mieux indiqué pour les pays à fort taux d’homogénéité ethnique ou religieuse, ou pour les pays à vieille culture politique.

Quant à la démocratie de consensus, elle a pour objectif essentiel la mise en place d’un gouvernement national composé de cadres qui représentent les ethnies et/ou confessions du pays. Dans le contexte guinéen, par exemple, ce serait un nombre équitable de représentants de chacune des quatre régions naturelles qui formeraient ce directoire politique. C’est cette équipe qui, par voie de concertations, de négociations et de compromis, prendrait les décisions d’intérêts nationaux. La Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Liban, parmi tant d’autres, pratiquent des variantes de la démocratie de consensus.

La démocratie de consensus, si elle était appliquée en Guinée, induirait une force centripète qui favoriserait l’intégration politique des populations de nos quatre régions naturelles. Cette unification renforcerait notre Etat et surement engagerait notre pays sur la voie de la stabilité politique. En fait, dans son mécanisme de fonctionnement le « consociationalisme » est plus démocratique que le modèle dit « présidentiel ». Il assure une participation effective des populations dans les enjeux politiques. Aussi, les candidats sont plus proches des électeurs par la voie de votes directs. C’est pourquoi, la démocratie de consensus s’appelle aussi la démocratie « directe ». En outre, ce modèle assure la décentralisation du pouvoir et implique les populations dans la gestion de leurs communautés, à partir de la base (régions, villes, etc.). Elle fait d’elles des sujets actifs de leurs politiques de développement communautaire. Par contre, le régime présidentiel centralise le pouvoir et fait des populations des objets passifs de la politique du président et, dans une certaine mesure, de son gouvernement.

Des experts en sociologie politique, comme Arendt Lijphart des USA, Kris Deschouwer de Belgique et Rudy Andeweg des Pays-Bas, recommandent la démocratie de consensus pour les pays multi-ethniques et pluriconfessionnels. Par exemple, la Suisse qui abrite des Suisses allemands, Suisses italiens, et Suisses français ; et où le catholicisme, le protestantisme et l’islam sont pratiqués, a adopté le consociationalisme. A cause de ce facteur de diversification démographique, il est donc plus approprié pour la Guinée qui abrite: les Djakankés, Landoumah, Mikhiforèh, Nalous et Soussous, en Basse-Côte ; les Peuhls et assimilés en Moyenne Guinée; les Malinkés et assimilés en Haute Guinée ; et les Kissi, Koniaka, Kônôn, Kpêlêh, Lélé, Mania, Manon et Toma, au Sud Guinée.

Cette diversité démographique induit une pluralité d’échelles de valeurs qui catalyse la lutte hégémonique inter-ethnique dans notre pays. Cette dynamique transparait dans le positionnement des partis politiques sur le territoire national : l’UFDG est fortement implantée en Moyenne Guinée ; l’UPG a une assise dans le Sud-Guinée ; le PEDN et le RPG se partagent la Haute Guinée ; l’UFR et la NGR ont pour base la région côtière. Dans nombre de cas, les relations entre les leaders de ces partis relèvent plus de l’inimitié que de l’adversité politique. Bref, la pratique démontre que la démocratie présidentielle n’est pas convenable pour notre pays. Son mécanisme d’acquisition du pouvoir et de son exercice sème la division au sein de nos populations. En plus, elle affaibli notre Etat, et englue notre économie dans un marasme structurel.

Mais le « consociationalisme », malgré les avantages vérifiables qu’il offre à la Guinée, se heurtera à la résistance de certains intérêts individuels et régionaux. C’est pourquoi, il faudrait à notre pays un modèle qui garantisse l’indivisibilité de la République de Guinée. En fait, l’adoption du consociationalisme en Guinée ne pourrait se faire qu’avec un changement de mentalités de la classe politique. Aussi, il faudrait insuffler de nouvelles perspectives sociopolitiques dans le mental des citoyens des quatre régions naturelles. Cette transformation de mentalités se ferait par voie d’information et de formation des citoyens.

Il est certain que la démocratie de consensus apporterait la stabilité politique à la Guinée par l’inclusion de représentants de chacune des régions dans l’appareil de l’Etat. Des pays qui étaient en proie aux rivalités politiques y ont trouvé la concorde. Par exemple, il y a les Wallons et les Flamands de Belgique qui, en adoptant la démocratie de consensus en 1993, ont mis un terme à leurs différends politiques. Le Liban a calmé l’animosité inter-religieuse qui a fait des milliers de victimes entre les musulmans et chrétiens, en adoptant le modèle de démocratie de consensus.

C’est pourquoi, les acteurs politiques guinéens de toute tendance devraient réorienter leurs efforts de changement vers la reformulation du système de leadership. Mais cet effort devra s’amorcer le plus vite pour assurer l’institution d’une démocratie effective dans le pays. Car, comme le disait Roland Dumas, à la fin de la conférence de la Baule, le 20 Juin 1990, « il n’y a pas de développement sans démocratie ».


Antoine Akoï II Sovogui

 
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Commentaires  

 
+1 #16 Antoine 04-11-2012 14:59

Mme Barry Madina, merci pour votre appréciation portant sur ma réflexion sur la nécessité de changer de modèle de leadership en Guinée. Dorénavant, je serais présent sur Guinéeactu. Merci infiniment. Sovogui
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+1 #15 Alpha O Barry 03-11-2012 18:44

Je suis entierement d'accord avec le frere Antoine. Depuis l'interminable fin de regne de Conte, j'esperais susciter un debat sur le systeme de gouvernement a mettre en place apres lui. j'ai volu soumettre un projet dans ce sens a Fall quand il etait premier ministre. il a demissionne entretemps. J'en ai soumis a Cellou juste apres sa nomination comme premier ministre. j'ai voulu en debattre avec Fofana du syndicat sans succes pendant la transition Kouyate. J'ai soumis un papier a Papa Koly Kourouma en vue d'en debattre avec Dadis. Pendant la transition Konate j'ai soumis plusieurs papiers dans ce sens a Guineenews. Ce qui a suscite des echanges avec Ourouro Bah. J'en ai debattu avec Barry Bassirou pendant mon sejour guineen entre les 2 tours. Je savais qu'il faisait partie des concepteurs de la constitution guineenne de 90 et de son reamenagement par le CNT. Le constat est que les elites africaines en general et guineennes en particulier refusent la hardiesse dans la pensee. Or nous savons tous que le presidentialisme a toujours conduit partout en Afrique au pouvoir personnel, clanique et clienteliste parfois meme a la dictature comme en guinee. Et nous continuons a avoir peur de le changer ou au moins le reformer. Nous avons peur de la soi-disant dislocation de la "nation" qui n'existe que sur le papier et dans le reve. En fait la meilleure facon de construire cette nation est d'accepter l'identite regionale et l'integrer dans la construction nationale. Et c'est aussi la meilleure facon de lutter contre l'ethnocentrisme et le regionalisme. Si les guineens votaient d'abord pour 5 parlements regionaux (pour les 4 regions naturelles et la region speciale de Conakry ou toutes les regions sont fortement representees) avant d'aller a des elections nationales, les partis communautaires actuels s'affronteraient au niveau regional a travers des idees et programmes, des personalites et non pas l'ethnicite car implantes dans la meme region et seront obliges de faire des alliances nationales pour les elections nationales. On pourrait garder l'Etat unitaire actuel et eviter le federalisme car les gens en ont peur, ils pensent que cela conduirait a des replis identitaires et secessionistes. On pourrait creer un senat ou la representation regionale serait egalitaire et faire elire le president de la republique par ce senat et l'assemblee nationale. On pourrait equilibrer les pouvoirs executif et legislatif en introduisant le droit de regard du legislatif dans la nomination du gouvernement et de l'administration centrale. Cette administartion et les forces de defense et de securite doivent etre pourvues a egalite par les 4 regions naturelles.
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+2 #14 Antoine 03-11-2012 17:07

M. AOT,
Je suis entièrement d’avis avec vous, quand vous dites, « La Guinée précoloniale était composée de royaumes dont le fonctionnement était viable ». Chacun de ces royaumes était culturellement homogène et avait une identité organisationnelle établie. Il y a en même qui était régi par une constitution ! Le consociationalisme rétablira simplement des entités géopolitiques homogènes qui ne seront plus assujetties aux dictats d’un président autocratiques. Vous avez absolument raison !
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+1 #13 Antoine 03-11-2012 16:55

Cher Monsieur AOT Diallo,
Merci pour votre réponse à ma réflexion sur la problématique de la démocratie en Guinée et de la solution que je propose pour y remédier.
Vous avez raison ; la mise en place du consociationalism en Guinée ne pourrait se faire en un tour de main. C’est un projet de changement de système politique au niveau du pays tout entier avec des effets au niveau de chacune de nos régions naturelles. Etant donc un projet de réforme politique et social, il a besoin d’une minutieuse planification, d’une excellente organisation, d’une parfaite exécution, et le tout suivi d’un control pendant et après les étapes ci-dessus décrites.
Par-dessus tout, pour être effectif, légal et légitime le projet devra avoir l’approbation des populations des 4 régions naturelles, par le biais des cadres qui représentent chacune des régions (Le consociationalisme étant dans son fonctionnement le gouvernement des élites).
Je partage votre point de vue ; la mise en place de la démocratie de consensus n’est pas aussi facile qu’on le penserait à première vue. Mais, à mon avis, notre pays recelé de cadres de hauts niveaux provenant de domaines académiques différents. C’est un atout inestimable qui pourrait faciliter la réforme de notre système de leadership.
Le modèle qui fait du président « Fama », « Mangué », « Responsable Suprême », « Général des Généraux de tous les Généraux », « Grand Professeur savant sans égal »… a établi ses limites. Il faut mettre en place un système intelligent et fonctionnel. Mais il faut en payer le prix par l’effort politique, financier, diplomatique, organisationnel…que cela nécessite. Merci infiniment.
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+2 #12 boubacar doumba diallo 03-11-2012 13:06

Pour davantage de démocratie et de possibilité pour chaque citoyen de participer pleinement à la direction de la société,toutes les voies doivent être explorées avec sincérité et loyauté.C'est en cela je trouve l'exemple de la Suisse séduisant.Mais ce n'est pas pour autant facile à mettre en place .Un pralable étant l'obtention d'un large consensuz et une volnté d'y aboutir?Ce n'est pas évident avec les mentalités actuelles où le sentiment de vouloir exercer une hégémonie en s"emparant tout simplement de l'appareil central de l'Etat est encore très répandu.
En tout cas je remercie notre frère d'avoir abordé ce sujet.
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+2 #11 Mme Barry Madina 03-11-2012 12:49

Mr Sovogui, grand merci votre article est tout simplement excellent. Revenez souvent sur la toile à mon avis les Guinéen ont besoin des personnes comme vous pour faire avancer le pays.
Franchement je partage vos idées
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+2 #10 Paul Théa 03-11-2012 12:48

Toutes les voies qui peuvent nous permettre de ne plus fabriquer des dictateurs, sont à encourager.
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-1 #9 Toola 03-11-2012 02:01

M. Antoine
Mon propos était ironique en réalité j'adhère en grande partie à votre exposé. Reste à en définir les contours (Quelle «consociationalisme» pour quelle indivisibilité? Quelle répartition? Quel sera l'esprit du projet?) mais surtout à faire prendre conscience à tout le monde que les choses ne peuvent pas demeurrer telles quelles.
M. AOT,
Vous dites qu'il faudrait changer la mentalité des populations mais le projet proposé est précisément un moyen de le faire. Si toutes les critiques du gouvernement actuel (et précédents) visent à dénoncer la dépossession de nos droits de citoyens, ce système est par excellence celui qui responsabilisera chacun; et s'il est vrai que la Belgique comme le liban ont vu leurs systèmes malmenés on ne peut pas non plus ignorer les circonstances particulières qui secouent ces 2 pays et qui tendraient plutôt à montrer qu'ils s'en sortent plutôt bien grâce à leurs systèmes. Enfin, reprenez-moi si je me trompe, la Guinée pré-coloniale était le théatre de royaumes dont le foncionnement était viable.
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0 #8 AOT Diallo 02-11-2012 18:58

Je suis d'accord avec plusieurs éléments de votre analyse mr Sovogui mais comme vous le dites ce processus nécessite de nombreux changements de pensées et de comportements au niveau de nos 4 régions - donc il ne peut être mis en place rapidement. J'irais plus loin en disant qu'un travail de réflexion devra au préalable être fait par une Assemblée nationale bien représentative du pays (apparemment pas la prochaine!) et un referendum pour obtenir l’adhésion de la majorité des guinéens.
Les exemples du Liban et de la Belgique aujourd'hui montrent que c'est moins facile qu'on pourrait le penser a 1e vue...
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+1 #7 Antoine 02-11-2012 16:01

M. Kim,
Merci pour votre réaction à ma réflexion. Le consociationalisme et le gouvernement de l’Elite qui représente les intérêts de chacune de nos régions. Depuis que je parle de ce modèle comme solution à la crise de gouvernance dans notre pays, pas une seule personne n’a repoussé l’idée. C’est dire qu’en fait, les Guinéens—plus ou moins clairement—ont conscience de l’inadéquation du système qui paralyse nos peuples depuis plusieurs décennies.
Je pense, pour avoir lu assez de sources sur le consociationalisme, et fait des études comparées quant à son fonctionnement dans la pratique, ce modèle offre la solution à notre crise politique qui n’a que trop duré. Notre pays abrite plusieurs peuples à cultures différentes et qui, dans cette logique, ont des échelles de valeurs différentes. Il serait très présomptueux que moi, du Sud-Guinée m’arrose le droit de décider ce qui est bien pour les habitants de la Basse-Côte et vice-versa. Il en est de même pour les peuples du Mandingue ; je ne saurai définir leurs échelles de besoins. Et vice-versa.
La Suisse a donné une leçon aux pays à populations multiethniques ou pluriconfessionnelles. Le consociationalisme est efficace, il induit une dynamique intégrative qui crée la synergie nécessaire à la stabilité politique et au développement économique harmonieux.
Il appartient à l’Elite progressiste et patriote de créer une organisation qui servira de creuset au mouvement pour le consociationalisme dans notre pays. C’est ce mouvement qui, par voie d’explications à nos populations le long de la pyramide sociale, suscitera l’engagement des masses pour la démocratie de consensus. Les parasites qui usent du system inadéquat actuel pour sucer la Guinée et les Guinéens ne pourraient pas barrer la voie au puissant train de l’histoire.
Nous perdons notre temps en combattant des hommes. Il nous faut combattre le système qui permet à ces hommes d’abuser de nos populations. Le système à une intelligence systémique qui conditionne et gère le comportement des sous-systèmes humains qui opèrent en son sein. Changer le système, comme le dirait Peter Senge de l’Institut de Technologie de Massachussetts (MIT), et vous changerez les hommes. Merci.
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+1 #6 KIM 02-11-2012 15:10

M. Antoine, le système est en mutation : on passe du syst de super président au syst de super président entouré de super coordinations régionales. Vu le niveau scolaire des membres de ces coordinations, il y a de quoi s’inquiéter. En revanche, votre réflexion tient la route. Elle mérite certes d'être approfondie, mais à mon avis elle va ds le bon sens. Toute la question est de savoir comment faire adhérer la majorité des Guinéens à cette idée étant donné que le système militaro-affairiste qui a pris le pays en otage depuis 50 ans ne saurait tolérer une remise en cause de son gagne pain.
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+1 #5 Antoine 02-11-2012 14:41

Dear Telli,
Thanks 1000 times for your comments to my text. I was afraid for the limited space that electronic news offers to people. That is why I could not elaborate on the four dimensions of consociationalism, as listed by Arendt Lijphart. You are absolutely right when you say: “Consociationalism have only worked in countries where the elites have a broader vision and a willingness to confront problems together in order to find adequate solutions.” Indeed, consociationalism is also called the government of the elites. If we all put our minds, intellect and will together, we can implement an adapted consociationalism and save our country.
Maoubê Telli; please contact me at . Thanks may Allah save our beloved country.
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+1 #4 Traore 02-11-2012 13:32

En guinee,il faut necessairement une conference nationale Justice et Verite,car l'histoire socio-politique de notre pays a besoin d'une justice et verite afin de tourner la page de la haine et les reglements de comptes ethnique et regionaliste.Mais l'orientation ethnique du regime Rpg/Arc-en-Ciel n'est pas favorable pour une reconciliation durable en guinee,et le Pr Alpha Conde n'est plus la solution,mais le probleme,car son regime est caracterisee par une injustice total qui ne dit pas son nom,et le tout avec un gouvernement incompetent et incapable bientot 3ans sans aucun resultat visible sur le plan de developpement.
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+1 #3 Telli Adams 02-11-2012 12:05

I completely agree with this text but I believe that the author should have explained more what consociational democracy is, specially the 4 characteristics listed by Arend Lijphart ( grand coalition, proportionality, mutual veto, & segmental autonomy and federalism) and its mechanisms or chances for its functioning in the Guinean context due to the narrow mindedness of our politicians. Consociationalism have only worked in countries where the elites have a broader vision and a willingness to confront problems together in order to find adequate solutions. It is an idea that I have pondered on for 3 years now. Consociationalism can work in Guinea if we adopt a federal parlementarian system based on the division of the land into the pre-colonial entities that existed or the current administrative divisions of 8 regions with more autonomy for the regions. For instance each region can vote for its governor instead of the president to appoint a governor. The central government or federal government will be exclusively focused on hard politics like foreign affairs and defence.
PS: Guineeactu we need a forum or chat platform on the site where we can discuss ideas directly. Just an idea
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+1 #2 Antoine 02-11-2012 06:52

Cher Toola; C'est justement pour éviter de mener le pays tout entier dans ce ravin qu'il nous incombe de trouver une solution au problème qui résulte, je suis d’accord avec vous, de 50 années de gestions politiques qui nous ont conduit où nous risquons d’aller. Le maintien de la Guinée comme république unitaire crée une synergie qui bénéficie aux 4 régions naturelles. Je comprends ; des torts ont été causés par les uns aux autres, souvent avec des violences physiques inouïes qui ont laissé des réverbérations psychologiques profondes et tenaces. Mais, il nous appartient, en tant que peuple qui a murit, de surmonter l’ensemble des problèmes, en y apportant des solutions véritables, pour, dans l’unité, aller vers des destins plus grands. C’est pourquoi, je pense que le consociationalisme serait indiqué pour notre pays. Ce modèle de démocratie créera, comme je le dis dans ma réflexion, la dynamique centripète qui réintégrera tous les Guinéens.
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+1 #1 Toola 01-11-2012 20:45

Dites-moi pourquoi n'irions-nous pas ensemble vers ce ravin créé par 50 ans d'inustices, de lacheté, et de médiocrité?
Qui a peur d'assumer le destin de sa région?
Qui jalouse les occidentaux au point de refuser qu'ils mettent leur nez dans nos affaires?
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