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Administration publique : contrôle physique, oui, mais…
Thierno Fodé Sow Mercredi, 24 Octobre 2012 09:43
Les fonctionnaires guinéens sont les plus misérables d’Afrique : leurs salaires varient entre 800.000 GNF et 1.500.000 GNF (ne convertissez surtout pas en monnaie étrangère !). Certainement les plus corrompus et corruptibles. Ceci explique cela, dirait-on. Et comme c’est l’heure du changement, on veut changer mais en empruntant les mêmes chemins que les régimes Conté et Dadis, en parlant de contrôle physique des fonctionnaires.
Aucune condition décente de travail n’est créée pour rentabiliser les fonctionnaires. Les bureaux, s’il y en a, sont exigus, mal éclairés, chauds et souvent sans mobilier. A part quelques chaises tombantes constituant des vestiges des anciens régimes. Equipements informatiques, Internet, etc., un luxe ! Il y en a même des cas où manipuler un téléphone portable relève d’un luxe patent. Toute l’administration est concentrée en ville, alors que tout le monde ou presque habite la haute banlieue de la capitale et des villes périphériques. La politique du transport urbain et l’état des routes laissent à désirer. Ces fonctionnaires sont sans couverture médicale, la retraite effraie tout le monde. C’est pourquoi, on rencontre partout des hommes du 3e âge, complètement moisis, le dos voûté, les cheveux entièrement grisonnants, la bouche rougie et noircie par la nicotine et le goudron, reporter chaque année leur départ à la retraite : raison invoquée, la pension d’un fonctionnaire ne couvre même pas l’achat de trois sacs de riz blanc et de quelle qualité.
Ce tableau scandaleux et désespérant, qui reflète pourtant une partie de la réalité de l’administration guinéenne, en dit long sur ce qui reste encore à faire dans cette partie de l’ouest africain. Comment peut-on alors résister à la corruption, au détournement, au mensonge, à la délation, etc. ? La question reste ouverte. C’est le moment choisi – à l’issue du conseil des ministres du 18 octobre – par le président Alpha Condé pour dépoussiérer une des plus anciennes mesures des gouvernements qui se sont succédé : le contrôle physique des fonctionnaires dans leurs lieux de service. Presqu’une ritournelle qui sied à chaque fois que nos gouvernants sont sclérosés. Le gouvernement Saïd Fofana n’aura pas dérogé à la règle, deux ans seulement après son installation : il faut venir à l’heure et partir à l’heure.
Quoi de plus normal si les conditions de vie et de travail sont créées pour maximiser les rendements des fonctionnaires ! Mais il suffit de faire un tour dans certains ministères. Tout est dégoûtant. Toilettes publiques ? De l’eau aux robinets ? Parterres assainis ? Poubelles ? Ne cherchez surtout pas, car vous n’en trouverez pas. Tout est nauséeux et suffoquant. Ou presque. Actuellement donc, à l’heure où la misère frappe de plein fouet de nombreux fonctionnaires du public, le contrôle physique agace plus qu’il n’effraie. Il y a donc fort à faire, parce que, faute de salaire décent, les fonctionnaires sont obligés de se chercher ailleurs pour réussir à arrondir les angles de la fin du mois. Surtout que la possible embellie – il a été dit – suite au point d’achèvement des PPTE ne produira ses premières sensations qu’à partir des prochaines années. En attendant, bonjour les dégâts : corruption et amateurisme rampants ! Quitte à sanctionner.
Thierno Fodé Sow
Commentaires
Je pensais pouvoir échanger avec quelqu'un qui cherche à comprendre, hélas c'est tout le contraire ! Alors je ne dis plus rien.
Encore une fois, je vous dis que Fodé Bangoura n'a jamais décidé du taux de change.
Ensuite, votre démonstration de fixation de taux de change n'est pas plausible. Revoyez votre copie. Ce n'est pas parce que la prime de change s'aminci entre le parallèle et l'officiel que le taux de change va baisser. D'ailleurs dans votre démonstration, elle s'est aggravée à fin juin 2012 (1,96%) contre 1,89% à fin décembre 2011 (ce sont bien vos chiffres).
Par ailleurs, vous semblez vouloir m'apprendre ce que je sais. En anglais, on dit : "Don't try to teach your grandma suck eggs."
Ne comparez pas l'économie guinéenne aux économies occidentales qui elles sont des économies fortes et bien structurées. Vous me parlez des imperfections du marché des change en Guinée en parlant de couverture à terme, du swap, de quoi encore.... Concrètement, qui peut s'engager sur 3, 6 ou 9 mois à couvrir un opérateur économique en Guinée ? SWAP de devises, pareil. Vous dites que le marché des change guinéen porte sur de petits montants pour financer le tourisme et autres activités spéculatives, dites-moi qui financent les importations des produits alimentaires dont le riz, les matériaux de construction, les produits pharmaceutiques, les habillements, les billets d'avion et j'en passe ?
Simplifions les choses. Dans la fonction publique guinéenne, il n'y a pas autant de travail qu'il faut autant de travailleurs aujourd'hui. Les recrutements se font de façon irrationnelle. Pour vous en convaincre, vous n'entendrez jamais un fonctionnaire se plaindre du volume de travail qu'il fait. Le fonctionnaire guinéen se plaint parce qu'il est fonctionnaire et non parce qu'il travaille. Et son superviseur le sanctionne pas parce qu'il n'a pas fait un travail ou l'a mal fait, mais parce qu'il ne l'a pas vu. Voilà la triste réalité. Sinon, payez 10 millions à chaque fonctionnaire, rien ne va changer. Ils vont faire le même volume de travail. La seule chose qui pourrait changer, c'est leur présence effective qui n'a rien à voir, comme vous le savez bien, avec la productivité. D'ailleurs, il reste à savoir si chacun d'eux aura de la place pour s'asseoir.
Pour me résumer, il faut rationnaliser les effectifs de la fonction publique et leur exiger des résultats et ça c'est le devoir de l'administration.
Bien fraternellement !
Si vous dites que le grade aussi doit se mériter, donc vous êtes finalement d'accord avec Gandhi ? Celui par lequel le fonctionnaire est recruté ne servant qu'à le positionner dans la hiérarchie.
Pour avoir un grade, il faut évidemment passer par les bancs. Et par conséquent pour monter en grade, il faut pour ce faire avoir une promotion qui est elle-même conditionnée par un honorable travail accompli. Que nenni m'y voilà , point de grade ?
Si vous dites que le fonctionnaire est payé en fonction de son grade. Moi je vous pose la question de savoir que faut-il faire pour avoir un grade ?
En fait les fonctionnaires doivent être payés par rapport à leur apport réel, et non parce qu'ils sont devenus fonctionnaires, certains ne sachant même pas pourquoi.
@ Gandhi (le touche-Ã -tout),
C'est faux de dire le fonctionnaire est payé en fonction de son apport. Il est plutôt payé en fonction de son grade et cela dans n'importe quelle administration publique au monde. Arrêtez de toucher à tout en banlaçant de la salade moutardée de D...
1) Il y a peu de travail réel dans notre administration actuelle car elle ne brasse que du vent, rien de concret pour le pays. la preuve il y a dans chaque département 5-6 personnes qui se cachent dans leurs bureaux pour faire tout le travail et nous n'avons jamais entendu parlé de surmenages. Il faut donc réduire "le plus humainement possible" a 1/3 le nombre de fonctionnaires en commençant par les retraités qui pullulent dans les bureaux comme tu le reconnais.
2) Il faut réduire les effectifs de l’armée de 70% minimum afin d’économiser de l'argent qui paie des tueurs et voleurs de quartiers.
3) Il faut ensuite remettre l'argent économisé dans des salaires et retraites plus décentes.
4) le plus important ensuite il faut tout faire pour que l'argent économisé ne serve pas plutôt a financer des mamayas de femmes et des coupes PPAC de football...
En fait les fonctionnaires doivent être payés par rapport à leur apport réel, et non parce qu'ils sont devenus fonctionnaires, certains ne sachant même pas pourquoi.
Enfin c'est grâce à l'inflation que l'État remboursera ses dettes intérieures, donc ne comptez pas sur lui pour la diminuer drastiquement.
Il faut dégraisser le mammouth... et en finir avec la mentalité d'assistés.
Si le fonctionnaire guinéen n'est pas bien payé, ce n'est pas parce que le franc guinéen s'est déprécié par rapport aux principales devises étrangères non plus comme vous prétendez. En matière de salaire, on l'évalue par rapport à la quantité de biens et services que l'on peut se procurer à partir de son salaire net, une fois les impôts et autres prélèvements obligatoires effectués. C'est alors qu'on parle de salaire réel et de pouvoir d'achat. Il ne faut pas non plus confondre retraitement de données à partir d'une date de référence et parité du pouvoir d'achat. Si le retraitement des données permet de rendre les données historiquement comparables dans une même économie, la parité du pouvoir d'achat quant à elle permet de comparer les données entre différentes économies.
Par ailleurs, ce ne sont pas les agissements de Fodé Bangoura qui ont entraîné la variation du taux de change du dollar contre le franc guinéen en 2004, mais la nécessité d'un ajustement du cours officiel artificiellement figé à 1 dollar contre 2 000 francs guinéens par la Banque Centrale pendant plus de 6 mois au taux du marché parallèle qui lui était de 2 500 francs guinéens. Je sais de quoi je parle puisque j'étais présent dans la Salle des marchés de la Banque Centrale au moment de cette prise de décision.
Je voudrais aussi vous dire que le taux de change ne se décrète pas, il dépend de l'offre et de la demande de devises dans le système de change flottant que nous sommes depuis 1971. On ne saurait donc fixer un objectif d'un taux de change de 1 USD = 2 000 GNF à l'horizon 2013-2014. C'est utopique.
Pour terminer, je dirais que pour bien payer les fonctionnaires, il faut d'abord créer beaucoup plus de richesses puis payer ceux qui travaillent réellement. On est payé parce qu'on travaille et non parce qu'on est engagé. Ailleurs, on dégraisse quand c'est nécessaire.
Cela rejaillira positivement sur l’ensemble du système. Autrement, on continuera sans cesse à pleurnicher sur l’état calamiteux du pays.
Merci de partager .
Tout ce que vous dites est vrai. Il faut également ajouter à cela le fait que le fonctionnaire guinéen ne "fonctionne pas", comprenez ce que je veux dire. Il ne suffit pas d'aller au bureau à l'heure et de repartir en fin de journée sans rien faire. Il faut travailler et c'est aux cadres ou à l'administration de mettre les gens au travail. Mais dans la plupart des cas, le travail est concentré entre les mains de quelques privilégiés (Directeurs, secrétaires généraux et conseillers) et dans le reste, il y a peu ou presque rien à faire. En principe, on recrute parce qu'il y a du travail à faire et on est payé parce qu'on travaille, qu'on soit du secteur public ou privé.
En résumé, contrôler les effectifs c'est bien, mais il faut les mettre au travail dans des conditions décentes. Sinon, on paye des chômeurs qui obstruent la circulation, vaquent à leurs affaires personnelles ou occupent inutilement les bureaux administratifs.








