Décryptage de la politique guinéenne depuis "l'Indépendance" de 1958

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DIALLO_Thierno_A_1_01Tous les Guinéens le savent, certains se taisent obstinément et pour cause, d'autres sont morts pour l'avoir dit ou suggéré. Mais la dure réalité du temps qui passe fait ses additions des travers de nos prétendus pères de la nation, en réalité les pires de la nation, sans état d'âme. Il y en a qui font mine de s'étonner de l'incroyable somme de turpitudes qui caractérisent nos dirigeants, supportés plus par peur et impuissance devant les baïonnettes (pardon à la ville de Bayonne) de « l'armée nationale Â» que par devoir citoyen. Ainsi à quelques variations près, de 1958 au règne actuel du professeur Condé inclus :

‒ Le plus grand voleur en col blanc est toujours nommé ministre des Finances, du Plan et Grands travaux, etc. Il commence en règle à se construire des palais pour lui et ses parents, au pays souvent, à l'extérieur toujours; et toute sa « tribu Â» bénéficie de ses largesses. D'où le deuil au village le jour où il est renvoyé du poste.

‒ Au plus grand criminel échoit le titre de chef de la Sécurité, de la Sureté publiques et du Renseignement. C'est la place des proches parents, fils ou neveux. Le fameux Nfa Siaka Touré, la terreur des jours et nuits de Conakry en était, il fut le Béria de son oncle et le commandant du sinistre Camp Boiro. Avant de finir devant un peloton d'exécution de gens qu'il avait lui-même formé. Certains jugements du Seigneur n'attendent pas l'au-delà.

‒ Le sous-sergent-chef qui s'est illustré par sa barbarie contre les civils guinéens pour des peccadilles devient chef d'état-major interarmes, et passe de son grade à celui de général dans la foulée, par décret du chef de l'Etat, chef suprême des armées. Il est aussi chef de la justice militaire en bonus. En règle « justice Â» extrêmement expéditive car reliée par téléphone au Guide qui ne se trompe jamais... D'où les nombreuses tombes à contenu inconnu sur tout le territoire.

En fait, la Justice, militaire ou civile, apprend ses codes dans les œuvres écrites et célébrées du chef de l'Etat.

‒ Le ministère de l'Information revient au plus grand créateur de « comités de soutien à l'action du président X Â» et de manifestations « spontanées Â» pour dénoncer ses prétendus ennemis du peuple. Toujours la même dénomination, seul le dictateur du jour change. Les « comités Â» eux, comme les diamants, sont éternels, du moins le croient-ils.

‒ Le ministère des Affaires étrangères est la voie royale pour transporter frauduleusement à l'étranger le produit du travail, du sang et des larmes des citoyens traités cent fois pire que la colonisation ne l'a jamais fait. Si elle n'existait pas, nos « libérateurs Â» l'auraient inventé.

Son actuel locataire est un véritable Tartarin, à l'époque premier ministre qui avait fui le régime du Général moins pour ce qu'il a laissé entendre que pour mettre en sécurité certains bijoux de famille que le Général cocu magnifique mais furieux authentique avait promis de briser et hacher menu.

Tous les Guinéens ont compris son tour de passe-muraille. Il n'y a pas que celui du stade qui a été « sauté Â» dans notre pays par certaines personnalités absolument courageuses.

‒ Pour le plus cancre des supporteurs du régime, redoublant notoire, c'est évidemment l'Education et l'enseignement supérieur. Avec des titres de doctorat achetés au marché de Madina, en gros. Des honoris causeurs, en somme.

‒ Le ministère de la Justice pour celui qui a fait le plus pendre au titre des tribunaux populaires révolutionnaires. Si en plus il a fait exécuter ou vendu des membres de sa famille, il est bombardé ministre d'Etat comme l'Honorable Bah Ousmane...

‒ Le président de la Cour suprême est en règle générale l'avocat qui a été recalé une dizaine de fois à son examen de sortie de la faculté de Conakry, avec l'inestimable qualité d'être fervent militant du parti du chef de l'Etat. Qu'il ne soit pas en bons termes avec le « Dalloz Â» est un plus très recherché. Eminent juriste, éminent griot du chef.

‒ Etc.

Depuis le hold-up d'Alpha Condé, président « démocratiquement élu Â», c'est un renforcement spectaculaire de cette tendance, avec réutilisation massive des mêmes voleurs de la République, l'ethnocentrisme du pouvoir et sa politique d'exclusion dite des « Angbansanlés Â» en plus.


Thierno A Diallo 

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Commentaires  

 
0 #1 kalil diallo 22-10-2012 12:10

merci thierno tout est dit ici
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