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Jusqu’où supportera-t-on le coût du «kou» de Kankan?
Ibrahima Kylé Diallo Samedi, 13 Octobre 2012 12:20
En Guinée où tous les coups sont permis, on ne meurt pas encore de faim mais on souffre de malnutrition. Si le riz reste l’aliment de base pour l’ensemble de nos populations, cette céréale devient de plus en plus un luxe pour l’immense majorité des Guinéens de l’intérieur. Par nécessité, beaucoup se rabattent sur d’autres aliments basiques : manioc, patates, fonio, taro, igname, bananes, etc. Chaque région naturelle s'est plus ou moins spécialisée dans un produit bien déterminé au point qu’on se retrouve avec des clichés à la vie dure.
Ainsi, l'évocation de produits alimentaires renvoie à une région, voire à une communauté. C’est dans l’inconscient collectif. Quand, par exemple, on parle de poisson et de piment, on pense aux Soussous et à la Guinée Maritime ; de fonio et de taro, aux Peulhs et à la Moyenne Guinée ; de karité et d’igname, aux Malinkés et à la Haute Guinée ; de manioc et d’huile de palme, aux habitants de la Guinée Forestière. Bien entendu, il n’y a aucune exclusivité régionale : l’huile et le vin de palme sont produits aussi bien en Forêt qu’en Basse Guinée. En plus du karité, la Haute Guinée fournit du riz comme, dans une moindre mesure, le fait le Fouta-Djalon. Dans une caricature il y a toujours une part de vrai.
Donc, revenons à un produit spécifique : l’igname. Ce tubercule des savanes est très répandu en Haute Guinée où il a d’ailleurs supplanté les céréales dans l’alimentation quotidienne. De goût plutôt agréable, cet aliment demeure néanmoins très constipant (j’en ai fait la douloureuse expérience pendant mon séjour universitaire dans la métropole kankanaise). Le « kougbè » ou igname blanc, appelé « kappè » en peul, s’y consomme du p’tit déj, au dîner. D’où son importance stratégique et l’inquiétude ressentie par l’élévation de son coût dans la mesure où « ventre vide n’a point d’oreille ».
Le soudain coût en flèche du « kou » (augmentation de 300% !) ne serait pas dû à une baisse de production mais à une demande subite des Foutano-Basse-Côtiers, à laquelle s’est ajoutée une consommation locale ne connaissant pas de répit. Heureux Foutaniens qui reçoivent toujours des coups mais qui peuvent encore (jusqu’à quand ?) acheter le « kou de Kankan »!
Bien qu’il s’agisse d’une situation conjoncturelle, un espoir pourrait peut-être venir d'un endroit insoupçonné. Imagine-t-on Kankan sans son « kou » ? Aujourd'hui la situation géopolitique est telle que si la Haute Guinée éternue, c’est toute la Guinée qui s’enrhume !
Et si une pénurie de l’igname sauvait la Guinée ? L'aide financière de l'extérieur ne l'a pas sortie de la misère ; un tubercule de l'intérieur pourrait-il faire notre affaire? Certes, ce serait exagéré de faire allusion au pétrole et de parler de « choc tuberculeux » en constatant l’augmentation du coût de l’igname. Cependant, son prix n’est plus à la portée du citoyen "lambda". N’est-ce pas le concitoyen "alpha" qui a, encore, dans les mains, une autre patate très chaude ?
Ibrahima Kylé Diallo
Commentaires
Vous déplacez le débat. Je vous ai posé une question claire quant à savoir quel est le régime qui n'a pas d'initiative pour la pomme de terre, vous vous me répondez que AC s'est heurté à ce groupement professionnel. Dites-moi de quel régimes précédents ou actuel n'a pas dépendu l'initiative de la pomme de terre ?
Pour ce qui est de la fierté ou pas de AC pour la pomme de terre guinéenne, libre à vous de dire ce que vous voulez puisque c'est un sentiment subjectif.
Quant à la fierté, c'est un sentiment subjectif, et AC ne sera fier de la pomme de terre que si on associe son nom à cette réussite. Dans le cas contraire, il est indifférent, s'intéressant davantage aux mines qu'à l'agriculture.
Lorsque vous dites que l'État n'a pas d'initiative en parlant de la pomme de terre, à quel régime faites-vous référence ?
Aussi, avez-vous les preuves qu'AC ainsi que d'autres guinéens ne sont pas fiers de la pomme de terre guinéenne ?
Alhousseny, Les producteurs de pomme de terre n'ont pas été aidés, j'en conviens, mais l'État a pour sa part, pris des mesures pour réguler l'importation de ce produit. Ce qui me dérange, c'est quand on politise tout. Qui n'est pas fière de la production locale de pomme de terre aujourd'hui ?
Si l'État a pris des mesures, ce n'est pas de sa propre initiative (il n'en a pas), mais sous la pression des producteurs.
Par ailleurs, tous les Guinéens (AC par exemple) ne sont pas fiers de la pomme de terre guinéenne.
Les producteurs de pomme de terre n'ont pas été aidés, j'en conviens, mais l'État a pour sa part, pris des mesures pour réguler l'importation de ce produit. Peut-être que les producteurs d'igname vont eux aussi s'organiser. Ce qui me dérange, c'est quand on politise tout. Qui n'est pas fière de la production locale de pomme de terre aujourd'hui ?
Les producteurs de pomme de terre n'ont pas ete aides; ils se sont organises.
Les anglais disent : Don't try to teach your grandma to suck eggs. Ainsi vous allez revoir votre copie.
Je me demande pourquoi politiser l affaire igname , alors que tous les produits de premieres necessites manquent en Guinee, du Fouta a la Basse cote . Il faut reconnaitre aussi que tout le monde a quitte les villages pour aller s installer a Conakry . Malgre que je ne partage pas les(...) a cause de l appartenance ethnique ou regionale.
M Traoré, c’est l’occasion de faire un point sur la politique agricole
D’AC qui avait promis de l’engrais gratuitement au monde paysan ? Qu’en est-il à ce jour des promesses sur le plan agricole d’AC ?
L’exode rural est un phenomene qui procede de la pauvreté .Tant que nos regions seront à la laisse dans les politiques de developpement , les villes et l’occcident demeureront attractifs .Nos problemes nous les connaissons .
Qu’est-ce qu’AC a fait ,concretement , pour enrayer la hausse des produits alimentaires de base et ameliorer le niveau de vie des Guineens ?
M Traoré , jettez juste un œil à la coloration du gouvernement , vous comprendrez pourquoi le 2 poids , 2 mesures, et qu’il faut que les problèmes de certains Guinéens soient plus urgents que d’autres .
C’est au faciès le debat desormais : les oeilleres ethniques empechent de reconnaitre la verité meme quand l’autre a raison .
C'est vraiment un raisonnement par l'absurde que d'espérer trouver la solution à un problème par ce qui l'aggrave. Moi je poserais plutôt la question suivante : Et si on encourageait la production de l'igname comme on l'a fait pour la pomme de terre ?
Voila une façon limite tendancieuse d’interpréter les faits.M Kylé parle d’augmentation par la demande ( inflation par la demande des « Foutano-Basse-Cotiers » que diraient les économistes) vertigineuse du prix de l’igname .Et non pas une surchenère de cultures propres à chaque région de Guinée , que du reste mentionne l’auteur. Le papier ose esperer ,vu qu’AC a fait de la haute –Guinée le centre névralgique du pays , les problèmes qui affectent ce dernier pourraient faire écho et diligenter une solution à la hausse des prix en Guinée . C’est ce tout le propos du post.
Juste à titre d’exemple la montée vertigineuse de L’inflation dans les 70’s , a suscité l’abandon de la convertibilité du dollar et le change flottant des monnaies qui prélavera jusqu’à de nos jours.
Patriote, quid du projet agricole d’AC ?
Tout le monde est commercant en Guinee, qui sera donc le client , et qui le vendeur.
Autre fois la petite pioche nous servait a nous nourrir , maintenant tout le monde est venu s installer a la capitale pensant que le bonheur n est nul pas ailleurs. Ils oublient que meme la securite est meilleure dans les villages que dans cette caiptale conakry.
Allez y a Mamou , vous ne verrez presqu une ame sur la rue appelee jadis . Toutes les maisons sont habitees par des vieilles dames. La classe vive est a conakry ou ailleur (moi inclusivement).
Pourquoi un cultivateur qui n a meme pas besoin d angrais (par grace de dieu)pour faire pousser le riz ,abandonnerai t il son travail pour venir s installer a Conakry? Il n a ni l eduacation ou la formation pour prendre soin d de lui meme a conakry.
A qui la faute , disait HAROUNA
L Igname est un aliment comme le Taro , cessons de nous parler indirectement , a cause de l appartenance ethnique ou regionale.
Je découvre que vous aussi êtes passe par IP Kou ! ( LOL )
Si vous vous souvenez , en 1975 , c' était le MAIS ( DAPPA ) du FOUTAH contre Les MANGUES de la basse - cote ! Les uns ont appris aux autres a s' en servir . Aujourd'hui , c ' est le KOU ! peut-être qu' il rapprochera un peu plus les communautés .
Moise , sauve des eaux , La GUINEE , sauvée par l' IGNAME !
On y arrive !
Pour la hausse des prix , OFFRE et DEMANDE ! En bon DIOULA , qui est fou ? !
Bien a vous !








