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Droit de réponse aux commentaires sur mon texte du 30 septembre 2012

Mamadou Maladho Diallo  Samedi, 06 Octobre 2012 11:48

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DIALLO_Mamadou_Maladho_2_01Mon texte du 30 septembre sur les sites de GuineeActu.com et Guineepress.info a généré des incompréhensions majeures sur lesquelles je désire donner les précisions suivantes :


1. La faiblesse de la classe politique guinéenne en général

Je suis bien d’accord qu’ils ont des limites. C’est normal car nul n’est parfait. Sachez que le problème qu’ils ont, est lié à la place que les intellectuels, que vous et moi occupons dans la sphère de décision. Je l’ai dénoncé dans le texte. Lorsqu’on s’entoure de griots et de routiniers de la politique du ventre, on ne peut pas générer des idées. Imaginez le plus nul d’entre eux qui se donne comme conseiller un Gandhi, Sadio, Kylé, Lamarana, B. Doumba, M. Sampil, Doré, Hassatou, Hawa, Kankalabé, etc. Serait-il sans idées? Ont-ils le temps de nous lire et nous comprendre ? C’est là toute la question.

Relisez-ceci: « Les intellectuels qui sont dans les partis politiques ont toutes les difficultés du monde à se faire accepter, à se faire entendre et à mener le parti sur la base des réflexions qu’ils font. Ce que je dis-là n’est pas du vent. J’ai souvent entendu un vieux dire à des cadres que vous ne connaissez pas la politique. Vous êtes bleus dedans. Nous, nous y sommes depuis le temps du PDG. … Un marabout et un commerçant nanti sont plus écoutés qu’un PhD en Guinée. »

Ceci dit, nous devons aussi savoir que ce n’est pas simple. Entre un griot qui peut mobiliser 500 électeurs ou plus et un intellectuel qui n’a que quelques amis, le choix n’est pas facile. Le leader est obligé de ménager les deux en tenant compte du poids de chacun.


2. Le rôle de la diaspora

Mon propos n’est nullement de sous-estimer le rôle de la diaspora. J’ai écrit :

« C’est facile de s’asseoir à l’étranger et critiquer ceux de l’intérieur. Un prisonnier ou un cadavre ne sont pas très utiles dans ce combat. Chaque mort en est un de trop et chaque prisonnier en est un de trop. L’exercice des libertés est garanti par la constitution mais, qui nous dit que ceux qui sont au pouvoir vont respecter ces textes qu’ils violent tous les jours ?».

Je veux simplement dire que lorsque l’on est à l’extérieur, on n’a pas de contraintes majeures pour s’exprimer alors qu’à l’intérieur, les contraintes sont multiples dont entre autre, la contrainte sécuritaire. Lisez tout le paragraphe pour mieux comprendre au lieu de prendre phrase par phrase.

Je vous rappelle que j’ai fait 6 ans de vie à l’extérieur et j’ai visité plus de 20 pays africains, quatre européens et deux américains. Je vous comprends bien.

Encore une fois, je ne veux nullement sous-estimer votre apport, sinon pourquoi irais-je dépenser 200 000 FG de ma poche chaque mois pour aider les autres à vous lire. Mieux, chaque fois que j’ai un bon texte, je le recommande aux leaders dont j’ai les contacts.

J’apprécie le rôle de cette diaspora autant que vous, sinon plus, puisque moi je vois les insuffisances sur place au jour le jour.


3. Le rôle des intellectuels de l’intérieur

« Jamais ces intellectuels de l’intérieur ne s’exposent eux-mêmes ou ne laissent leurs enfants participer à mouvements risqués. C’est sur le Net que beaucoup de ces intellectuels de l’intérieur apprennent ce qui se passe en Guinée quand il y a mouvement. » Sadio

Non, tous ne sont pas passifs. Même lors des marches, ils contribuent à la hauteur de leurs aptitudes. Aussi, c’est aussi normal que ce soit les jeunes qui sortent. C’est ce qu’ils peuvent faire. Ici à Labé, ils sont encadrés dans presque tout ce qu’ils font pour le parti majoritaire.

Il y a des difficultés d’ordre sécuritaire, financière, matérielle et du temps pour certains mais sachez que les intellectuels sont dans la danse. Le pays est ce qu’il est, les habitudes de rejet de l’intellectuel sont perspicaces.

Lors de la première marche de Labé, c’est moi personnellement qui ai supervisé le mouvement à Labé. C’est sous ma signature et celle de Cellou Baldé de la jeunesse, que l’accord de marche a été accordé par le gouverneur. C’est moi qui ai donné les arguments pour convaincre l’autorité. L’article « qui perd gagne » que j’ai fait publier sur ces sites a eu le plus grand impact dans l’administration. Relisez-le! 

J’ai écrit : « Le rôle négatif des intellectuels de l’intérieur aux yeux de certains est dû au fait qu’ils ne soient pas à leur place. La culture de la médiocrité a pris le pas sur l’excellence en Guinée. Les intellectuels guinéens honnêtes n’ont pas de moyens. La pauvreté domine les prises de décisions. Un marabout et un commerçant nanti sont plus écoutés qu’un PhD en Guinée. »

Comprends bien celui qui se donne l’effort de comprendre en lisant tout le paragraphe.

Sadio : C’est normal que le Net soit la source d’info pour ceux de l’intérieur aussi ? A Labé par exemple, il n’y a qu’une seule radio privée. C’est le Net qui est le plateau commun, non! Et c’est tant mieux je crois.

La comparaison entre les leaders

« C’est vraiment jouer à la division que de dire que tel leader vaut mieux que tel autre. Nous sommes dans une société trop peu instruite pour comprendre certaines stratégies. »

La seconde phrase est, de loin, la plus importante ici. La stratégie est excellente pour amener le leader à s’améliorer mais le commun des Guinéens ne vous comprendra pas.

En outre, je crois que les gens se trompent de contexte. Nous sommes en train de préparer des élections législatives où la bataille est entre l’opposition et le pouvoir et non dans une élection présidentielle où il faut choisir un seul homme. Les stratégies sont différentes.

J’ai suivi la même situation au sein d’un BF UFDG, récemment, où les gens se trompaient de stratégie et se faisaient la guerre comme si l’on était en élections communales. La stratégie est fonction du type d’élection et même du mode de scrutin.

Je veux bien qu’on compare les leaders entre eux mais pas maintenant. Attendons les présidentielles sinon nous aurons choisi une chose et son contraire.


4. Le cas Cellou

Prendre l’exemple de CDD ne veut nullement dire que je nie les efforts des autres ou que je ne soutiens que lui dans ce processus. Actuellement, les leaders du collectif et de l’ADP sont ensemble. Ce n’est pas le moment de les comparer surtout qu’ils ne sont pas en quête de leadership. Surtout qu’ils sont en phase de choisir des représentants à la CENI, un processus délicat qui risque de faire des dégâts. Voir le dernier texte de Gandhi sur la question.

Aussi, j’ai écrit : « Certes Sidya Touré a montré qu’il est un bon leader en refusant de jouer au jeu de l’ethnocentrisme mandingue, en s’alliant à Cellou honnêtement. Il faut que ce couple soit renforcé par la venue des autres membres de l’opposition comme Lansana Kouyaté et A. Sylla ». 

En outre, je suis sûr que les coups de gueule acharnés contre CDD ne résoudront pas nos problèmes croyez-moi. Il est peut-être le moins apte à nous diriger mais il demeure actuellement le choix du peuple. Les Guinéens aiment Cellou. Le Fouta aime Cellou présentement.

Ceci dit, je veux simplement vous exhorter à rechercher ce qui est positif en lui et laisser l’autre faire le reste. CDD m’a dit qu’il a besoin plus de support que de critiques de la part des intellectuels. Les Malinkés ont juré que CDD ne sera pas au pouvoir. C’est un défi communautaire que les populations peules ont juré de relever par tous les moyens pour laver l’affront. C’est cela la réalité et l’avis de la masse qui le suit. La question est de savoir si nous allons les accompagner ou pas. Dans l’urne, ce n’est pas l’ethnie de celui qui a voté qui comptera puisqu’on ne vérifiera pas cela avant de compter les suffrages.

Revenir à Siradio ou Bah Mamadou sert à quoi présentement ? Ils sont morts (PALA!). Je respecte leur combat et leurs âmes. Déplacer le débat et faire de la diversion ? Sachez que les Malinkés ne glorifient un Peul que lorsque ce n’est plus nécessaire. On fait la fête à un mort. Ne nous trompons pas de cible.

Chers amis, c’est CDD qui est au four. Trouvons les moyens de corriger gentiment ses lacunes et accompagnons le peuple. Moi je respecte le choix de la masse qui le suit. C’est aussi ma manière de protester contre l’injustice qu’on fait subir à cette masse. C’est tout.

Encore une fois merci.


Labé le 04 octobre 2012

Maladho Diallo « MD »

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