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Mes réactions sur un certain nombre de sujets questions et commentaires fréquents sur le net

Mamadou Maladho Diallo  Dimanche, 30 Septembre 2012 14:12

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DIALLO_Mamadou_Maladho_2_01Dans ce texte, je me propose de faire quelques commentaires et émettre des points de vue ‒ souvent partagés avec les autres lecteurs locaux ‒ sur un certain nombre de sujets sur la Guinée qui sont faits ou posés dans les textes et/ou les commentaires postés sur le Net. Je suis obligé de procéder ainsi puisque le coût de la connexion en Guinée face à la précarité dans laquelle nous vivons depuis l’intronisation du PPAC ne permet pas de lire et commenter sur place. Certes les téléphones sont connectables mais le coût est prohibitif. Aussi, la volonté de partager l’info du Net avec les nombreux cadres de Labé et de la région m’oblige à collecter en une heure, lire plus tard et puis partager avec ceux-ci. Cette fois ci, je m’intéresse aux questions les plus fréquentes qui sont entre autres :

  1. la faiblesse de l’opposition guinéenne ;
  2. les attaques contre CDD et les éloges de BO, FM et de ST ;
  3. le rôle négatif des intellectuels de l’intérieur ;
  4. le rôle des Peuls alliés au pouvoir mandingue ;
  5. le rôle des femmes peules des mariages mixtes ;
  6. la passivité du Peul face à l’injustice ;
  7. le nombre de commentaires sur un texte comme indice de qualité.

Venons-en aux détails.


1. La faiblesse de l’opposition guinéenne

De nombreux internautes sont prompts à critiquer l’opposition guinéenne. Certes, elle est critiquable mais sachons une chose : ce n’est pas facile d’être opposant en Afrique en général et en Guinée en particulier. Il y a de gros risques à prendre en s’engageant dans la rue avec la population étant donné que les forces de défense et d’insécurité sont brutales, non républicaines et irrespectueuses des droits de l’homme. Mieux, le pouvoir ne donne pas de cadeau aux gens et l’on réagit sans commune mesure. Le courage ne manque pas aux leaders de l’opposition. C’est souvent à cause des pertes en vie humaines et des arrestations arbitraires qu’ils hésitent le temps de voir les méthodes appropriées. Quelqu’un a bien dit que « la critique est aisée mais l’art est difficile ». C’est facile de s’asseoir à l’étranger et critiquer ceux de l’intérieur. Un prisonnier ou un cadavre ne sont pas très utiles dans ce combat. Chaque mort en est un de trop et chaque prisonnier en est un de trop. L’exercice des libertés est garanti par la constitution mais, qui nous dit que ceux qui sont au pouvoir vont respecter ces textes qu’ils violent tous les jours.


2. Les attaques contre Cellou Dalein et les éloges de Bah Oury, F. Millimouno et de Sidya Touré

S’il vous plaît, arrêtez de dire que Bah Oury est meilleur que Cellou ou que Sidya vaut mieux. C’est la comparaison qui dégrade l’âne. Je vous prie de revenir à la réalité guinéenne. La meilleure stratégie devant ce régime n’est pas de jouer à la division de l’opposition mais de les aider à s’unir et à unir leurs forces pour faire face au pouvoir. Bah Oury prisonnier ou cadavre (Astrakhfiroullahi) ne servira pas la Guinée mieux que Mohamed Soumah, Mouctar Diallo, Etienne Soropogui ou Oussou Fofana. Certes Sidya Touré a montré qu’il est un bon leader en refusant de jouer au jeu de l’ethnocentrisme mandingue en s’alliant à Cellou honnêtement. Il faut que ce couple soit renforcé par la venue des autres membres de l’opposition comme Lansana Kouyaté et Aboubacar Sylla. De toutes les façons, ne sera président que celui qui est candidat ; pas un observateur à la touche. C’est donc avec ces « mauvais ou faibles-là » qu’il faut faire en attendant que d’autres plus doués et plus courageux ne viennent. La meilleure stratégie donc est celle de les encourager et de leur donner les conseils et moyens utiles à travers des analyses pointues de la situation surtout que très souvent ils n’ont pas le temps. Cellou par exemple est toujours submergé par ses militants qu’il ne peut pas rejeter. Quand va-t-il réfléchir ? Il faut que d’autres le fassent à sa place. C’est là le rôle des intellectuels du parti. Et je souhaite qu’il en soit ainsi pour tous les partis politiques d’ailleurs car je suis persuadé que si les vrais intellectuels malinkés avaient conseillé le RPG et AC nous ne serions pas dans cette situation.


3. Le rôle négatif des intellectuels de l’intérieur

Je n’insisterai jamais assez sur la particularité des intellectuels de l’intérieur. Je veux simplement faire observer qu’il y a bien des cadres propres et capables dans ce pays. Le problème majeur des intellectuels guinéens est qu’ils ne sont pas à leur place. Ceux qui sont honnêtes en Guinée n’ont pas de moyens et leur volonté est souvent mise au rabais par les autres classes sociales. Un marabout qui sait réciter le coran est plus important qu’un PhD dans ce pays. Si c’est universellement admis que la connaissance ou le savoir, l’information et l’argent sont des sources de pouvoir, en Guinée, ceci est à vérifier. Tous les chefs d’État qui se sont succédés en Guinée ont tous dit sous des formes diverses qu’ils n’ont que faire des diplômes. Ils n’en avaient pas et celui qui en a ne s’en sert pas vraiment.

Les intellectuels qui sont dans les partis politiques ont toutes les difficultés du monde à se faire accepter, à se faire entendre et à mener le parti sur la base des réflexions qu’ils font. Ce que je dis-là n’est pas du vent. J’ai souvent entendu un vieux dire à des cadres que vous ne connaissez pas la politique. Vous êtes bleus dedans. Nous nous y sommes depuis le temps du PDG.

L’autre raison qui fait que les intellectuels sont atones dans le système politique guinéen est leur manque de ressources financières, matérielles et de temps. Comme ressource, ils n’ont que leur savoir-faire qui n’est pas recherché dans ce pays. Ce problème est majeur. On ne peut pas être honnête et être un cadre riche en Guinée. Le système l’interdit et je suis très bien placé pour le dire et le défendre. Ce n’est donc pas par hasard que les partis politiques soient dirigés par des ex-ministres. Ils ont plus de moyens et c’est tant mieux si leurs ressources sont réinvesties à travers des partis politiques (c’est mon point de vue).


4. Le rôle des Peuls alliés au pouvoir mandingue

Je ne suis habituellement pas ethnocentrique mais la stratégie du RPG et du PAC m’oblige à les suivre pour combattre ce fléau puis que c’en est vraiment un. Ayant géré la Faculté d’agronomie de Bordo pendant le régime de Sékou Touré, j’ai appris à aimer les Guinéens de toutes les ethnies, tels qu’ils sont.

Nous comprenons aujourd’hui la stratégie des Malinkés au pouvoir. Ils se servent toujours des gens d’une ethnie pour taper sur leurs semblables. Vous ne verrez jamais un Malinké faire directement du mal à un Peul. Il se servira toujours d’un Peul pour faire le sale boulot. Revisitez les pouvoirs précédents. A chaque régime son ou ses Peuls de main pour faire le sale boulot contre leur ethnie. Les deux grands des forces de défense et de sécurité ne font pas exception. Les ministres BS, BD, OB, et autres ne font pas exception. C’est leurs rôles. Le PAC ne les débarquera que lorsqu’ils auront cessé de jouer ce jeu ou lorsque lui n’en aura plus besoin. Telle une orange que l’on suce pour jeter la peau après en avoir extrait tout le jus.

C’est aux employés pour effectuer ces sales besognes de comprendre le mal qu’ils commettent à leur communauté et de savoir jouer pour que demain ils puissent lever les yeux dans leur milieu et entre leurs semblables qui seront les seuls juges de leurs actes.


5. Le rôle particulier de la femme peule dans la lutte actuelle

Le mariage mixte femme peule et homme mandingue est un couteau à double tranchant promu par le régime de Sékou Touré afin de donner naissance à des enfants mandingues intelligents et beaux, rien de plus. Il suffit de voir combien de ces femmes meurent ou vieillissent dans ces foyers après avoir mis au monde les enfants prodiges. Combien de ces femmes sans enfants restent dans leurs foyers jusqu’à la vieillesse. Elles sont très peu nombreuses dans les deux cas de figure. C’est la preuve que c’est loin d’être des mariages d’amour, ils sont des mariages de business dont les femmes ne profitent malheureusement que très peu. Dès que la fonction de reproduction est accomplie, on crée un problème pour se débarrasser de la femme et, pire, on laisse croire aux enfants que c’est la faute de la mère s’il y a divorce. Les enfants ne suivent jamais leur mère à la suite de ces divorces. Le mari mandingue entretient la haine des enfants contre leur mère et sa race en faisant valoir que c’est parce que la mère n’aime pas ses enfants qu’elle les a quittés. On fait croire à nos sœurs qu’elles ne sont pas racistes mais que les peuls le sont. C’est ce qui explique en grande partie la haine presque viscérale des enfants des mariages mixtes Peule-Malinké contre l’ethnie de leur mère. C’est cynique et dommage ! C’est à nos sœurs de le comprendre et de choisir. La majeure partie des responsables mandingues qui ont avili et triché les Peuls sont mariés à des femmes peules. Comment l’expliquer autrement ? On ne nous reconnait même pas le droit du beau-père. A qui la faute ? Pas besoin de réponse ! Je sais ce dont je parle. J’ai plus de trois sœurs dans cet état. Je sais que ce débat est clos. Mais, il y a lieu de le rappeler de temps en temps surtout que je n’avais pas placé mon mot ; voilà.

La réconciliation nationale n’aura lieu que lorsque les communautés réapprendront à se respecter les unes les autres dans nos cultures respectives. La justice veut que les maux soient reconnus et condamnés puis pardonnés. Sans cela, la réconciliation ne sera pas durable.


6. La passivité du Peul face à l’injustice

Il est temps que la communauté peule comprenne que son respect ne passera pas par sa passivité coupable devant l’injustice qu’elle subit. Il faut réagir énergiquement sans violence si nécessaire chaque fois qu’on se sentira brimé. Il faut apprendre à dire non à l’injustice de ce régime quelle que soit sa forme sinon Allah ne nous aidera pas.


7. Le nombre de commentaires sur un texte comme indice de qualité

En général, je constate qu’il y a de très bons textes qui sont postés sur les sites que je visite le plus en Guinée. Mais je suis fondamentalement en désaccord de vue avec l’affirmation que : « la valeur d’un texte se mesure par le nombre de commentaires postés sur lui ». Dommage ! C’est vrai si l’on se place du côté marketing pour les sites et si l’on ne voit pas la valeur ajoutée d’un texte par rapport au débat actuel. Mais bon, comme c’est venu d’un Sanaku des Diallo, je lui dirai d’être plus grand que cela. Nous, nous vous lisons mais ne pouvons pas faire des commentaires réguliers. Aussi, certains commentaires ne sont que des injures et des coups de gueule entre les internautes ce qui n’a rien n’à voir avec la qualité du texte. Aussi, certains textes sont si bons qu’il n y a rien à dire. Même un mauvais texte peut être utile car il permet au moins de montrer ce qu’il ne fallait pas dire ou écrire. Finalement, l’information est une chose et son usage est une autre chose.


Conclusions 

La classe politique guinéenne est certes faible mais il faut faire avec. Les leaders politiques ont besoin de notre soutien et non d’être trainés dans la boue. Les autres feront ce boulot. Ils le font bien d’ailleurs. C’est vraiment jouer à la division que de dire que tel leader vaut mieux que tel autre. Nous sommes dans une société trop peu instruite pour comprendre certaines stratégies. Derrière ce leader que je n’aime pas, il y a des Guinéens qui méritent qu’on les respecte à moins qu’ils n’aient choisi eux-mêmes la voie de la confrontation.

Le rôle négatif des intellectuels de l’intérieur aux yeux de certains est dû au fait qu’ils ne sont pas à leur place. La culture de la médiocrité a pris le pas sur l’excellence en Guinée. Les intellectuels guinéens honnêtes n’ont pas de moyens. La pauvreté domine les prises de décisions. Un marabout et un commerçant nanti sont plus écoutés qu’un PhD en Guinée.

Les Peuls alliés au pouvoir mandingue sont choisis pour faire le sale boulot contre leur communauté. A eux de le comprendre et de savoir se comporter de manière plus responsable vis-à-vis de leur communauté.

Les femmes peules des mariages mixtes sont destinées à réaliser la fonction de reproduction et de quitter leurs foyers après. Leurs enfants sont élevés de manière à porter la responsabilité de leur abandon sur leur mère et on en profite pour faire un lavage de cerveau contre les Peuls. A ces enfants et leurs mères de le comprendre et de réagir.

La passivité du Peul face à l’injustice est un mal. Il faut réagir énergiquement mais sans violence face à l’injustice qu’on subit pour avoir l’aide de précieuse Dieu.

Le nombre de commentaires sur un texte comme indice de qualité est irréaliste. Il faut surtout voir la valeur ajoutée du texte face au débat. Le thème est-il actuel ? L’analyse apporte-elle un éclairage ? La recherche du pourquoi et du comment devrait préoccuper les intellectuels pour donner de la valeur ajoutée aux textes. Certains textes n’ont pas besoin de commentaires. Évitons les coups de gueule acharnés.


Labé le 28 septembre 2012

M. Maladho Diallo « MD »


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