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L’obligation morale de rétablir la vérité

Fodé Oussou Fofana  Jeudi, 27 Septembre 2012 10:23

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FOFANA_Fode_Oussou_2_01Le locataire du palais Sekhoutereya, le président professeur Alpha Condé, dirige la Guinée d’une main de fer et avec mépris depuis son accession au pouvoir en 2010. Il agit comme si les Guinéens n’avaient pas de droits, et ne méritaient ni respect ni considération. Son attitude dictatoriale contraste avec ses fameux titres de « professeur de droit » et « d’opposant historique » au point que même le Guinéen lambda s’interroge sur sa personnalité réelle. Ayant passé l’essentiel de sa vie en France dans un pays cité comme modèle de démocratie et d’Etat de droit, ce  « professeur de droit », diplômé de l’université de la Sorbonne, excelle dans l’art de violer les droits humains fondamentaux. A-t-il eu la sagesse de s’inspirer de sa formation académique et de son long séjour en France pour épouser les valeurs de liberté, de démocratie, d’Etat de droit, d’équité et de justice sociale ? Nous pensons que c’est non et non. Que peut-on retenir de lui ?

Durant les deux premières Républiques de 1958 à 2009, à l’instar de ses collègues feux doyen Ba Mamadou, Siradiou Diallo, Baba Kaké, professeur Sow, etc., il a participé à la lutte contre les deux régimes. Il a eu à son actif un livre teinté de communisme intitulé, « Guinée : Albanie d’Afrique ou néo-colonie américaine ». Sa fameuse déclaration, « je reprendrai la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée » a été une phrase prémonitoire. Sur le plan économique, il œuvre à ré-instituer l’approche communiste dans la gestion de l’Etat. Aurait-Il oublié que ce système est devenu historiquement obsolète ? N’a-t-il pas compris que même les initiateurs de cette philosophie politico-économique ont tourné cette page à cause de sa contreperformance.

Sur le plan politique, il s’est montré comme un chef complexé devant son peuple à cause de sa faible légitimité. Il a instrumentalisé la division, l’exclusion et la stigmatisation comme stratégies de gouvernance ; piétinant ainsi sans aucune gêne les droits fondamentaux des Guinéens ainsi que leur dignité humaine. Nous tenons à dire au président Alpha Condé que les actes posés par les loubards du RPG Arc-en-ciel et les forces de défenses et de sécurité (FDS), sous son instigation, contre les militants de l’UFDG après la grande marche pacifique du 20 septembre 2012 ont atteint le seuil non négociable pour les vrais acteurs du changement.

Malgré le désir du président Elhadj Cellou Dalein Diallo de privilégier la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale au détriment de la confrontation, le régime du professeur Alpha Condé est en train de contraindre les militants de l’opinion en général et ceux de l’UFDG en particulier, à la résistance face aux différents abus sciemment orchestrés dans l’unique dessein de déstabiliser la principale force politique afin de pouvoir instaurer la dictature et la dynastie. Nous disons, encore une fois, non!

C’est pourquoi, nous demandons humblement à cet effet au Président Elhadj Cellou Dalein Diallo d’inviter ses braves militants de l’UFDG à riposter vigoureusement contre la velléité dictatoriale d’Alpha Condé. La résistance passive n’est plus adaptée au contexte socio-politique qu’a créé Alpha Condé. Pour un œil des nôtres, nous demanderons désormais les deux yeux ; pour une dent des nôtres, nous casserons désormais toute une Guelle. C’est la solution la mieux indiquée pour répondre aux provocations.

Le président Alpha Condé a montré qu’il ne connaît que la confrontation comme méthode pour faire aboutir ses aspirations. Il ignore les vertus de la négociation et du dialogue. L’ADP et le Collectif de partis patriotes ont vainement œuvré pour instaurer un dialogue sincère et direct avec Alpha Condé afin d’épargner au peuple de Guinée l’amorce de la violence et de ses affres dans le pays. Il a oublié qu’il n’est pas le vrai artisan de la démocratie en Guinée. Il a su manipuler et instrumentaliser ses supporteurs en se présentant comme l’homme susceptible de venger le régime de Conté considéré comme celui des Soussous.

Nous disons, trop, c’est trop. Le peuple de Guinée ne se laissera plus faire. Il s’opposera vigoureusement à toute forme de dictature. Les jeunes qui ont conduit les différents mouvements de ripostes de 2006 à 2009 sont prêts à en découdre avec les loubards du RPG Arc-en-ciel et ceux des FDS, s’ils font l’objet d’attaque. Ils vont dorénavant porter la riposte au cœur des décideurs et de leurs familles afin qu’ils puissent aussi subir le même sort et comprendre l’amertume d’être victime. Ceux qui luttent, sont ceux qui gagnent. La liberté ne se donne pas. Elle se gagne et se maintient par voie du combat permanent et constant.

Nous saluons l’engagement et le sens élevé de patriotisme des militants et des leaders de l’ADP et du Collectif. Nous les exhortons à plus d’abnégation et de persévérance. La victoire est à notre portée. Ceux qui invitent l’opposition au calme doivent se tourner du côté du pouvoir pour lancer un tel appel à l’image de 2006, 2007 et 2008.


Dr Fodé Oussou Fofana
Vice-président de l’UFDG en charge des questions juridiques et sociales
Depuis Paris

 
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