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Goby Condé vous dégoûte !

Benn Pepito  Samedi, 08 Septembre 2012 15:06

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Hé ! Mékhé Dounké, comment ça va ? Quoi, comment ça va ? Comment ça va, quoi ? Ahaaaaaaaa ! Comment ça va, comment ça va ? Merde, à la fin ! Arrête de tympaniser les gens avec tes « comment ça va ? » que tu balances aux gens à longueur de temps partout.

L’on ne peut te chanter constamment la ritournelle. Alors regarde-toi ! Regarde-moi ! Et regarde ces populaces, tous ces indigents et miséreux abusés par la politique de Goby Condé, le chauffard de la patache à une roue et demie de Sékoutoureya, et qui attendent que Godot vienne les délivrer de cette vie chaotique ! Regarde toutes ces familles de la Moyenne Guinée et de la Guinée Forestière que Goby Condé endeuille ! Regarde Cona-cris ! Regarde surtout l’intérieur de la Guinée !

- Dis-nous maintenant, qu’est-ce que tu vois ?

- Je ne sens rien…

- Espèce de gourde ! L’on ne te demande pas d’ouvrir tes soupapes au vent. L’on te demande d’enlever tes fumées noires qui te donnent l’air d’un Gobykhamé, d’un voyou sans scrupule et de zieuter.

- Voilà ! Je les ai enlevées mais je ne sens toujours rien. Je souffre d’anosmie.

- D’accord ! Ferme tes yeux… Ferme tes yeux, bordel ! Bouche tes oreilles avec tes indexes. Ouvre maintenant ton cœur…

- Ouvrir quoi ?

- Ton cœur. Ouvre ton cœur pour voir les choses si tu es incapable de les sentir avec tes propres yeux. Alors ouvre ton cœur et dis-nous ce que tu vois.

- Dounké, tu me fais chier ! Je ne suis pas poète ou littérateur ou rêveur. Je suis politicard. Merde à toi !

Afakoudou ! Goby Condé rappelle cette fable de la Fontaine : « Chacun à son métier doit toujours s’attacher ; tu veux faire ici l’arboriste, et ne fus jamais que boucher. »

Qui pouvait croire qu’un jour Goby Condé, que la presse guinéenne avait blanchi à la chaux vive dans son mémorable procès, allait fouler au pied la liberté de la presse dans le patelin ? Qui ? Peu de connaisseurs qui malheureusement ne pouvaient pas se faire entendre par le grand nombre des Guinéens. Mais ils avaient vu juste.

Goby Condé est un despote. La presse indépendante l’effarouche. Il a fait fermer, la semaine passée, une radio privée indépendante en Guinée Forestière. Il tente ainsi de proscrire la liberté de la presse qui est un acquis d’une longue lutte menée sous le régime dictatorial de Lansana Conté, par de courageux apôtres pour une presse indépendante que sont Diallo Souleymane, Aboubacar Sylla, Assan Abraham Keïta, Thierno Diallo, Abdoulaye Condé, Boubacar Sankaréla Diallo, Célestin, Tibou Kamara, Boubacar Yacine Diallo, Bouyya Fofana, Bebel, Akoumba, les regrettés Emile Tom Papa et Aboubacar Condé, et bien d’autres.

Le pouvoir d’une presse libre et indépendante dans un régime barbare comme celui de Gobykhamé est perçu comme menaçant. L’indépendance de la presse guinéenne, à ne pas déguiser des barbaries, des sauvageries, des assassinats et crimes politiques, est effectivement une menace pour le régime de Goby Condé. Qui a choisi la terreur, les massacres des populations, la persécution de ses opposants politiques, pour se légitimer à leurs yeux.

Goby Condé marche ostensiblement sur les pas du tout premier dictateur guinéen. Tout en se prenant pour le parangon de la vertu, il veut lui aussi étouffer en Guinée toute vie intellectuelle, bannir la discussion, les échanges d’idées, museler la presse indépendante. Il ne veut pas de contre-pouvoir dans le pays. Or laisser la presse indépendante se déployer dans la contrée, c’est lui accorder un blanc-seing à jouer ce rôle de contre-pouvoir qui lui est dévolu.

Hé, mborré ! Le pro-fesseur de Sékoutoureya est un piètre politique, une gourde, un médiocre qui exécre ceux qui sont plus compétents et meilleurs que lui, un minable mégalomane, un menteur hors pair. Il croit pouvoir cadenasser la bouche des journaleux, tyranniser les scribouillards pour les empêcher de pondre des paperasses. Goby est un cabotin qui menait une vie de patachon à Paris. Notre fameux opposant historique qui folâtrait constamment à la Place d’Italie ou ailleurs dans Paris, ne s’était jamais donné le temps de lire un Benjamin Constant.

« Etouffer dans le sang l’opinion mécontente, est la maxime favorite de certains profonds politiques. Mais on n’étouffe pas l’opinion : le sang coule, mais elle surnage, revient à la charge, et triomphe. Plus elle est comprimée, plus elle est terrible : elle pénètre dans les esprits avec l’air qu’on respire ; elle devient le sentiment habituel, l’idée fixe de chacun ; l’on ne se rassemble pas pour conspirer, mais tous ceux qui se rencontrent conspirent. »

Goby n’est pas un président démocratiquement élu pour tirer profit de ce propos de Benjamin Constant. C’est un usurpateur de la pire espèce qui s’appuie sur ses donzos et ses autres forces prétoriennes pour régner.

Goby Condé vous dégoûte ! Il nous débecte aussi. Mais à voir les choses de près, l’on ne peut que lui faire la révérence. Voilà quelqu’un qui, en pleine campagne électorale présidentielle sur le plateau de la télévision nationale, travaille du chapeau et insulte les Guinéens, en les traitant de bâtards s’ils ne votent pas pour lui, grenouille avec le Malien Siaka Toumani Sangaré de la CENI et ce magouilleur de bidasse galonné, inculte, ethnocentrique, qu’est le général Sékouba Konaté, parvient à s’emparer de la force. Et depuis cet usufruitier politique dirige le bled d’une poigne de fer, pisse sur l’opposition, s’attache à la clochardiser.

Bravo, Goby ! Tes opposants sont maintenant des clochards politiques. Ils clochent comme des désœuvrés, te supplient de leur donner un espace légitime et légal où bavasser. Impuissants, ils flânochent dans l’oisiveté, se réunissent clandestinement dans leur maison, évite même la violence verbale pour ne pas t’agacer. Il faut les voir sur les écrans de télévision. Ils suscitent pitié, compassion. Ils sont devenus aussi doux que des agneaux. Regarde-les ! Ils sont maintenant de gentils diplomates qui cherchent à approcher la marmite parlementaire comme des chacals qui approchent d’un poulailler, de beaux zigs, disons, des kamarimbas inoffensifs. Des fouyantais politiques !

Oh, Goby ! Oh, Mangué ! Oh, Manssa du bled ! L’on se permet d’intercéder auprès de ta carcasse en faveur de tes sujets, les opposants guinéens. On t’en prie, Goby ! Donne-leur un espace où ils pourront s’amuser, jouer, s’épanouir. Allabbé ! Annabbé ! Permets à l’opposition en faim de se servir dans la marmite parlementaire.

Mangué, dounouyya baarakhorokho ! C’est dur ! Desserre un tout petit peu l’étau autour de l’opposition. Elle saura se comporter de façon exemplaire et ne piochera pas tous les morceaux de viande dans la marmite. Parole de Guizot : « L’opposition n’a point de quoi faire son métier qui est de vous obliger à faire le vôtre. »

Si l’on t’a vraiment convaincu sur le rôle tant important que jouera l’opposition dans ta Cour, arrête alors de tourner en rond jusqu’à la saint-glinglin pour faire bouillir cette marmite parlementaire.

Cellou Dalein Diallo, Aboubacar Sylla, Sidya Touré, Mouctar Diallo, Lansana Kouyaté ont déjà cordé assez de fagots de bois pour leurs futurs festins politiques. Ils n’attendent plus que ton signal approbatif pour les coltiner jusqu’au quartier Tombeau.

- Est-ce que tu es d’accord, Goby ?

- D’accord quoi ?

- Mais de quoi parlait-on séance tenante ?

- Arrête de me crier comme ça ! Je ne suis pas quand même sourd des deux oreilles. De quoi parlait-on ?

- Marmite parlementaire pour les politistes du bled.

- Je les mets en pénitence pour leur apprendre ce que c’est que faire la politique dans l’opposition. Vous êtes anosognosiques au point d’oublier que ces opposants d’aujourd’hui étaient les flûtistes du pouvoir de Lansana Conté…

- Parlant d’anciens flûtistes du régime de Conté, ils sont au nombre de combien dans ta Cour ?

- En quoi cela te gêne-t-il que ces aigrefins pouponnent mon pouvoir ? Garde ! Hâman Claude Goliath Pivi Togba ! Mettez cet impertinent journaleux sous les verrous.

Woilà ! Vous voyez ! Le régime de Goby Condé n’est nullement une rupture avec les précédents pouvoirs despotiques. La peau d’un citoyen guinéen, qui ne caresse pas le pouvoir dans le sens du poil, ne vaut pas cher en Guinée. L’individu chez nous est comme une punaise sous la botte de nos tyrans. C’est ça que Benjamin Constant a justement remarqué et il le dit : « L’un des traits caractéristiques de notre nation, c’est de n’avoir jamais attaché suffisamment d’importance à la sécurité individuelle. Incarcérer arbitrairement un citoyen, le retenir indéfiniment dans les cachots, le séparer de sa femme et de ses enfants, briser toutes ses relations, bouleverser tous ses calculs de fortune, nous a semblé toujours une suite de mesures simples et pour le moins excusables. »

Cette analyse de Constant est d’autant plus fondée que l’on a l’impression que Hâman Claude Goliath Pivi Togba, Aboubacar Sidiki Toumba Diakité, Moussa Tiégboro Camara, Sékouba Konaté, Moussa Keïta, Alpha Oumar Diallo, Idrissa Diaby, sont absouts des crimes de sang qu’ils ont commis ou laisser commettre sous le règne bordélique de Moussa Dadis Camara, pharaon d’alors du CNDD.

Où en est la Cour pénale internationale dans ce dossier des 157 manifestants politiques massacrés au stade du 28 septembre cet inoubliable 28 septembre 2009 ? Affaire classée tant que Goby sera aux commandes de la barque Guinée.

Mborré ! L’on a une idée à te proposer si tu tiens vraiment à te faire remarquer par le gourou du bled : assemble 74 enfants, poste-les dans le hall de l’aéroport de Cona-cris et qu’ils chantonnent cet air : « Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire pa-pa Go-by ! » Parce que les Guinéens vont rater, cette année encore, l’occasion de fêter son premier anniversaire aux lendemains de son arrivée au pouvoir. Il va sûrement grimper pour la seconde fois dans un coucou pour aller souffler ses 74 bougies à Bamako, histoire d’illusionner toujours Siaka Toumani Sangaré qu’ils sont frérots.

Tu sais, mborré ! Le piquant chez Goby c’est qu’il prend les Guinéens façons pour des zinzins.


Benn Pepito 


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