Gestion du pouvoir : un avant et un après 27 août 2012 !

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Nté Démissionné la !                       I Wouya !

M’mou Démissionné ma !              I Woulé !

Mi Démissionnata !                         A fènaï !


En d’autres termes, Lousény Camara avait fait comprendre à l’opinion nationale et internationale que le mot « démission Â» ne faisait pas partie de son vocabulaire. Il y a quelques heures encore, le désormais ex présidentde la CENI  disait que la démission des 7 commissaires n’était rien d’autre qu’une tempête dans un verre d’eau et qu’elles ne dérangent en rien le fonctionnement de l’institution. Il avait été démenti, à juste raison, par Bayo, l’ancien patron de la communication de la CENI.


Tout ça pour ça !

En effet, comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Mais nous avons encore la preuve que, décidément, rien n’est simple en Guinée. Depuis plus de deux (2) ans maintenant, Lousény Camara, au mépris des uns et des autres, fait l’objet d’une totale contestation, au point d’agacer les observateurs les plus neutres qui disent : « Est-ce qu’il est le seul Guinéen ? Â» Depuis plus de deux (2) ans ont aurait pu épargner aux Guinéens cette perte inutile de temps et d’argent.

C’est à la télévision nationale que l’on a vu hier soir, un Lousény Camara métamorphosé et totalement abattu, lire sa démission en forme de déclaration. Toujours dans ce faux orgueil qui le caractérise, il fait croire que sa démission est plus un retrait qui ne l’empêche pas de prendre le temps de gérer les affaires courantes, alors qu’il y a des vice-présidents pour cela. Avec un accent mis sur le caractère patriotique de sa décision, Lousény Camara se moque du monde et il nous pousse à nous demander si on a tous la même notion de patriotisme que lui.

Dans tous les cas, la morale de cette longue histoire est que Lousény Camara et Alpha Condé ont, encore une fois, perdu la face. Il avait en effet été écrit une fois que, sans aucun doute, il y aurait eu un avant et un après 27 août 2012. Voilà une des ondes de choc de cette marche qui se voulait tranquille et sans histoires qu’Alpha Condé et sa bande se sont retrouvés, par haine et maladresse, la tête dans l’eau. Première conséquence, la démission des ministres du PEDN et la seconde, le fusible Lousény Camara qui saute.


La gifle est de taille et de toute beauté !

Permettez-moi, mes chers lecteurs, de faire un petit parallèle entre les deux départs de Lousény Camara de la présidence de la CENI :

Départ de Lousény et arrivée du Général Toumany Sangaré. Après le premier tour et après avoir fait disparaître 109 PV de bureaux de vote dans la circonscription de Ratoma qui lui aura valu une condamnation par un tribunal guinéen, le Malien viendra trouver une machine en place et ne pourra rien changer. On connaît la suite.

Départ de Lousény après la forte pression nationale et internationale, et celui des 7 commissaires de la CENI dont les anciens patrons de la communication, de la planification et des opérations. Démissions qui mettent toute la machine Lousény à l’eau, compromettant ainsi très sérieusement, le projet d’Alpha Condé à vouloir restructurer partiellement la CENI tout en gardant Lousény à la tête de l’institution.

Il est clair pour tout le monde désormais que la restructuration de la CENI ne pourrait être partielle, mais totale, avec une parité certaine et obligatoire entre pouvoir et opposition. Du coup, c’est le bloc du « centre Â» qui se retrouve le bec dans l’eau, parce que n’ayant plus de place dans cette nouvelle configuration.

Encore une fois, les pressions nationales et internationales ont eu raison d’Alpha Condé et le fusible Lousény Camara a sauté comme il fallait bien s’y attendre. Mais toutes les actions de Lousény Camara ne doivent pas être passées en purs pertes et profits :

  • le contrat avec Waymark ;
  • l’acquisition de 2050 kits ;
  • le déploiement des kits ;
  • la création et l’installation de nouveaux démembrements ;
  • la sélection/formation des opérateurs ;
  • le déploiement et le traitement des opérateurs.

Un audit financier devrait permettre à l’opinion de se faire une petite idée de ce gâchis. Cela implique une clarification des règlements dus aux opérateurs de saisie qui réclament des arriérés.


Il sera alors question d’admettre que toutes les opérations de la CENI, sous la conduite unique et solitaire de Lousény Camara qui ont été faites dans le passé sont nulles et de nul effet !


Suite aux différentes évaluations de la CENI par le PNUD et l’OIF, il ressort qu’au-delà des aspects techniques et des insuffisances de la société sud-africaine à assurer les opérations de révision du fichier électoral conformément à la loi, les experts de ces deux institutions ont pointé du doigt, un grand besoin de renforcement de capacité de la CENI en tant qu’institution en charge des élections en République de Guinée.

Cela nous amène à accepter le fait qu’au moment de la composition de cette CENI du temps de Lansana Conté, des personnes y ont été affectées sans réellement tenir compte d’une quelconque compétence et probité, tel que stipulé dans la loi. La CENI pêche aujourd’hui par ces lacunes qui minent l’atteinte de ses objectifs.

En conclusion, il faut retenir ce qui suit :

  1. les têtes pensantes de la CENI sont parties par démission ;
  2. le président tant controversé et omnipotent de la CENI a quitté le navire ;
  3. l’institution n’a jamais été à la hauteur des attentes ;
  4. de par la loi, la CENI est arrivée au bout de son mandat ;
  5. toute la crédibilité de cette institution est partie en courant.


A partir de ce qui précède, il est aisé de reconnaître que la restructuration totale de la CENI est inévitable, obligatoire et salutaire pour toute sortie de crise heureuse en Guinée !


Merci le 27 août et que le Ciel bénisse les femmes de Guinée !


Mamadou Barry
Analyste Financier


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Commentaires  

 
0 #6 Patriote 11-09-2012 21:20

Les leaders politiques feraient mieux de choisir d'autres dates que celles qui marquent déjà notre histoire. C'est ce qu'on appelle de la récupération ou de l'amateurisme.
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+1 #5 Ibrahima MBemba SOW 10-09-2012 19:10

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Pas du tout, on a tiré sur les leaders politiques, ça change beaucoup de choses...

Cher Gandhi, vous semblez seulement oublier que les leaders qui ont essuyé des tirs ont réellement bravé des manoeuvres d'intimidation en tous genres des pouvoirs publics avant de sortir et se faire tirer dessus par les FDS ce jour là. Et même considérée de votre point de vue, la journée du 27 août 2012 rappellera à jamais ce que les braves femmes de Conakry avaient osé face au tout-puissant PDG d'AST à la même date, en 1977. Même avec de légitimes arrières-pensées politiques, chez ceux d'entre nous qui en nourrissent, force d'objectivité est à chacun de saluer à leur juste valeur - lorsqu'elles le méritent -, les actions de l'opposition institutionnelle au pouvoir d'AC. Il y avait la date à double évocation politique du 28 septembre (1958 et 2009), j'ai voulu tout simplement dire que le 27 août vient également d'entrer par la grand porte dans la mémoire collective des guinéens avisés. Surtout que vous avez bien raison: ce n'est pas tous les jours que l'on voit les 3 principaux leaders d'opposition d'un Etat se disant démocratique, ciblés dans le même viseur de tir d'un pouvoir fût-il guinéen. N'oublions donc plus les 27 août, ne serait-ce que pour cet exploit qu'AC vient de réussir cette année. Bien à vous!
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+1 #4 Gandhi 09-09-2012 11:52

Citation en provenance du commentaire précédent de Ibrahima MBemba SOW:
Le 27 août semble bien être une date pas comme les autres pour la lutte contre les régimes répressifs guinéens. il faut juste s'en souvenir plus souvent que d'habitude.

Pas du tout, on a tiré sur les leaders politiques, ça change beaucoup de choses...
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+1 #3 Ibrahima MBemba SOW 08-09-2012 20:34

Après les fausses concessions que le pouvoir d'AC tente de faire à l'opposition qu'il vient encore de faire malmener sauvagement le 27 août 2012, force est bien de reconnaître deux choses.
- Le 27 août semble bien être une date pas comme les autres pour la lutte contre les régimes répressifs guinéens. il faut juste s'en souvenir plus souvent que d'habitude.
- La passivité et la résignation qui caractérisent généralement l'homme guinéen, atteste indéniablement du rôle prépondérant qui échoit aux femmes de ce pays pour le faire évoluer un jour vers un Etat de droit.
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+2 #2 Youssouf Bangoura 08-09-2012 19:27

Mr Barry, je vous rappelle que Lounceny a dementi cette information, il a dit qu'il n'a pas demissionné et qu'il ne démissionnera jamais . Il repète qu'il a simplement dit à sa section syndicale de ne pas renouveller son mandat une fois que celle-ci arrive à son terme .
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-1 #1 Patriote 07-09-2012 20:16

Barry,
Il manque une traduction dans au moins une des langues de la forêt pour être complet. La Guinée c'est 4 régions.
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