Mamadou Barry Vendredi, 07 Septembre 2012 13:59
Nté Démissionné la ! I Wouya !
M’mou Démissionné ma ! I Woulé !
Mi Démissionnata ! A fènaï !
En d’autres termes, Lousény Camara avait fait comprendre à l’opinion nationale et internationale que le mot « démission » ne faisait pas partie de son vocabulaire. Il y a quelques heures encore, le désormais ex présidentde la CENI disait que la démission des 7 commissaires n’était rien d’autre qu’une tempête dans un verre d’eau et qu’elles ne dérangent en rien le fonctionnement de l’institution. Il avait été démenti, à juste raison, par Bayo, l’ancien patron de la communication de la CENI
Tout ça pour ça !
En effet, comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Mais nous avons encore la preuve que, décidément, rien n’est simple en Guinée. Depuis plus de deux (2) ans maintenant, Lousény Camara, au mépris des uns et des autres, fait l’objet d’une totale contestation, au point d’agacer les observateurs les plus neutres qui disent : « Est-ce qu’il est le seul Guinéen ? » Depuis plus de deux (2) ans ont aurait pu épargner aux Guinéens cette perte inutile de temps et d’argent.
C’est à la télévision nationale que l’on a vu hier soir, un Lousény Camara métamorphosé et totalement abattu, lire sa démission en forme de déclaration. Toujours dans ce faux orgueil qui le caractérise, il fait croire que sa démission est plus un retrait qui ne l’empêche pas de prendre le temps de gérer les affaires courantes, alors qu’il y a des vice-présidents pour cela. Avec un accent mis sur le caractère patriotique de sa décision, Lousény Camara se moque du monde et il nous pousse à nous demander si on a tous la même notion de patriotisme que lui.
Dans tous les cas, la morale de cette longue histoire est que Lousény Camara et Alpha Condé ont, encore une fois, perdu la face. Il avait en effet été écrit une fois que, sans aucun doute, il y aurait eu un avant et un après 27 août 2012. Voilà une des ondes de choc de cette marche qui se voulait tranquille et sans histoires qu’Alpha Condé et sa bande se sont retrouvés, par haine et maladresse, la tête dans l’eau. Première conséquence, la démission des ministres du PEDN et la seconde, le fusible Lousény Camara qui saute.
La gifle est de taille et de toute beauté !
Permettez-moi, mes chers lecteurs, de faire un petit parallèle entre les deux départs de Lousény Camara de la présidence de la CENI :
Départ de Lousény et arrivée du Général Toumany Sangaré. Après le premier tour et après avoir fait disparaître 109 PV de bureaux de vote dans la circonscription de Ratoma qui lui aura valu une condamnation par un tribunal guinéen, le Malien viendra trouver une machine en place et ne pourra rien changer. On connaît la suite.
Départ de Lousény après la forte pression nationale et internationale, et celui des 7 commissaires de la CENI dont les anciens patrons de la communication, de la planification et des opérations. Démissions qui mettent toute la machine Lousény à l’eau, compromettant ainsi très sérieusement, le projet d’Alpha Condé à vouloir restructurer partiellement la CENI tout en gardant Lousény à la tête de l’institution.
Il est clair pour tout le monde désormais que la restructuration de la CENI ne pourrait être partielle, mais totale, avec une parité certaine et obligatoire entre pouvoir et opposition. Du coup, c’est le bloc du « centre » qui se retrouve le bec dans l’eau, parce que n’ayant plus de place dans cette nouvelle configuration.
Encore une fois, les pressions nationales et internationales ont eu raison d’Alpha Condé et le fusible Lousény Camara a sauté comme il fallait bien s’y attendre. Mais toutes les actions de Lousény Camara ne doivent pas être passées en purs pertes et profits :
Un audit financier devrait permettre à l’opinion de se faire une petite idée de ce gâchis. Cela implique une clarification des règlements dus aux opérateurs de saisie qui réclament des arriérés.
Il sera alors question d’admettre que toutes les opérations de
Suite aux différentes évaluations de la CENI par le PNUD et l’OIF, il ressort qu’au-delà des aspects techniques et des insuffisances de la société sud-africaine à assurer les opérations de révision du fichier électoral conformément à la loi, les experts de ces deux institutions ont pointé du doigt, un grand besoin de renforcement de capacité de la CENI en tant qu’institution en charge des élections en République de Guinée.
Cela nous amène à accepter le fait qu’au moment de la composition de cette CENI du temps de Lansana Conté, des personnes y ont été affectées sans réellement tenir compte d’une quelconque compétence et probité, tel que stipulé dans la loi. La CENI pêche aujourd’hui par ces lacunes qui minent l’atteinte de ses objectifs.
En conclusion, il faut retenir ce qui suit :
A partir de ce qui précède, il est aisé de reconnaître que la restructuration totale de
Merci le 27 août et que le Ciel bénisse les femmes de Guinée !
Mamadou Barry
Analyste Financier