Naby Laye Camara Mercredi, 20 Juillet 2011 17:44
Qui est ce citoyen guinéen qui ne souhaite pas la démocratie dans son pays ? Qui n’aimerait pas une Guinée prospère dans laquelle les citoyens seront libres et sécurisés ?
Revenons sur l’expression « nos ennemis… » du président. Vous savez, en principe, un président qui a de bonnes intentions de travailler dans la transparence totale, les discours tels que « nos ennemis n’arrêteront pas le processus démocratique…», sont une farce populiste. De bonnes intentions démocratiques auraient plutôt été : « les responsables de la tentative d’assassinat du président seront arrêtés et traduits devant la justice ». Voilà . Sans démagogie, aucune. En effet, le concept ennemi, philosophiquement parlant, a un sens qui peut porter à confusion. Mon ennemi, à priori, c’est la personne que je hais. Donc je lui veux du mal. Alors en déclarant « nos ennemis ne pourront pas arrêter la marche de la démocratie », c’est comme si les citoyens guinéens se voulaient du mal entre eux. C’est une manière éloquente du style totalitariste ou socialiste voire électoraliste.
Les citoyens guinéens n’ont pas d’ennemis. Ils ne détestent personne. Ils aimeraient plutôt traduire devant les juges tout citoyen qui transgresse la loi. Pour eux, la démocratie est un système de valeurs Des valeurs telles que :
Monsieur le président Alpha Condé, la Guinée se souvient encore de vos intentions jurées de n’avoir jamais accepté de vous asseoir à la table des négociations avec l’ancien régime. Personnellement, je me réjouissais de votre posture. Vous disiez : « ….je ne m’assois pas avec les dictateurs ».
Alors Monsieur Condé, vous, vous n’êtes pas dictateur. Et l’opposition le sait. Raison pour laquelle elle veut s’asseoir avec vous pour discuter convenablement des destinées de la nation guinéenne. Mais lorsque, Monsieur le Président, pendant un de vos meetings populistes ou propagandistes à l’intérieur du pays, devant vos militants, vous dites que votre projet du recensement de la population guinéenne passera et que personne ne pourra vous mettre les bâtons dans les roues, ceci n’est pas démocratique. La Guinée vient de très loin. Vous le dites aussi souvent : « notre pays a trop souffert ». Accepter Monsieur le Président les discussions démocratiques. Et surtout n’ayez pas peur de restructurer l’armée guinéenne. Vous aimez la Guinée ? Vous devez trancher. Les calculs électoralistes ne font jamais avancer le pays.
Je ne fais pas l’apologie de la violence. Mais vous savez, le juge, le sociologue et le philosophe ou le psychologue jugent différemment un assassin. A bon entendeur salut !
Naby Laye Camara
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