Safiatou Thiam Vendredi, 24 Août 2012 14:42
La présentation du grand projet prévu pour réhabiliter le CHU de Donka, que j’ai suivie avec intérêt à la RTG il y a une dizaine de jours, me pousse à mettre sur papier ce que j’ai pu observer il y a un mois à la maternité. Une belle-nièce qui pourtant pouvait aller ailleurs, par affinité et confiance, a suivi son gynécologue et a accouché par césarienne après 22 heures de souffrances inutiles ! Même si je vous raconte tout ce que j’ai vécu, la réalité dépasse tout entendement. On se croirait sur une autre planète. Le bâtiment qui a une cinquantaines d’années, porte des traces d’un début de rénovation par le groupe KPC mais que le président a ordonné de stopper. Des couloirs montent des puanteurs qui peuvent ressusciter des morts. Après la visite du président et de la première dame il y a plusieurs mois déjà, rien n’a changé. Les toilettes ne fonctionnent pas et il faut aller ailleurs.
Les tables d’accouchement rouillées n’ont pas reçu un coup de peinture depuis des lustres. Il n’y a pas de place, les parturientes et accouchées sont à même le sol. Quant aux bébés, les accompagnantes les bercent dans ces couloirs nauséabonds en attendant la sortie ou la disponibilité d’un lit pour les opérées. Voilà un grand CHU qui n’a pas un seul moniteur et plus d’une dizaine de césariennes sont effectuées par jour. Les gynécologues se débrouillent comme ils peuvent, parfois équipés de torches au front comme on le voit sur le front des mineurs ou des chasseurs, car les coupures de courant ne préviennent pas. Le laisser-aller de certains gynécologues est tel que parfois les césariennes sont faites tardivement, ce qui met le pronostic foeto-maternel en jeu. Visitez le service de néonatologie juste en face de la maternité c’est no comment. En attendant la réhabilitation de ce service important, combien de mères et de bébés vont-ils y laisser leur vie ? D’ailleurs, le fait d’instituer la gratuité de la césarienne est certes une idée généreuse, mais il faudrait d’abord que les conditions pour cela soient remplies.
Il y a beaucoup de priorités dans ce pays. Mais la priorité des priorités, c’est de fermer la maternité et de mettre les moyens financiers et humains nécessaires pour la rénover de toute urgence et recycler une bonne partie du personnel.
Que madame Condé se lève pour suivre cette rénovation au jour le jour. C ’est une urgence !
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Thiam Safiatou