Appel au Président de la République et à la classe politique guinéenne

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DIAKITE_Bakary_01Aucun parti politique seul, aucune ethnie seule, aucune région seule, aucune coalition d’intérêts partisans seule, ne pourra sortir aujourd’hui notre pays de l’ornière. Il nous faut un grand sursaut national pour faire un dialogue ouvert et tolérant n’excluant personne, afin que nous puissions amorcer un réel redressement national.

Guinéennes et Guinéens,

Je lance cet appel en ma qualité de simple citoyen guinéen à toute la classe politique de notre pays, pouvoir et opposition, après une longue période d’observation et de réflexion. C’est à l’issue de cette réflexion que j’en appelle aujourd’hui au sens des responsabilités de tout un chacun.

Dans la situation actuelle aucun patriote sérieux ne peut se taire ou fermer les yeux sur la réalité dramatique que constitue le quotidien de nos compatriotes. A côté de la misère économique et morale des populations, c'est l'insécurité qui gangrène de plus en plus le pays avec un risque réel pour la paix sociale. C'est le vrai danger pour l'ensemble de la Guinée, si nous ne prenons pas garde. Les derniers évènements tragiques, les tueries de Zogota et les émeutes de Siguiri, viennent mettre en lumière la situation dramatique que vivent nos populations dans l'impunité la plus absolue. Ces évènements tragiques démontrent une fois de plus que les difficultés sociopolitiques de notre pays relèvent plutôt de la mauvaise gouvernance, et que nos divisions ethno-régionales en sont aussi indirectement la conséquence.

C’est l’occasion de m’incliner devant les dépouilles mortelles des victimes de ces évènements ; de présenter mes sincères et douloureuses condoléances aux familles éplorées. Je n’ai pas de mots assez forts pour condamner les auteurs et les commanditaires de ces barbaries perpétrées de sang froid contre ces populations. Les tueries récentes et toutes celles perpétrées depuis les élections présidentielle 2010 restent à l’actif du gouvernement actuel qui doit tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur ces massacres de populations civiles.

A l’heure actuelle, tous les Guinéens et tous les amis de la Guinée constatent que la situation sociopolitique dans notre pays devient de plus en plus inquiétante sur les questions des droits de l’homme, de justice, ou de démocratie, en somme de l’Etat de droit. Nous nous sommes battus depuis de longues années contre le régime militaire de la seconde République pour l’instauration d’une démocratie et d’un Etat de droit, la jeunesse a payé de son sang, les femmes guinéennes ont subi les pires exactions et humiliations le 28 septembre 2009 ; elles ont payé de leur vie pour qu’il ait un vrai changement.

Cela fait maintenant vingt mois que nous avons fait une élection présidentielle, dont les résultats ont été acceptés par l’ensemble de la classe politique, malgré plusieurs contestations. Cette élection, la première du genre dans notre pays, avait suscité un immense et réel espoir dans les différentes couches sociales du pays. Cet espoir allait même au-delà de nos frontières, car la communauté internationale qui a été au chevet de la Guinée tout au long du processus électoral a largement salué l’évènement. Aujourd’hui force est de constater que cette élection de 2010 n’a pas levé l’hypothèque politique du pays, car le dialogue entre pouvoir et opposition est désespérément dans l’impasse. Les immenses sacrifices du peuple de Guinée n’ont pas été couronnés d’un réel succès, les résultats d’un vrai changement se font toujours attendre. Tous les Guinéens de toutes les régions, et de toutes les ethnies, confondues, constatent l'impasse sociopolitique dans laquelle patauge notre pays. La Guinée est enlisée dans une transition interminable.

C'est devant ce blocage, que je lance un nième appel à toute la classe politique guinéenne (pouvoir et opposition) afin qu’elle prenne ses responsabilités, et qu’elle mette l’intérêt de l’ensemble de notre pays au-dessus des intérêts partisans. Le professeur Alpha Condé, président de la République, a hérité d’un système prédateur et corrompu qu’il n’a pas voulu changer et qu’il ne peut pas réformer; mais le véritable enjeu, c’est de changer le système de gouvernance. La gestion de l’Etat guinéen est complet décalage avec le monde moderne. Par ailleurs, j’ai la nette impression que la classe politique dans son ensemble a succombé au charme de l’électoralisme et que toute sa stratégie se résume à dire:« lève-toi que je m’y mette. »

Dans ce blocus nos populations sont prises en otage, la majorité des Guinéens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les investisseurs étrangers voudraient bien venir en Guinée, compte tenu de l’énorme potentiel économique du sol et du sous sol. Hélas il nous manque pour l’instant, la volonté politique d’organiser un vrai dialogue national pour apaiser le climat social afin de sortir de cette impasse. Que chacun prenne son courage à deux mains : pouvoir et opposition pour procéder à des assises nationales pour une vraie réconciliation. C’est un appel pressant que je lance, pour éviter à notre cher pays un chaos qui lui sera fatal!

Cet appel s’adresse au premier magistrat du pays, le Président de la République, le professeur Alpha Condé, qui a dit récemment : « je demande aux Guinéens de se donner la main pour plus d’unité et de solidarité. »

Il est grand temps que le Président de la République prenne la juste mesure de la gravité et de l’urgence de la situation réelle du pays. Ce ne sont ni les prières, ni les multiples lectures du Saint Coran dans les différentes mosquées du pays qui apporteront le changement politique tant attendu et espéré par nos populations.

« Dieu ne changera en rien la condition d’un peuple tant que celui-ci n’aura point modifié ce qui est en lui. » ou plus simplement, « aide-toi le ciel t’aidera ».

Malheureusement ce qui est dans la Guinée, surtout chez le Guinéen aujourd’hui, c’est l’intolérance, l’égoïsme, l’ethnocentrisme, le népotisme, la corruption. Ce sont ces maux érigés en sport national que nous devons tous impérativement abandonner. Que les leaders politiques arrêtent un peu la guerre des egos pour voir au-delà de leur parti l’ensemble de la Guinée, surtout les populations démunies et abandonnées à leur sort. C’est uniquement à ce moment que Dieu changera quelque chose pour nous !

Pour cela, il faut au départ une réelle volonté politique de la part du premier responsable du pays pour organiser avec son opposition un vrai dialogue national permettant de poser les grands problèmes du pays, afin de trouver ensemble un consensus, condition indispensable à toute réconciliation. Il ne peut pas y avoir de réconciliation sincère sans un dialogue sincère. Toute la classe politique (pouvoir et opposition) doit se retrouver autour d’une table pour poser les énormes problèmes qui assaillent notre pays : les problèmes de santé, de sécurité, d’éducation, de justice, de citoyenneté, d’infrastructures routières, d’adduction d’eau, d’énergie…

Aucun parti politique seul, aucune ethnie seule, aucune région seule, aucune coalition d’intérêts partisans seule, ne pourra sortir aujourd’hui notre pays de l’ornière. Il nous faut un grand sursaut national pour faire un dialogue ouvert et tolérant, n’excluant personne, afin que nous puissions amorcer un réel redressement national.

C’est l’occasion de rappeler aux Guinéens que les élections, quelles qu’elles soient, ne sont jamais synonymes ni de démocratie, ni de paix sociale ou progrès socio-économique. Toutes les dictatures du monde ont toujours organisé des élections. Les régimes défunts de la première et de la deuxième République organisaient des élections, cela ne nous a jamais apporté ni la démocratie, ni la paix, encore moins le développement socioéconomique. Nous venons d’organiser l’élection présidentielle en 2010, dans un climat politique de haine et de violence, avec la plus grande confusion. Nous voyons les résultats maintenant.

Dans le pays aujourd’hui, tout le monde fait une fixation sur la tenue des élections législatives, en se disant qu’après ces élections le pays pourra trouver la voie du changement. Je pense que nous faisons encore fausse route, il nous faut, avant toute élection, mettre à plat les causes profondes du blocage politique actuel par un dialogue national inclusif, sincère, c’est un préalable incontournable !

« Il est impossible de bien soigner une maladie correctement sans en connaitre ni sa cause, ni ses mécanismes biologiques intimes. »

Effectivement l’environnement social et le climat politique actuels dans notre pays ne sont guère favorables à des élections transparentes, crédibles, apaisées, dont les résultats seront acceptés de tous. En effet, dans un environnement social marqué par une division ethnique et régionale exacerbée, sans précédent dans l’histoire de la Guinée indépendante, avec un climat politique où pouvoir et opposition se regardent en permanence en chiens de faïence, organiser des élections serait suicidaire pour le pays. L’urgence vitale pour notre pays aujourd’hui, reste et demeure, ici et maintenant, la convocation d’assises nationales par le Chef de l’Etat afin de débattre des questions d’intérêt national telles que la sécurité, la citoyenneté, l’intégration et la réconciliation nationale. Ce sont autant de défis qui attendent la Guinée et qu’aucun gouvernement seul ne peut relever ; la réconciliation nationale et le décollage socioéconomique sont à ce prix. Je pense que dans la situation politique actuelle, ces élections sans un dialogue national préalable vont plutôt nous compliquer les choses car elles risquent de mettre le feu aux poudres en ravivant les tensions sociales.

« Cela reviendrait à opérer un malade dans une salle d’opération surinfectée, le patient ne pourra que s’infecter. »

Il ne faut tout de même pas oublier que le pays a failli s’embraser lors du deuxième tour de l’élection présidentielle 2010.

Notre pays connaît de profondes blessures, et il a un besoin urgent de se réconcilier avec lui-même, après un dialogue ouvert et sincère. Les fondations de notre pays sont minées par la problématique ethnique et identitaire et, en effet, il y a chez nos compatriotes une confusion entre l’identité personnelle et l’appartenance ethnique. Un Malinké se veut le digne représentant de tous les Malinkés, un Soussou ou un Peul pense la même chose. Cette situation est malheureusement exploitée à des fins politiciennes. L’ethnocentrisme et le communautarisme sont devenus la règle au mépris des articles 3 et 4 de notre constitution qui stipule :

  • Article 3 : « Les partis politiques concourent à l’éducation politique des citoyens… Ils ne doivent pas s’identifier à une race, à une ethnie, à une région ou une religion. »
  • Article 4 : « La loi punit quiconque par un acte de discrimination raciale, ethnique, religieuse, par un acte de propagande régionaliste, ou par tout autre acte qui porte atteinte à l’unité nationale… »

Ces deux articles de notre constitution ne sont guère respectés et c’est le moins que l’on puisse dire.

Pour la renaissance de notre pays nous avons plus que jamais besoin de ce dialogue national, pour apaiser le climat politique. Le pays a besoin d’un nouveau pacte républicain pour sceller son unité et sa cohésion sociale. Ce pacte doit exiger le respect de la loi et de la justice sociale, le refus de l’exclusion. Il va définir une nouvelle citoyenneté guinéenne qui consacre l’égalité de tous devant la loi. Les populations de nos quatre régions naturelles ont soif de paix, ont envie d’un développement socioéconomique et d’un bien-être moral. C’est la vocation de la classe politique de leur garantir cela. Je demande solennellement à l’opposition de prendre l’initiative de solliciter auprès du Président de la République, le professeur Alpha Condé, et de la majorité présidentielle, la tenue d’assises nationales pour la réconciliation le plus rapidement possible.

Pour ce qui me concerne je suis prêt à consacrer mon énergie pour promouvoir ce dialogue national et je lance un vibrant appel à tous les patriotes guinéens des partis politiques ou de la société civile pour que nous réfléchissions ensemble pour trouver les voies et moyens afin d’impulser ce dialogue inclusif inter-guinéen indispensable à une vraie réconciliation nationale, gage de la paix et de l’unité nationale.

Vive la Guinée et vive la paix !


Docteur Diakité Bakary


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Commentaires  

 
+4 #14 Safa Tounkara 22-08-2012 15:12

Mr Diakité dans votre texte en citant les maux érigés en sport national en guinée, vous avez omis de citer d’autres disciplines, je nommerai: hypocrisie, la malhonnêteté intellectuelle, l’opportunisme, l’escroquerie, l’avilissement, le délire et la déception.
Ceux qui ont élis khoro et qui s’attendaient à une possible fortune et popularité, sont aujourd’hui atteints d’une pathologie dont le diagnostique a identifié les symptômes cités auparavant.
Comme pronostic, je recommande:
- Une lacération verticale de l’administration (civile et militaire) pour évacuer tout le pus ethnique et régional.
- Une injection au niveau du système judiciaire de nouveaux juges et d’avocats conscients de leur indépendance et qui osent dire non à la manipulation et au favoritisme face au pourvoir.
- Une forte dose de patriotisme, d’équité et de justice sociale
- une pincée de courage pour dire non à la dictature et à l’incompétence
- une cuillerée de bonne volonté pour freiner la mauvaise gouvernance
- une institution régalienne immunisée contre les organismes de corruption
- et enfin une dissection de l’économie pour mieux analyser nos besoins et placer les activités par ordre de priorité.
Mr Diakité, vous conviendrez avec moi que ‘’si ’’ vous arriviez à suivre ce pronostic religieusement, le changement tant attendu en Guinée ne tarderait pas à se manifester et le résultat de ce traitement extérioriserait dans l’immédiat une forte sensation de bien être chez tous les guinéens et les progrès socio économiques ne tarderaient pas à venir.
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+4 #13 Malal Balde 22-08-2012 06:02

Dr Bakary, Alfa n'est pas la solution mais plutot le probleme. C'est le diagnostic que vous refusez d'admettre. Vos propositions sont purement distractives. Si vous etiez de bonne volonte, il n'yaurait pas eu les evenements de siguiri en 2010. Votre silence coupable devant ces crimes plannifies et votre demission de l'UFD pour des motivations plutot ethniques que politiques prouvent a l'evidence que vous n'ete qu'un autre ambansale deguise en patriote.
Detrompez vous, Alfa va degager.
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+5 #12 Abdoulahi Bah 22-08-2012 01:33

J’y vois une analyse qui, au départ, cherche à convaincre par son objectivité : “Nous venons d’organiser l’élection présidentielle en 2010, dans un climat politique de haine et de violence avec la plus grande confusion. Nous voyons les résultats maintenant… A côté de la misère économique et morale des populations, c'est l'insécurité qui gangrène de plus en plus le pays avec un risque réel pour la paix sociale… A l’heure actuelle, tous les guinéens et tous les amis de la Guinée constatent que la situation sociopolitique dans notre pays devient de plus en plus inquiétante sur les questions des droits de l’homme, de justice, ou de démocratie, en somme de l’Etat de droit … Les tueries de Zogota et les émeutes de Siguiri viennent mettre en lumière la situation dramatique que vivent nos populations dans l'impunité la plus absolue”.
D’où un Constat : “Ces évènements tragiques démontrent une fois de plus que les difficultés sociopolitiques de notre pays relèvent plutôt de la mauvaise gouvernance, et que nos divisions ethno-régionales en sont aussi indirectement la conséquence… Je n’ai pas de mots assez forts pour condamner les auteurs et les commanditaires de ces barbaries perpétrées de sang froid contre ces populations. Les tueries récentes et toutes celles perpétrées depuis les élections présidentielle 2010 restent à l’actif du gouvernement actuel qui doit tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur ces massacres de populations civiles”.
Paradoxalement, M. Diakité tombe tout à coup dans l’incohérence totale car, dans cette logique, on se serait normalement attendu à ce que M. Diakité exige comme solution conséquente au mal guinéen le départ immédiat de l’équipe au pouvoir : Alfa Condé DEGAGE! Se gardant de tirer toute conclusion faisant du clan de canailles agbansalé le responsable avéré du mal guinéen, celui-ci met en cause toute la classe politique guinéenne, entendons l’opposition, et tous ces autres guinéens tarés qui ternissent l’image du pays. Aussi, M. Diakité sort de notre mémoire collective cette vieille idée de Conférence Nationale et, comme pour dire : Voici la solution miraculeuse à la crise actuelle!
“L’Urgence Vitale pour notre pays aujourd’hui, reste et demeure, ici et maintenant la convocation d’Assises Nationales par le chef de l’Etat …”. Mais, vu que M. Diakité est bien loin de remettre en question la (prétendue) légitimité du pouvoir en place incarnée par Son Altesse- qui- n’attend-de-ses- sujets que dévotion, prosternations et doléances, une rectification s’imposait: “Je demande solennellement à l’opposition de prendre l’initiative de solliciter auprès du Président de la république le Professeur Alpha Condé et la majorité présidentielle, la tenue d’Assises Nationales pour la réconciliation le plus rapidement possible”…
Au final, à la toute fin de la lettre de M. Diakité, on lit comme suit l’objectif véritable poursuivi dans cette “Lettre ouverte au Président … ”: “Pour ce qui me concerne je suis prêt à consacrer mon énergie pour promouvoir ce Dialogue National…” Le docteur Diakité serait-il à la recherche d’un poste plus lucratif lors d’un éventuel remaniement du gouvernement d’Alfa Condé? Le cas échéant, pourquoi toute cette acrobatie pour si peu? Pourquoi un discours de plus pour endormir les guinéens? La profession de médecin serait-elle synonyme d’anesthésiste? Sachez, docteur Diakité, que les guinéens en ont marre du cirque et que le vrai changement auquel tous, sinon l’écrasante majorité, aspirent viendra désormais de la rue.
Abdoulahi Bah
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+3 #11 Tidiane 21-08-2012 13:36

e voudrais juste dire à ceux qui disent dans leur commentaires etre d'accord avec ce que propose de Diakité dans ce texte, ne tombez pas dans le piège. Diakité est un manipulateur comme Alpha Condé. il tenait les mêmes propos voire plus durs lorsqu'il était coordinateur de force vives ici en France. il nous faisait courir partout ici nous la jeunesse. parfois jusqu'à minuit, sous le froid. on était loin de douter qu'il nous utilisait, il nous manipulait à sa guise; mais en réalité, il roulait pour Alpha. C'est un opportuniste de la première classe. je vous informe qu'il était dans sa ville natale Siguiri lorsqu'on y organisé la chasse aux peuls. à son retour à Paris il a hermétiquement fermer sa bouche. depuis que Alpha est la il ne pas une mois sans qu'il est des morts. Diakité ne dit jamais rien. chers combattant on ne doit plus tomber dans le piège tendu par ces faux orateurs. Si vous le rencontrez le mieux a faire c'est de cracher sur sa figure
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+6 #10 Ibrahima Kylé DIALLO 21-08-2012 10:41

Habitué aux propos anesthésiants de Dr Diakité, je constate que cet écrit va, pour une fois, dans le bon sens. Un léger progrès mais un progrès quand même ! Il y a des généralités qui font du bien même si elles ne restent que des généralités. Mieux vaut tard que jamais. Moi, je lance un appel à « koto/n’koro» Diakité : pour votre crédibilité, dénoncez plus clairement certains faits car vous n’avez pas besoin d’AC pour vivre ! Aujourd’hui, c’est lui l’unique responsable de la situation catastrophique actuelle. On ne peut pas, sous le prétexte de rester mesuré, renvoyer tout le monde dos à dos. AC veut asphyxier toute opposition pour maintenir sa dictature.
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+3 #9 Barros Diallo 21-08-2012 02:12

«Toute la classe politique (pouvoir et opposition) doit se retrouver autour d’une table pour poser les énormes problèmes qui assaillent notre pays : les problèmes de santé, de sécurité, d’éducation, de justice, de citoyenneté, d’infrastructures routières, d’adduction d’eau, d’énergie…».
Dr Diakité, je ne crois pas qu'on aille à des élections pour gouverner avec son opposition , donc les problèmees de santé et autres que vous citez plus haut relèvent uniquement de la gouvernance et du pouvoir issu des urnes. Arrêtons ce consensus qui couvre l' incompétence. Que ceux qui ont soutenu Alpha sur la foi de son "programme", l'aident à le mettre en oeuvre pour le bonheur des guinéens. Ou alors que les guinéens lui retirent leur confiance aux prochaines élections.
Le véritable problème, à mon avis, dont il faut parler autour de la table du dialogue est celui du respect des lois et de l' anéantissement de l' ethnocentrisme politique. Bref, redéfinir comment nos communautés (sans tabou ou hypocrisie) vont devoir vivre ensemble à nouveau. Certaines douleurs sont si profondes qu' un simple sparadrap de pseudo-réconciliation nationale ne ferait qu' infecter les plaies. Il faut un nouveau pacte national, de nouveaux accords... de nouvelles lois qui consacrent notre communion. La marche arrière, pour être crédible, devrait nous ramener jusqu'au 27 septembre 1958, un jour avant le NON aux Français, afin que nous puissions, forts de ce que nous savons maintenant, nous dire ces choses que nos aînés (peut être par hypocrisie ou excès d'espoir) n' ont pas oser prononcé ce jour. Ces murmures dans les familles (les ethnies) qui ont fini pour atteindre le sommet de l'État au point de devenir assourdissants et nous faire perdre l' équilibre social. Donc oui au dialogue national mais pour parler de ce qui nous divise (contrairement à vouloir le taire) et non l' hypocrisie qui nous lie. Afin que l'état et la nation guinéenne puissent donner une place à chacun de ces citoyens quelques soient ses préoccupations fondamentales.
Certes,dans toute société civilisée , les problèmes socio-politiques se règlent par le dialogue,véritable socle du jeu démocratique qui, à son tour et grâce à la liberté de choix qu'il octroie au citoyen (quelques soient ses motivations, même ethniques), règle la question de gouvernance.
Le problème n' est donc pas la partisanerie politique ou ethnique mais, vous l' avez bien dit: «Nous venons d’organiser l’élection présidentielle en 2010, dans un climat politique de haine et de violence, avec la plus grande confusion. Nous voyons les résultats maintenant».
À l'avenir, tachons donc d'éviter la confusion qui naît souvent de cette tendance guinéenne à contourner les principes de base du jeu démocratique (à savoir le respect des droits et des libertés dont celle du citoyen et du peuple à choisir son destin) au nom d' un consensus béat fondé sur l'hypocrisie (négation des droits et libertés et omerta sur les violations) d'acteurs socio-politiques tous aussi douteux les uns que les autres. Autrement dit, le problème de 2010 relève du fait que nous avons laissé parler, au nom du peuple, des hommes en quels nous ne faisions pas confiance et qui se méfient les uns des autres.Bref, Un consensus fondé sur l' hypocrisie. Puis, au lieu de faire front commun pour éviter les prévisibles abus d'un pouvoir sans contre-pouvoir, condamner ce qui mérite de l'être pour donner l' exemple au peuple l' image d' une véritable famille (nationale) et ainsi barrer la route à toute velléité ethno-politique, les leaders d'opinion, dont vous même Dr Diakité, se sont livrés à une compétition de soutien aux politiques, laissant ainsi le peuple proie à la guise de ces derniers. Votre crédibilité de sage conseil (qui ne devrait pas remettre en cause votre liberté de choix) en souffre aujourd'hui (vous n'êtes pas seul; j'espère que vous en êtes conscient) et cette fois, il sera difficile de se dissocier de l'équation: Toute l' élite s'est embourbée, le peuple n'a fait que suivre!
Le dialogue doit donc impliquer tout le monde, pas uniquement la classe politique qui ne discutera que de questions électoralistes. Le peuple doit reprendre sa place et son pouvoir!
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+4 #8 Gandhi 20-08-2012 21:49

Si on ne peut qu'être d'accord avec l'essentiel de ce qui est dit, la lacune de ce sermon, est qu'il ne comprend aucun acte concret permettant de sortir du blocage politique. Du reste, et Bakary commence du bout des lèvres à l'admettre, AC en est responsable.
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+6 #7 Bashir 20-08-2012 19:55

Mon cher Bakary,
Tu mets l’accent avec tant d’insistance sur le communautarisme que je crains que le médecin que tu es ne confonde en l’occurrence les symptômes que sont les replis identitaires et l’ethnocentrisme avec la cause de la maladie qui est la mauvaise gouvernance.
Je suis d’accord avec toi sur plusieurs points : sur le fait que Alpha « a hérité d’un système prédateur et corrompu qu’il n’a pas voulu changer et qu’il ne peut pas réformer. », sur le fait que l’opposition perd son temps en insistant sur des élections législatives que le gouvernement est entrain d’utiliser pour gagner du temps, éviter de parler des vrais enjeux et noyauter le débat.
Mais de grâce, évitons la langue de bois. Ta lettre est pleine de mots génériques et subjectifs du genre : Que chacun prenne son courage à deux mains ! Ce sont là des holàs à interprétation multiple avec un effet nul sur le champ de l’application réelle. Aussi, il est futile de nos jours de parler d’"’intolérance, l’égoïsme, l’ethnocentrisme, unité, main tendue..." ou de faire des suppliques pour que chacun change.
Se lamenter sur l’internet ou interpeller un homme qui démontre chaque jour qui passe être un psychopathe politique ne sont pas de mise. On est familiers avec ces tares politiques de nos dirigeants. On peut les identifier facilement car elles sont la marque déposée de notre histoire. C’est une perte de temps que d’écrire, de cajoler ou de raisonner un président que l’on a tous reconnu être un autocrate, prêt à tout faire pour régner jusqu'à la mort. La conclusion qui s’impose c’est la poursuite du combat. Il est temps de dépoussiérer l’atmosphère du débat et de faire le constat que les sacrifices de naguère et des décennies n’ont pas aboutis, que les promesses ont été trahies, que le changement a été détourné, noyauté, exécuté et enterré par l’équipe de Condé.
Alors, point besoin d’incantations ou de lamentations, d’appels à la réconciliation ou au changement des mentalités, pour que le débat s’instaures. Les hommes de bonne volonté sortiront de l’ombre du conditionnement ethnique pour se reconnaître et pour reprendre les sentiers tortueux du combat pour la démocratie. Visant le même but, ils seront armés de courage, de patience, de tolérance et de compréhension mutuelle qui procèdent non pas d’une quelconque fraternité guinéenne ou de la peur que le pays ne s’embrase mais d’avoir identifié la route là suivre et l’objectif à atteindre. L'eclatement de la nation avec lequel les cadres guinéens s’amusent à se faire peur, justifier leur inaction ou faire avancer leurs ambitions personnelles ne se dissipera qu’à travers de telles démarches.
Parque nous devons parler et ne jamais nous taire, parlons utile. Parlons de programmes concrets et faisons des propositions sur lesquelles on peut débattre pour accélérer la défaite du nouveau tyran. Pour ma part, il y a un minimum sur lequel il sera facile de s’entendre et qu’il faut inclure dans le débat et le combat qui s’annoncent :
1) La lutte effective contre l'impunité. Que des présumés coupables de crimes contre l'humanité soient mis en garde là vue et virés du gouvernement. Il y va de la santé mentale de la nation, de sa renommée morale ainsi que de son devenir. Que les victimes soient organisées pour qu'elles instruisent les crimes contre-elles commis et que le gouvernement fasse un minimum d'effort pour les soulager. Que le gouvernement qui a publiquement reconnu que le système judiciaire guinéen est corrompu et déliquescent transmette le dossier des crimes contre l'humanité à la CPI et demande l'assistance de la CEDEAO pour les autres cas.
2) La lutte effective contre la prédation économique : Un mémorandum sur tous les deals financiers, miniers et autres doit être soumis à l'examen du CNT, des bailleurs de fonds et de l'opinion nationale. Nous devons insister pour qu’il y ait un fonds social pour les revenus miniers et une surveillance structurée avec l’assistance d’organisations internationales de développement et de bonne gouvernance.
3) Une conférence nationale est une condition pour que la Guinée sorte de l’ornière de la répétition de sa mauvaise histoire. Il faut visiter le passé, le documenter et mettre la lumière sur les complots, les assassinats, et les vitupérations ethniques.
4) Une révision constitutionnelle dans un débat ouvert et non en catimini est plus que jamais requise. Il est honteux pour les intellectuels guinéens d’avoir accepté un « toilettage » de la constitution en catimini avec la signature de l'ancien putschiste Konaté dans la précipitation vers les élections présidentielles.
6) La mise en place du « Pacte Social » dont tu parles, doit aller au delà du vague « d’exiger le respect de loi et de la justice sociale, le refus de l’exclusion ». Elle doit être un ensemble de procédures claires de recrutement, de promotion et de licenciement dans la fonction publique. Sinon c’est un vœu pieux ou de la simple cosmétique verbale.
Je fais mienne la condition que tu poses pour la Guinée : C’est uniquement en ce moment que Dieu changera quelque chose pour nous ! Force est de constater que nos chemins sont si différents que je crains qu’ils ne soient irréconciliables pour le moment. Je te retourne gracieusement le geste de m’inclure dans la liste des destinataires de ta lettre. Tu trouveras ci-joint une copie d’un article sur l’unité nationale. Cette dernière n’est qu’un carcan vide de sens et plein de menaces quand sont absentes les règles minimales d’équité et de droit comme c’est le cas en Guinée aujourd’hui. On a le choix de chercher à sauver ce corps vide et malade avec une prolongation superflue de souffrance. Ou de le disséquer pour en extirper le mal.
Bonne journée.
B. Ourouro Bah
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+1 #6 kalil diallo 20-08-2012 19:21

ce qui me fait mal c´est quand certains veulent nous faire croire que cette barbarie ou haine assassinat commence en 1984 le cerveau de cette haine sekou toure dont beaucoup des vous imitent aujord´hui devrait repondre ses crimes ,ceux qui etaient avec lui vivent encore protegés par les differents regimes parceque les victimes sont connues et les bourreaux sont les leurs.
lorsque le pays sera pour tous les guineens alors nous commencerons par verite justice et reconciliation mais pour le moment il est pour une ethnie et une partie de la guinee comme par les passé ,nul n´est plus sourd que celui qui nje veut pas entendre ton president ou bien votre president actuel est un autre cerveau de la haine et de discrimination pour le moment la guinee peut sombrer d´une maniere ou d´une autre.
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+3 #5 Fatoumata 20-08-2012 17:48

Il n'y a pas pas grand chose à rajouter à cet article. Il faut en effet remettre les pendules à l'heure avant de parler d'élections quelconques.
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0 #4 Cisse M. 20-08-2012 17:26

Monsieur Diakité,vous semblez avoir presque tout dit.Mais combien de rencontres,a t-il eu lieu chez le Président,et pour quelles issues? C´est énervant même de voir ces prédateurs qui remplissent le palais présidentiel.Les gens qui ont ruiné le pays,fait assassiner les guinéens;et qui sont imcompétents et arrogants.Avant tout dialogue,il faut remplacer ces conseillers et beaucoup de ces Ministres.Il faut laisser les populations élire leurs gouverneurs,prefets et maires respectifs.Il serait mieux que ces élus soient des enfants de terroir.Pour quoi même,le fils devient conseillé du Président? Il n´y apas de Monarchie en Guinée.Il y a des cadres plus compétents que ce fils,et ces innombrables conseillés.Les gens sans connaissances diplomatiques,sont nommés comme Ambassadeurs,consuls ou chargés d´affaires.Ce qui fait ridiculiser la Guinée,et terni davantage l´image du Pays.Sans justice dans tous les domaines,il ne saurait y avoir de réconciliation en Guinée.Et avec la barbarie ou usages disproportionnés de la force,on ne peut diriger la Guinée.En fin,la Guinée a besoin d´une nouvelle generation de politiciens,ou un Jeune au Pouvoir,á l´image du Senegal.Il faut une Conférence nationale en guinée,aucours de laquelle,on se pardonnerait,et on mettrait en demeure, tous les prédateurs de l´économie,de rembourser l´argent volé au Peuple de Guinée.Tous,sans exception.Partant de 1984 á nos jours,tous ceux qui ont détourné l´argent du Peuple,doivent rembourser.Comme cela,on aura reussi á dissuader les intentions de détournements de déniers publics,et on aura aussi reussi á enseigner á l´armée,que les citoyens grévistes ne sont pas des ennemis du Pays,sur lesquels on peut banalement tirer,sans être inquiété ou poursuivi en Justice.
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+1 #3 Bangaly Traoré 20-08-2012 17:21

Dans une République Ethnique aucune Réconciliation Nationale durable n'est possible,le caractére de la gouvernance du régime est ethnique.NB:Ce que notre pays à besoin,c'est une Conférence Nationle Justice Et Vérité afin d'un Etat des lieux de la Violence politique dépuis l'indépendance.Le président Alpha Condé doit accepter la tenu d'une Conférence Nationale.
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+2 #2 ousmane 20-08-2012 16:53

Bakary fait un grand pas en condamnant les manquements et crimes qui ont jalonné la montée au pouvoir de Alpha depuis 2010.
C'est à saluer.
Il faut tjours commencer quelque part.
A mon avis,comme en 2010 Alpha est le seul à pouvoir se sortir de cette situation.
qu'il soit le Président de tous les guinéens et qu'il veille à ce que la justice s'applique de la même façon à tous.
Qu'elle protège ou qu'elle punisse.
Qu'il tende la main à son opposition et prenne le peuple à témoins,sincèrement avec comme seul objectif la paix et le bonheur des guinéens.
Il permettra ainsi à tt citoyen honnête de se déterminer en son âme et conscience.
Tt le reste ira de soit.
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+7 #1 Abdoul.H 20-08-2012 12:52

«Dans une démocratie saine, ouverte, civilisée et tolérante, l’opposition ne peut et doit être ni stigmatisée ni diabolisée au point de considérer tous ceux qui critiquent d’être des apatrides ou des ennemis du peuple. Ce genre de discours est scabreux, détestable voire préjudiciable à la cohésion dans un pays déjà socialement très éprouvé». Voilà le vrai problème. Alpha Condé n'est-il pas le principal acteur dans cette diabolisation ! Aucun dialogue national ne peut le résoudre. Le président voit en tout dialogue, un duel où il doit y avoir un vainqueur et un vaincu, lui doit toujours viancre ; le semblant de dialogue entre lui et son opposition en est une illustration.
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