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L’ethnocentrisme : Ohhhhhhhhhh mon Dieu si seulement la jeunesse comprenait

Abdourahamane Bella Bah   Lundi, 30 Juillet 2012 21:23

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C’est avec amertume que je vois mon pays qualifié de divisé, c’est avec la peine au cœur que je vois tout une jeunesse détourné de la vraie réalité pour des problèmes d’appartenance ethnique, comme si toujours on vivait aux Etats-Unis où les negros ne devaient pas parler, où on nous comparait à des sujets et non des individus, avec aucune vision pour nous et aucune facon de voir. C’est cette vision qui veut être désormais dans mon pays, on nous qualifie de part et d’autres de Kapèrè, de Djabèré, de Peulh et de Malinké. Désormais, on ne se voit plus comme un ensemble mais plutôt des personnes avec des marques comme quand l’on veut faire du shopping. Ca me dégoûte, ça me touche, ça me tracasse, ça me donne de la peine, des pleurs au lever et au coucher du soleil, et cela du matin au soir, quand je vois juste dans les autres pays comment ça bouge. Comment ça fonctionne. Comment les gens travaillent. Leurs philosophies de vivre, de se comprendre et de s’entraider pour le meilleur de leurs pays. Quand je vous leur sens du courage et de persévérance, leur clairvoyance sur des projets pour leurs nations, ça me donne joie au cœur pour eux et des larmes au fond de mon cœur pour mon pays. Là-bas on ne parle pas projet, ni plan, ni progrès, ni niveau de vie, mais plutôt que les Peuls ont le pouvoir économique, les Malinkés aiment le pouvoir et des tas de conneries de ce genre, là-bas les enfants n’ont pas droit à l’éducation, la jeunesse ne sait plus où donner la tête, les gens n’ont plus à manger à leur faim. Pourtant ils ont l’eau en abondance, des terrains agricoles, ils sont le deuxième pays producteur de bauxite dans le monde, ils ont 56% de teneur de fer dans leurs sols mais ils continuent à vivre dans cette nostalgie du passé au lieu de vivre le présent et la réalité. De nous voir en face et d’accepter ce que nous sommes, c'est-à-dire simplement des Guinéens, des personnes qui s’aiment et qui partagent des valeurs basées sur le travail, le résultat et le sens du défi. De nos jours nous devrons plutôt nous voir en compétition avec des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, même la Sierra Leone et le Liberia qui viennent de sortir de la guerre nous dépassent sur tous les plans. Ce sont plutôt ces pays que nous devrions voir comment ils évoluent, comment est-ce qu’ils nous marginalisent et ils nous donnent aucune valeur, malheureusement nous oublions cela et nous restons dans un embargo psychologique et ethnique de ce que nos ancêtres ont vécu au lieu de vivre nos moments et de relever les défis qui nous attendent, de faire de ces histoires un passé et de faire cela des archives. Contrairement à tout cela, on se regarde désormais dans notre pays avec une haine sans fondement, des visions dont je n’ai aucune logique, certains arguments que tu entends des intellectuels prôner sont que Sékou Touré a tué les Peulhs et que les Malinkés sont contre les Peulhs, c’est exactement cela la vision qui secoue le pays. Laissez-moi éclaircir ce débat. Sékou Touré a tué Diallo Telli, cela est une évidence mais devons-nous rester dans cette boucle et à plus forte raison blâmer toute une ethnie à cause de la politique qu’une personne a menée, je crois que cela est hors de logique et que nous devrions changer ces visions pour le meilleur de notre pays. J’en suis convaincu, loin de relativiser la perte de cet imminent intellectuel mais nous ne devons pas résumer l’avenir de la Guinée à travers cette vision. Loin de faire une comparaison, les Etats-Unis ont perdu Kennedy, Martin Luther King, Malcom X mais ce fait ne les a pas empêchés de voir devant, de nos jours d’avancer ensemble et de commémorer ces figures emblématiques et qu’ensemble ils arrivent à élire un jour un Barack Obama. Nous devons forcément et dans une vision commune, quitter cette nostalgie du passé et arrêter de mettre sur le dos de certaines personnes des crimes qu’ils n’ont pas commis. Nous devons dépasser notre égo dans ce sens en se disant moi je suis peulh et on a tué des Peulhs, moi je suis Malinké et on me qualifie de ceci et de cela. Nous devons avoir une logique d’ensemble et d’union, de clairvoyance et de patriotisme. De ce fait nous devons surmonter ces stéréotypes d’abord dans nos familles et dans notre société, se faire comprendre et se faire valoir par nos idées, d’accepter nos différences. Nous devons avoir le courage, quelle que soit l’appartenance de la personne, si elle n’est pas dans une logique de notre nation, de le réfuter. De de nos jours, que ce soit notre président ou un politicien, celui qui n’opère pas dans le sens du bien-être du Guinéen, nous devons critiquer ses actions, ses faits et son incapacité, au lieu de le blâmer par rapport à tout une appartenance. Nous devrions de nos jours nous débarrasser de ces visions ancestrales, la Guinée c’est nous, personne d’autre n’assumera notre rôle à notre place. Juste un exemple, le Rwanda avec les tas de problèmes ethniques qu’ils ont eus entre Hutus et Tutsis, aujourd’hui ils sont le pays le plus éduqué en Afrique, qui utilise le plus la technologie, même les enfants à bas âge ont de nos jours des ordinateurs. Cela montre à suffisance leur maturité et le sens de clairvoyance et de leadership de leurs dirigeants, ainsi que toute la classe politique qui la constitue et surtout la jeunesse qui a joué un rôle primordial dans cette issue. Nous devons de nos jours agir pour le bien-être de notre nation, quelle que soit notre appartenance en mettant en avant ce que nous avons en commun. En Guinée, nous ne devons plus jamais accepter des personnes capables de nous diviser pour leurs intérêts. Nous devons dire non et non à la corruption, l’incompétence et au clientélisme, plutôt aux résultats et à l’action, au travail, au courage, aux sens du défi et de la raison et dire oui et accepter la compétition et la supériorité que la Guinée doit assumer sur le plan international. En Guinée pour faire un pont de 100 Km, il faut plus de 5 ans, au Maroc pour faire un chemin de fer de plus de 100 km, il leur faut au maximum 1 an et 6 mois, vous voyez déjà la différence. Elle existe juste dans leurs philosophies de vision. Nous pouvons être meilleur si nous avons le courage d’assumer notre passé, de vivre notre présent pour un avenir radieux, pour ce fait nous les jeunes nous devons inculquer des valeurs dans la société qui est cette philosophie d’action et de résultats. Une personne devrait être jugée sur sa capacité à apporter du bien être à un Guinéen, combien d’écoles ils comptent construire pour notre pays, pas seulement 5 salles de classe et on fait toute une mamaya là-dessus, comment ils comptent donner à suffisance à la population à manger et ne pas seulement à des moments occasionnels faire des campagnes de riz et de poisson, c’est de la démagogie. Au Maroc ou en France, tu n’as pas besoin du ramadan pour avoir du riz ou du poisson, cela est produit en quantité, il y a tout un plan de ravitaillement qui fonctionne en permanence, il y a des entrepreneurs qui sont là qui produisent, il y a des distributeurs et des infrastructures qui permettent même au dernier citoyen d’avoir la capacité à se nourrir. Nous devons assumer et dire l’incapacité de nos dirigeants et de nos politiques à résoudre nos problèmes et de rendre notre quotidien meilleur, et rendre la Guinée brillante et ne pas se laisser faire par des considérations sans fondement qui peuvent enfoncer de plus notre situation qui est trop lamentable.


Abdourahamane Bella Bah


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