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Accaparement de l’usine Friguia par Rusal : les citoyens privés d’avenir

Cheikh Tidiane Traoré  Dimanche, 29 Juillet 2012 13:41

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TRAORE_Cheick_Tidiane_1_01Pour Rusal, l’accaparement de l’usine Friguia est une source de profits. En effet, la baisse de la demande chinoise des produits d’aluminium a fait baisser depuis plusieurs années le cours de l’alumine parce que l’offre est devenue plus importantes que la demande et cela pour un cycle d’une décennie environ.

La reprise de l’usine Friguia dans des conditions douteuses par Rusal procède de sa volonté de soit mettre à l’arrêt l’usine pour au moins 3 ans, soit créer des difficultés de gestion visant à baisser considérablement sa production en vue de diminuer sur le marché le volume et le flux de production dans le but de faire remonter les cours mondiaux de l’alumine. A l’époque du Général Lansana Conté, des tentatives de faire accepter le deal par les autorités sont restées infructueuses.

Depuis cette période, aucun investissement sérieux n’a été effectué à Fria alors que les charges ont toujours été maintenues crescendo. Protégés par des complices de toutes les époques, les différentes gestions de Rusal s’ingénient sans état d’âme à priver la Guinée et les populations de Fria de cette industrie qui est la raison d’existence de la préfecture de Fria.

Pourquoi subitement, se sert-on du prétexte d’un conflit social qu’on amplifie à dessein, pour mettre à l’arrêt la première usine d’alumine en terre africaine ?

Rusal est-elle propriétaire de l’usine Friguia ? En tous les cas, je ne me souviens pas, en tant qu’ancien député, avoir participé à la ratification d’un accord de vente de l’usine malgré tous les bruits qui ont fait le tour de la Guinée pour sa vente à un prix en dessous de la valeur même des matières premières disponibles dans les stocks au moment des faits.

Y a-t-il absence d’un cadre juridique contraignant permettant de sécuriser les droits de la Guinée dans la convention d’établissement de Rusal en Guinée qui permet à son représentant d’organiser un point de presse pour exprimer avec arrogance son mépris pour la Guinée ?

Allons-nous laisser ce phénomène s’accentuer ?

Si la voix la plus autorisée de Rusal en Guinée affirme que la solution de Friguia passe par dian dian, je considère ces propos comme un défi dangereux lancé aux autorités qui, s’il n’est pas relevé, fera jurisprudence.

L’arrêt de l’usine de Friguia est dangereux pour les communautés locales, qui n’ont pas d’autres sources de vie en dehors des activités de l’usine.

En l’absence d’un cadre législatif contraignant, je demande qu’il plaise aux communautés locales de Fria (société civile) de saisir la communauté internationale pour sauver leur patrimoine, l’attitude de Rusal est une violation de leurs droits fondamentaux.

Pire ! La législation du travail est violée délibérément par des droits octroyés à Rusal. Pour éviter que notre marge de manœuvre leur assurent notamment d’importantes compensations financières soit davantage réduite, agissons dès maintenant.

Intelligentsia guinéenne, vu la tournure et l’ampleur que la situation de l’usine de Friguia prend, pouvons-nous porter plainte contre Rusal pour la défense des droits fondamentaux des populations de Fria ? Si oui, qu’attendons-nous ?

C’est maintenant ou jamais qu’il faut faire pression sur le gouvernement et Rusal en faisant le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) qui consacre le droit des peuples à disposer librement de leurs ressources naturelles.

Que Dieu bénisse et protège la Guinée et les Guinéens. Amen !


Conakry, le 29 juillet 2012

Honorable Cheick Tidiane Traoré
Président du Mouvement Pour la République « MPR »
Secrétaire Exécutif de l’Alliance des Forces d’Avenir de Guinée « AFAG »


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