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La gouvernance d'Alpha Condé : Les intérêts nationaux à l'abandon au profit de l'affairisme
Bah Oury Jeudi, 19 Juillet 2012 19:11
M. Alpha Condé, le chef de l’État guinéen, n'a pas jugé utile d'être présent au 19e sommet de l'Union Africaine à Addis-Abeba. Les crises au Sahel, notamment au nord du Mali et en République Démocratique du Congo, et l'élection du président de la Commission de l'UA étaient les principaux sujets à l'ordre du jour. L'avenir de la paix dans le continent et celui de l'organisation panafricaine ont occupé les débats. La diplomatie guinéenne sous la férule d'Alpha Condé a brillé par son absence, traduisant ainsi peu ou prou un désintérêt pour les sujets majeurs qui interpellent tous les États africains, ou pis encore une application de la politique de l'autruche pour camoufler ses actes sur le plan extérieur.
Pour celui qui, au début de l'année, a voulu se présenter à la candidature pour présider l'organisation et dont le pays a fourni en 1963 le premier secrétaire général de l'OUA, feu Diallo Telli, cette attitude ravale la Guinée au niveau d’un nain politique sur l'échiquier continental. En réalité, le président guinéen a préféré la politique de la chaise vide alors qu'il est empêtré dans des contradictions diplomatiques à savoir honorer l'engagement de l'Afrique de l'Ouest de soutenir Jean Ping, le Gabonais, et assumer son choix en faveur de Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l'UA.
Le 19e sommet de l'UA n'est pas un sommet comme les autres. Des problèmes essentiels qui auront une forte influence pour très longtemps sur la paix et l’unité politique du continent sont débattus et des décisions sont prises sans que la voix de la Guinée ne se fasse entendre. En s'abstenant d'être présent pour assumer au vu et au su de tous ses choix diplomatiques, M. Alpha Condé affiche une grande désinvolture sur la scène internationale et dégrade ainsi la fonction de « Président de la République de Guinée ». Avouons que pour un ancien dirigeant de la FEANF (Fédération des Étudiants d'Afrique Noire en France » c'est un renoncement de plus si ce n'est pas un reniement de ses engagements panafricains de sa période estudiantine.
Le fiasco de la médiation guinéenne dans la crise politique à Bissau
M. Alpha Condé s'est hasardé, malencontreusement, à jouer la médiation dans la crise bissau-guinéenne. M. Kumba Yala, qui avait refusé de se présenter au second tour des présidentielles contre Carlos Junior rejeta catégoriquement les bons offices du chef de l’État guinéen arguant que ce dernier a appuyé la présence des troupes angolaises sur le territoire bissau-guinéen dans le cadre d'une neutralisation progressive de l'armée nationale. En plus, la collusion des intérêts Alpha Condé - Carlos Junior Gomez était manifeste. Les chefs d’État de la Cédéao, à juste titre, ont vite fait de retirer dans les faits le dossier de la gestion de la crise bissau-guinéenne, de ses mains peu expertes. En effet M. Condé apparaît aux yeux des observateurs avertis comme un instrument de la diplomatie angolaise en Afrique de l'ouest. Lagos, Abidjan et Dakar ont su neutraliser les effets pervers et déstabilisants d'une tentative « d'internationaliser » la crise de gouvernance à Bissau. Les pays lusophones ont pu ainsi obtenir sans grave conséquence, du Conseil de Sécurité des Nations Unies, un désaveu des démarches consensuelles et pragmatiques des pays de la Cédéao. Fait rare et précédent inquiétant pour la cohésion et la cohérence des décisions de ce qui tient lieu de communauté internationale.
Tout au long de ce bras de fer diplomatique, Conakry s'est trouvé complètement isolé par rapport aux autres États de la région.
Désinvolture face à la tragédie malienne
Selon l'ancien président de la Commission de l'UA, M. Jean Ping, lors de la dernière session du Conseil de Paix et de la Sécurité de l'UA, « il ne fait guère de doute que la situation au Mali est certainement une des crises les plus graves auxquelles est confronté notre continent ». Si pour les autres régions d'Afrique, le Sahel semble être une zone éloignée, il en est autrement pour l'Afrique de l'ouest. Aujourd'hui, il existe un réel danger sur la viabilité de l’État unitaire malien, ainsi que sur la stabilité et la sécurité régionales. Pays limitrophes du Mali, les États riverains du fleuve Sénégal à savoir la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée seront directement affectés par la désintégration et l'ingouvernabilité qui menace le territoire malien. D'ores et déjà , les États riverains du fleuve Niger (Mali, Niger, Nigeria) sont en proie avec plus ou moins d'intensité à la nébuleuse terroriste de mouvements djihadistes. Le danger qui guette la région est si grave, qu'il est incompréhensible et inadmissible que le chef de l’État guinéen ait boudé la plupart des réunions de sommet des chefs d’État de la Cédéao consacrés à l'endiguement et à la résolution de la crise au cœur du Sahel. Les multiples concertations régionales initiées conjointement par le président en exercice de la Cédéao, l'Ivoirien M. Ouattara et le médiateur, le Burkinabé M. Compaoré, n'ont pas enregistré la présence du chef de l’État guinéen.
Comment interpréter l'attitude de la diplomatie guinéenne ? Un manque de vision ? Une absence d'intérêt stratégique ? Ou plus grave encore une démission politique ?....
Quoiqu'il en soit, le chef de l’État guinéen a montré qu'il préfère « faire du tourisme diplomatique » à travers le monde que d'être là où sa responsabilité de chef de l’État commande qu'il soit. C'est ainsi qu’avec une certaine désinvolture, de retour d'un périple de vingt jours qui l'a conduit du Brésil, en France en passant par la Thaïlande et la Malaisie, il décide sans aucune concertation au préalable d'envoyer un corps expéditionnaire de 150 militaires au Sénégal pour constituer la force en attente de la Cédéao dans le cadre d'une éventuelle intervention au nord du Mali. Ainsi la Guinée, sans avoir participé à aucune concertation majeure pour le règlement de la crise malienne, s'implique avec beaucoup de légèreté dans un des points les plus chauds du continent. La vie des militaires guinéens et les répercussions pour la sécurité nationale d'un tel engagement contre « des belligérants d'un autre type » n'ont pas pesé pour amener M. Alpha Condé à s'interroger à priori sur les conséquences à court et moyen termes de sa décision. En effet, il convient bien entendu d'apporter un soutien efficace pour une sortie de crise au Mali. Toutefois, au préalable, il est indispensable de définir à Bamako une commune identité politique susceptible de fédérer et d'engager le peuple malien pour des négociations et d'explorer, s'il y a lieu, d'autres pistes de sortie de crise qui n’excluraient pas une intervention militaire. Celle-ci doit être acceptée, concertée, avec un mandat précis et une feuille de route claire. Le corps expéditionnaire de la Cédéao doit épauler l'armée nationale malienne et ne pas chercher à se substituer à celle-ci.
Autant de préalables qui n'existent pas aujourd'hui. C'est pourquoi, l'attitude désinvolte du chef de l’État guinéen face à la crise au Sahel, est une aventure dangereuse pour la vie de nos soldats et aussi pour notre sécurité nationale. Cette attitude fait écho à celle des autorités guinéennes lors de la guerre civile au Liberia au début des années 90 avec comme conséquence l'élimination physique de milliers de Guinéens installés au Liberia.
Devant les risques de guerre en Afrique de l'ouest, insouciance et irresponsabilité rivalisent à Conakry
La paix est de nouveau menacée en Afrique de l'ouest. Le danger actuel est sans commune mesure avec les guerres civiles du Liberia et de la Sierra Leone des années 90, car en définitive il s'agit de la viabilité de nos États en tant qu'entités stables, gouvernables, assurant le respect des droits de l'homme et du citoyen, et tournées vers la modernité. Un leadership clairvoyant et responsable est indispensable pour pouvoir empêcher le chaos de s'installer mais malheureusement le gouvernement guinéen est à contre-courant de l'évolution des autres États de la région pour les raisons suivantes :
- La politique diplomatique du gouvernement guinéen est gérée selon les humeurs de M. Alpha Condé.
- Les imprévisions et les oukases inutiles caractérisent la gestion des relations extérieures.
- Les relations traditionnelles de bon voisinage et la primauté de la solidarité inter-pays de la Cédéao ont été abandonnées au profit d'un axe autour de Conakry et Luanda.
- Les intérêts stratégiques de la Guinée sont abandonnés au profit de la satisfaction d'intérêts affairistes d'un réseau ayant des ramifications sur l'international et où les ressources minières guinéennes servent d’appât à des intérêts mafieux. Dans ce cadre, de mémoire, nous pouvons rappeler le prêt de 25 millions de dollars US contracté auprès d'un investisseur sud-africain, le crédit de 150 millions de dollars US alloué à la Guinée par l'Angola, et d'autres prêts que le Congo-Brazzaville a concédé à notre pays.
- Enfin, la gouvernance d'Alpha Condé est un facteur supplémentaire de crise en Afrique de l'ouest.
- Il n'est pas encore trop tard pour agir, mais hélas le compte à rebours a commencé.
Le 19 juillet 2012
Bah Oury
1er Vice-président de l’UFDG
Commentaires
Voilà qu'on s'est bien compris en bons frères. Il n'y a que les idiots qui ne se comprennent jamais.
Bien à vous !
Bref, si Alpha Condé doit revoir sa diplomatie, l'Union Africaine aussi mérite une refonte totale si elle veut rester une entité viable, efficace et pérenne.
Patriote, je n'ai pas le temps de faire un cours de grammaire sur la proposition principale et la subordonnée, et notamment sur le sens des mots, en fonction de leurs positions respectives dans une phrase. Considérons effectivement, que nous sommes d'accord et sur l'UA et sur la diplomatie d'AC, toutes deux à revoir..
Je n'inverse pas les rôles, c'est plutôt vous qui voulez créer un problème là où il n'y en a pas. Quand je dis que Alpha Condé doit revoir sa diplomatie cela veut dire tout y compris sa présence aux différents sommets des chefs d'État africains et c'est ce que vous soutenez en disant qu'il ne doit pas snober l'organisation. En ce qui concerne l'UA, vous êtes d'accord avec moi qu'elle mérite on refonte.
Dès lors, dites-moi où est-ce que j'inverse les rôles ?
Je n'inverse pas les rôles, c'est plutôt vous qui voulez créer un problème là où il n'y en a pas. Quand je dis que Alpha Condé doit revoir sa diplomatie cela veut dire tout y compris sa présence aux différents sommets des chefs d'État et c'est ce que vous soutenez en disant qu'il ne doit pas snober l'organisation. En ce qui concerne l'UA, vous êtes d'accord avec moi qu'elle mérite on réfonte.
À partir de là , dites-moi où est-ce que j'inverse les rôles ?
De quoi parles tu là ? De cette soldatesque qui tue, viole et pille les populations ? De cette milice tribalisée ? Qu'elle aille donc au Sahel, à Kidal, Tombouctou et Gao !
Je pourrai enfin dormir tranquillement comme dirait l'Autre.
En ce qui concerne le dernier sommet dont l'auteur parle ici, qui peut me dire concrètement quelles ont été les grandes décisions prises si ce n'est la difficile élection de la nouvelle Présidente de l'UA ?
Bref, si Alpha Condé doit revoir sa diplomatie, l'Union Africaine aussi mérite une refonte totale si elle veut rester une entité viable, efficace et pérenne.
Le 1er Vice-président de l'UFDG, BAH Oury, a cependant oublié quelque chose qui s'impose avec la plus grande acuité aujourd'hui: réclamer une commission d'enquête compétente, libre et indépendante autour de toutes ces affaires d'argent louches dont les montants (en Dollars US) donnent proprement le tournis, alors même que l'écrasante majorité des guinéens ont du mal survivre. Ceci me semble être LA démarche politique qui s'impose de fait à toute autre exigence vis à vis du pouvoir aujourd'hui. Was-Salam!
Tout est résumé dans cette phrase. Cela me fait penser à Amin Dada (ou Bokassa), qui se levait le matin et disait "j'ai décidé". C'était ça son plaisir. Évidemment, il pouvait dire blanc un jour et noir le lendemain. Et vous voulez que la Guinée avance ? Bienheureux les simples d'esprit...
-Ils te meprisent, car ils connaissent ta valeur
-Ils t'en veulent à cause de ta compétence
-Ils te rejetent, car tu as de l'avenir
-Ils ont peur de toi, car tu es la solution
-Ils veulent t'eliminer, car tu es l'espoir du reveil et la fin de la corruption
Tu n'as jamais été ethno ni aggresseur et loin d'avoir voulu affamer ton peuple un seul jour, nous le savons tout ceci est un montage pour te faire taire à jamais...Alors reviens au bercail quelque soit le prix à payer tu l'aura fait pour liberer ton peuple et defier ce qui se voient en avantage de mentir au peuple à partir de ton exil...Avec toi la Guinée sera en marche et toute l'Afrique suivra...Et nous ne seront plus les moutons de l'occident!
Alpha Bacar depuis Grenoble.
- Pourrait-on inverser : faire revenir Bah Oury en Guinée et mettre les autres en exil en France ?
- Ou est passé l'africaniste de gauche héros de la FEANF ?? 18 mois au pouvoir et déjà plus pourri que ceux qui sont dans la mangeoire depuis des décennies ??
J'ai pitié et je suis triste pour ceux qui le soutiennent de manière aveugle car en le faisant ils prouvent qu'ils n'aiment pas notre pays...








