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Pour l'unité de l'UFDG

Siaka Kouyaté  Mercredi, 18 Juillet 2012 14:46

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KOUYATE_Siaka_01La semaine dernière, l’UFDG a fait enfin ce qu’on aurait attendu de tout regroupement humain dont le fondateur aurait été aussi gravement mis en cause, que l’a été Bah Oury dans les événements du 19 juillet 2011 : prendre position sans équivoque. Mais enfin, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Alors, « où est le problème ? », pourrait-on être tenté de dire. Le problème, c’est que cette attitude de l’UFDG appelle réflexion. Le long silence, pas seulement celui de l’UFDG, mais aussi celui de toute l’opposition exigent des explications.

Pourquoi a-t-on laissé Bah Oury quasiment seul se charger de sa propre défense ? Pourquoi la situation de Bah Oury, lui qui est en fait le vrai fondateur et l’idéologue de ce parti, n’a pas semblé un motif suffisant pour des mobilisations systématiques ? Il est autant d’autres questions qui pourraient surgir et dont les réponses pourraient éclairer l’opinion. La plus grande formation politique après le RPG Arc-en-ciel, la plus grande de l’opposition, l’UFDG n’est plus le parti de ses seuls militants. Dès l’instant qu’il se propose à l’alternance et surtout depuis son score aux dernières présidentielles, l’UFDG est devenue un patrimoine national. L’affaire du 19 juillet ne peut passer par la réfutation légère de son existence.

Des vies humaines, des destins individuels ont été compromis pour la vie. Qu’un leader de parti en ait été le présumé organisateur et que le chef de l’Exécutif, le premier magistrat du pays, en fasse mention publique et mieux, que ces allégations soient suivies d’effets juridiques, voilà autant de choses qui auraient dû pousser les dirigeants du parti à en faire une analyse approfondie. Moins pour Bah Oury, que pour l’honneur du parti. Le paradoxe dans cette affaire, c’est que c’est au sein de l’UFDG-même, que partent des accusations simplement assassines contre Bah Oury, dans l’indifférence la plus complète de son parti. Cette dernière attitude a appelé sur Bah Oury la compassion même de ses adversaires politiques les plus résolus contre lui. Il a fallu encore que Bah Oury fasse face à ce deuxième front, de loin plus redoutable que la menace d’une poursuite judiciaire. Bah Oury a risqué le parricide. Pour mémoire, on retient que Bah Oury a été le premier leader politique à être arrêté par le régime Conté.

A l’occasion, on a pu observer la solidarité de toute la classe politique. Ce sont les militants du RPG (à l’époque le seul parti fort sur le terrain) qui s’étaient portés à le libérer. Pour éviter l’effusion de sang, Bah Oury sera libéré et porté en triomphe sur toutes les épaules… toutes et seulement guinéennes. Ces histoires doivent être contées aux plus jeunes, pour leur faire voir que ces divisions qui ont cours aujourd’hui ne constituent pas le principe en Guinée. La passion aurait-elle obscurci les mémoires au point de noyer les meilleurs moments de notre histoire politique ? Moralisons la politique. La chose est possible. Nos leaders politiques ne sont pas pires que d’autres. La démocratie a fait son chemin, fait de sang et de larmes, mais aussi parfois de joie réellement nationale. Tout le monde y a eu un mérite, depuis Sékou Touré jusqu’à Alpha Condé.

Ces mots feront mal aux partisans extrémistes, j’en ai conscience, mais c’est ma conviction. La politique a ses moments de cruauté, nul ne peut le nier. Pour autant, on ne peut refuser à ses acteurs quelque grandeur. L’UFDG doit se hisser au rang où l’ont hissée des centaines de milliers de Guinéens. Peu importe qui en porte le flambeau aujourd’hui, cette formation a eu ses heures de gloire qui ne sont pas seulement celles des présidentielles dernières. Bah Oury a le devoir de prouver son innocence, s’il est innocent. Mais il mérite que le parti qu’il a créé sans grand sou, il faut aussi le dire, que ce parti se retrouve à ses côtés au moment des épreuves. Cette leçon aussi aura été donnée ici en Guinée. Bah Oury a besoin que les siens croient en lui, quand plus personne ne lui fait confiance. Cela aussi, c’est du militantisme, celui qui conduit au civisme.


Siaka Kouyaté

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