La Moyenne Guinée est oubliée par le train du changement d’Alpha Condé

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DIALLO_Nouhou_Badiar_4_01Sur le plan économique, tous les projets de développement sont ostensiblement orientés vers deux régions auxquelles Alpha Condé se réclame être paternellement lié. Des microprojets, des routes, des écoles, des centres de santé émergent partout en Haute Guinée. Mieux, en faisant la part des choses, on se rend à l’évidence que le régime d’Alpha Condé fait la promotion d’une seule ethnie. Tous les postes juteux du gouvernement sont occupés par les cadres de son ethnie. Cette façon ubuesque de gérer le pays ne fera qu’engendrer des inégalités de développement et entretenir la paupérisation croissante de nos populations.

En Forêt, plus précisément à N’Zérékoré, une spirale de poussière quasi permanente assiège la ville, sans compter les accidents de la route qui interviennent souvent en hécatombe. Quoi de plus urgent que de désenclaver cette région qui est le grenier avéré et l’épicentre même de notre économie ? Pourtant, pendant la campagne présidentielle, après avoir récolté près de 80% de son électorat en Forêt, il avait promis terre et ciel aux populations de cette région en faisant même recours à des manipulations et autres débauches d’énergie et d’argent. Faut-il le rappeler ici haut et fort, en Afrique, précisément en Guinée, le monde rural se moque de « démocratiquement élu Â» ? Le respect de la parole donnée, c’est le thermomètre à travers lequel ils jaugent la manière dont leurs mandataires gèrent la République.

En Moyenne Guinée, plus rien sauf quelques rares projets de dernier goût à caractère électoraliste, dont la pertinence et l’utilité réelle échappent au citoyen lambda préoccupé par de simples besoins alimentaires. Alpha Condé ne veut pas entendre parler de la Moyenne Guinée et de ses habitants, lesquels lui avaient refusé leurs voix lors des élections. Cette haine anti-démocratique est venue se doubler de celle qu’il nourrit naturellement contre l’être peulh. Et pourtant il a clamé haut et fort qu’il est le président de tous les Guinéens. Mais, aussi longtemps qu’Alpha restera aux commandes, la Moyenne Guinée ne bénéficiera d’aucun projet de développement fiable. Aucun chantier digne de ce nom, sauf en cas de force majeure où la situation géographique et stratégique l’oblige. Pour des besoins de propagande électorale, le gouvernement vient d’entamer un soi-disant projet d’électrification des villes de l’intérieur qui a commencé par les préfectures de la Forêt et qui risque de prendre fin dès après les élections législatives. Les préfectures de la Moyenne Guinée ne connaitront jamais une telle aubaine, sauf si ses filles et fils s’impliquent de façon participative pour relever le défi.

Président et commis voyageur, Alpha vient d’effectuer le tour du monde sans succès malgré les grosses dépenses que cela a engendré. Il veut être à la fois président, ministre et chef d’entreprise, c’est-à-dire au four et au moulin. C’est pourquoi toutes ses audiences au cours de ses périples ont été de bas niveau, comme celles réservées à un chef d’entreprise. Il ne fait confiance à personne pas même à ses ministres ou proches collaborateurs. Son gouvernement est plongé dans une inertie totale, et si cela perdure la Guinée va basculer dans une récurrente anarchie. Le niveau de performance de son gouvernement est le plus bas depuis notre indépendance.

Dans l’ensemble, la politique du développement disproportionnée d’Alpha Condé n’a pas encore montré qu’elle suffit à conduire notre pays à la prospérité, à la stabilité et à la paix. Il serait incompréhensible et inacceptable que certains Guinéens se contentent de porter un regard complaisant sur les quelques années de gestion déjà calamiteuse du gouvernement d’Alpha Condé, en occultant les difficultés du présent et les défis de l’avenir. Mieux, l’entêtement coupable de notre président à acquiescer aux revendications du peuple risque de prolonger la transition en Etat régulier, excluant ainsi tout choix du peuple. Bien plus, nous sommes aujourd’hui dans une démocratie boiteuse et dysfonctionnelle qui ne représente plus qui que ce soit, si ce n’est quelques lobbies qui gravitent autour du président. L’administration ne fait face à aucun contre-pouvoir réel, n’a aucune imputabilité. Dans cette perspective, on peut avoir la quasi-certitude, que la crise ne pourra que s’aggraver à l’avantage du régime. Mieux, le gouvernement actuel a été et reste le plus mauvais que la Guinée n’ait jamais connu depuis son indépendance. Un premier ministre local plongé dans une inertie totale, qui fonctionne comme un secrétaire général d’un ministère, dessaisi de toute prise de décisions et qui n’a même pas la maitrise de son cabinet.

Sur le plan politique, les élections présidentielles viciées de 2010 ont favorisé la confiscation du pouvoir par Alpha Condé et ses proches. Maintenant, nous nous retrouvons dans un contexte global de recomposition politique et les enjeux de la prochaine législature s’avèrent importants compte tenu des vicissitudes enregistrées çà et là. C’est ainsi que certains observateurs voient dans ces élections un test grandeur nature pour départager la famille politique guinéenne et la mouvance présidentielle engagées dans une querelle de représentativité où chaque camp bombe le torse pour revendiquer la majorité absolue. Les alliés d’hier sont devenus les adversaires ou ennemis d’aujourd’hui, si on se fie bien entendu à la naissance du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et de l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès) – compte tenu de la nouvelle donne politique et de l’évolution des rapports de forces, il y a possibilité de voir une activité gouvernementale sous la menace d’une paralysie, en cas de majorité instable puisque nous sommes dans un jeu de coalitions. Dans tous les cas, il ne faut pas espérer cette fois-ci voir à l’hémicycle, une Assemblée forte et respectée eu égard à toutes les dérives politiques enregistrées. Face à cette situation, l’incapacité du nouveau régime à créer suffisamment de richesses pour répondre aux besoins d’une population sans cesse croissante, notre président démocratiquement élu se laisse alors gagner par l’ivresse du pouvoir en défiant le peuple, en voulant régler les problèmes par l’arrogance et l’intimidation. L’abus de pouvoir n’est-il pas inévitable dans un système qui donne le pouvoir aux plus pourris, maquillé sous le très fallacieux mot de « démocratiquement élu Â», qui ne donne absolument pas le pouvoir au peuple, mais à un individu et à ses valets ? Semant ainsi le doute dans les esprits des bailleurs de fonds, quant au respect des principes démocratiques qui devaient favoriser la finalisation de la transition démocratique. Aussi, l’attentat à la vie du président de la République, s’il en était un, a fini par intimider ceux qui avaient encore le courage de dénoncer et ceux qui pouvaient dire la vérité au chef de l’Etat revanchard et rancunier. Hélas ! Une triste image de lui-même, celle d’un président autiste qui ne comprend pas que « le sentiment national se dissout dans l’autoritarisme, se renforce par la démocratie et se nourrit de la liberté des citoyens Â».

Par ailleurs, il est surprenant de voir l’attitude d’une opposition timorée mais aveuglée par sa part du pouvoir réel ou supposé, se laisser manipuler par un semblant de dialogue qui au fait, n’a fait que renforcer la position du président ivre du pouvoir avec une coquille d’arrogance sur la tête, comme celui d’un robot dérangé, si bien que le gouvernement n’a cédé sur aucun point de la plate-forme revendicative. Pourquoi nos leaders politiques ont-ils accepté une telle manipulation et une si ridicule situation d’asservissement et de suivisme ? On pourrait peut-être avancer deux hypothèses :

1 – Ces leaders politiques sont des gens qui ont déjà gouté aux délices du pouvoir et ont peur de la précarité ou de la prison, donc incapables de supporter une traversée du désert ; pour avoir gouverné pendant très longtemps.

2 – Ont-ils aussi peur que l’on agite l’épouvantail de quelques dossiers nébuleux concernant leur gestion ?

Devant ce handicap majeur, les hésitations de la société civile à jouer son rôle de dernier rempart contre les abus des détenteurs de l’autorité de l’Etat, ainsi que l’absence de véritable contre-pouvoir institutionnel, contribuent inlassablement à renforcer la position du chef de l’Etat. C’est dans cette perspective qu’Alpha Condé nous a dit clairement qu’il va prendre la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée. Convenez avec moi que tous les chefs d’Etat qui se sont succédé au pouvoir en Guinée partagent certaines similitudes. Ils ont tous disposé d’un déficit de gouvernance institutionnelle. C’est pour cette raison que les institutions censées jouer le rôle de contre-pouvoir légal et légitime, et représenter les aspirations du peuple, ont été purement et simplement anéanties.

Pour sauver cette situation, chacun se doit, de part et d’autre, de mettre de l’eau dans son vin. Pour se faire, les gouvernants doivent se surpasser en considérant qu’aucune décision unilatérale ne saurait être imposée au peuple à priori, et que c’est seulement à l’épreuve de la pratique que les erreurs seront gommées. Quant aux leaders politiques, qui se campent en rédempteurs, ils doivent comprendre eux aussi qu’aucun compromis ne devrait paraitre excessif si leurs revendications essentielles sont satisfaites.


Nouhou Badiar Diallo
New York, USA


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Commentaires  

 
+6 #3 BahOumar 04-07-2012 07:10

Monsieur Diallo, la solution pour le Foutah est tres simple et vous l'avez propose dans votre texte. "Les préfectures de la Moyenne Guinée ne connaitront jamais une telle aubaine, sauf si ses filles et fils s’impliquent de façon participative pour relever le défi". Les enfants du foutah doivent s'organiser pour travailler pour le developpement de cette region et croyez moi, l'initiative privee est plus efficiente que les cadeaux de l'etat.
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+2 #2 Patriote 04-07-2012 03:50

Mr Diallo,
Votre article est d'une platitude notoire doublée de régionalisme éhonté et d'une confusion intolérable. Platitude parce que vous n'avez fait aucun effort pour relever par région les différents projets, ce qui permettrait de faire aisément une comparaison. Je vous informe qu'en Amérique du Nord où vous et moi vivons, les journaux les plus lus et les plus crédibles sont ceux qui sont chiffrés. Régionalisme car vous ne parlez que de votre région, alors que vous dites vous-même que Alpha ne fait la promotion que d'une seule ethnie (à moins que vous me disiez qu'il n'y en a que 2 en Guinée). Confusion lorsque vous citez N'Zérékoré comme région oubliée en parlant de la Moyenne Guinée.
Je ne suis pas doublement d'accord avec vous quand vous dites (1) "Le niveau de performance de son gouvernement est le plus bas depuis notre indépendance". Où sont vos données comparatives pour justifier une telle affirmation ? Par exemple, à la prise du pouvoir par Alpha quel était le taux d'inflation, le taux de change des principales devises contre le GNF, le niveau de la réserve de change de la BCRG, le taux de croissance,
.... ? Qu'en est-il aujourd'hui ?
(2) Quand vous dites plus loin "Mieux, le gouvernement actuel a été et reste le plus mauvais que la Guinée n’ait jamais connu depuis son indépendance". Qu'en dites-vous de ceux de Sékou Touré qui ont décapité l'élite guinéenne, ceux de Conté qui ont bradé nos ressources, celui de la transition qui a été incapable d'organiser des élections transparentes, qui a vidé nos caisses et laissé des ardoises de plusieurs milliers de milliards de nos francs ?
Je ne fais pas l'avocat du diable, mais je vous invite à faire des articles solides et comestibles comme ceux de Gandhi, de Makanera et autres AOT.
Alpha n'a certes jusqu'ici pas été à la hauteur de nos attentes, mais ne ramenez pas ça au niveau d'une seule région.
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-1 #1 Citoyen du Foutah 03-07-2012 23:08

S'il vous plait arretez d'appeler notre pays La moyenne guinée car son nom est La Republique Democratique du Foutah point-barre.
nous ne voulons pas de l'aide d'un vieux immoral qui a marché sur les cadavres des frêres et soeurs en haute guinée avec la complicité de sekouba konaté et jean marie doré pour acceder a ce maudit fauteil de la presidence.il n'a qu'a aider sa communauté en haute guinée et nous laisser tranquille sinon on casse la guinée pour toujours aprés on verra quelle guinée il va gouverner c'est tout.
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