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Prévisible échec d’Alpha Condé

Nouhou Badiar Diallo  Samedi, 16 Juillet 2011 20:27

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DIALLO_Nouhou_Badiar_3_01Quel bilan dresser bientôt un an après l’élection à la tête de l’Etat guinéen d’Alpha Condé ?

Depuis un certain temps, nous assistons à l’épilogue folklorique et chamarré d’une histoire de liste électorale et le Président Alpha Condé obnubilé par le pouvoir s’entête toujours, ignorant l’interpellation des Forces Vives. Cette attitude anti-démocratique qui affecte dangereusement l’échiquier politique guinéen, a créé une crise qui affaiblit pleinement son régime. Il semble même qu’Alpha Condé va maintenant vers une dérive autoritaire tout en essayant d’emprunter les styles de Sékou Touré et de Dadis Camara pour intimider son peuple. Tout cela doit tout aux tensions et contradictions engendrées par son incapacité notoire et avérée de gouverner. Malgré tout, ceux qui par miracle, occupent des positions privilégiées vous diront toujours que tout va bien dans l’ensemble.

L’élection présidentielle à demi-convaincante qui l’a porté au pouvoir obéit désormais à sa propre logique. Les illusions nourries par ses supporteurs s’émoussent à grande vitesse. Notre Président, largué par les amarres postélectorales, s’arrime aux problèmes socio-économiques, sans rien abdiquer de son âme. Son slogan de campagne a beaucoup promis : reconstruction de Boulbiné, lutte contre la corruption et le clientélisme, électricité, scolarisation, santé, etc. Avec des accents populistes, l’homme a su séduire un électorat lassé par des années de gabegie. En tout cas le nouveau Président devra aussi apporter un début de réponse aux 10 millions de Guinéens dont les besoins économiques sont criants.

Malgré la pléthore de conseillers en « carton Â» à la Présidence de la République, notre Président est mal conseillé. Il se pose un évident problème d’usure et le dynamisme des rapports de forces compense encore un certain archaïsme et une évidente opacité de la gouvernance de Monsieur Alpha Condé.

Corruption toujours existante et généralisée, notre pays va à vau-l’eau. Plus grave encore, la Guinée est aujourd’hui minée par les conflits intercommunautaires et Alpha Condé en a été et en reste le promoteur. Il nous parle de réconciliation nationale alors que, plus prosaïquement, il refuse de se rendre au Foutah pour tendre la main aux Peulhs. En tout cas les critiques fusent contre lui et tout cela n’augure rien de bon. L’aspiration démocratique pour laquelle il s’est toujours battu n’a plus de sens. Il vient aux affaires sur fond de rivalités politico-personnelles. Notre Président intellectuel n’a pas du tout brillé sur le terrain de la compétence. Il tire la Guinée vers le bas :

Voilà les couleurs du changement promis par Alpha Condé !

Cher compatriotes, cet état de fait qui a fini par éborgner l’image de la République, apparait sans nul doute, comme un festival de médiocrités graves. Son état-major de conseillers, levier capital de l’exercice du pouvoir, s’est, en moins d’un an, distingué par des frasques innombrables et des bévues inextricables. Des écarts qui déteignent automatiquement sur l’image de celui auquel ils ont pour fonction d’apporter tout leur savoir-faire. Bien évidement, il semblerait que notre Président n’est pas une personne qui écoute les conseils des autres. Son comportement a toujours été caractérisé par un « je m’en foutisme Â» aigu ; ce qui irrite profondément les Guinéens.

Monsieur le Président, les Guinéens qui vous ont fait confiance pour les sortir d’un demi-siècle de marasme économique, ont faim aujourd’hui plus qu’hier. Leur pouvoir d’achat est alarmant et la cherté de vie les frappe de plein fouet. C’est du jamais vécu en Guinée. Votre gouvernement devrait avoir comme priorité :

La richesse de la Guinée et sa possible érection en grand chantier ne font aucun doute. C’est pourquoi, après l’avènement d’un régime démocratique, le nouveau gouvernement guinéen doit travailler sans cesse pour créer un environnement favorable à l’attraction des investisseurs étrangers en entamant des réformes de la justice ainsi que la régulation de toutes les activités régissant la vie économique par des codes des investissements (Code des Finances, Code d’Habitat, Code des Douanes, Code des Mines et Code du Commerce.), etc.

Des vrais efforts législatifs et institutionnels doivent être menés pour faire de la Guinée une économie libérale ouverte et intégrée à l’économie mondiale.

Par ailleurs, le nouveau gouvernement n’a posé aucun acte pour susciter et encourager le développement des relations avec les Guinéens vivant à l’étranger, en vue de leur participation au développement national. Or, cette frange importante de la population guinéenne a besoin d’une structure d’encadrement et d’appui pour plus d’efficacité et pour la grandeur et le rayonnement de notre pays.

Un des secteurs dont l’inertie est trop frappante est celui du Département des Affaires Etrangères. Celui-ci devrait favoriser l’émergence d’un climat propice aux affaires étrangères et permettre d’asseoir nombre de mesures incitatives, prônant ainsi une politique étrangère à la hauteur de nos moyens. Faire en sorte que notre politique étrangère reflète authentiquement notre politique intérieur, en préservant les intérêts nationaux de notre pays afin de raffermir d’avantage nos relations bi et multilatérales. Aussi, avoir le verbe et les compétences nécessaires pour promouvoir notre politique étrangère auprès de nos partenaires au développement.

Tout cela ne peut se faire sans une affectation des ressources suffisantes d’où la nécessité pour le Chef du département d’envisager dès maintenant, la négociation du cadre budgétaire pour la période des cinq ans à venir. Cette mobilisation de ressources sous forme d’appui budgétaire permettra au département d’entamer des réformes internes dont les objectifs à atteindre sont la réorientation de notre diplomatie et la redynamisation des capacités professionnelles de nos diplomates dans le but d’en assurer la durabilité. Il faut donc que le nouveau gouvernement démocratique s’engage dès maintenant à sortir de la culture de la médiocrité en faisant asseoir avec une efficacité reconnue des mesures innovatrices et incitatives, afin de réveiller notre diplomatie qui stagne depuis plusieurs décennies.

Enfin Monsieur le Président, débarrassez-vous des rancunes politico-personnelles pour faire face aux innombrables défis qui vous attendent ; afin de sortir notre pays d’un demi siècle de retard économique.


Nouhou Badiar Diallo
New York, U.S.A.


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