Oumoul K. Chérif Lundi, 11 Juin 2012 14:18
Le premier président de la troisième République vient de goûter à sa première série de scandales financiers. En effet, l’affaire des 13 milliards qui vient d’être dévoilée au public, au risque de se tromper, va être un scandale de plus sur la longue liste des cas de vols, de détournements et de corruption en Guinée. L’Etat guinéen a toujours été victime de ses serviteurs. Cette situation qui empire chaque fois serait imputable à la voracité, à la médiocrité de ceux qui, depuis les premières heures de notre dignité retrouvée, se sont engagés à gérer notre pays. Bientôt 54 ans de tâtonnement, de corruption, de démagogie et de pillage. Voilà ce que les multiples équipes de nos cinq présidents passés à la tête de l’Etat ont donné aux citoyens. Une image en deçà de l’attente des populations. Ces équipes gouvernementales dont les bilans restent chaque fois négatifs ramènent tout le pays en arrière au lieu de nous faire avancer. Les serviteurs du moment sont les mêmes que ceux d’hier, ils ont les mêmes visions que par le passé.
Le premier régime avait gouverné par les discours creux, le second par l’indifférence totale, les deux transitions par l’anarchie. Et voilà le cinquième qui croit redresser la barre par la division et l’exclusion…
A son tour, il commence à goûter aux délices de la mal-gouvernance. Alpha Condé est le seul qui a changé à la tête de l’Etat, tout le reste est là avec les mêmes pratiques. Des pratiques qui donnent le résultat d’un Etat qui n’a toujours pas donné le contenu qu’il faut à sa souveraineté. La dégradation sur le plan social et économique est éloquente. Malheureusement, c’est aussi des occasions pour divertir les citoyens qui, dans leur majorité, ploient sous le poids de la vie chère. Et chaque fois qu’il faut nous classer, on nous répertorie sur la liste des pays les plus corrompus du monde, pays pauvres très endettés, pays dont la capitale figure parmi les plus dangereuses au monde. Pourtant, tout le mal ne saurait être imputable au ciel. Puisque des pays pauvres existent même autour de nous. Evidemment, il faut bien des références pour apprécier notre progrès, qui ne se fait que par rapport aux pays en guerre, ou sortis d’une crise. Or l’adage dit que c’est la comparaison qui a rendu l’âne vilain, et a empêché la poule de sourire. En tout état de cause, nous sommes à deux doigts du 54e anniversaire de notre indépendance politique, le jugement de l’histoire sera à la hauteur des résultats, puisque chaque serviteur de l’Etat aura eu l’opportunité d’écrire ses propres pages. En attendant, le mal est absolu.
Oumoul K. Cherif
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com