Mamadou Barry Dimanche, 10 Juin 2012 11:51
La République de Guinée ressemble de plus en plus à celle du Gondwana que tout monde imagine, à juste titre, comme le fruit d’une fiction sortie de la tête d’un humoriste sur la radio mondiale. Cette comparaison amène à montrer que la Guinée fait partie, aux yeux des observateurs de tous les bords confondus, de ces pays imaginaires que l’on raconte aux enfants et où ne se passent que des choses qui sortent de toute logique et de tout bon sens.
Plus les jours avancent dans la gouvernance d’Alpha Condé et plus les choses se compliquent et plus on se pose des questions qui tournent autour de l’idée de savoir comment depuis plus de quinze mois de gouvernance, on ne parle pas de gestion effective du pays, mais uniquement de législatives, de processus électoral, de CENI et de Lousény Camara. Cela montre bien qu’Alpha Condé veut juste gagner du temps et espérer ne parler de gestion que lorsqu’il aura des résultats à présenter au peuple, en guise de bonne gestion des affaires.
Mais tout le problème se trouve dans le fait que le Président de la République, n’ayant jamais été préparé pour gouverner le pays, s’est tout simplement mis dans une délicate et compromettante position. Comme tout dictateur, il cache son incompétence dans la recherche de boucs émissaires comme seuls responsables de ses échecs multiples. Ce fut d’ailleurs sa politique depuis son investiture :
Une communauté est pour lui, responsable et le bouc émissaire idéal dans sa vision d’isolement et de stigmatisation. L’objectif est alors de faire du « tous contre un ». C’est dans cet esprit que la chasse à l’homme a commencé à tous les niveaux de la vie de la nation. Mais comme on le dit souvent : « Tout excès est nuisible ! » Dans cet acharnement, l’opinion nationale et internationale s’est posé la question sur les raisons de cette stigmatisation non justifiée d’un président de la République qui est supposé être celui de tous les Guinéens sans exception aucune.
Parallèlement à cet acharnement, Alpha Condé se rend coupable de mettre en avant l’appartenance ethnique et régionale comme seul critère d’éligibilité à tout poste administratif de haut rang. Mais à ce jeu, il se rend bien vite compte que les proches ne sont pas forcément et obligatoirement les meilleurs choix.
Cent (100) jours après son arrivée aux affaires, le président et ses proches ont estimé que cet état de grâce était trop court par rapport à la gravité de l’héritage dont il est le bénéficiaire. On a alors dit de donner six (6) mois. Ensuite, il a été question de parler de 2012 pour que tout aille très bien avec de beaux boubous et de belles voitures. Dès le début de 2012, il faut attendre juin. A la veille du mois de juin, Alpha Condé se rend compte qu’il ne peut pas s’en sortir et il promet de faire tomber des têtes comme pour aux bonnes vieilles habitudes de chasse aux boucs émissaires.
Mais il y a des boucs émissaires qui ne se laissent pas faire du tout :
Aucune tête ne tombe et ne tombera parce que le président de
En effet, avec une gestion aussi opaque que celle des 700 millions de Rio Tinto, 15 millions d’Areeba et maintenant les 25 millions de $US des mines avec une implication quasi directe d’Alpha Condé et de ses proches, de quelles têtes à couper peut-il parler si ce n’est de la sienne ?
Tout le monde a suivi avec le plus grand intérêt la dernière sortie du président de la République se défoulant, avec un talent extraordinaire de comédien sur le dossier des 13 milliards du ministère des Finances, en disant haut et fort que des têtes vont tombée, non pas après les législatives, ni même avant, mais avant dimanche. On attend donc de voir de quelles têtes il s’agit.
De la même manière qu’il a demandé d’attendre six (6) mois au-delà de sa prise de fonction, et puis début 2012 et enfin juin 2012 pour avoir des résultats sur sa gestion des affaires, Koro Alpha promet des choses dimanche tout en oubliant que dimanche est déjà là.
Monsieur le Président, il ne sert à rien de nous radier un planton pour avoir transporté du courrier ou une secrétaire pour avoir saisi et imprimer un document au niveau du ministère des Finances pour nous montrer que des têtes sont tombées.
Pour une question de crédibilité pour vous et votre gouvernance,
il faut que la tête de Kerfala Yansané tombe
et il faut situer le peuple de Guinée sur ces fameux 25 millions de dollars US
ou bien c’est la vôtre qui risque de tomber sous peu de temps.
Ahh Gondwana City, Mamane si tu savais…
Mamadou Barry
Analyste financier