Gestion du pouvoir : "Alpha Condé entre le changement du système et le changement des hommes du système !"

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La République de Guinée ressemble de plus en plus à celle du Gondwana que tout monde imagine, à juste titre, comme le fruit d’une fiction sortie de la tête d’un humoriste sur la radio mondiale. Cette comparaison amène à montrer que la Guinée fait partie, aux yeux des observateurs de tous les bords confondus, de ces pays imaginaires que l’on raconte aux enfants et où ne se passent que des choses qui sortent de toute logique et de tout bon sens.

Plus les jours avancent dans la gouvernance d’Alpha Condé et plus les choses se compliquent et plus on se pose des questions qui tournent autour de l’idée de savoir comment depuis plus de quinze mois de gouvernance, on ne parle pas de gestion effective du pays, mais uniquement de législatives, de processus électoral, de CENI et de Lousény Camara. Cela montre bien qu’Alpha Condé veut juste gagner du temps et espérer ne parler de gestion que lorsqu’il aura des résultats à présenter au peuple, en guise de bonne gestion des affaires.

Mais tout le problème se trouve dans le fait que le Président de la République, n’ayant jamais été préparé pour gouverner le pays, s’est tout simplement mis dans une délicate et compromettante position. Comme tout dictateur, il cache son incompétence dans la recherche de boucs émissaires comme seuls responsables de ses échecs multiples. Ce fut d’ailleurs sa politique depuis son investiture :

  1. Il commence par dire que trois (3) régions sur quatre (4) et autres quatre (4) communes sur cinq (5) ont voté pour lui lors du second tour de la présidentielle ;
  2. Il a fait son choix pour ceux et celles qui ont voté pour lui tout en considérant que les autres sont des étrangers et donc des individus de seconde zone ;
  3. Pour lui, ces autres sont des voleurs, des trafiquants et des tortues qu’il va falloir ramener sur le droit chemin bien qu’ils soient responsables du chaos dans le pays.

Une communauté est pour lui, responsable et le bouc émissaire idéal dans sa vision d’isolement et de stigmatisation. L’objectif est alors de faire du « tous contre un Â». C’est dans cet esprit que la chasse à l’homme a commencé à tous les niveaux de la vie de la nation. Mais comme on le dit souvent : « Tout excès est nuisible ! Â» Dans cet acharnement, l’opinion nationale et internationale s’est posé la question sur les raisons de cette stigmatisation non justifiée d’un président de la République qui est supposé être celui de tous les Guinéens sans exception aucune.

Parallèlement à cet acharnement, Alpha Condé se rend coupable de mettre en avant l’appartenance ethnique et régionale comme seul critère d’éligibilité à tout poste administratif de haut rang. Mais à ce jeu, il se rend bien vite compte que les proches ne sont pas forcément et obligatoirement les meilleurs choix.

Cent (100) jours après son arrivée aux affaires, le président et ses proches ont estimé que cet état de grâce était trop court par rapport à la gravité de l’héritage dont il est le bénéficiaire. On a alors dit de donner six (6) mois. Ensuite, il a été question de parler de 2012 pour que tout aille très bien avec de beaux boubous et de belles voitures. Dès le début de 2012, il faut attendre juin. A la veille du mois de juin, Alpha Condé se rend compte qu’il ne peut pas s’en sortir et il promet de faire tomber des têtes comme pour aux bonnes vieilles habitudes de chasse aux boucs émissaires.

Mais il y a des boucs émissaires qui ne se laissent pas faire du tout :

  1. Papa Koli Kourouma a été clairement indexé dans la gestion des fonds alloués à l’entretien et au fonctionnement des groupes de Tombo. Il s’est défendu avec vigueur et acharnement et aucune tête n’est tombée.
  2. Jean Marc Telliano a été clairement indexé dans la gestion des fonds alloués à l’acquisition des intrants agricoles pour la campagne de 2011. Il s’est défendu avec vigueur et acharnement et aucune tête n’est tombée.
  3. Le directeur de la Sotelgui a été débarqué par décret pour des raison de gestion suppose-t-on, la communauté qui se dit au pouvoir s’est impliquée et la tête qui devait tomber a été remise en place, bafouant ainsi l’autorité du président de la République ;
  4. Yamoussa Touré du syndicat a été débouté par le président de la République après avoir été soutenu de bout en bout par ce dernier. Il nie la compétence du président dans la décision judiciaire ou syndicale.
  5. Lousény Camara, après une première annonce d’un communiqué de la Présidencede la République demandant l’arrêt des activités de recensement, a refusé de se plier. A la suite d’une seconde annonce, il dira que lui, il ne se sent pas lié par la décision du président de la République. De nos jours encore, le recensement continue dans certaines zones du pays.


Aucune tête ne tombe et ne tombera parce que le président de la République est pris à son propre piège.


En effet, avec une gestion aussi opaque que celle des 700 millions de Rio Tinto, 15 millions d’Areeba et maintenant les 25 millions de $US des mines avec une implication quasi directe d’Alpha Condé et de ses proches, de quelles têtes à couper peut-il parler si ce n’est de la sienne ?

Tout le monde a suivi avec le plus grand intérêt la dernière sortie du président de la République se défoulant, avec un talent extraordinaire de comédien sur le dossier des 13 milliards du ministère des Finances, en disant haut et fort que des têtes vont tombée, non pas après les législatives, ni même avant, mais avant dimanche. On attend donc de voir de quelles têtes il s’agit.

De la même manière qu’il a demandé d’attendre six (6) mois au-delà de sa prise de fonction, et puis début 2012 et enfin juin 2012 pour avoir des résultats sur sa gestion des affaires, Koro Alpha promet des choses dimanche tout en oubliant que dimanche est déjà là.

Monsieur le Président, il ne sert à rien de nous radier un planton pour avoir transporté du courrier ou une secrétaire pour avoir saisi et imprimer un document au niveau du ministère des Finances pour nous montrer que des têtes sont tombées.


Pour une question de crédibilité pour vous et votre gouvernance,
il faut que la tête de Kerfala Yansané tombe
et il faut situer le peuple de Guinée sur ces fameux 25 millions de dollars US
ou bien c’est la vôtre qui risque de tomber sous peu de temps.


Ahh Gondwana City, Mamane si tu savais…


Mamadou Barry
Analyste financier


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Commentaires  

 
-1 #5 Patriote 13-06-2012 12:52

Youssouf Bangoura,
Je suis désolé mais vous n'avez pas donné de preuve. J'ai horreur du discours et des supputations. Encore une fois donnez-moi les preuves et ne perdons pas de temps inutilement.
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+1 #4 Youssouf Bangoura 12-06-2012 11:58

Patriote, aucun document financier en provenance de ministère des finances, ne peut sortir de l'argent à la Bangue centrale sans la signature de Kerfalla Yansana et de Lounceny Naby, je ne suis pas expert, mais je sais pertinement de quoi je parle . Tout document financier établi au ministère des finances ou ailleurs passe par une des divisions, une des directions, chez le chef de cabinet ou chez le secrétaire général avant d'atterrir chez le ministre et à chaque passage il y a une signature ou des signatures. C'est un véritable parcours de comabattant avant qu'un document sorte du ministère des finances pour aller à la BCRG. Tous ceux qui connaissent le fonctionnement administratif de la guinée, savent que Kerfalla yansana et lounceny nabé sont impliqués dans cette tentative de detournement . C'est vraiment idiot de la part d'Alpha de croire que les Guinéens vont l'applaudir en sactionnant de planton ou de sécrétaire à la place du ministre et de gouverneur BCRG .
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+2 #3 Patriote 11-06-2012 00:13

Youssouf Bangoura,
Moi je suis comme Thomas c'est-à-dire que je ne crois que ce que je vois. Tant que des preuves n'auront pas été données de l'implication des deux que vous citez, rien ne pourrait me convaincre à accepter qu'ils soient limogés. Je ne juge pas par passion mais par réalisme. Je ne jure que par la loi. Cela ne veut pas dire que je disculpe Kerfalla Yansané et Louceny Nabé ou que j'enfonce les premiers incriminés.
Enfin, la différence entre vous et moi est que vous vous êtes pour Alpha alors que moi je ne suis ni pour Alpha, ni pour ses adversaires. Je suis et je reste neutre. C'est là que je me sens bien.
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+2 #2 Youssouf Bangoura 10-06-2012 23:28

Patriote, je supporte Alpha Condé mais, pour qu'il soit crédible, il faut forcement que et Kerfalla Yansané et Louceny Nabé ( gouverneur BCRG ) accompagnent les limogés . C'est quand même incroyable qu'un simple planton qui ne signe aucun document financier soit limogé, alors que les Directeurs nationaux, les conseillers et le ministre soient maintenus .
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+3 #1 Patriote 10-06-2012 12:48

Tous les guinéens épris de paix et de justice devraient exiger que Alpha s'explique pubiquement sur cette affaire de 25 millions de dollars. S'il le faut une enquête indépendante pour la clarifier. C'est notre droit le plus absolu.
Par contre, Mr Barry avez vous les preuves de votre accusation contre Kerfalla Yansané pour que sa tête tombe ? Pour moi, seule une justice impartiale pourrait situer les responsabilités.
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