Gestion du pouvoir : La tribalisation du débat dépasse l'entendement !

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Depuis l’arrivée d’Alpha Condé aux affaires, on ne le dira jamais assez, la Guinée est divisée dans les actes de tous les jours de l’administration publique et aussi et surtout dans le mode même de conception de la notion de nation.

Sans avoir besoin de revenir sur les différents Manden nés de la conception du Président de la République, il a été question de faire des distinctions entre les ressortissants même de la Haute Guinée pour faire apparaître les vrais du Manden et les autres, à travers les noms de familles.

L’administration guinéenne est à cette image aujourd’hui, entraînant ainsi de fait la mise en place de classes et donc de privilèges entre les tenants de ce pouvoir qui est de plus en plus vu par les observateurs comme étant la base d’une division certaine au sein de la nation guinéenne.

Au moment où il est question de réconciliation nationale dans un pays divisé, les actes de tous les jours montrent qu’une partie du pays a droit à tous les égards pendant que l’autre moitié est considérée comme étant une catégorie de seconde zone.

Dans cette course à qui va avoir quoi dans le partage du gâteau, le repli identitaire fait rage dans les coulisses du pouvoir, et cette guerre se répercute automatiquement et inévitablement sur le comportement et les actes des citoyens qui ne voient désormais dans les postes de responsabilités que des trésors attribués à des groupes ethniques et non à des cadres compétents pour l’accomplissement d’une mission bien définie.

Ainsi, l’opinion nationale et internationale a vécu avec la plus grande stupéfaction, le mouvement de soutien de la communauté Konia au profit de Loucény Camara à la tête de la CENI. Il est question de faire comprendre à qui le veut que le poste n’est pas à négocier, il appartient à Lousény Camara non pas parce que la loi le veut ainsi, mais juste parce qu’il appartient à la communauté Konia et que de ce fait, il n’est pas question de changer cela parce qu’apparemment, cette attribution vient du domaine de la divinité.

Il nous souviendra qu’avant cet acte qui foule au sol la notion même d’impartialité et d’impersonnalité de l’administration et des institutions républicaine. Il avait été question à un moment donné d’une certaine nomination à la direction de la Sotelgui qui a tout simplement été refusée par la communauté mandingue, en faveur d’un de ses cadres, sans jamais prendre en considération les intérêts de l’entreprise et donc de la gestion des fonds du contribuable guinéen.
 

banderole_MJA_03

Depuis l’annonce par l’opposition guinéenne de marcher dans les jours à venir sur l’axe Matoto – Madina pour finir sur l’esplanade du Stade du 28 septembre, les actes de dissuasion se multiplient au niveau du pouvoir avec des menace à peine voilées. Ainsi on voit au niveau des différents ponts entre la casse et la mosquée Fayçal en passant par la SIG Madina
, des banderoles du Mouvement J’Aime Alpha (MJA) pour le soutien aux actions d’Alpha Condé. Le plus surprenant dans ces banderoles, c’est d’en remarquer une particulière qui est issue de la Jeunesse Dialonké, qui montre son soutien au Président de la République.

Le constat est plus qu’inquiétant parce que nous avons franchi un pas qui est dangereux pour la survie de la nation guinéenne. Si au moment où le Président de la République se dit Président de tous les Guinéens, alors qu’il a tous les problèmes du monde à mettre cela en pratique, il est clair que le soutien montre à l’évidence que la tribalisation est totale.

Jamais de mémoire d’hommes, un groupe ethnique n’a montré, avec autant d’engagement, son soutien à un leader, à plus forte raison à un Président de la République. Il est sous l’entendement qu’un groupe de jeunes, de femmes, de corporations, d’associations et autres, peut apporter sont soutien à l’action du Président de la République. Mais au sein de ces organisations et structures, toutes les sensibilités ethniques et régionales y sont représentées. Mais lorsqu’on se retrouve avec des Konia et des Dialonkés qui expriment leur soutien à un parent qui occupe des postes de responsabilité au sein de la République, il y a de quoi se poser des questions sur la cohésion du tissu social.

Voilà les conséquences des dérives tribalistes que le Président de la République a instaurées dans le pays et qui risque de faire plus de dégâts dans le pays que prévu, et cela au sein même de l’appareil étatique lui-même.

A force de jouer avec le feu, il n’y a pas de doute et aucun risque de se tromper, les doigts de son auteur vont brûler tôt ou tard, si ce n’est lui-même.

Un homme averti en vaut plusieurs !


Mamadou Barry
Analyste financier


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Commentaires  

 
+5 #2 Traoré 31-05-2012 13:09

En guinée,il y aura toujours des victimes pour lesquelles JUSTICE ne sera jamais rendue à cause d'un petit groupe criminel au sein de l'entourage présidentielle,voila pourquoi pas d'élections législatives tant que cette CENI est en place.NB:Le régime de Pr Alpha Condé est le système de contéisme sans conté,car les 87% des anciens compagons corrompus du régime de feu conté sont aujourd'hui avec le pr Alpha Condé.
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+6 #1 kaba 31-05-2012 11:39

Je suis totalement d'accord avec votre analyse. Tous les guinéens sont responsables et au premier chef nos leaders. Or nous avons la malchance de vivre dans un pays où le leadership n'est pas basé sur la force des idées. Il faut te promener dans les différentes organisations privées ou publique, c'est des familles, des tributs ou des ethnies.
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