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Critique et gouvernance démocratique
Moussa Bella Barry Mercredi, 23 Mai 2012 15:12
Je sais que le fanatique voit toujours la critique comme une insulte. A défaut de pouvoir censurer sur la toile, l’intolérant démontre son mauvais caractère par un sentiment débordant d’invectives sur tout jugement qui ne cadre pas avec sa vision des choses. Mais enfin ! La critique doit avoir toute sa place dans une bonne gouvernance démocratique, c’est d’ailleurs souhaitable.
Avant de développer mes idées, je commence par une citation de François Marie Arouet qui disait du politicien à peu près ceci : « Le vrai politicien est celui qui joue bien et gagne avec le temps, alors que le mauvais politicien est celui qui n’est doué que dans les tromperies, ce genre de politicien se découvrira tôt ou tard. »
L’aphorisme de François Marie Arouet ci-dessus peut se transcrire à la gouvernance démocratique en ces termes : ne peut pratiquer la culture de la gouvernance démocratique que le politicien qui défend bien la démocratie et perçoit le label de démocrate avec le temps, alors que le mauvais démocrate est ingénieux aux tromperies. Ce genre de politicien se découvrira tôt ou tard, car il est contre le dialogue et la confrontation des concepts pour trouver un consensus au profit de l’intérêt général.
La tentation d’organiser des élections boiteuses et des coups d’états militaires dans notre sous-région, complique davantage la situation en Guinée. Mais c’est un devoir citoyen, de s’opposer par tous les moyens légaux à l’arbitraire. Je trouve qu’il est tout à fait incorrect d’appuyer un soi-disant argument que l’Afrique est récalcitrante ou inappropriée à la culture de la démocratie. C’est avéré que la culture démocratique joue partout un rôle fondamental, à la fois dans l’identité et à la stabilité des sociétés, mais aussi dans le développement humain et économique.
La culture démocratique est épanouissante, elle libère les forces créatrices dans une société. La culture de la démocratie trouve son fondement dans la politique de la tolérance. Et la tolérance pondérée est une partie intégrante des cultures africaines. Pour ce faire, notre leadership doit jeter du lest l’idéologie clanique (de division), contraire à nos mœurs, pour s’ouvrir à l’éducation démocratique.
L’expérience montre que les valeurs de la tolérance sont aussi importantes dans la politique que dans la religion, tandis que l’intolérance est vue comme du mépris. La mésestime de son voisin est la source de toute dissension. C’est dire que la culture de la tolérance réserve un rang décisif dans l’échelle des relations inter-, et intracommunautaires.
C’est par la soumission et la flatterie que nous fabriquons nos dictateurs. Je suis contre l’avis que nous sommes au seuil imminent de l’effondrement du totalitarisme chez-nous, en s’appuyant sur l’argument que la dictature est minée par ses propres contradictions dans un monde digitalisé. Au lieu de spéculer sur l’échec de la dictature, nous devons nous émanciper de toute position partisane ou d’obédience à des intérêts égoïstes. Nous devons plutôt nous organiser politiquement, batailler pour l’intérêt général et nous éduquer aux principes démocratiques. Nous devons défendre, sans compromis, toutes les réformes de l’Etat qui tendent au changement démocratique, et s’investir de manière véhémente contre la dérive sous toutes ses formes. Des discussions-débats sur la démocratie et le suivi permanent de l’instruction civique du citoyen sont vitaux dans nos quartiers et villages.
Crise anormale permanente de la CENI ou affront pour les pouvoirs publics
Avec balafon et flûte, le président de la CENI nous déclarait que les élections législatives auraient lieu le 8 juillet 2012. Mais il n’y a aucun doute aujourd'hui que cette CENI actuelle était inapte à tenir des élections transparentes à la date indiquée. Alors, il est apparu au grand jour le scandale au niveau de la CENI. Cette fois-ci d’ailleurs le président de la République et ses opposants sont tombés d’accord sur ce point. Un consensus, même s’il n’est pas issu d’un dialogue politique.
Les responsables de la CENI et les pouvoirs publics nous avouent que les préparatifs des élections ne sont pas seulement fantaisistes, mais qu’aussi, la date du 8 juillet était de la menterie. Malgré toutes ses carences, certains Guinéens continuent à jurer la fidélité à cette institution des incapables qui mènent le pays tout droit à la confrontation fratricide.
Pourtant ce scandale de la CENI constitue un argument suffisant aux pouvoirs publics, pour renvoyer tous les membres de l’institution pour faute lourde, afin de permettre à l’institution de se restructurer. Jurisprudence à la guinéenne ! Non, messieurs les conseillers inamovibles toujours en service à Sékoutoureya ? Il faut noter que le président de la transition nous avait octroyé, en son temps, par l’incapacité de cette même institution, un Malien à la tête de la CENI.
Vous vous rendez compte : c’est d’abord peu de temps avant le 8 juillet et contre tous les sceptiques, que finalement tout a fini par se savoir : la CENI en son état est incapable de tenir des élections transparentes. C’est incroyable. Ceci montre comment la logique suivie par la CENI et ses supporteurs a été loin de la réalité du début jusqu’au bout. Après le diagnostic de ses déclarations farfelues on s’aperçoit nettement que l’incapacité de tenir des élections transparentes par cette CENI-là est pire que l’on pouvait s’imaginer.
Il se peut que, la CENI ait trompé les pouvoir publics. Mais en fin de compte, ce sont les pouvoirs publics qui portent la responsabilité. Faire un mot d’autocritique aurait été absolument indiqué en pareille circonstance. Mais qu’ils admettent une erreur ou pas : l’ignominie ne va pas purger leur biographie politique.
Quels enseignements peut-on tirer sur la CENI guinéenne ?
La structure de la CENI actuelle a en réalité tous les ingrédients d’une insidieuse confrontation entre Guinéens. Ceci n’a rien à voir avec une institution consensuelle au-dessus des partis. La CENI, en son état actuel, est incapable de préparer et de mettre en œuvre une élection transparente. Cependant que la condition sine qua non d’une démocratie apaisée est la transparence.
Pourquoi débarrasser le pays de cette CENI ?
Parce qu’il est inutile de continuer cette perpétuelle confrontation fratricide qui ne provoque qu’inquiétude et désolation dans le pays. En plus, une élection bancale complique la rupture des dysfonctionnements sociaux susceptibles de satisfaire les changements nécessaires. Cette CENI préfère prendre le pays en otage pour des intérêts particuliers.
Appel :
A tous ceux qui sont pour le salut de la patrie et de son peuple, qui croient à la culture de la bonne gouvernance démocratique ;
A ceux qui sont contre la justice aux ordres, contre l’oppression sous toute sa forme ;
A ceux qui ont le but de l’égalité dans le sens de la canarderie et de la solidarité, le respect réciproque et la convivialité ;
Vous pouvez obtenir efficacement ces vertus précitées en faisant vôtre, le credo, selon le mérite, que tous les Guinéens sont égaux en droit et devoir sans distinction de gender (sexe), de région et d’appartenance communautaire ou de croyance.
Moussa Bella Barry








