AC répète les mêmes erreurs que ses prédécesseurs : L’opposant n’est pas un adversaire d’idées mais un ennemi

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CAMARA_Naby_Laye_3_01L’interview du chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, sur Radio France Internationale, le 18 mai dernier, a été jugée différemment par les Guinéens. La mouvance présidentielle et tous les sympathisants du président, auraient bien apprécié les réponses de l’homme de « Sékoutouréya Â». L’opposition, de son côté, aurait trouvé les réponses du président boiteuses et vides de tout sens.

Il y a toujours une différence fondamentale entre « Ã©couter pour comprendre Â», et « écouter pour répondre Â». En général, la personne qui écoute pour répondre, répond toujours mal ou de façon inadéquate. Car, cette personne a déjà des réponses pendant que son interlocuteur parle. Elle a des préjugés. Elle écoute juste pour réagir. La suite, il n y aura pas de communication. Et quand il n’y a pas de communication, c’est le blocage.

Par contre, la personne qui écoute pour comprendre, a toutes les chances de donner vie à la communication. Elle met les préjugés de côté, et se fixe pour objectif de comprendre ce que veut expliquer son interlocuteur. Et nous le savons tous, quelles que soient les différences entre les protagonistes, l’espoir d’un accord est toujours là quand il y a la communication.

Les déclarations du président guinéen pendant l’interview qu’il a accordée à RFI, je les ai écoutées dans le sens de la compréhension. Ecouter pour comprendre, et ensuite, réagir. Et pendant mon temps d’écoute, j’ai noté que le président Alpha Condé commettait les mêmes erreurs que ses prédécesseurs : Sékou Touré et Lansana Conté. Je ne cite pas Dadis Camara et Sékouba, pour la simple raison qu’ils étaient des « transitaires Â» et non des présidents.

Pendant cette interview, Alpha Condé déclare qu’il est le garant de l’unité de la nation guinéenne. Que son rôle se limite là. Â« L’élection des députés, si elle n’est pas organisée jusque maintenant Â», poursuit le chef de l’Etat guinéen, « c’est parce que l’opposition met des obstacles Â». Et lorsque le journaliste lui pose la question à propos de son intervention, le président est clair là-dessus : Â« Je suis le chef de l’Etat. Mon rôle est de garantir l’unité de la nation. Le problème qu’il y a doit être résolu entre les partis politiques Â». A rappeler que le problème principal du désaccord entre les partis, c’est bien autour de la personnalité de Lousény Camara, actuel président de la commission chargée d’organiser les élections. L’opposition douterait de son impartialité pour mener à bien une tâche aussi importante que celle d’organiser les élections. La tâche est si importante que l’unité de la Guinée en dépend.

Si le président est le garant de l’unité nationale, c’est bien. Mais comment obtient-on cette unité nationale ? Ce n’est pas par la théorie, c’est par le réalisme, cher président. Vous pouvez résoudre ce problème lié aux législatives en un court laps de temps.

La constitution guinéenne vous donne assez de pouvoir. Et ça, vous le savez. Vous le saviez aussi avant votre élection. Ce n’est pas pour rien que vous vouliez que les présidentielles précèdent les législatives. Compte tenu de la carence démocratique en Afrique, en général, un président élu avant les députés, a toutes les chances de mettre la main sur tous les appareils de l’Etat : les gouvernorats, les ministères, les préfectures, les sous-préfectures, et même les mairies, etc. Parce que de cette manière, la marge de manÅ“uvre pour corrompre est plus facile. La preuve, vous le dites vous-même, que les ralliements et les défections en votre faveur sont les bienvenus.

Monsieur le président, le blocage actuel de la Guinée autour des législatives est dû à votre positionnement préétabli : ne pas céder aux adversaires d’idées que vous considérez comme des ennemis. Vous n’aimez pas les contradictions d’idées. Sékou Touré et Lansana Conté en ont bien donné des preuves. Ils ont réussi leurs actions, mais la Guinée a perdu. Vous réussirez votre action, mais la Guinée en sortira perdante. Au lieu de donner des conseils politiques au président de la Côte d’Ivoire, Alassane Outtara, vous feriez mieux d’en donner quelques uns seulement à Monsieur Lousény Camara. Vous auriez, à ce moment-là, entrepris les premiers pas vers l’unité nationale de la Guinée.

Ce point est fondamental.


Naby Laye Camara
Bruxelles


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Commentaires  

 
0 #11 Gandhi 23-05-2012 18:28

Vous avez parfaitement raison Youssouf, AC ne peut pas démettre Louncény Camara de son poste, sauf s'il est d'accord avec l'opposition pour constater son incompétence, le caractère illégitime de sa nomination (personne ne m'a envoyé le PV de sa nomination, ni la liste des 4000 militaires retraités - Y a t-il quelque chose à cacher ?), ou du fait du blocage politico-institutionnel. Si AC ne prend pas ses responsabilités, on devra attendre la fin du mandat de la CENI, mais cela risque d'entrainer au loin le scrutin législatif.
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-1 #10 Mick mack Camara 23-05-2012 18:04

Quand AC, entre les deux tours, a constaté des dysfonctionnements au sein de la CENI, qu'a t-il fait?
Il a tout simplement Exigé à ce que la CENI les corrige.
A t-il demandé le remplacement du président de la CENI, ou d'un quelconque membre de la CENI? Non. Et pourtant son parti était minoritaire à la CENI.
Entre les 2 tours qui était majoritaire à la CENI ?
Que l'opposition demande une répartition paritaire et qu'elle fasse tout pour l'obtenir est de bonne guerre.
Que l'opposition demande le réaménagement des pouvoirs du président de la CENI, est aussi de bonne guerre.
Mais demander la tête de Lounceny Camara, est un faux débat.
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-1 #9 Comolam 23-05-2012 17:02

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Sylla, qu'a donné le dialogue entre les partis politiques ? Des décisions non suivies d'effets, alors que des accords avaient été trouvés, car une seule personne décide en Guinée. Et s'il ne se passe rien, il en est responsable. CQFD. Par ailleurs, il n'est pas le président de tous les Guinéens, puisqu'il est le président du RPG, ce qui est pourtant formellement interdit par la constitution (article 38). Un juriste qui se prétend professeur de droit et qui est le premier à bafouer le droit ne doit pas s'étonner de ce qui arrive en Guinée.

Comment expliquerez le renvoir de Lounceny sans violer la Loi à sont article 013? Que dite vous du gele de l'article 162 de la CENI? Si je me trompe vous serez légaliste, aidez-moi comprend!
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+1 #8 Ibrahima MBemba SOW 22-05-2012 16:17

Belle analyse de M. NL Camara pour peu que l'on puisse imaginer le PRG AC dans un rôle effectif de "président de tous les guinéens" et non celui de "chef d'un Etat ethnocentrique" qu'il incarne inlassablement depuis début 2011. A l'image de ses précédentes sorties médiatiques, cette dernière interview d'AC ne fait qu'illustrer davantage sa stratégie politique de "cynisme mensonger et trompeur". En réalité, ce qui le distingue plus de tous ses prédécesseurs, c'est qu'AC, lui, fait et fera tout pour ne pas se mettre à dos l'opinion internationale et ce, y compris au prix d'efforts de désinformation médiatique chèrement monnayés. Le blocage du processus électoral n'est heureusement pas lié qu'à la seule personnalité certes controversée de l'actuel président de la CENI, tout un ensemble d'actes politiques et de manoeuvres équivoques posés par AC et son administration ont abouti, de fait, à jeter de raisonnables doutes sur la volonté réelle de l'Etat à se plier aux règles démocratiques d'organisation des élections législatives telles que prévues constitutionnellement sous l'égide d'une CENI paritaire et neutre. Ce n'est donc pas parce que l'Opposition Crédible ne s'y prend pas toujours avec le maximum d'efficacité qu'elle pourrait en matière de communication, qu'il faudrait tomber dans le "piège" de la désinformation. AC se placerait tant soit peu "au-dessus" de la mêlée des enjeux éthnico-électoraux ambiante, que les guinéens auraient déjà pu élire leurs députés de manière libre, transparente et crédible. Quant au dialogue d'ouverture qui s'impose, il devrait réunir tous les (vrais) leaders des grands blocs politiques en jeu, dont AC qui préside indéniablement le RPG-Arc-en-ciel, malgré son statut de chef de l'Etat. Tout le reste n'est évidemment que surenchères politiques et/ou maneouvres dilatoires qui tromperont de moins en moins de monde.
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+1 #7 Kaba 21-05-2012 19:31

Mr Youssouf Bangoura,il faut retenir qu'la présence de Loucény Camara n'est rien d'autre qu'un signe de tension doit le pays n'a pas besoin,et pour être réaliste sa personne n'est plus crédible pour organiser les élections transparentes en guinée.Alors pour éviter la violence,l'actuel président de la CENI doit partir.
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+1 #6 kalil diallo 21-05-2012 18:29

alpha est autant mal elu que louceny camara ,le vieux est certain qu´il n´a jamais eté elu il ne fait que se faire semblant . comment voulez vous que ce vieu organise une election differente a la sekou toureenne
il n´est president que pour partie de la guinee il en restera ainsi et toute la guinee sera perdante ,la haine ne lui montrera jamais le bon chemin et certaines choses qu´il pense ne seront plus possibles ainsi ira lla guinee .
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+1 #5 Youssouf Bangoura 21-05-2012 13:54

C'est pas Alpha qui a nommé Lounceny camara, ce dernier a été élu par ses camarades de la CENI . Alpha continue à repeter qu'il est minoritaire à la la CENI, ceux qui protestent aujourd'hui, n'ont jamais voulu au depart que cette institution soit réorganisée, car, à l'époque, ils étaient sûrs de leur victoire . Alpha Condé n'a aucun droit à demettre Lounceny de sa fonction, s'il le fait, il aurait outrepasser ses droits .
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+2 #4 Gandhi 20-05-2012 23:18

Sylla, qu'a donné le dialogue entre les partis politiques ? Des décisions non suivies d'effets, alors que des accords avaient été trouvés, car une seule personne décide en Guinée. Et s'il ne se passe rien, il en est responsable. CQFD. Par ailleurs, il n'est pas le président de tous les Guinéens, puisqu'il est le président du RPG, ce qui est pourtant formellement interdit par la constitution (article 38). Un juriste qui se prétend professeur de droit et qui est le premier à bafouer le droit ne doit pas s'étonner de ce qui arrive en Guinée.
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+2 #3 Naby Laye Camara 20-05-2012 18:59

M. Sylla Démocrate.Je n'ai jamais dis, dans mon article, que le président est au dessus de la Constitution. J'ai dis que le président Condé est responsable du blocage actuel. C'est-à-dire, vu le type de régime présidentiel guinéen, le chef de l'Etat à suffisament de pouvoirs légaux et démocratiques pour contribuer à la résolution des conflits. Il doit pas s'immiscer dans les affaires de la CENI, mais il peut contribuer à ce que le dialogue soit la principale valeur dans la résolution des désaccords. Il a déclaré qu'il est le garant de l'unité nationale, ce qui est juste. Mais il doit agir, car, cette unité est ménacée. M. Sylla Démocrate, nous le savons tous, que dans la CENI, la passion a pris le desssus sur la raison. L'unique personnalité capabe de créer une ambiance raisonnable dans la CENI, aujourd'hui, c'est bien le chef de l'Etat. Et comment? Par un dialogue franc dans l'intérêt de la nation. Sékouba qui a méné la transition juqu'aux présidentielles, a usé de ses prérogatives de chef de la transition en résolvant le même problème et, autour de la même personne, Louceny Camara. Sékouba a trouvé qu'il fallait une peronnalité étrangère pour diriger la CENI. Et cela avait bien marché. Ce geste de Sékouba était-il une forme de se mettre au dessus de la Constitution? J'espère que non, M.Sylla Démocrate.
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-3 #2 Sylla democrate 20-05-2012 16:11

Belle tentative. Mais de quel droit le President doit s'immiscer dans les affaires de la CENI. Je crois que tu fais egalement autant d'erreurs que Sekou Toure et Lansana Conte en croyant que le President doit se considerer au dessus de la constitution. Je pense qu'il a parfaitement raison de dire partout ou besoin est qu'il est le president de tous les guineens. Ainsi, il appelle au dialogue entre tous les partis politiques.
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+3 #1 AOT Diallo 20-05-2012 15:15

Tres belle analyse jeune frère - 2 thumbs up !
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