Gestion du pouvoir : Une panique à la hauteur du désespoir !

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Le voile se lève désormais petit à petit sur la gouvernance du Professeur de droit, le Président démocratiquement élu, l’opposant historique qui revendique plus de 40 ans de combat politique pour l’avènement de la démocratie en Guinée.

Les derniers jours ont fait l’objet d’une démonstration de force de la part de l’opposition et d’une manifestation de la fébrilité, de la frustration et d’un manque de maîtrise et de sérénité de la part du pouvoir.

En effet, successivement, l’opinion nationale et internationale ont assisté à une démonstration rarement égalée de l’opposition, une répression aussi sauvage que barbare, des menaces de la part des caciques du pouvoir et enfin un recul de la part de ce même pouvoir.

Ce qu’il faut retenir de ce bras de fer, c’est que lorsqu’on est avec une tortue, il faut lui mettre le feu pour qu’elle comprenne le sens des mots :

    1. La démonstration de force : Le pouvoir redoutait cette force et c’est la raison pour laquelle, dès l’annonce de la marche, les émissaires d’Alpha Condé sont venus de partout pour tenter de dissuader les acteurs de cette marche, à travers des engagements, disons, pour gagner du temps. Mais à force de crier au loup, plus personne n’y croit, et ce pouvoir n’a plus aucune crédibilité devant le peuple de Guinée. La manifestation a donc vu le jour et le pouvoir a vu la puissance de feu.
       
    2. La répression sauvage : N’ayant eu aucun autre moyen de faire face à une telle mobilisation, le pouvoir a utilisé, encore une fois, les forces de défense et de sécurité, pour assurer une répression des plus sauvages. Dès vendredi 11 mai, alors que la décision avait été prise de consacrer ce jour à faire l’inventaire des dégâts et assurer le suivi des victimes dans les différents centres hospitaliers, les forces de l’ordre sont rentrées dans les quartiers. Au moment où je mets ce papier en forme, cette répression continue avec de nombreux blessés et un grand nombre d’arrestations, et certaines libérations ont été obtenues grâce au paiement d’une rançon de pas moins de 500 000 FG par individu.
       
    3. Les menaces du pouvoir : Comme pour réagir à cette démonstration, le pouvoir a décidé d’une rencontre au siège du RPG avec pour maître de cérémonie, le Président de la République, disons le Président du RPG. Là, Alpha Condé dira clairement à ses militants de ne plus se laisser faire. Le lendemain, à la faveur d’un meeting du RPG/Arc-En-Ciel à l’esplanade du Palais du peuple avec en vedette le ministre de la Jeunesse et le secrétaire général du RPG, qui ont repris, à quelques mots près, la même haine et la même incitation à la violence et à la bagarre. Désormais, c’est le pouvoir qui se dit démocrate et légaliste, qui prône la violence et la haine en traitant des leaders de partis politiques de l’opposition de loubards à la tête de partis de loubards.
       
    4. Le recul du pouvoir : C’est dans la plus grande surprise que les Guinéens ont suivi dimanche soir, sous la pression interne et externe et surtout sous la menace d’une marche le lundi 14 mai 2012, que le pouvoir, par la voix de la Présidence de la République, a annoncé l’arrêt immédiat et jusqu’à nouvel ordre, du processus de recensement sur l’ensemble du territoire national. Cet acte montre encore une fois que l’opposition avait raison de dénoncer ces actions unilatérales.

De l’indépendance de la CENI, le pouvoir en place crie haut et fort pour conforter cette indépendance de l’institution en charge des élections en Guinée, mais le constat est tout autre :

  • - C’est de la Chine en route vers les Nations Unies qu’Alpha Condé a demandé à Lousény Camara de fixer la date du 29 décembre 2011 pour les législatives, sans avoir parlé avec la CENI au préalable, et on connaît la suite ;
     
  • - C’est à la faveur du dialogue qu’Alpha Condé demandera à la CENI de suspendre ses activités le temps de finir le dialogue, sans au préalable consulter cette CENI ;
     
  • - C’est à la face du monde qu’Alhassane Condé a dit que les législatives auront lieu au mois de mai 2012, sans l’avis de la CENI qui doit proposer ;
     
  • - C’est avec la plus grande contrainte qu’Alpha Condé, reconnaît que la date du 8 juillet ne tient pas pour des raisons techniques et demandera à la CENI, qui est indépendante, de revoir sa copie ;
     
  • - C’est à la suite de fortes pressions qu’Alpha Condé, par la voix de son porte-parole, Kiridi Bangoura, décide de suspendre les opérations de recensement sur l’ensemble du territoire national jusqu’à nouvel ordre.

Dans une forme de respect de l’indépendance de cette institution, Alpha Condé, en y mettant les formes, auraient pu voir Lousény et lui dire de prendre les dispositions qui s’imposent et lui laisser faire des annonces pour au moins prouver une certaine autonomie. Mais le monde a la confirmation que la CENI n’est qu’aux ordres du Président de la République.

La question qui reste désormais entière est de savoir si cette suspension vient du fait de la forte pression interne et externe, ou tout simplement de l’incapacité de la CENI à faire ce qu’il faut avec les kits de la Waymark ?

Dans tous les cas,avec la crise de confiance qui existe de nos jours entre l’opposition et le pouvoir, il est clair que tout le monde s’attend à un autre tour de magie d’Alpha Condé et de Loucsény Camara.

La morale de toute cette histoire est que les choses n’avancent, avec ce pouvoir, que dans un gros rapport de force et, comme sur une piste de danse avec un aveugle, de temps en temps il faut lui montrer qu’il n’est pas seul à vouloir danser.

Comme dit Alpha lui-même : « Le changement se fera ! Â»

Maintenant il faut se demander si nous avons tous la même définition et la même conception de ce changement qui doit s’opérer.


Conakry, le lundi 14 mai 2012

Mamadou Barry
Analyste Financier


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Commentaires  

 
0 #1 AOT Diallo 16-05-2012 16:05

Mignan Mamadou a bien raison: notre PPAC ne parle d’indépendance de la CENI que quand on lui parle de remplacer le Loup de la CENI - tout le reste du temps il décide et parle comme il veut sur son business...
Pourquoi bon sang ne pas prendre les décisions et le faire lire ensuite par ce corniaud, laissant au moins un peu d'illusion sur cette indépendance? Décidément les cancres autour du Boss sont encore pire que du temps de Fory coco..
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