Aux Guinéennes et Guinéens

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DIALLO_Nouhou_Badiar_3_01Le report des élections législatives était prévisible dans la mesure où les parties concernées n’étaient même pas dans la formule de leurs actions. Le MATAP, le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition/ADP et la Société civile doivent accepter de se rencontrer en vue de discuter des questions essentielles de notre politique nationale. Il faudra dans ces conditions, oublier les désagréments rencontrés ça et là pour engager des débats contradictoires inconditionnels et propres à baliser les voies qui touchent les différents domaines sectoriels de notre nation toute entière. Dès lors, il faut faire en sorte que les textes fondamentaux qui régissent la vie de notre jeune démocratie résultent d’un large consensus national, tout en étant conformes aux normes internationales. A cet effet, il faudra trouver une plateforme de dialogue et d’échanges d’idées car nous croyons que « du choc des idées jaillit la lumière Â».

En effet, la mise en place et la consolidation de la démocratie impliquent une mobilisation de tous les acteurs pour la recherche de solutions innovantes, en vue de prévenir ou de régler les crises comme celles qui, aujourd’hui, déchirent le tissu social et divisent l’échiquier politique de notre pays.

Avec l’organisation des élections législatives prochaines, si elles se déroulent dans la transparence et dans les conditions souhaitées par tous, la Guinée aura franchi l’une des étapes majeures de sa transition politique en cours. Dans cette optique, il faut que les acteurs politiques de notre nation acceptent de consentir un minimum de sacrifices pour s’entendre et surtout œuvrer pour la libération de la parole citoyenne par un dialogue franc et consensuel.

Il est vrai que le caractère tumultueux de la vie politique guinéenne de ces dix dernières années, marquées par des crises à répétition, des ruptures et d’éphémères transitions, a créé de sérieux doutes, des frustrations et une grande impatience au sein de nos populations dont une large partie reste confrontée aux difficultés quotidiennes de la vie, comme celles de :

- manger à leur faim,

- boire à leur soif,

- bénéficier des soins,

- travailler,

- se loger,

- s’habiller,

- nourrir honorablement leur famille,

- ne pas avoir peur des incertitudes du lendemain.

Bref, de vivre dans la dignité.

C’est pourquoi, certains en sont à se demander parfois l’intérêt des élections législatives et leur utilité face aux défis que je viens de vous citer ci-dessus ; qui touchent au plus profond la dignité des citoyens dans leur aspiration à accéder au bien-être individuel et collectif. En effet, ces défis auxquels sont confrontés les Guinéens des campagnes comme des villes, ne sont pas une fatalité, ils ne résultent pas uniquement de la crise économique mondiale qui handicape si lourdement notre pays, mais tiennent compte aussi des conditions générales de la mauvaise gouvernance qu’a connue notre pays depuis son accession à la souveraineté nationale.

En effet, les Guinéens ne doivent pas désespérer ni perdre leur foi, et doivent se lancer enfin à la recherche de leur voie avec une volonté ardente de doter leur nation d’une vaillante Assemblée devant régir et guider la vie dans notre grande maison commune qu’est la Guinée ; un pays attaché tout autant à l’universalité qu’ont ses cultures et traditions propres et dont les filles et fils sont, quoi qu’il arrive, désireux de vivre ensemble dans la paix absolue. En remplissant cette mission avec patriotisme et un sens élevé de responsabilité, et en ayant à l’esprit l’intérêt général, nos leaders auraient contribué à poser les nouvelles bases de l’Etat démocratique en Guinée suivant une démarche dont nous pouvons tous être fiers.


Nouhou Badiar Diallo
New York, USA


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Commentaires  

 
-2 #6 Comolam 07-05-2012 03:32

Citation en provenance du commentaire précédent de Mamadou D BAH:
Avoir une assemblée N. élue sur des bases claires que nombre de personnes ne cessent de revendiquer reste une vraie utopie en Guinée. N'oublions pas que ce report a une seule raison; contrairement a ce qu'on fait croire en apparence pour calmer les partenaires et garder l'objectif de l'atteinte du point d'achèvement PPTE, c'est puisque simplement la CENI ne dispose pas le fichier que SAGEM garde jalousement...Si elle avait ce fichier, Alpha n'aurait point fait ce battage médiatique qui cherche plutôt a amadouer les partenaires afin de faire pression sur SAGEM. A cette allure, une élection transparente n'est qu'une illusion pour ceux qui y croient encore. Wait-and-See

Je suis parfaitement d'accord avec vous Mr Bah, que la Sagem garde jalousement ce fichier, mais la question que je me pose, c'est le pourquoi ? Que ce cache dernière ce refus ? J'aimérais avoir votre avis la dessus!
Demander le départ d'AC, je ne sais pas de quelle manière avant la fin de son mandat! Je trouve trop simpliste, mais comme le ridicule ne tue pas , nous acceptons les raccourcies infantiles (lot)
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+3 #5 Ibrahima MBemba SOW 04-05-2012 18:48

Cher Gandhi, l'idée de recourir à "l'arbitrage" de la Cour suprême serait certainement une bonne carte à jouer pour l'opposition. Encore faudrait-il s'assurer que cette institution juridique censée être "indépendant du pouvoir exécutif", joue encore son rôle en Guinée d'AC. Je vous suggère néanmoins d'adresser une lettre ouverte aux principaux leaders de l'opposition dans ce sens. Bien à vous!
Cher AOT, merci avant tout de témoigner "sur site" de l'état de dégradation des conditions de vie dans le pays. AC que l'on dit "démocratiquement élu" pour 5 ans, ne partira pas du pouvoir, pas plus qu'il ne changera (de caractère ou de conception du pouvoir) d'un iota, en tout cas pas de son plein gré pour le bien du pays. L'unique voie de salut, s'il en existe encore, passera par des législatives transparentes et crédibles débouchant elles-mêmes sur une majorité électorale d'opposition capable de travailler, pour une fois, véritablement au service du redressement de ce pays laminé. Si cette volonté politique émerge au sein de l'A.N. où un collectif de députés patriotes peut réellement oeuvrer librement, AC ne pourrait plus que se conformer aux lois en vigueur ou être dénoncé tous les matins. Mais, c'est là que l'on atteint la quadrature du cercle: le manque de véritable cohésion au sein de l'opposition et le spectre ambiant de la corruption d'Etat dont les régimes guinéens se servent pour se jouer de nos institutions, rendent tout espoir de changement quasi utopique. Mais c'est faisable! Bien à toi!
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+2 #4 Mamadou D BAH 04-05-2012 03:41

Avoir une assemblée N. élue sur des bases claires que nombre de personnes ne cessent de revendiquer reste une vraie utopie en Guinée. N'oublions pas que ce report a une seule raison; contrairement a ce qu'on fait croire en apparence pour calmer les partenaires et garder l'objectif de l'atteinte du point d'achèvement PPTE, c'est puisque simplement la CENI ne dispose pas le fichier que SAGEM garde jalousement...Si elle avait ce fichier, Alpha n'aurait point fait ce battage médiatique qui cherche plutôt a amadouer les partenaires afin de faire pression sur SAGEM. A cette allure, une élection transparente n'est qu'une illusion pour ceux qui y croient encore. Wait-and-See
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+1 #3 Gandhi 02-05-2012 23:54

Tous ces organismes se sont déjà rencontrés et ont déjà pointé tous les problèmes sur lesquels il y a consensus, et ceux qui clivent. Il manque la volonté politique du pouvoir d'accepter les règles, telles qu'elles existent et sont connues de tous. Il manque à l'opposition le courage de solliciter la Cour suprême pour qu'elle dise le droit, qui ne souffre aucune contestation. D'ailleurs, on pourrait tirer de l'interprétation des textes, la possibilité pour la Cour de donner des avis sur ces textes.
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+3 #2 Patriote 02-05-2012 22:51

Mr Badiar, je regrette mais il n'y a plus de société civile chez nous. C'est à refaire.
Mr AOT quand vous parlez du départ du PPAC comme une des deux alternatives à la solution du problème guinéen, c'est quand et comment tout en restant dans la légalité ? Fraternellement !
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+3 #1 AOT Diallo 02-05-2012 17:27

Mr Badiar votre discours est très juste et beau mais il ne cadre pas du tout avec ce qui se passe ici; tous ceux qui vivent ici savent que les législatives ne changeront RIEN a la vie de galère des guinéens d’aujourd’hui:
- Soit l’assemblée est majoritairement RPG et alors nous aurons l’équivalent du CNT actuel, une boite a 1005 oui-oui-oui...
- soit l’assemblée est majoritairement opposition et alors elle se plaindra comme l'opposition actuelle mais le PPAC fera ce qu'il voudra et personne ne pourra rein faire pour l'en empêcher, système présidentiel absolu oblige.
La seule solution est un changement radical du PPAC ou son départ pour tenter un nouveau changement...
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