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Allah yé Sô Doûma!

Tutankhamon Barry  Vendredi, 27 Avril 2012 14:04

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BARRY_Tutankhamon_01Le problème en Guinée, ce n’est plus la souffrance qui est devenue universelle. Nous attendons tous notre dose de Takula anun kansi* pour pouvoir passer la journée et faire face à la canicule. Mars et avril en Guinée, c’est comme au 7e siècle arabe… Le grand changement : aujourd’hui les prières, pour un lendemain meilleur, se font dans la langue de Camara Laye**. Voilà une preuve de changements pour ceux qui en espéraient autant. Même dans le quartier chaud de Hamdalaye, il n’est plus surprenant d’entendre une voix prendre une intonation dolente et uniforme: Allah yé sô doûma***! Preuve s’il en était, que la souffrance est partout autour de nous. Le problème, c’est la surdité complète du gouvernement Alpha Condé face à ces infortunés. C’est vrai que la souffrance fait partie intégrante de la vie. Mais quand elle est causée par une absurdité qui révolte, un manque de vision politique, nous avons tous le droit universel (peu importe qu’on soit pseudo-tutsi, soussou ou landouma) de crier et d’exprimer notre souffrance. La règle d’or de tout gouvernement est de ne pas faire la sourde oreille aux
questions relatives aux peuples. Le problème, c’est le peuple. Le peuple est le problème. Un gouvernement qui ne peut pas faire face au problème du peuple n’a pas sa raison d’être. Demande à Ben Ali, il te dira que la dictature n’a plus de place au 21e siècle. Tout retard, tout problème administratif comme celui de la restructuration de la CENI sont des pas perdus pour le peuple. Les élections législatives sont un droit fondamental. Tout peuple a droit à une
«représentation effective». Une Assemblée Arc-en-ciel ne fera pas l’affaire des Guinéens. Je le répète, c’est de la pédagogie, que quand le peuple n’a plus confiance en un gouvernement pour assurer sa sécurité et son bien-être commun, ce gouvernement n’a plus de raison d’être. La Guinée est en face d’une bande d'incapables qui se servent d’une ethnie comme « bouc émissaire » pour tous les problèmes de la société. Une simple façon de fuir le vrai problème guinéen : l’eau, l’électricité, la nourriture et la justice. Paul Rusesabagina était un pseudo-tutsi, mais ça ne l’avait pas empêché de protéger 1268 Tutsis et Hutus modérés dans un hôtel à Kigali tout simplement parce qu’il faisait partie des chanceux (être à la bonne place au bon moment). Il n’avait pas eu peur de faire face au problème de son pays. Ainsi, il avait, à lui seul, sauvé des milliers de vie. L’essentiel ce n’est pas l’unité d’une région ou d’une ethnie, c’est l’unité de tout le peuple de Guinée. Une et indivisible, pour faire face à la mondialisation mais la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu.


Barry Tutankhamon


Notes:


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