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C’est la honte
Mohamed-Kaba Sow Lundi, 02 Avril 2012 16:43
Si j’étais prophète, j’aurais demandé à Dieu de faire briser tous les miroirs ou objets reflétant l’image de celui qui se tient au-devant pour éviter aux Guinéens, de découvrir la raison qui les condamnerait à être indexés à travers le monde, étant donné le déni de la honte qui couve cette nation, notre nation. Être guinéen est devenu pour beaucoup d’entre nous une honte. Non par naissance, mais par imposition orchestrée par la junte spirituelle qui s’est accaparé du pouvoir et a séquestré la vérité. Je ne vois pas un Guinéen épris de justice, d’honnêteté, d’amour pour son pays, ne pas avoir honte de ce que le pouvoir en place montre aujourd’hui au monde moderne. Des prédateurs politiques hissés au sommet de l’État se livrent la compétition à savoir, qui d’entre eux sera le mieux récompensé pour avoir infligé des actes déshonorants et douloureux aux forces vives, qui œuvrent dans le sens de faire émerger la République de Guinée de son 3e traumatisme de la 3e République pilotée par le Professeur président Alpha Condé, qui n’a rien à secouer de ce que pensent les autres de la Guinée, pourvu qu’on le laisse se gaver de la peine du peuple. Aujourd’hui, toutes les délégations qui viennent à Conakry pour des missions officielles, repartent avec une dose d’ironie prononcée. J’en sais quelque chose. C’est la honte! Yâgui naara, Maloyà lé, Hino Hersinî.
Le monde nous regarde, tout le monde sait ce qui s’est passé en République de Guinée durant la 1ère, la 2e et depuis le début de la cette 3e République. Notre président qui n’a aucune vision s’entoure des pires membres prédateurs de la première, deuxième et troisième République et crie haut et fort le changement. Oui il y a bel et bien un changement de côté de la même pièce. C’est la honte.
Regardez les autres pays de la CEDEAO. Le Togo exporte ses excédents alimentaires grâce au soutien de l’Europe et de la bonne gouvernance. Regardez la Côte d’Ivoire. La réconciliation est lancée et le parti politique FPI de Laurent Gbagbo qui était réticent, a rejoint les rangs de la nation ivoirienne grâce au dialogue constructif du gouvernement ivoirien. Regardez le Sénégal. Voyez-vous ce qui s’est passé au Sénégal tout récemment ? C’est la fierté. Ils iront aux législatives avant la Guinée. Là -bas, ce n’est pas un gouvernement de magouilleurs. C’est un État dans le vrai sens du mot. Chez nous en Guinée, nous gobons la honte. Mais, tout ça ne vaut pas la peine car la honte n’existe pas au sommet de l’État. Ce ne serait pas ainsi, il n’y aurait pas la décision d’une commission électorale sous la baguette de l’exécutif d’exclure les Guinéens de la diaspora des élections législatives. Tous les pays du monde entier font obligatoirement voter tous leurs citoyens dans le monde entier. Aucune restriction ne devrait être opérée. Monsieur le président professeur de non-droit veut appliquer cette forfaiture à la diaspora guinéenne. C’est la honte. C’est une honte qui nous submerge parce que notre président n’a pas honte d’avoir peur de ses adversaires politiques. Il est toujours l’opposant hystérique, dirais-je maintenant, au lieu d’historique.
Le comportement des tenants du pouvoir en Guinée est ainsi parce que le pays est dirigé sans vision ni visibilité. J’ai honte de montrer la télévision guinéenne à mes amis qui viennent chez moi. Quand vous regarder la revue des informations de la CEDEAO sur Africable, vous serez couvert de honte dès que le tour de la RTG arrive. Ces journalistes sont sans inspiration. Tout ce qui se passe c’est autour du Professeur Alpha Condé par-ci, par-là , Mme Djéné Condé par-ci, par-là , et comme ça à longueur de journée. Ils n’ont ni honte ni peur du lendemain car ils oublient que la roue en politique tourne plus vite que celle de la vie. Ces mêmes qui se donnaient à cœur joie de critiquer à fond le Professeur Alpha Condé hier à la RTG, le magnifient aujourd’hui. Et ils n’ont pas honte. Tout ce qui se passe en Guinée hors du parti au pouvoir n’est jamais rapporté au public de la nation par la RTG. Alpha Condé veut que les Guinéens ignorent des Guinéens. C’est normal pour lui car c’est un destructeur du peuple qu’on a imposé au peuple guinéen de même que la Lybie s’est vu imposer les islamistes qui vont faire annexer tôt ou tard les territoires ôtés au Mali, et ainsi déstabiliser perpétuellement la CEDEAO. Nous Africains ne connaissons pas ce qu’on appelle la raison d’État. Il est bien entendu possible que notre organisation n’est pas tellement aimée des compagnies multinationales qui, en général, sont les bailleurs de fonds du libéralisme mondial et les artisans de la mondialisation. C’est un cheminement qui est maintenant devenu irréversible. Les pays émergeants sont ceux qui ont réussi à échapper au contrôle économique bien ciblé du nouvel ordre monial dont la construction n’a pas commencé aujourd’hui mais bien avant même, la guerre froide. Comment voulez-vous expliquer que le Mali soit, de nos jours, foudroyé de tous les côtés ? Il est indéniable que cet homme, le Capitaine Sanogo n’a certainement pas osé se lancer tout seul dans cette aventure périlleuse sans avoir des promesses d’appui extrêmement importantes et venant d’une puissance étrangère de premier plan. Sur la schématique géo-politico stratégique qui nous berce, je viendrai dans un autre article.
Nous parlions de la honte qui est inexistante dans toutes les institutions en République de Guinée. Chaque jour qui passe, la plaie de l’unité en R. de Guinée devient plus puante et béante en s’élargissant inexorablement. La forme de corruption est devenue celle de la pollution spirituelle opérée par des opportunistes qui se disent religieux. Les religieux sont partout en Guinée aujourd’hui. Alpha Condé qui est connu comme athée, se montre dans des prières qu’il ne pratiquait jamais en France. La religion est une affaire privée. La réconciliation est un devoir de l’État. L’État est laïc et doit se comporter en tant que tel. Pas de prière du vendredi au palais présidentiel. Le Palais est un symbole de l’État et celui-ci est laïc, donc les prières doivent avoir lieu dans les mosquées et églises. Ceux qui veulent aller à la Mecque à la quête du paradis, qu’ils aillent mais à leurs frais. Pas d’implication de l’État. Pour quelle raison le contribuable guinéen financerait le voyage en pèlerinage de qui que ce soit ? Tout ça relève de la démagogie, du vol et de la corruption manifeste. Je parie devant Dieu qu’aucun El Hadj qui a bénéficié de l’argent corrompu de l’État guinéen ne sera admis au Paradis de Dieu. Je n’ai pas besoin d’être vu comme prieur de Dieu car mon comportement envers Dieu, ne regarde que moi. Mon enfer est seulement à moi ainsi que mon paradis. Alors pour moi, la réconciliation doit passer par la justice d’abord. La justice des hommes et des femmes de cette nation doit être effective dans ce domaine. La justice, c’est une affaire de l’État. La réconciliation n’est pas un acte de prêche divin ou d’évangélisation. C’est un acte entre l’homme et son prochain. Dieu ne juge pas les malfaiteurs conformément à la justice des hommes entre eux. La justice de Dieu n’est connue que par lui. Nos mensonges sont devenus nos versets de vérité imaginaire. Les imams comme l’illettré Mamadou Camara sont promus guérisseurs du mal de vivre des Guinéens. Tout me démontre que tôt ou tard, la justice terrestre dite par des Guinéens condamnera les coupables même post mortem. Nous avons pris une habitude d’associer l’État au président qui est tenant du pouvoir qu’il soit élu ou se soit imposé par la force des armes. Ce qui n’est en fait pas acceptable.
Ce qui est certain, en Guinée, le pouvoir n’a pas honte. Dès que l’opposition veut agir pour le bien de la démocratie, le pouvoir déploie la gendarmerie, la police, l’armée contre les citoyens du pays. Personne n’a droit de penser ou de faire autrement que le veut Alpha Condé, le faux opposant historique, faux professeur, faux en tout et utilisateur de faux et faussement élu pour présider du destin de mon pays. Il a hypothéqué l’avenir de mon peuple. Le peuple guinéen. Un peuple d’une seule nation et d’une seule nationalité. Aujourd’hui la seule force qui représente transversalement la nation guinéenne est le Collectif pour la finalisation de la transition et l’ADP. Quand on entend aujourd’hui le champ des sirènes sortant des bouches de certains artistes qui se livrent à des rhétoriques ridicules, d’appartenance familiale unique de tous les Guinéens, je me sens désabusé. A qui le Professeur Alpha Condé pourra dire démontrer cette rhétorique ? En tout cas, pas aux Soussous. L’argument politique d’un leader du parti au pouvoir: Un Malinké qui voterait Lansana Conté est un bâtard. Comment alors un Malinké pourrait être de la même famille qu’un bâtard ? Les Peulhs sont des Somaliens. Ils ne sont pas guinéens selon le ministre Alhassane Condé. Comment peut-on être somalien et de la même famille de tous les Guinéens ? Sommes-nous tous nés d’une mère singulière ? Halte à cette démagogie ! Pour moi nous sommes tous de la même nation guinéenne. Nous évoluons dans nos différences collectives et individuelles. Ce que nous devrions observer et ainsi se comporter les uns par rapport aux autres, c’est de cultiver nos différences dans le respect de l’autre et bâtir et consolider chaque instant de notre existence, une solidarité indestructible. Nous devrons être une société qui se comporte comme les doigts d’une même main. Ils sont différents mais ensembles, font de la main de l’humain l’outil le plus précieux et précis de l’univers qui a façonné tout ce qui nous entoure au quotidien.
2 avril 2012
Mohamed-Kaba Sow
France
Comme je l’avais promis, je vous livre un de mes textes:
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L’AMITIÉ L’amitié s’éloigne Quand elle manque de soins. Quelques larmes témoignent Qu’elle n’est jamais loin. L’espoir est son arme Pour sauver le bonheur. Dès que sonne l’alarme Du fond de ton cœur. Ouvre donc ta cage Et laisse ton oiseau Chanter le message Donc tu veux l’écho. Quand dans le même rythme Vous vous retrouvez, Tout redevient sublime Comme vous le voulez. Enfin chacun est l’ombre Digne de son ami. Quand tout partout s’effondre, Vous resterez unis. Mohamed-Kaba Sow, Septembre 1989 |
KHANOUNTÉÂ Sôsso khoui Khanountéyâ fandé N’bôré wonkha wâ. N’bôré wonkhâ wâdé N’ni fan khafâ sâ. N’siguî nakhan sâma A wonma lamma nê. N’bognè nakhan khomma Nanê alô tê. N’siguï nakhan sâma, A wonmma lammanê. N’bognê nakhan khomma Nanê alô tê. Khafé mou lankhi n’tambè, Nâ kolon I bé. Nakhan mou famma itambè, N’tan mounâ na fé. Hargué kha loumbè n’bôré, Khî ma sén fougué. Yamâ khîma tô koré, Èmanè sogué. Mohamed-Kaba Sow Septembre 1989 |








